58224-AMANTS__LOVERS__-_Pierre_Niney__Stacy_Martin__Credits_Roger_Arpajou___1_affpro[Compétition Officielle]

De quoi ça parle ?

De deux amants maudits et d’un mari cocu, bref, d’un triangle amoureux déjà vu et revu, usé jusqu’à la corde.
Mais aussi de l’argent qui ne fait pas le bonheur et des histoires d’amour qui finissent mal en général…

La première partie nous invite à faire connaissance de Lisa (Stacy Martin) et Simon (Pierre Niney), les deux amants en question. Ils sont jeunes, ils sont beaux, ils sont int…, enfin, ils sont jeunes et beaux, ce n’est déjà pas si mal… Pendant que la sage Lisa est à l’école hôtelière, Simon deale de la cocaïne à des clients friqués. Un soir, tout bascule. Simon doit prendre la fuite à l’étranger. Lisa veut le suivre, mais il l’abandonne lâchement.
La seconde partie se passe à l’île Maurice, quelques années plus tard, où Lisa passe quelques jours avec son mari Léo (Benoît Magimel). Lassée d’attendre des nouvelles de Simon, elle a épousé ce riche homme d’affaires suisse. Leur mariage est dénué de passion, mais il permet à Lisa de vivre à l’abri du besoin.Mais quand elle découvre que Simon travaille désormais dans l’hôtel où elle séjourne, elle cède rapidement à l’envie de renouer avec lui. Quelle place reste-t-il alors à Léo dans cette équation? Lisa peut-elle renoncer à sa vie aisée pour suivre Simon dans son errance? Et Simon est-il prêt, cette fois, à faire passer les intérêts de Lisa avant les siens?

Pourquoi on n’a pas eu le coup de foudre?

Parce qu’on ne trouve que très peu d’intérêt à cette banale histoire de triangle amoureux et qu’on ne comprend pas ce qui a pu pousser Nicole Garcia à l’écrire et à la mettre en scène.

Certes, on peut y voir une sorte de prolongement de Mal de pierres, qui suivait également une femme en pleine tourmente sentimentale, partagée entre un mariage de raison avec un homme qu’elle n’aime pas et l’idée de pouvoir vivre une vraie passion amoureuse. Mais autant on pouvait adhérer au personnage incarné par Marion Cotillard dans Mal de pierres, à son envie d’émancipation et de liberté dans un monde encore régi par des lois patriarcales, autant on se désintéresse totalement des dilemmes existentiels de Lisa, qui ne cherche jamais vraiment à reprendre le contrôle de sa vie et ne semble attirée que par des types absolument détestables. Car ses deux amants ne valent guère plus l’un que l’autre. Le premier est un petit voyou sans envergure, attiré par le gain et l’aventure, le second est un homme d’affaires avide d’argent et de contrôle, qui traite les êtres qui l’entourent comme des larbins ou des objets.
Il est donc absolument impossible de s’attacher à ce trio, malgré les efforts des trois comédiens principaux, qui font ce qu’ils peuvent pour sauver les meubles. Et comme le déroulement du scénario ne ménage absolument aucune surprise, on finit par s’ennuyer ferme devant ce drame passionnel assez creux. On attendait beaucoup mieux de la part du duo Jacques Fieschi/Nicole Garcia, qui savent généralement composer des intrigues autrement plus subtiles et complexes.

Seul point positif, l’aspect esthétique de l’oeuvre. Nicole Garcia sait heureusement encore comment cadrer une scène ou composer de jolis plans et finalement, cette beauté plastique correspond tout à fait à l’essence de son film : un bel objet cinématographique, froid, lisse et ennuyeux, similaire aux relations que Lisa entretient avec les deux hommes de sa vie… Amants possède au moins la qualité d’être cohérent avec lui-même. C’est déjà ça, mais c’est très insuffisant pour nous enthousiasmer.

Prix potentiels ? :

Un Lion de plomb, ça existe?

Autres avis critiques :

”Che film di merda!”
(Une spectatrice anonyme pas contente à la sortie du film – On vous épargnera la traduction)

”Sex, surf and scuba diving make Nicole Garcia’s crime drama easy on the eye but there’s little substance behind the style”
(Xan Brooks – The Guardian)

Crédits photos : Roger Arpajou

REVIEW OVERVIEW
Note:
SHARE
Previous article[Venise 2020] “Quo vadis, Aïda?” de Jasmila Zbanic
Next article[Venise 2020] “Night in Paradise” de Park Hoon-jun
Avatar
Rédacteur en chef de Angle[s] de vue, Boustoune est un cinéphile passionné qui fréquente assidument les salles obscures et les festivals depuis plus de vingt ans (rhôô, le vieux...) Il aime tous les genres cinématographiques, mais il a un faible pour le cinéma alternatif, riche et complexe. Autant dire que les oeuvres de David Lynch ou de Peter Greenaway le mettent littéralement en transe, ce qui le fait passer pour un doux dingue vaguement masochiste auprès des gens dit « normaux »… Ah, et il possède aussi un humour assez particulier, ironique et porté sur, aux choix, le calembour foireux ou le bon mot de génie…

LEAVE A REPLY