Bright star, would I were stedfast as thou art —
Not in lone splendor hung aloft the night,
And watching, with eternal lids apart,
Like nature’s patient, sleepless eremite,
The moving waters at their priestlike task
Of pure ablution round earth’s human shores,
Or gazing on the new soft-fallen mask
Of snow upon the mountains and the moors ;
No — yet still stedfast, still unchangeable,
Pillow’d upon my fair love’s ripening breast,
To feel for ever its soft swell and fall,
Awake for ever in a sweet unrest,
Still, still to hear her tender-taken breath,
And so live ever — or else swoon to death.

 

        Ben Winshaw dans Bright Star de Jane Campion 
        (Il s’agit du poème de John Keats qui donne son titre au film)

        Pour ceux qui ne parlent pas la langue de Shakespeare :

        Etoile éclatante, puissais-je comme toi être figé –
        non pas dans une solitaire splendeur suspendue au dessus de la nuit,
  
     et guettant, éternellement séparé par des couvercles,
        Tel un malade de la nature, un ermite sans sommeil,
        Les eaux mouvantes toutes entières à leur prêche 
        pour purifier par leur pure ablution les rives humaines
        tout autour de la terre,
        ou fixant le masque nouvellement et doucement tombé de la neige
        sur les montagnes et les landes;
        Non – pas encore totalement figé, encore immuable,
        pelotonné sur la poitrine mûre de mon bel amour,
        pour ressentir à jamais son suave parfum et son automne,
        à jamais éveillé en une douce agitation,
        immobile, immobile pour entendre son souffle arraché à la tendresse
        et ainsi vivre pour toujours – ou sinon me pâmer dans la mort.
      
       Traduction fournie par le site Esprits nomades. Vous y trouverez    
       d’autres
textes de John Keats et une analyse de son oeuvre.

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Rédacteur en chef de Angle[s] de vue, Boustoune est un cinéphile passionné qui fréquente assidument les salles obscures et les festivals depuis plus de vingt ans (rhôô, le vieux...) Il aime tous les genres cinématographiques, mais il a un faible pour le cinéma alternatif, riche et complexe. Autant dire que les oeuvres de David Lynch ou de Peter Greenaway le mettent littéralement en transe, ce qui le fait passer pour un doux dingue vaguement masochiste auprès des gens dit « normaux »… Ah, et il possède aussi un humour assez particulier, ironique et porté sur, aux choix, le calembour foireux ou le bon mot de génie…

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