burnt orange heresy - affproDe quoi ça parle ? :

D’un critique d’art sans scrupules, James Figueras (Claes Bang), qui, à l’occasion d’un week-end chez  se voit offrir l’occasion de décrocher le scoop de sa vie.
Un collectionneur d’art richissime, Cassidy (Mick Jagger) l’a invité dans sa gigantesque propriété près du Lac de Côme pour lui dévoiler que la villa voisine est celle d’un très grand peintre, Jérôme Debney (Donald Sutherland) qui vit reclus depuis plusieurs années. Il n’a pas donné d’interview depuis des lustres, et encore moins montré ses dernières oeuvres.
Cassidy, sachant que le critique est dans une mauvaise passe financièrement, lui propose d’organiser la rencontre et de lui verser une forte somme d’argent, à condition que James profite de l’interview pour dérober pour son compte l’une des toiles du célèbre peintre. Mais encore faut-il gagner la confiance de l’artiste et ne pas éveiller les soupçons de Berenice (Elizabeth Debicki), la jeune femme qu’il a invitée à passer le week-end avec lui, avant d’avoir connaissance de cet étrange marché.


Pourquoi on a un goût d’orange amère après la projection ?

Parce que ce film noir est un peu bancal et frustrant. La mise en place de l’histoire est très lente, pour ne pas dire soporifique, et quand le film semble enfin démarrer, on arrive déjà au dénouement, de façon abrupte. Frustrant…
Alors certes, dans ce genre de récit, l’intrigue criminelle n’est souvent qu’un prétexte. Ici, elle ne sert que de révélateur aux plus vils aspects du personnage principal, entraîné dans un processus qui va mettre à mal son intégrité morale. Mais pour que l’on se passionne pour sa déchéance morale, encore aurait-il fallu qu’on puisse s’attacher un peu à lui. Or, dès le début du film, on comprend que ce critique d’art, soi-disant expert et observateur brillant, n’est qu’un beau parleur qui joue sur son charme pour embobiner les dames et n’hésite jamais à user de mensonges pour étayer ses analyses. Ses scènes de badinage avec Berenice le font apparaître comme un amant inconstant et égoïste. Et dès la rencontre avec Cassidy, on devine qu’il est prêt à tout pour arriver à ses fins, y compris au pire. Bref, une parfaite tête à claques pour qui on ne peut éprouver la moindre sympathie. Alors, on finit par se désintéresser de son sort, tout comme celui de Berenice, réduite au rang de simple potiche, et encore plus de celui de Debney et Cassidy, qui n’ont qu’une ou deux scènes pour exister. Les acteurs ne sont pas en cause. C’est juste que le scénario manque cruellement de mystère et de ressorts dramatiques et que la mise en scène de Giuseppe Capotondi, assez plate, n’arrive jamais à lui donner l’intensité voulue.

C’est d’autant plus rageant que son précédent long-métrage, L’heure du crime (La Doppia ora), était lui aussi assez bancal, mais pour des raisons inverses : un scénario complexe, haletant, mis en scène avec brio, mais qui finissait assez mollement, avec un dénouement décevant… Encore un petit effort! En gardant le meilleur des deux films, il y a de quoi espérer un troisième long-métrage totalement réussi!


Angles de vue différents :

”While The Burnt Orange Heresy would work perfectly well as a twisted little mystery short, it does not quite cut it as a 98-minute feature.”
(Jan Lumholdt, Cineuropa)

The Burnt orange heresy was excellent, even better than anticipated. What an ending!”
(Julie E. Sandwell, Twitter)

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Note:
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Rédacteur en chef de Angle[s] de vue, Boustoune est un cinéphile passionné qui fréquente assidument les salles obscures et les festivals depuis plus de vingt ans (rhôô, le vieux...) Il aime tous les genres cinématographiques, mais il a un faible pour le cinéma alternatif, riche et complexe. Autant dire que les oeuvres de David Lynch ou de Peter Greenaway le mettent littéralement en transe, ce qui le fait passer pour un doux dingue vaguement masochiste auprès des gens dit « normaux »… Ah, et il possède aussi un humour assez particulier, ironique et porté sur, aux choix, le calembour foireux ou le bon mot de génie…

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