Ambiance western pour la dernière journée de la Mostra de Venise 2016, avec la projection du film de clôture, Les 7 Mercenaires.
Ils n’étaient pas vraiment sept sur le tapis rouge, puisque seuls Denzel Washington et Chris Pratt ont accompagné le réalisateur, Antoine Fuqua, et ils ont laissé leurs chevaux sur la terre ferme, mais ils ont apporté un peu d’ambiance sur le Lido, saluant la foule et signant quelques autographes.
Bon, autant le dire tout de suite, le film en lui-même n’a rien d’extraordinaire. C’est un remake inutile, inférieur en tous points à l’original et dont les seules idées originales s’avèrent absurdes et ridicules. Il est le parfait exemple du cinéma hollywoodien d’aujourd’hui, qui livre des blockbusters spectaculaires et bien rythmés, mais très pauvres d’un point de vue scénaristique.

Les 7 Mercenaires - 2

Avant cette projection, les neuf mercenaires du Jury, menés par le chef de bande Sam Mendès, ont dégainé leurs prix lors de la cérémonie de clôture. Leur palmarès est éclectique, à l’image de la sélection de cette 73ème Mostra, et plutôt cohérent. A une ou deux exceptions près, on y retrouve la plupart des films les plus enthousiasmant de la quinzaine vénitienne.

La La Land se voit récompensé à travers son interprète féminine, Emma Stone, qui remporte la Coupe Volpi de la meilleure actrice.
Oscar Martinez, excellent dans El Cudadano illustre, remporte de son côté le prix d’interprétation masculine.
La jeune actrice allemande Paula Beer, qui crève l’écran dans le Frantz de François Ozon, complète le podium grâce au prix Marcello Mastroianni du meilleur jeune talent. C’est la fille du grand acteur italien, Chiara Mastroianni, qui lui a remis cette récompense.
Jackie, de Pablo Larrain, est mis en avant à l’aide du prix du scénario.
Amat Escalante (La Region Salvaje) et Andrei Konchalovsky (Paradise) auraient mérité le Grand Prix ou le Lion d’Or. Ils doivent se contenter de partager un Lion d’Argent pour leur remarquable travail de mise en scène.

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C’est Lav Diaz qui remporte le très convoité Lion d’Or pour The Woman who left.
Même si nous avons trouvé le film beaucoup trop long au regard de son sujet, il faut reconnaître que la récompense est méritée, ne serait-ce que pour les qualités esthétiques de l’oeuvre. En tout cas, ce sacre impose définitivement le cinéaste philippin comme l’un des grands noms du cinéma mondial.

Seules petites fautes de goût du jury de Sam Mendes, le Prix Spécial du Jury remis, sous les sifflets, à The Bad batch, et le Grand Prix remis à Nocturnal animals. Il n’y a pas de quoi crier au scandale, le film de Tom Ford étant une oeuvre de qualité. On lui aurait cependant préféré des films comme Arrival ou Une vie, qui figurent parmi les grands oubliés de ce palmarès.
C’est le jeu de la compétition. Les membres du jury doivent se mettre d’accord sur les longs-métrages qui les ont le plus séduit. Il leur faut faire des compromis et éliminer à regret certaines oeuvres.
Les cimetières des festivals sont pleins de ces films sacrifiés. Le monde du 7ème Art est finalement aussi impitoyable, sinon plus, que le Far-West sauvage.

Merci d’avoir suivi ces chroniques vénitiennes. Et à l’année prochaine, on l’espère, pour la 74ème édition de la Mostra.

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Rédacteur en chef de Angle[s] de vue, Boustoune est un cinéphile passionné qui fréquente assidument les salles obscures et les festivals depuis plus de vingt ans (rhôô, le vieux...) Il aime tous les genres cinématographiques, mais il a un faible pour le cinéma alternatif, riche et complexe. Autant dire que les oeuvres de David Lynch ou de Peter Greenaway le mettent littéralement en transe, ce qui le fait passer pour un doux dingue vaguement masochiste auprès des gens dit « normaux »… Ah, et il possède aussi un humour assez particulier, ironique et porté sur, aux choix, le calembour foireux ou le bon mot de génie…

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