Allo ici Houston… Mise à feu…
5… 4… 3…2…1…0…
Décollage réussi!

Pour son démarrage,  la 70ème Mostra de Venise nous offre les étoiles, une pluie d’étoiles. Celles qui brillent dans l’immensité spatiale, décor de Gravity, le film d’Alfonso Cuaron présenté en ouverture, les “stars” de ce même film, Sandra Bullock et George Clooney, les étoiles du cinéma que sont les membres du jury, à commencer par son président, Bernardo Bertolucci, des actrices aussi talentueuses que Martina Gedeck, Virginie Ledoyen, ou Carrie Fisher, connue pour avoir joué dans… La Guerre des Etoiles (hé oui, l’est là aussi…). Mais aussi Andrea Arnold, Ryuichi Sakamoto, Pablo Larrain, et Renato Berta. Et puis, l’étoile du shérif, John Wayne.
Euh… Attendez, il n’est pas mort, John Wayne? C’est un homonyme comme Steve McQueen l’acteur et Steve McQueen le cinéaste? Ah non pardon, on a compris John Wayne, mais c’est en fait Jiang Wen, l’acteur chinois, qui fait aussi partie du jury. Au temps pour nous…

gravity - 2

Allo Houston, on a un problème… de lunettes 3D.
Oulah! C’est grave ça, parce que là, pour le coup, il est impératif de porter les précieuses montures pour profiter pleinement du film. (lire par ailleurs notre critique du film). Pour une fois que le relief n’est pas un simple argument marketing destiné à booster les ventes de billets, mais un véritable choix artistique, qui donne au film toute sa dimension et toute son intensité, il serait dommage de s’en priver.
D’autant qu’un film relief sans lunettes, ça donne mal au crâne…
Ouf! Sauvé! Le personnel de la Mostra de Venise est aux petits soins pour les festivaliers et échange illico tout matériel défectueux.
Il ne reste plus qu’à profiter du spectacle et atteindre le septième ciel. Parce que le film vaut sérieusement le déplacement. Beau choix pour un film d’ouverture!

la belle vie - 2

Avant cela, il y a eu l’ouverture de Venice Days, les journées des auteurs, avec deux oeuvres au programme.
D’abord, La Belle vie, un film français un peu plus terre-à-terre, autour de l’affaire Xavier Fortin, cet homme qui avait enlevé ses deux fils mineurs et les avait élevés pendant une cavale longue de plus de dix années. Le scénario est ici un peu remanié par rapport au fait divers réel, et focalisé sur le plus jeune des deux frères, qui se rebelle de plus en plus contre le mode de vie imposé par son père, nomade et proche des milieux hippies. Une oeuvre un peu longuette, qui aurait également gagné à jouer un peu plus la carte de l’ambigüité, notamment pour le personnage du père, à la fois aimant et tyrannique. Mais la fraîcheur des jeunes comédiens et la beauté des paysages naturels dans lesquels se déroule la cavale du père et de son fils sont suffisants pour maintenir notre intérêt de bout en bout.

Gerontophilia - 5

Ensuite, le nouveau Bruce LaBruce, Gerontophilia. Là, on l’avoue, on n’attendait pas les étoiles, mais le vide sidéral. Car si Hustler White nous avait laissé une impression correcte, ses films suivants ne nous avaient guère emballés. Son L.A. Zombie nous avait même prodigieusement agacés, de par son côté prétentieux, ses effets ringards et la crétinerie globale de son intrigue. On avait un peu peur pour ce nouveau film, précédé de surcroît d’une réputation sulfureuse, à cause de son thème principal : les amours hors normes d’un adolescent et d’un vieillard de 80 ans. Mais c’est plutôt une agréable surprise, au final.
Gerontophilia est tout ce que n’était pas L.A. Zombie. Un film raffiné, sensuel, subtil, qui porte efficacement le message militant du cinéaste. La démarche était pourtant la même : traiter de personnages hors normes et de relations hors normes, et du rejet qu’ils suscitent pour symboliser l’ostracisme dont sont victimes les homosexuels.
Ici, les proches de ce jeune garçon subitement frappé de gérontophilie ont une réaction immédiate de rejet. Cela les choque. Et pourtant, sa mère couche avec son patron et multiplie les aventures sexuelles, son ex-petite amie est bisexuelle et flirte elle aussi avec son patron, plus âgé qu’elle. Et cela ne choque personne… En contrepoint, il s’attache à filmer de manière très sensuelle les étreintes des personnages pour montrer la sincérité et la pureté de leur amour. Ce n’est pas un film parfait, loin de là, mais le cinéaste s’est assagi, et ce style est plus efficace que les provocations arty dont il s’est jadis rendu coupable.

Nous n’avons pas vu les 70 court-métrages réalisés par de grands cinéastes pour célébrer les soixante-dix éditions de la Mostra, mais beaucoup des réalisateurs de ces films étaient présents, pour le plus grand bonheur des festivaliers, qui sont repartis avec plein… d’étoiles dans les yeux.

A demain pour la suite de nos chroniques vénusiennes… oups… vénitiennes.

Ciao a tutti

 

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Rédacteur en chef de Angle[s] de vue, Boustoune est un cinéphile passionné qui fréquente assidument les salles obscures et les festivals depuis plus de vingt ans (rhôô, le vieux...) Il aime tous les genres cinématographiques, mais il a un faible pour le cinéma alternatif, riche et complexe. Autant dire que les oeuvres de David Lynch ou de Peter Greenaway le mettent littéralement en transe, ce qui le fait passer pour un doux dingue vaguement masochiste auprès des gens dit « normaux »… Ah, et il possède aussi un humour assez particulier, ironique et porté sur, aux choix, le calembour foireux ou le bon mot de génie…

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