70ème Mostra Internazionale d’Arte Cinematografica – Venise (Italie)
– du 28 août au 07 septembre 2013 –

Mostra Venise 2013La Mostra de Venise est l’un des plus importants festivals de cinéma du Monde. Il appartient à ce qu’on appelle la “catégorie A” des manifestations dédiées au 7ème Art, avec Cannes, Berlin, et quelques autres valeurs sûres comme Locarno, Toronto, Edinbourg et Melbourne.
C’est aussi le plus ancien de ces grands festivals, et il fête cette année ses 81 ans et sa 70ème édition. Un âge respectable…
Les organisateurs de la Mostra, désormais intégrée à la Biennale d’Art de Venise, entendent bien prouver que le poids des années n’affecte pas cette manifestation, grâce à une programmation de haute tenue, pour cinéphiles exigeants, et digne de l’évènement. 70 éditions, ça se fête…

Enfin, ça se fête, il faut le dire vite… Car il est certain qu’au vu des thèmes des films programmés, on ne va pas trop se gondoler dans la Cité des Doges. Les films programmés reflètent l’état du monde actuel, en proie à la crise financière, aux conflits ethniques et religieux et à bon nombre de de sujets de sociétés assez âpres : abus sexuels, violences sur les femmes, cellules familiales au bord de l’explosion, perte des valeurs… Et les cinéastes annoncés n’incitent pas non plus à la franche rigolade, de Philippe Garrel à Amos Gitaï, en passant par Andrezj Wajda (pour un docu sur Lech Walesa, vous voyez le tableau…).
Certains dépriment déjà, et ruminent leur frustration à cause du décalage entre les artistes attendus initialement et la sélection annoncée. Pas de Woody Allen, pas de Steve McQueen, pas d’Atom Egoyan, pas de Spike Lee, pas de Michel Franco, pas de Lars Von Trier oud de Denis Villeneuve…
Mais que les amoureux de septième art se rassurent, il y aura du beau monde sur la Lagune, mais aussi de belles révélations et une ribambelle de bons films, pour le plaisir des yeux et de l’esprit.

Rien qu’en compétition, les festivaliers pourront découvrir les nouvelles oeuvres d’Amos Gitaï, donc (Ana Arabia) et Philippe Garrel (La Jalousie), mais aussi de Merzak Allouache (Les Terrasses), Gianni Amelio (L’Intrepido), James Franco (Child of God), Kelly Reichardt (Night moves), Stephen Frears (Philomena), Tsai Ming-Liang (Stray dogs), Xavier Dolan (Tom à la ferme), et Errol Morris (The Unknown known).
Plus les films d’Alexandros Avranas (Miss Violence), John Curran (Tracks), Emma Dante (Via Castellana Bandiera), Gianfranco Rosi (Sacro Gra), Philip Gröning (Die Frau Des Polizisten) et des américains David Gordon Green (Joe) et Peter Landesman (Parkland). Sans oublier Jonathan Glazer pour Under The Skin avec Scarlett Johansson en extra-terrestre.
Mais les deux films les plus attendus sont probablement ceux de Terry Gilliam – the Zero theorem, avec Tilda Swinton, Christoph Waltz et Matt Damonet de Hayao Miyazaki – Le Vent se lève.

Le vent se lève - 3

Hors compétition, ce n’est pas mal non plus : Wajda, donc, avec Walesa, man of hope, Paul Schraeder (The Canyons), Kim Ki-Duk (Moebius), Patrice Leconte (Une promesse), Frederik Wiseman (At Berkeley). Sans oublier Gravity, le nouveau long-métrage d’Alfonso Cuaron, avec George Clooney – who else –  et Sandra Bullock (en ouverture) et Amazonia le beau docu de Thierry Ragobert (en clôture et en 3D).
Et si cela ne suffit pas aux festivaliers vénitiens, ils pourront se défouler avec Albator, le corsaire de l’espace qui revient dans une version moderne en 3D et Wolf Creek 2, qui devrait terrifier les âmes sensibles en séance spéciale.

Mais ce n’est pas tout! Outre ces sélections officielles, la Mostra comprend quatre autres sections riches en pépites filmiques : une sélection de classiques (Venice Classics), un panorama du cinéma mondial (Orrizonti), les “Journées des Auteurs – Venice days”, l’équivalent de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, et la Semaine de la Critique, idem…

Dans la sélection Orrizonti, des pointures comme Lukas Moodyson (We are the best!) ou Sono Sion (Why don’t you play in hell?), et plein de jeunes pousses prêtes à s’épanouir, dont pas mal de jeunes auteurs italiens. On suivra les débuts d’Agnes b. derrière la caméra et ceux de Gia Coppola, petite-fille de Francis Ford, nièce de Roman et Sofia, cousine de Nicolas Cage et Jason Schwartzman, qui aura à coeur de montrer au reste de la famille qu’elle aussi a du talent.

Venice days 2013

Dans la section Venice Days, c’est un peu le même topo. Des valeurs sûres, comme Cherien Dabis (May in the summer), les frères Safdie (Lenny Cook), Juno Mak (Rigor mortis), ou Sean Gullette, le scénariste de Pi et New York stories, qui réalise Traitors. Mais aussi des jeunes talents qui entendent bien profiter de cette exposition médiatique pour se faire remarquer.
Un qui se fera remarquer sans peine, c’est Bruce LaBruce, dont les films laissent rarement indifférent. Gerontophilia, qui tourne autour d’un adolescent hétérosexuel qui se découvre une attirance sexuelle fétichiste pour les hommes âgés, devrait créer la sensation sur le Lido. Pour le meilleur ou pour le pire? Son précédent opus, le calamiteux L.A. Zombie incite à la prudence…

settimana-critica-venezia-2013

La Semaine de la critique, à Venise comme dans les autres festivals majeurs, met toujours l’accent sur les jeunes auteurs inconnus et on peut raisonnablement espérer de belles surprises de cette sélection. Le film d’ouverture de la section annonce peut-être la couleur : L’Arte della felicia (“L’Art du bonheur”)

Voilà pour les grandes lignes du programme de cette édition 2013 de la Mostra de Venise. Sera-t-elle à la hauteur des attentes? On vous le dira. Car oui, cette année, Angle(s) de vue se met à l’heure italienne et couvrira l’évènement. Alors, à très vite pour nos premières chroniques en direct de la Cité des Doges – ou en léger différé, parce qu’il faut quand même voir les films…
Ciao!

Plus d’informations : La Biennale di Venezia

venise 2013 bannière

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Rédacteur en chef de Angle[s] de vue, Boustoune est un cinéphile passionné qui fréquente assidument les salles obscures et les festivals depuis plus de vingt ans (rhôô, le vieux...) Il aime tous les genres cinématographiques, mais il a un faible pour le cinéma alternatif, riche et complexe. Autant dire que les oeuvres de David Lynch ou de Peter Greenaway le mettent littéralement en transe, ce qui le fait passer pour un doux dingue vaguement masochiste auprès des gens dit « normaux »… Ah, et il possède aussi un humour assez particulier, ironique et porté sur, aux choix, le calembour foireux ou le bon mot de génie…

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