– La fuite du cerveau, de Pierre-Henry Gomont –

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Une volonté de fer, de brillantes études dans une école des plus renommées, un poste dans un prestigieux hôpital : Thomas Stolz possède tout pour devenir un grand médecin, connu et reconnu. Pourtant, officiant à la morgue, Thomas Stolz se voit relégué au peu prestigieux sous-sol dudit prestigieux hôpital, parmi les macchabés, à inciser, découper, trancher allègrement de la viande froide… plus proche du boucher-charcutier que du grand médecin connu et reconnu.

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Las de subir le manque de considération de ses pairs, les remontrances de son colérique directeur, et les railleries de son insupportable femme, c’est tout naturellement que Thomas Stolz cède à la tentation lorsque celle-ci se présente à lui. Et, étonnamment, la tentation ne se présentera pas sous les formes voluptueuses d’une jolie demoiselle, mais sous celles rigides-post-mortem d’un cadavre… mais pas n’importe quel cadavre : celui du professeur Albert, éminent scientifique adulé de tous ! Adulation que le mal-aimé Thomas Stolz reporterait bien sur lui en déchiffrant l’origine de son génie, d’où la folle idée de s’emparer de l’illustre cerveau du défunt professeur afin d’en étudier chaque recoin !

S’ensuit alors une folle course-poursuite où agents du FBI en costard noir, jolie neurologue à blouse blanche, universitaire bon pour la camisole, et même le Professeur Albert himself délesté de sa calotte crânienne se retrouvent embringués dans une avalanche de péripéties où le burlesque se mélange tant aux pensées philosophiques qu’aux faits scientifiques… et même historiques, cette erratique traque s’inspirant bel et bien de faits véridiques !

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Et pour offrir toute l’énergie et la fougue nécessaire à ce joyeux bazar, Pierre-Henry Gomont adopte un trait à la plume vif et incisif, au dynamisme fou n’ayant pas à rougir face à des pointures du genre telles Blutch ou Blain ! Ajoutons à cela les décors ne prenant parfois corps qu’au travers d’un habile travail sur les couleurs et offrant une réelle profondeur aux scènes, ou encore les métaphores littéralement illustrées au premier degré appuyant l’humour décalé et apportant un grain de folie supplémentaire à ce récit ubuesque, et vous obtenez un album hallucinant de maîtrise, ô combien riche et réjouissant tant sur le fond que sur la forme !

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La fuite du cerveau, de Pierre-Henry Gomont (Ed. Dargaud)

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