Exposition “Dessins du Studio Ghibli : les secrets du Layout”
Musée Art Ludique (Paris 13ème)
– du 04 octobre 2014 au 1er mars 2015 –

© Musée Art Ludique / Studio GhibliVous rêvez de voler avec Porco Rosso? De nager avec Ponyo? De vous blottir contre le bidon pelucheux de Totoro? De traverser le miroir et de découvrir en même temps que Chihiro le gigantesque Palais des bains? De découvrir le Château ambulant et le Château dans le Ciel? Vous adoreriez avoir pour voisins les Yamada? Vous voulez découvrir le Tombeau des Lucioles et le Petit monde des Chapardeurs, gambader dans les alpages avec Heidi, dévaler la colline aux coquelicots ou égrener vos souvenirs goutte à goutte? Vous désirez ardemment la Princesse Mononoké mais aimez bien aussi la Princesse Kaguya, que vous voudriez emmener au Royaume des Chats? Dites donc, vous…  Vous ne seriez pas fan des Studios Ghibli par hasard?
Oui? On se disait aussi… Alors vous devriez aller faire un tour du côté du Musée Art Ludique, où se tient, depuis le 4 octobre et jusqu’au 1er mars 2015, une belle exposition intitulée “Dessins du Studio Ghibli : les secrets du Layout pour comprendre l’animation de Takahata et Miyazaki”.

Comme son nom l’indique, cette exposition s’intéresse exclusivement aux layouts, ces dessins que les metteurs en scène utilisent pour donner leurs indications aux différentes équipes qui travaillent sur la confection des images animées et à la mise en couleurs.
Dans le cas des Studios Ghibli, ils comportent énormément d’informations très précises, qui traduisent le côté ultra-rigoureux, voire maniaque, d’Hayao Miyazaki et Isao Takahata. Tout est maîtrisé dans les moindres détails, même les plus insignifiants. Par exemple, si Miyazaki dessine une scène de bain, il va aller jusqu’à indiquer la température de l’eau sur le dessin! S’il dessine un coussin, il précise s’il est moelleux ou  dur!
Même chose pour les couleurs, qui sont toutes clairement référencées dans une sorte de Pantone propre à Ghibli. Et pour chaque mouvement, expliqué minutieusement par des notes additionnelles, même si les esquisses, exécutées exclusivement au crayon par les maîtres de l’animation nippone suffisent à donner une idée très juste de ce que donnera la séquence animée.

© Studio Ghibli © Studio Ghibli
© Studio Ghibli © Studio Ghibli

Oui, ce qui est le plus frappant, dans les quelques 1300 dessins réunis pour cette exposition, c’est le talent de Miyazaki et de ses collaborateurs pour créer une ambiance, un mouvement, un esthétique, en seulement quelques coups de crayons. La poésie est déjà là, dans ces croquis peu ou pas coloriés. Il ne reste plus qu’à leur donner vie en respectant le tempo imposé par les cinéastes, à les mettre en couleurs et à leur ajouter une belle partition musicales, signée Joe Hisaïchi, par exemple, pour accoucher d’un chef d’oeuvre du film d’animation.

Visiter cette exposition, c’est comme visiter le plateau de tournage d’un film en prise de vue réelles. On découvre les méthodes de travail de grands réalisateurs et de leurs équipes, qui leurs sont dévouées corps et âme, et on s’initie aux secrets de fabrications de films qui nous ont fait rêver depuis plus de trente ans.

© Studio Ghibli / Art Ludique

Le parcours est divisé en salles successives qui concernent chacune une ou plusieurs oeuvres emblématiques du studio.
Une première partie explique le principe du layout et comment décrypter les différents dessins. Pour ceux qui ne maîtrisent pas le japonais, certains commentaires des layouts ont été traduits en français et mettent l’accent sur un détail savoureux. Un audio guide est également mis gracieusement à disposition de chaque visiteur et permet de saisir le travail effectué sur les différents films.
Pour les premières salles, les dessins sont relativement rares, car à l’époque, la plupart des croquis étaient jetés. Mais au fur et à mesure de la visite, le nombre augmente. Par exemple, une salle entière est dédiée au Voyage de Chihiro. On y accède en passant sous une sorte d’arche qui débouche sur une magnifique reproduction du Palais des Bains – une exclusivité spécialement conçue pour la version française de l’exposition –  et on en sort par une pièce aux miroirs sans fin.
Des écrans diffusent des extraits de films, histoire de comparer les layouts au résultat final, et des interviews de Miyazaki et Takahata, les deux fondateurs et auteurs emblématiques du studio Ghibli.

© Studio Ghibli / Art Ludique  © Studio Ghibli / Art Ludique

La fin de l’exposition dévoile quelques croquis du dernier long-métrage produit par la firme de Totoro, Souvenirs de Marnie, réalisé par Hiromasa Yonebayashi et montre aussi quelques croquis des oeuvres réalisées par Myiazaki et Takahata  avant la fondation de leur propre société : Heidi, Conan le fils du futur, Goshu le violoncelliste
La visite s’achève par la possibilité d’être transformé en personnage crayonné et  de poser à côté de Chihiro pour une photo souvenir.
Evidemment, il est également possible de se procurer, à la sortie, le catalogue de l’exposition, une mine d’or pour les fans des oeuvres du Studio Ghibli, et d’acheter différents gadgets à l’effigie de vos personnages favoris.

© Studio Ghibli / Art Ludique

On ne peut qu’applaudir le beau travail fourni par Jean-Jacques Launier et son épouse, Diane, les propriétaires du Musée Art Ludique, qui luttent pour faire de ce lieu un haut-lieu de la culture à Paris. Ils s’étaient distingués dernièrement avec leurs expositions dédiées à Pixar et à Marvel. Ils réalisent aujourd’hui un bien joli coup avec cette exposition Ghibli. Mais cela n’a pas été simple, loin s’en faut. Il a fallu de longues années pour gagner la confiance des dirigeants de la firme japonaise et du Musée Ghibli, grâce à l’exposition Moebius/Miyazaki puis aux expositions ponctuelles sur les films Ghibli à la galerie Arludik, avant de pouvoir obtenir le droit exceptionnel de produire tous ces dessins sur le sol européen. On leur souhaite donc un franc succès, pour qu’ils puissent continuer à défendre l’Art sous toutes ses formes, y compris et surtout celles qui sont considérées comme mineures par l’intelligentsia culturelle.

C’est où ? :
Art Ludique – Le Musée, 34, quai d’Austerlitz 75013 Paris

C’est quand?
Du 04/10/14 au 01/03/15

C’est pour qui ?
Les petits et les grands, amateurs des productions Ghibli, les curieux et les amateurs d’Art

Tarifs :
Plein Tarif : 15,50 €
Tarif réduit : 12,50 € (étudiants, demandeurs d’emploi, Personnes handicapées)
Enfants : 10 € (de 4 à 12 ans)
Groupes : 10 € (à partir de 20 personnes)
Groupes scolaires : 7,5 € (à partir de 20 personnes)

Plus d’informations : Musée Art Ludique

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Rédacteur en chef de Angle[s] de vue, Boustoune est un cinéphile passionné qui fréquente assidument les salles obscures et les festivals depuis plus de vingt ans (rhôô, le vieux...) Il aime tous les genres cinématographiques, mais il a un faible pour le cinéma alternatif, riche et complexe. Autant dire que les oeuvres de David Lynch ou de Peter Greenaway le mettent littéralement en transe, ce qui le fait passer pour un doux dingue vaguement masochiste auprès des gens dit « normaux »… Ah, et il possède aussi un humour assez particulier, ironique et porté sur, aux choix, le calembour foireux ou le bon mot de génie…

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