The bling ringIls sont jeunes, ils sont beaux, ils vivent dans des banlieues plutôt bourgeoises, mais ils ne sont pas satisfaits de leurs existences, trop sages à leur goût. Leur rêve? Ressembler à leurs idoles, tous ces “people” riches et célèbres qui font la une des tabloïds à scandales et qui font le buzz sur les réseaux sociaux. ils veulent posséder les mêmes articles de modes, les mêmes accessoires de marque, et les exhiber lors de soirées branchées. Et quel meilleur endroit pour se procurer toutes ces choses que les résidences des people en question? Rebecca, Marc, Nicki, Sam et Chloe vont cambrioler les villas des stars, sur Beverly Hills…

Ce gang, appelé le “Bling Ring” a réellement existé, à la fin des années 2000. Il a dérobé l’équivalent de 3 millions de dollars de vêtements et de chaussures de luxe, de montres et de bijoux, plus divers effets personnels appartenant à une dizaine de “stars”, avant que la police n’identifie les coupables et les interpelle.
On devine ce qui a intéressé Sofia Coppola dans cette histoire :  La fascination de cette génération 2.0 pour le luxe, le clinquant, le rutilant. Leur obsession de la célébrité, du buzz, du scandale… Toutes ces choses qui permettent de cultiver les apparences, au détriment des vraies valeurs. 

Son film se veut probablement un pamphlet, une charge sarcastique contre la société américaine contemporaine. Elle n’épargne personne. Ni ces pseudo-stars ridicules qui n’ont jamais rien fait d’autre que d’étaler leur stupidité dans les média à scandales, ni les jeunes crétins qui cherchent à leur ressembler à tout prix. Le problème, c’est que ce n’est drôle que par intermittence, essentiellement quand le film détaille les efforts déployés par le personnage d’Emma Watson pour devenir célèbre. Et que le jeu de massacre promis tourne court.

Que nous reste-t-il alors?
La sympathie éprouvée pour les protagonistes principaux? Mmm… Pas vraiment. Ils sont tous plus horripilants les uns que les autres. Malgré les efforts des jeunes acteurs, plutôt convaincants, on ne peut pas s’attacher à leurs personnages, et encore moins s’identifier à eux.
La mise en scène de Sofia Coppola? Mmm… Non plus. On ne reconnaît pas vraiment la patte de la cinéaste dans ce film ni très beau, ni très élégant. On a plus l’impression d’être dans une version édulcorée de Springbreakers, sans sexe, sans violence et sans expérimentations visuelles.

Avant, Sofia Coppola filmait l’ennui. Désormais, elle filme le vide. et elle le meuble avec de nombreux effets de mise en scène ostentatoires et vains, et beaucoup de bruit et de fureur.
Au final, son Bling ring ressemble à ce qu’il voulait dénoncer : un objet tape-à-l’oeil, futile et déjà obsolète…

Une vraie déception…

Notre note : ●●

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Rédacteur en chef de Angle[s] de vue, Boustoune est un cinéphile passionné qui fréquente assidument les salles obscures et les festivals depuis plus de vingt ans (rhôô, le vieux...) Il aime tous les genres cinématographiques, mais il a un faible pour le cinéma alternatif, riche et complexe. Autant dire que les oeuvres de David Lynch ou de Peter Greenaway le mettent littéralement en transe, ce qui le fait passer pour un doux dingue vaguement masochiste auprès des gens dit « normaux »… Ah, et il possède aussi un humour assez particulier, ironique et porté sur, aux choix, le calembour foireux ou le bon mot de génie…

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