69ème Internationales Filmfestival Mannhein-Heidelberg (Allemagne)
– du 12 au 22 Novembre 2020 –

IFFMH 2020Ce satané coronavirus continue de se propager un peu partout dans le monde, et notamment en Europe, où la plupart des pays mettent en place des mesures de couvre-feu ou de confinement.
C’est le cas en Allemagne, où l’état a ordonné la fermeture des salles de spectacle jusqu’à début décembre. Un coup dur pour l’IFFMH, le festival de cinéma organisé par Mannheim et Heidleberg, qui était programmé pile pendant ce mois de novembre et ne pourra donc pas accueillir son public  pour sa soixante-neuvième édition. Mais la fête n’est pas totalement gâchée, car cette année, les organisateurs avaient prévu un accès en ligne à la manifestation et peuvent, grâce à l’évolution des technologies de streaming, proposer aux cinéphiles leur sélection 2020. Fidèle à sa tradition de dénicheurs de talents – en sept décennies, il a permis de mettre en lumière le talent d’auteurs comme Truffaut, Fassbinder, Wenders, Vinterberg ou Hong Sang-soo – le festival fait la part belle aux jeunes cinéastes et à un cinéma essayant de bousculer les codes.

Pour les jeunes talents, c’est dans la section “On the rise” qu’il faut aller piocher. Elle comprend entre autres The Disciple de Chaitanya Tamhane et Una promessa qui étaient sélectionnés à Venise en septembre dernier, De l’or pour les chiens d’Anne Cazenave Cambet, qui aurait dû faire partie de la sélection de la Semaine de la Critique cannoise cette année. On guettera également l’intrigant Dasatskisi de Dea Kulumbegashvili, dont le synopsis se résume à “Bible, extorsion, luxure, sacrifice”, le tout aussi curieux Der Siebzehnte de Saskia et Ralf Walker, qui veut parler d’amour libre dans un film libre, Koshtargah d’Abbas Amini, qui essaiera de confirmer la bonne vitalité du cinéma iranien contemporain, ou This is not a burial, it’s a ressurection, un film venu du Lesotho précédé d’une belle réputation.

Mais le festival propose aussi, dans sa section “Pushing the boundaries”, les films de cinéastes confirmés. Trois films de Venise, comme Genus Pan de Lav Diaz, City Hall, le documentaire-fleuve de Frederick Wiseman sur la mairie de Boston et Selva tragica de Yulene Olaizola. Deux films avec le Label Cannes 2020, Drunk de Thomas Vinterberg, Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait d’Emmanuel Mouret et Des hommes de Lucas Belveaux. Et un de la Berlinale, La femme qui s’est enfuie de Hong Sang-soo. Plus Enorme de Sophie Letourneur, avec Marina Foïs, Fauna de Nicolas Pereda, Marea Alta d e Veronica Chen et One of those days de Bastian Gunther.

Ajoutons à cela une sélection de films pour enfants, mélange d’inédits (Los Lobos, Lunana : a yak in the classroom, Mamà Mamà Mamà) et de classiques (Ponette, Flussfahrt mit HuhnB, …) et une sympathique sélection de films classiques (Les hautes solitudes de Philippe Garrel, L’étrangleur de Paul Vecchiali, La Fiancée du pirate de Nelly Kaplan…).

Voilà de quoi occuper efficacement ses longues soirées d’automne et prendre un bon bol de cinéma à la maison en cette période de confinement forcée…

Plus d’informations : site officiel de l’IFFMH

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Rédacteur en chef de Angle[s] de vue, Boustoune est un cinéphile passionné qui fréquente assidument les salles obscures et les festivals depuis plus de vingt ans (rhôô, le vieux...) Il aime tous les genres cinématographiques, mais il a un faible pour le cinéma alternatif, riche et complexe. Autant dire que les oeuvres de David Lynch ou de Peter Greenaway le mettent littéralement en transe, ce qui le fait passer pour un doux dingue vaguement masochiste auprès des gens dit « normaux »… Ah, et il possède aussi un humour assez particulier, ironique et porté sur, aux choix, le calembour foireux ou le bon mot de génie…

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