get it right - affpro[On the rise]

De quoi ça parle ?

D’une adolescente de la banlieue de Moscou qui a été arrêtée en possession de drogue, délit pour lequel elle encourt une lourde peine de prison, et des hommes de sa vie – ses deux amants, son père et le nouveau compagnon de sa mère – prêts à tout, et même au pire, pour la sortir de ce mauvais pas.
Natasha semble être une adolescente sage et sans histoires, mais elle mène une vie assez dissolue. Non contente de passer ses nuits à danser dans un night-club interlope, elle se partage entre deux amants. D’un côté un jeune homme de son quartier, très amoureux d’elle, au point de vouloir s’installer avec elle très prochainement. De l’autre un policier corrompu, bien plus âgé qu’elle. C’est à cause de lui qu’elle se retrouve aujourd’hui dans l’oeil du cyclone. Les collègues de son amant l’ont coincée pour qu’elle les aide à piéger celui-ci, ce qu’elle se refuse à faire. Evidemment, dans ces conditions, toute tentative de corruption est impossible et la jeune femme risque de finir en prison pour une longue durée. Le nouveau compagnon de sa mère a déjà essayé de la sortir de là, en vain. Mais son père, qui a quitté le domicile conjugal pour refaire sa vie avec une femme plus jeune dont il attend un enfant, a décidé de reprendre les choses en mains. Si la corruption ne fonctionne pas, il existe une autre voie, autrement plus délicate et risquée : aider le flic ripou à se débarrasser de ceux qui peuvent lui causer du tort…
De son côté, le jeune homme amoureux de Natacha essaie lui aussi de la libérer, non seulement de cette situation compliquée, mais aussi de l’emprise de son amant policier. Tout ça va forcément mal se finir…

Pourquoi notre intérêt pour le film s’est dilué dans la vodka?

Déjà parce qu’on l’a vu dans des conditions techniques compliquées, en VO russe sous-titrée en anglais, avec des sous-titres en décalage par rapport à l’image et pas toujours correctement traduits, ce qui n’a pas aidé à la compréhension globale de l’oeuvre.

Mais il n’est pas certain que, même dans des conditions optimales, l’intrigue nous ait paru beaucoup plus claire. Il faut un certain temps avant d’en saisir tous les tenants et les aboutissants – à supposer qu’on y soit parvenu… – à cause d’un scénario confus, lacunaire, assez flou, trop ambitieux au regard du format adopté. Igor Polevichko a en effet misé sur un format assez compact, une durée assez courte (1h20), probablement pour donner du rythme à son récit. Du coup, il a beaucoup élagué par rapport à une structure scénaristique traditionnelle. Il a notamment fait l’économie de toute la mise en place du contexte et n’a pas pris le temps de présenter ses nombreux personnages. C’est plutôt original, mais en procédant ainsi, il a pris le risque de perdre le spectateur en cours de route, car dans l’impossibilité de s’attacher aux protagonistes ou de comprendre les enjeux, celui-ci finit assez vite par s’ennuyer et se désintéresser de ce qui se passe à l’écran.

La mise en scène n’est hélas pas assez virtuose pour compenser les faiblesses du scénario. L’ensemble est en effet filmé assez sagement, sans grande prise de risques, à l’exception d’une des scènes finales, où, pour le coup, l’art de l’ellipse, préjudiciable jusqu’alors, produit un effet assez intéressant.
C’est tout ce que l’on sauvera d’un film globalement peu convaincant. Le seul intérêt est, à la rigueur, le portrait en filigrane d’une adolescente ayant soif de liberté – physique, sexuelle, morale –  dans une société oppressante, globalement dominée par les hommes. Mais là encore, le cinéaste ne creuse pas vraiment la question, diluée dans ce récit confus et laborieux.

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Crédits photos : copyright Antipode-sales

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Note :
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Rédacteur en chef de Angle[s] de vue, Boustoune est un cinéphile passionné qui fréquente assidument les salles obscures et les festivals depuis plus de vingt ans (rhôô, le vieux...) Il aime tous les genres cinématographiques, mais il a un faible pour le cinéma alternatif, riche et complexe. Autant dire que les oeuvres de David Lynch ou de Peter Greenaway le mettent littéralement en transe, ce qui le fait passer pour un doux dingue vaguement masochiste auprès des gens dit « normaux »… Ah, et il possède aussi un humour assez particulier, ironique et porté sur, aux choix, le calembour foireux ou le bon mot de génie…

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