Chalut les humains,

Loin de moi l’idée de vous embêter avec des comparaisons destinées à démontrer de manière irréfutable la supériorité de la race féline sur les toutous à leur mémère et autres espèces animales dégénérées, mais bon, entre nous, les lapins, ça craint…

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Déjà, ils ne ressemblent à rien. Vous avez vu leur tronche. Ces oreilles, là, franchement c’est risible. Vous vous foutez de la gueule du Prince Charles mais vous avez envie de câliner ces peluches aux esgourdes hypertrophiées? Soyez un peu sérieux. Et leur air ahuri, à mâchonner en permanence des chewing-gums imaginaires, c’est pas très engageant, si?.
Et puis mince, un lapin, c’est pas fiable. Ils sont toujours en retard. Regardez le lapin blanc dans Alice au pays des merveilles, toujours à courir partout en braillant “je suis en retard, je suis en retard!”.
Ca ne vous suffit pas, vous voulez un autre exemple?
Hop! Le lapin de Pâques débarque dans les cinémas français le 6 juillet, soit avec juste trois mois de retard.
Bien joué, lapinou. Ca c’est du timing! Franchement, c’est malin de nous montrer une chocolaterie/confiserie tournant à plein régime à l’heure où, température caniculaire oblige, tout le monde ne rêve que de salades, de barbecues et de sorbets.
Avec cette idée “brillante”, Hop, le film de Tim Hill, part déjà avec un handicap. Trop mièvre, trop sucré, trop coloré pour un blockbuster estival, il s’avère rapidement un peu écoeurant et indigeste.

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Bon soyons francs, il est plutôt sympa, le héros de ce film mêlant animation et prises de vue réelles : EB (1) est un jeune lapereau plein de vie qui coule des jours heureux sur l’île de Pâques (forcément) jusqu’au jour où son paternel lui annonce que le moment est venu pour lui de prendre sa retraite et de lui confier la confiserie familiale et le titre de Lapin de Pâques. Seul problème, le lapereau ne se voit pas franchement gérer ce business et les responsabilités qu’il implique, notamment l’exécution parfaite de la tournée de livraison des chocolats de Pâques à tous les enfants du monde. Lui veut devenir une rock star, un batteur, plus précisément.
Alors, pour réaliser ses rêves et échapper au carcan des traditions familiales, il fugue et part pour Hollywood, où il est recueilli par Fred O’Hare (2) (James Marsden) qui cherche du boulot et ne cracherait pas, lui, sur le boulot de Lapin de Pâques…

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Au début, on s’amuse de quelques jolis gags. L’arrivée d’EB sur les hauteurs de Los Angeles, par exemple. Notre héros se retrouve à la rue, en pleine nuit et s’en va donc frapper au seul endroit du coin où on peut accueillir les lapins du monde entiers : la Playboy Mansion!
Ah, il est gentil ce lapinou, mais il n’a pas inventé le caoutchouc mou… Il aurait dû savoir que seuls les sexy bunnies et les chauds lapins sont admis chez Hugh Heffner . Mais bon, heureusement pour lui, il n’a pas frappé à la porte de Glenn Close (3)

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On apprécie aussi de le voir, le temps d’une scène, faire le batteur pour les Blind Boys of Alabama – oui, un lapin qui fait un boeuf, ça surprend – ou passer une audition devant David Hasselhoff, le héros de K2000 et d’Alerte à Malibu, reconverti ici en juré de tremplin pour jeunes talents, façon X-Factor (4).
On rit aussi de bon coeur quand le tandem EB et Fred vient ruiner (ou sauver, au choix) le spectacle pascal de l’école voisine, au grand dam de la soeur du jeune homme. Bien fait pour elle! C’est une peste et elle chante faux!

Enfin, on salive devant le méchant… Pardon, on salue le méchant du film, un gros poussin nommé Carlos – en hommage au terroriste, au chanteur ou aux deux – ouvrier taciturne et rebelle qui rêve de devenir lapin à la place du lapin et fomente la révolution dans la chocolaterie. Ah! Ai-je dit que les poussins, ça craint? Sauf dans l’assiette, bien sûr…

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Le hic, c’est qu’à partir du moment où l’intrigue –assez basique il est vrai – commence à se recentrer sur le coup d’état de Carlos, l’intérêt du film faiblit et l’ennui s’installe, fatalement.

Hop n’est pas vraiment un mauvais film, mais c’est un pur produit commercial hollywoodien qui ne se distingue en rien du flot de blockbusters familiaux qui déferle chaque année sur les écrans. Sitôt vu, sitôt oublié!
Les enfants seront sûrement moins regardants que les adultes, mais il n’y a objectivement pas de quoi sauter au plafond…
Finalement, les meilleurs gags sont au niveau du générique de début, avec une planète terre ovoïde sur le logo des studios Universal, et avec les mignons de Moi moche et méchant déguisés en lapin. Dommage…

Bon, faut que je vous laisse,
Mon maître, ce chaud lapin, vient de ramener une sexy bunny à la maison (5). Je m’en vais lui mordiller les oreilles et lui griffer les cuisses à cette demoiselle, histoire de lui montrer qu’ici c’est mon territoire… Et la prochaine fois, elle se déguisera plutôt en catwoman… Na!

Pleins de ronrons,

Scaramouche

Scaramouche bunny_thumb[1]

(1) : On a choisi délibérément d’utiliser le nom original du héros, EB (prononcer Ibby) plutôt que son nom francisé, “Robbie”, parce que ce dernier ne veut rien dire, alors que les initiales du nom du personnage signifient, elles, Easter Bunny (Lapin de Pâques)…
(2) : Là, ils auraient pu traduire le nom, en revanche… En Lelièvre, par exemple (“Hare”=”lièvre” en anglais)
(3) : Pour les incultes, une référence à Liaison Fatale, où un lapin passe à la casserole…
(4) : En fait, il a été membre du jury de l’émission concurrente, “America’s got talent”
(5) : Non, je blague. Lui, c’est plus un blaireau et il se fait surtout poser des lapins… hi hi hi…

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Hop_thumb[2] Hop
Hop

Réalisateur : Tim Hill
Avec : James Marsden, Kaley Cuoco, Gary Cole, Elzabeth Perkins, David Hasselhoff, et les voix de Hugh Laurie, Russell Brand
Origine : Etats-Unis
Genre : show lapin
Durée : 1h35
Date de sortie France : 06/07/2011
Note pour ce film :

contrepoint critique chez : Le JDD

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Scaramouche est un... chat. Son heureux maître, Boustoune, l'a baptisé ainsi après l'avoir vu escalader les rideaux et pratiquer l'escrime contre les plantes vertes, à la manière d'un héros de film de cape et d'épée. (Il a longtemps hésité avec Channibal et Cat Vador, mais bon...) Evidemment, avec un tel nom, l'animal ne pouvait que devenir cinéphile. Comme il n'avait rien d'autre à faire que de glander toute la journée sur le canapé, il s'est gavé de DVD et s'est forgé sa culture cinématographique, avant d'accepter de devenir critique pour Angle[s] de vue. Sa spécialité ? Les films dont les félins sont les héros. Et les films qui parlent de boxe et de sports de combat (il kiffe). Mais il doit aussi se farcir la plupart des critiques de films pour enfants (il kiffe aussi, sans l'avouer...). Il aime donner quelques coups de griffes aux films qu'il n'aime pas, et complimenter ceux qu'il aime de sa plus belle plume (volée à un pigeon trop téméraire). En tout cas, il n'aime pas les critiques qui ronronnent. Qu'on se le dise...

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