Mal de pierres - 3Gabrielle (Marion Cotillard) et son mari José (Alex Brendemühl) font le trajet de La Ciotat jusqu’à Lyon pour accompagner leur fils, pianiste, à un concours. Alors qu’ils arrivent presque à destination, leur voiture est prise dans un bouchon. Gabrielle tourne la tête vers la plaque indiquant le nom de la rue et est soudain prise d’un vertige existentiel. Il lui faut descendre de voiture, tout de suite, laisser mari et fils continuer leur route sans elle. Devant un vieil immeuble, elle se remémore les épisodes les plus joyeux et les plus douloureux de son existence.
Tout commence quelques années auparavant. Alors adolescente, elle tombe follement amoureuse de son professeur. Mais, réalisant que ses sentiments ne sont pas partagés, elle tombe dans une profonde dépression. Ses parents décident alors de la marier de force avec José, un maçon d’origine espagnole qui a toujours été attiré par elle. Gabrielle n’a pas le choix. C’est ça ou l’hôpital psychiatrique. Elle accepte, mais prévient son mari qu’elle ne l’aimera jamais. Pourtant, petit à petit, elle se résigne à partager sa vie.
Cependant, quelques temps après, on lui diagnostique un “mal de pierres”, des calculs qui lui occasionnent régulièrement de violentes douleurs abdominales. Le seul moyen de guérir, c’est de partir en cure thermale dans les Alpes. Au cours de ce séjour, elle rencontre André Sauvage (Louis Garrel), un soldat blessé aux reins pendant la Guerre d’Indochine. Elle tombe amoureuse pour la seconde fois de son existence et entend cette fois vivre cette passion jusqu’au bout. Mais le destin peut être cruel…

Librement adapté du roman éponyme de Milena Agus, Mal de Pierres est un mélodrame flamboyant, doublé d’un subtil portrait de femme. Gabrielle, incarnée avec talent par Marion Cotillard, est un personnage féminin intense, à la lisière de la folie. Elle est à la fois rongée par ses désirs, ses pulsions, son incapacité à se contenter de ce qu’on lui donne, et prisonnière du regard des autres, des conventions sociales de la France des années 1950. Elle cherche à tout prix un moyen de s’émanciper et de trouver sa voie dans un monde qui n’est pas encore tout à fait prêt à lui accorder sa liberté.

Mal de pierres - 2

Nicole Garcia a choisi de privilégier une forme cinématographique assez classique pour raconter cette histoire d’amours impossibles, de désirs et de fantasmes. De manière assez intéressante, elle joue sur le contraste entre les paysages et les émotions de son personnage principal. Les paysages ensoleillés et colorés de la Provence font office de prison dorée pour Gabrielle, alors que les paysages embrumés et froid des Alpes abritent les moments les plus joyeux de l’existence du personnage.
Pour le reste, sa mise en scène, sobre et pudique, se met surtout aux service des acteurs, et notamment de Marion Cotillard inspirée, habitée par le rôle, vibrante d’émotion.
Sa performance la place parmi les favorites pour le prix d’interprétation féminine, même si la concurrence s’annonce rude au vu des oeuvres en compétition, qui reposent sur des personnages féminins forts.
Cela dit, au vu de l’accueil du public lors de la projection officielle, on se dit que Mal de pierres pourrait aussi prétendre à d’autres prix au palmarès.
Verdict dans quelques jours…

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Rédacteur en chef de Angle[s] de vue, Boustoune est un cinéphile passionné qui fréquente assidument les salles obscures et les festivals depuis plus de vingt ans (rhôô, le vieux...) Il aime tous les genres cinématographiques, mais il a un faible pour le cinéma alternatif, riche et complexe. Autant dire que les oeuvres de David Lynch ou de Peter Greenaway le mettent littéralement en transe, ce qui le fait passer pour un doux dingue vaguement masochiste auprès des gens dit « normaux »… Ah, et il possède aussi un humour assez particulier, ironique et porté sur, aux choix, le calembour foireux ou le bon mot de génie…

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