Ca y est! La 65ème édition du Festival de Cannes s’est ouverte ce mercredi. C’est à l’actrice Bérénice Béjo qu’est revenu la charge d’animer la soirée d’ouverture et de présenter le jury. La belle était visiblement émue de revenir sur la Croisette tout juste un an après l’accueil chaleureux réservé à The Artist, première étape d’une belle carrière qui a mené le film de Michel Hazanavicius jusqu’à ses cinq Oscars. Pour ceux qui auraient échappé au phénomène, rappelons que ce film présentait la particularité d’être un film… muet.

Béjo ouverture cannes 2012

C’est donc très logiquement que Bérénice Béjo s’est lancé dans une sorte d’éloge du silence. Celui qui accompagne la projection d’un film qui captive l’auditoire, qui s’impose face à la beauté d’une oeuvre d’art… Un discours sobre, teinté d’humour, où l’actrice règle leur compte aux empêcheurs de rêver en rond, à tous ceux qui parlent pendant les projections et à tous ceux à qui elle a envie de crier “Tais-toi!”.

Une maxime qu’elle s’est appliquée à elle-même pour passer à la présentation du grand jury de cette édition 2012 : la comédienne Hiam Abbass, la cinéaste Andrea Arnold, les actrices Emmanuelle Devos et Diane Kruger, le couturier Jean-Paul Gautier, l’acteur Ewan McGregor et les cinéastes Alexander Payne et Raoul Peck. Sans oublier le président Nanni Moretti, qui après avoir obtenu plusieurs prix à Cannes, dont une Palme d’Or, devra cette fois désigner le lauréat du précieux trophée.

Lui aussi a privilégié la sobriété et le silence. Il s’est contenté de remercier les membres de son jury et de vanter les mérites de la France, pays qui défend le cinéma et les cinéastes, avant de s’imposer, ainsi qu’aux membres de son jury, un silence total jusqu’à la cérémonie de clôture et la remise des prix, devoir de réserve oblige.

Beth Ditto ouverture Cannes 2012

Puis, évidemment, le bruit a repris ses droits…
Déjà avec un hommage particulièrement maladroit à Marylin Monroe, dont le portrait sert d’affiche à cette 65ème édition. Le groupe Gossip est venu chanter une version particulière de la chanson qu’Elton John avait composée en souvenir de cette figure mythique de Hollywood – “Like a candle in the wind”. Mouais… On aime bien Beth Ditto et son groupe, mais là, franchement, on trouve leur performance un peu à côté de la plaque, sans grande logique avec le reste de la cérémonie…

Une cérémonie qui s’est terminée avec toute l’équipe du film d’ouverture – et premier long-métrage présenté en compétition- Moonrise kingdom. Wes Anderson, Tilda Swinton, Bruce Willis, Jason Schwartzman, Roman Coppola, Bill Murray et les jeunes acteurs du film ont déclaré ouverte cette 65ème édition du “plus beau festival de cinéma de la planète”. Dans une sorte de cacophonie, certes, mais l’essentiel est que le festival est bel et bien lancé…

Comme l’a prédit Bérénice Béjo, le silence n’a pas tardé à gagner la salle lors de la projection du nouveau long-métrage du cinéaste de La Vie aquatique ou A bord du Darjeeling limited. Et pour cause, Moonrise kingdom est un petit bijou de sensibilité, de poésie et de tendresse, mis en scène avec talent, joué avec conviction, mis en musique avec brio… Bref, un énorme coup de coeur dès le premier jour de compétition – c’est tellement rare !

Avec une ouverture aussi royale, le festival commence sous les meilleurs auspices. On en reste… sans voix (mais vous pouvez lire notre critique du film) et on attend la suite avec impatience. Surtout que demain se profile déjà un solide prétendant à la Palme d’Or, De rouille et d’os de Jacques Audiard et un outsider égyptien, Après la bataille de Yousry Nasrallah.

A demain, donc, pour la suite de nos pérégrinations cinéphiles sur la Croisette…

 

Cannes 2012 bandeau

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Rédacteur en chef de Angle[s] de vue, Boustoune est un cinéphile passionné qui fréquente assidument les salles obscures et les festivals depuis plus de vingt ans (rhôô, le vieux...) Il aime tous les genres cinématographiques, mais il a un faible pour le cinéma alternatif, riche et complexe. Autant dire que les oeuvres de David Lynch ou de Peter Greenaway le mettent littéralement en transe, ce qui le fait passer pour un doux dingue vaguement masochiste auprès des gens dit « normaux »… Ah, et il possède aussi un humour assez particulier, ironique et porté sur, aux choix, le calembour foireux ou le bon mot de génie…

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