Figlia mia - affproVittoria (Sara Casu), une jeune fille de dix ans, grandit sagement dans un petit village de Sardaigne. Si elle est fréquemment rejetée par les autres enfants à cause de la couleur de ses cheveux, d’un roux flamboyant, ou de sa timidité, elle peut compter sur le soutien et l’affection débordante de sa maman, Tina (Valeria Golino). Jusqu’alors, cette dernière lui a caché le secret de ses origines : Vittoria n’est pas sa fille biologique, mais celle d’Angelica (Alba Rohrwacher), une femme libre et insouciante, qui habite à quelques kilomètres de là, dans une grande ferme. Angelica est une femme aussi délurée et imprévisible que Tina est responsable et travailleuse. Elle est incapable de s’occuper correctement d’elle-même, alors d’un enfant… C’est pour cela qu’elle a accepté de confier sa fille à Tina. Elle a jugé cette séparation préférable pour la fillette et pour elle, d’autant que le deal s’accompagnait d’une rente sur du long terme, lui permettant de financer l’entretien de ses animaux et ses virées nocturnes alcoolisées.
Mais à force d’être irresponsable, Angelica a accumulé trop de dettes. Sa ferme va être saisie, à moins qu’elle ne rembourse près de 30 000 € de traites. Elle n’a d’autre choix que de partir, à son grand désarroi. Elle demande alors à Tina et son mari la possibilité de voir un peu la fillette avant de partir. Ceux-ci acceptent un peu à contrecoeur, et la gamine comprend bien vite la vérité. Elle n’est pas la fille de cette mère très sage, bien sous tous rapports, mais celle de cette femme extravertie, capable alternativement de coups de sang tonitruants et de gestes de grande générosité, libre et débordant d’énergie. A l’âge de l’entrée, cette révélation est un choc. La jeune fille va remettre en question tous les éléments constituant son existence et, à partir de ces deux modèles féminins radicalement opposés, se forger sa propre identité.

Avec Figlia mia, Laura Bispuri signe une chronique adolescente assez plaisante, lumineuse et portée par trois comédiennes convaincantes. Mais le manque d’enjeux narratifs en fait une oeuvre assez anodine, qui ne peut prétendre marquer durablement les esprits. D’autant que, côté esthétique, cela n’est pas brillant non plus : images tremblantes, filmées caméra à l’épaule – sans doute pour signifier le côté libre et sauvage d’Angelica – image granuleuse surexposée, décors minimalistes, musiques pas toujours inspirées… Une fois n’est pas coutume, ce film, malgré toute la sympathie qu’on peut lui porter, est un peu faible pour concourir pour l’Ours d’Or, surtout quand les sélectionneurs proposent des oeuvres autrement plus consistantes dans les autres sections du festival…

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Rédacteur en chef de Angle[s] de vue, Boustoune est un cinéphile passionné qui fréquente assidument les salles obscures et les festivals depuis plus de vingt ans (rhôô, le vieux...) Il aime tous les genres cinématographiques, mais il a un faible pour le cinéma alternatif, riche et complexe. Autant dire que les oeuvres de David Lynch ou de Peter Greenaway le mettent littéralement en transe, ce qui le fait passer pour un doux dingue vaguement masochiste auprès des gens dit « normaux »… Ah, et il possède aussi un humour assez particulier, ironique et porté sur, aux choix, le calembour foireux ou le bon mot de génie…

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