Chalut les humains,

C’est pas juste… C’est à moi de vous parler d’Arrietty, le petit monde des chapardeurs, juste sous prétexte que j’ai chroniqué un ou deux dessins animés et films pour enfants.
Un truc comme ça, c’était pourtant tout à fait adapté à mon collègue PaKa, qui parle de BD et de mangas, et qui est fou d’Asie en général et des films de Miakazy, Myazaky,euh, je sais même pas comment ça s’écrit… Sauf que voilà, Môôsieur était en plein trip angoumoisin (d’Angoulême, pour les nuls en géo…) et c’est à moi qu’est revenue la lourde tâche de voir et critiquer ce film dans lequel, une fois n’est pas coutume, un félin écope du rôle ingrat de faire-valoir crétinoïde qui ne pense qu’à bouffer les héros…
Il faut dire qu’ils sont petits comme des souris, ces chapardeurs, même s’ils ont une apparence humaine. Alors, vous avouerez qu’il y a de quoi se méprendre pour un vieux matou à la vue déclinante…

Arrietty, le petit monde des chapardeurs - 2

Bon, le film n’est pas centré autour de cela. Il s’agit surtout de la rencontre entre la jeune Arrietty – quatorze ans et autant de centimètres de haut – avec un garçon de son âge, mais d’une taille plus normale pour un humanoïde…
Il s’appelle Sho et est venu passer quelques jours chez sa tante, en attendant une délicate opération cardiaque.
Arrietty, qui n’a jamais connu d’autre compagnie que celle de ses parents, est intriguée par ce garçon gigantesque. Un soir, elle s’approche un peu trop près de lui et trahit sa présence. Le garçon cherche alors à la retrouver. Ceci provoque un vent de panique chez les chapardeurs, qui ont toujours cherché à cacher leur présence aux humains…

Arrietty, le petit monde des chapardeurs - 4

Le film est l’adaptation de l’univers des romans de Mary Norton (1), qui a déjà été porté à l’écran à trois reprises : deux téléfilms ou feuilletons télévisés, en 1973 et en 1992 (2) , et un blockbuster hollywoodien, Le petit monde des Borrowers, avec John Goodman, en 1997.
Rien à voir avec cette version, écrite par Miyazaki lui-même, qui préfère, comme à son habitude, évoluer dans le registre de la poésie un brin mélancolique plutôt que dans celui de l’humour lourdaud…
On sent sa patte dans la conception de ce long-métrage. Même animation fluide, même beauté des décors, même expressivité des visages de ces personnages d’encre et de celluloïd. Et même soin apporté à la musique, signée – cocorico! – par une française, la bretonne Cécile Corbel (3).

Arrietty, le petit monde des chapardeurs - 5

Mais l’ensemble est un peu trop léger au regard de l’oeuvre passée de Miyazaki, et c’est peut-être pour cela que le maître japonais a confié la réalisation à son disciple Hiromasa Yonebayashi (4).
Le film ne possède pas l’ampleur poétique du Voyage de Chihiro, ni la force symbolique de Ponyo sur la falaise. Contrairement à la fin du roman original, il ne joue nullement la carte de l’ambiguïté et de l’onirisme.

Arrietty, le petit monde des chapardeurs - 3

Cela se laisse voir,évidemment, mais c’est assez faible par rapport à ce que l’on attend désormais de la part des Studios Ghibli, qui ont placé très haut la barre en termes de qualité artistique pour le cinéma d’animation.
Bon OK, à la fin, le chat se révèle finalement sympathique et “héroïque” – argh, le spoiler ! – mais je suis resté sur ma faim..

D’ailleurs, en parlant de faim, il faut que je vous laisse, je pars chasser les chaparde… euh, les souris…

Plein de ronrons,

Scaramouche

Scarrietty

(1) : ‘Les chapardeurs” de Mary Norton – et ses suites – éd. L’école des loisirs
(2) : Non, “Les Minipouss” ne font pas partie de ces adaptations. Malgré des similitudes évidentes, la série d’animation de Jean Chalopin est tirée des romans de John Peterson.
(3) : BO “Arrietty, le petit monde des chapardeurs” disponible chez Wasabi
(4) : En fait, Miyazaki et Isao Takahata, les fondateurs des studios Ghibli, voulaient adapter le roman de Mary Norton depuis près de quarante ans. Le choix de leur meilleur animateur pour diriger le film est un passage de témoin, le début de leur succession…

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Arrietty, le petit monde des chapardeurs Arrietty, le petit monde des chapardeurs
Karigurashi no Arrietty

Réalisateur : Hiromasa Yonebayashi
Avec les voix de : Mirai Shida, Ryunosuke Kamiki, Kirin Kiki, Tomokazu Miura
Origine : Japon
Genre : mini-Ghibli
Durée : 1h34
Date de sortie France : 12/01/2011
Note pour ce film : ●●●○○○

contrepoint critique chez :  Le Monde

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Scaramouche est un... chat. Son heureux maître, Boustoune, l'a baptisé ainsi après l'avoir vu escalader les rideaux et pratiquer l'escrime contre les plantes vertes, à la manière d'un héros de film de cape et d'épée. (Il a longtemps hésité avec Channibal et Cat Vador, mais bon...) Evidemment, avec un tel nom, l'animal ne pouvait que devenir cinéphile. Comme il n'avait rien d'autre à faire que de glander toute la journée sur le canapé, il s'est gavé de DVD et s'est forgé sa culture cinématographique, avant d'accepter de devenir critique pour Angle[s] de vue. Sa spécialité ? Les films dont les félins sont les héros. Et les films qui parlent de boxe et de sports de combat (il kiffe). Mais il doit aussi se farcir la plupart des critiques de films pour enfants (il kiffe aussi, sans l'avouer...). Il aime donner quelques coups de griffes aux films qu'il n'aime pas, et complimenter ceux qu'il aime de sa plus belle plume (volée à un pigeon trop téméraire). En tout cas, il n'aime pas les critiques qui ronronnent. Qu'on se le dise...

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