La Biennale di Venezia – 76. Mostra Internazionale d’Arte Cinematografica – Venise (Italie)
– du 28 août au 9 septembre 2019 –

affiche mostra 2019Qui va succéder à Alfonso Cuaron et son ROMA lors de la 76ème édition de la Mostra de Venise? Difficile à dire, tant les prétendants au Lion d’Or sont nombreux cette année.
Hirokazu Kore-Eda ouvrira le bal avec La Vérité, son premier film tourné hors du Japon, avec une distribution internationale (Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Ethan Hawke). Après la Palme d’Or obtenue à Cannes l’an passé, il aimerait bien ajouter un autre trophée à sa collection. Steven Soderbergh aussi. Définitivement sorti de sa retraite précoce, annoncée en 2013, le réalisateur américain viendra défendre The Laundromat, en compagnie de Meryl Streep et Gary Oldman. Il devra composer avec la concurrence féroce de ses compatriotes. D’abord James Gray, qui aimerait bien, 25 ans après le Lion d’Argent obtenu pour Little Odessa, obtenir un fauve d’un métal plus doré, et compte pour cela sur Ad Astra, un film de science-fiction avec Brad Pitt en vedette. Puis Noah Baumbach, qui espère convoler avec le public vénitien en lui offrant sa Marriage Story, avec Scarlett Johansson et Adam Driver.
On attend aussi que Roy Andersson, Lion d’Or en 2014, tienne son rang avec un nouveau film, About endlessness, qui s’annonce aussi décalé et subtil que les précédents. Il faudra aussi compter sur des cinéastes confirmés comme Pablo Larrain (Ema), Roman Polanski (J’accuse), Olivier Assayas (Wasp network), Atom Egoyan (Guest of honour), Lou Ye (Saturday fiction), Robert Guédiguian (Gloria mundi) et une forte présence des cinéastes locaux : Mario Martone (Il sindaco del Rione Sanità), Franco Maresco (La mafia non è più quella di una volta) et Pietro Marcello (Martin Eden). Mais la surprise pourrait venir des outsiders : The perfect candidate d’Haifaa Al-Mansour, A herdade de Tiago Mendes, Waiting for the barbarians de Ciro Guerra, Babyteeth de Shannon Murphy, N°7 Cherry Lane, le film d’animation de Yonfan ou encore The painted bird de Vaclav Marhoul, qui semble visuellement sublime.
Alors, qui pour le Lion d’Or cette année? On aurait bien envie de répondre Joker, s’il ne s’agissait pas du titre du film de Todd Phillips, également en compétition. A notre connaissance, c’est la première fois qu’un film tiré de l’univers des DC Comics a l’honneur d’une sélection en compétition dans un grand festival international. Il conviendra de vérifier si le film, porté par Joaquin Phoenix dans le rôle-titre, est au niveau des attentes…

Hors compétition, si on regrette l’absence de Woody Allen, qui ne présentera pas sur la lagune  son A rainy day in New-York ou de Martin Scorsese, dont le nouveau film The Irishman, n’était pas tout à fait prêt, on se consolera avec Seberg, ou Kristen Stewart incarne l’actrice Jean Seberg, Vivere de Francesca Archibugi, qui met en vedette l’une des actrices favorites de la Mostra, Micaela Ramazzotti, Tutto il mio folle amore, avec l’autre actrice favorite du Lido, Valeria Golino, Adults in the room, le nouveau Costa-Gavras, The King de David Michôd, Mosul de Matthew Carnahan, No one left behind de Guillermo Arriaga ou encore The Burnt Orange Heresy de Giuseppe Capotondi, qui servira de clôture au festival. Gaspar Noé, lui, présentera son Irréversible en “inversion intégrale”, promettant une expérience encore plus rude que le film original, déjà bien âpre…
Egalement au programme, une belle sélection de documentaires, parmi lesquels State funeral de Sergueï Loznitsa, Woman de Yann Arthus-Bertrand ou citizen K d’Alex Gibney., et un avant-goût de deux séries télévisées : The New Pope, suite de la série de Paolo Sorrentino avec Jude Law et Zerozerozero de Stefano Sollima, avec Andrea Riseborough et Gabriel Byrne.

Pour compléter cette sélection officielle, deux sections parallèles : Orizzonti propose quelques oeuvres intéressantes venues de toutes les horizons, comme Bik Eneich-Un fils  de Mehdi M. Barsaoui, Pelikanblut de Katrin Gebbe, Moffie d’Oliver Hermanus, Revenir de Jessica Palud, ou encore Hava, Maryam, Ayesha, un film qui nous vient d’Afghanistan. Sconfini projette une petite sélection de six films parmi lesquels Les Epouvantails de Nouri Bouzid ou American skin de Nate Parker.

Comme d’habitude, le festival est complété par une copieuse section rétrospective, Venice Classics, qui offre aussi au public de nombreux documentaires cinématographiques, et une compétition de films en réalité virtuelle de haut niveau.

En plus de ces sections parallèles officielles, on trouve deux autres sélections importantes.
Celle de la Semana della Critica, qui, comme son homologue cannoise, promeut le travail de jeunes cinéastes, s’ouvrira par un film d’animation, Bombay Rose, de l’indien Gitajali Rao, et présentera quelques films intrigants, comme Partenonas de Mantas Kvedaravicius, Psykosia de la danoise Marie Grahto ou Sayidat Al Bahr, une fable fantastique venue d’Arabie Saoudite.
Celle des Giornate degli autori proposera les nouveaux films de Bartabas (Les Chevaux voyageurs), Fabienne Berthaud (Un monde plus grand),  Dominik Moll (Seules les bêtes) ou Stefano Cipani (Mio fratello rincorre i dinosauri) et autres pépites venues de toutes les zones du globe.
Bref, voilà encore un programme copieux, qui devrait occuper les cinéphiles de la Cité des Doges et tous les heureux visiteurs venus assister à cette belle manifestation!

A très vite pour nos nouvelles chroniques vénitiennes!

Pour plus d’informations : Site officiel de La Biennale di Venezia

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Rédacteur en chef de Angle[s] de vue, Boustoune est un cinéphile passionné qui fréquente assidument les salles obscures et les festivals depuis plus de vingt ans (rhôô, le vieux...) Il aime tous les genres cinématographiques, mais il a un faible pour le cinéma alternatif, riche et complexe. Autant dire que les oeuvres de David Lynch ou de Peter Greenaway le mettent littéralement en transe, ce qui le fait passer pour un doux dingue vaguement masochiste auprès des gens dit « normaux »… Ah, et il possède aussi un humour assez particulier, ironique et porté sur, aux choix, le calembour foireux ou le bon mot de génie…

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