- Gueule d’Amour, d’Aurélien Ducoudray & Delphine Priet-Mahéo -

Après nous avoir immergés dans la violence d’une banlieue défavorisée de Baltimore (click), nous avoir fait trembler avec un thriller sordide sur fond de crise sociale (click), ou nous avoir émus avec le destin d’un jeune sans-papier perdu dans l’enfer de Sangatte (click), Aurélien Ducoudray change une nouvelle fois d’univers pour nous ramener cette fois-ci au lendemain de la première guerre mondiale, sur les pas d’une gueule cassée.

Les gueules cassées, c’est ainsi que l’on nommait alors ces nombreux soldats défigurés sur le champ de bataille.
Et si ce surnom vous semble dur, sachez qu’il n’est rien par rapport aux autres quolibets que subissaient ces pauvres hommes qui, non seulement devaient supporter la douleur des chairs déchirées, mais aussi le rejet de la part de leur entourage… du dernier des inconnus jusqu’à leur propre femme.

Grâce à sa plume parfaitement maitrisée, Ducoudray saura une fois de plus nous faire ressentir les émotions les plus intimes de ses personnages en prenant garde de ne jamais sombrer dans le voyeurisme ou le misérabilisme.
Des émotions s’étalant sur une palette des plus larges ; passant par la douleur, la solitude, le dégout, la répulsion, ou la pitié, et allant jusqu’à la force, la puissance, une certaine admiration morbide, et même la fascination …
…une fascination qui donnera d’ailleurs lieu à des scènes habitées d’un grand souffle d’érotisme.

 

Afin d’illustrer au mieux ces sentiments si complexes, la force de ces scènes d’horreur ou d’extase, Ducoudray s’associe ici à Delphine Priet-Mahéo, qui nous ravit les yeux de ses dessins au crayon puissants, profonds, charnels, et se rapprochant presque des maîtres de l’expressionisme tant ils déforment les corps et les visages à l’extrême pour laisser s’exprimer pleinement ces êtres à fleur de peau.

Un hommage poignant et vibrant à ces hommes ayant donné leur face à la France.

Gueule d’Amour, d’Aurélien Ducoudray & Delphine Priet-Mahéo (ed. La Boîte à Bulles).

- Z comme Don Diego, de Fabcaro & Fabrice Erre -

« Un cavalieeeeeer qui surgit hors de la nuiiiiiiiit,
Court vers l’aventure au galop.
Son nooooooom, il signe à la pointe de l’épée,
D’un Z qui veut dire Don Diego ! »

Ah oui, les paroles ont quelque peu changé par rapport à l’original… le ton aussi, d’ailleurs !
Dans cet album, ne vous attendez pas à retrouver le valeureux héros qui vous faisait vibrer jadis, le samedi soir, scotchés à votre télé devant Disney Channel.

Ici nous assisterons aux (désopilantes) péripéties d’un Zorro un brin couard, moyennement habile, prompt à la mauvaise foi… mais toujours bien au dessus du lot par rapport à la bande d’abrutis qui l’entourent !
Ah si, peut-être le brave Bernardo pourrait-il sortir son épingle du jeu, mais bon, personne ne l’écoute car au final : les muets ont-ils vraiment quelque chose à dire ?!

Et si les strips en deux lignes contant les contre-exploits de ce Zorro d’opérette ou les états d’âme de ce pauvre Don Diego nous font bien marrer, nous réaliserons au fil des pages qu’en plus de leur force comique première, ces gags s’enchainent et s’imbriquent pour donner finalement lieu à une seule et même histoire s’étalant sur tout l’album…
…soit la parade nuptiale d’un village tout entier aux pieds de ce beau brin de fille très justement nommée Sexoualidad !

Alors si vous voulez vous taper une bonne et franche tranche de rire, sifflez votre intrépide Tornado et galopez vous procurer au plus vite cette relecture du mythe de notre enfance par la fine fleur de la BD indé’ actuelle !

Z comme Don Diego, de Fabcaro & Fabrice Erre (ed. Dargaud).

- Pourquoi j’ai voulu détruire ce monde, de Bicargo -

Deirdre vit au paradis, ou tout du moins, ce qui y ressemble le plus : un jardin dans le ciel où prolifère une végétation dense et luxuriante, peuplé de gens aimants et attentionnés, baignant dans une atmosphère paisible et dénuée de tout problème…
Non, Deirdre n’est pas morte, et son jardin d’Eden est bien concret : elle habite dans un Tore, une station spatiale futuriste aménagée pour accueillir une population permanente, et permettre aux expatriés terrestres de vivre des jours heureux en orbite.

Et pourtant, Deirdre n’est pas comblée par cette situation : elle rêverait de fouler le sol de notre bonne vieille planète, de voguer sur ses océans infinis, de sentir la chaleur du soleil sur sa peau… et de serrer enfin dans ses bras ce terrien avec qui elle entretien une cyber-relation depuis de longues années.

Pour cela, Deirdre se décide un beau jour à casser sa tirelire et à embarquer à bord d’un vaisseau en partance pour la Terre, mais une fois sur place, la réalité la fera vite déchanter.
Loin d’être comme elle l’avait rêvée, notre planète sera révèlera polluée, bruyante, peuplée d’être désagréables, autoritaires, et / ou désespérés ; étouffés par une vie excessivement onéreuse et sur-contrôlée où la notion de plaisir a totalement disparu.

 

Et si Bicargo emballe sa fable dans un écrin rétro-futuriste de toute beauté, une fois passé le charme d’un futur emprunté à l’imaginaire des années ’70 – fringues, architecture, robots, et même le style graphique choisi –, on réalise bien vite que cette affreuse image de la Terre n’est finalement pas si éloignée de ce que nous connaissons actuellement.

Ce bel album serait-il donc une jolie manière de tirer la sonnette d’alarme et de nous ouvrir les yeux quant à l’avenir de l’Homme si l’on ne se décide pas aujourd’hui à devenir plus responsables ?

Pourquoi j’ai voulu détruire ce monde, de Bicargo (ed. Ankama).

- Le dernier homme, de Grégory Mardon -

* Pour ceux ayant manqué le début : chroniques des deux premiers tomes ici et .

Pour le troisième tome de son Extravagante Comédie du Quotidien, Gregory Mardon nous invite une nouvelle fois à cette soirée déguisée qui ouvrait les précédents opus.
Cette fois, nous oublierons Fabrice et Gladys, et survolerons rapidementCyril et Natacha, pour se focaliser sur un nouveau couple : Jean-Pierre et sa solitude !

Timide à l’extrême, Jean-Pierre subit son statut de célibataire sans même essayer de se battre, laissant lamentablement passer les occasions et s’enfermant dans son triste train-train d’homme seul.

Et pourtant, un jour, las de cette situation désespérante, il se décide à passer à l’action… enfin, l’action discrète, tout de même : au lieu d’aborder ses proies de façon frontale, le timoré glissera des mots doux dans les sacs des jolies femmes croisant son chemin.

Cet album sera donc l’occasion pour Mardon de poursuivre son étude inspirée des relations sentimentales, amoureuses, et / ou charnelles de cet étrange animal qu’est le trentenaire citadin (hyper-)actif.

Cet album sera aussi l’occasion pour Mardon d’observer d’un œil acerbe la solitude dans laquelle parviennent à s’enfermer ces personnes qui, bien qu’ils habitent des villes comptant des millions d’habitants, se contentent finalement de la « cyber-amitié » de leurs contacts facebookiens.

Cet album sera également l’occasion pour Mardon d’écrire (et illustrer à merveille) une ode sincère et authentiqueaux femmes, à la Femme, aux villes, et à une ville : Paris !

 

Mais surtout, cet album sera l’occasion pour Mardon de faire preuve d’une grande maitrise narrative : il clos ici sa trilogie avec une grande cohérence, Jean-Pierre se révélant finalement être le lien entre les personnages de chaque tome, et les questions laissées jusqu’alorsen suspens trouvant enfin leur clé.

Un album bourré de qualités – tant visuelles que scénaristiques -, pour boucler une trilogie en comptant tout autant… et parvenant à rendre extraordinaire notre quotidien ordinaire !

Le dernier homme, de Grégory Mardon (ed. Dupuis).

- Doggy Bags (Tome 2), dirigé par Run -

* Pour ceux ayant manqué le début : chronique du génial tome 1, ici.

Tu t’rappelles de Doggy Bags ?
Mais si, ce putain de bouquin du Label 619, hommage burné aux vieux comics bien trash et aux séries B à la Grindhouse !
Bah, v’là l’tome 2… « le retour », comme qui dirait !

Toujours aussi novateur tout en s’la jouant à l’ancienne, toujours aussi bien foutu, toujours aussi jouissif… mais avec un p’tit côté « monsieur Plus » !

Plus de nibards, plus de sales types, plus d’hémoglobine !

Avec « Elwood and the 40 bitches », Ozanam file à Kieran l’occaz’ de dessiner de belles poulettes hyper-carrossées et bien chaudasses… pour mieux les dégommer à gros coups de pelles dans leurs jolies p’tites gueules quand on réalisera qu’il s’agit en fait d’aliens nympho’ sur le point de coloniser notre planète !

Avec « The Border », Run et Blacky (a.k.a Singelin, click) mettront en scène un trio de miliciens prêts à tirer à sans remords sur femmes et enfants pour empêcher les clandestins mexicains de fouler le sol de leur chère patrie… et qui réaliseront à leur dépends que la menace ne vient pas forcément de ces pauvres chicanos paumés dans le désert frontalier.

Enfin, avec « Vol Express 666 », Run s’associe au trait virtuose de Bablet (click) pour réinterpréter un fait divers ayant eu lieu il y a quelques temps dans un avion de la FedEx, s’éclatant avec un huis-clos à 3000 pieds d’altitude qui tourne au véritable carnage… et recouvrant ainsi le fameux trait virtuose de Bablet d’une épaisse couche de rouge bien gore !

Entre ces trois histoires de fous ?
Bah, on retrouve tout ce qui faisait le charme du premier tome : un humour de sale-gosse bien kiffant, un amour palpable pour cette sub-culture, des bonus à la pelle (fausses couv’, VPC d’objets à la con, rubrique « le saviez-vous ? », poster dépliable), et une réalisation nickel, avec papier qui sent bon le vieux magazine et couverture faussement abimée comme si t’avais trimballé le bouquin pendant des plombes dans ton sac US pour le montrer à tous tes potes…

…un carton, j’te dis !!

Doggy Bags, Tome 2, de Run, Ozanam, Kieran, Singelin, et Bablet (ed. Ankama – 619).

- Les satellites, d’Alexandre Franc et Claire de Gastold -

Alexandre Franc est un des auteurs récurrents de l’aventure Les Autres Gens (click), et en lisant Les Satellites, on se dit que ses échanges avec Thomas Cadène ont visiblement laissé quelques traces.
Mais rassurez-vous, Les Autres Gens étant une expérience exceptionnelle, son influence ne peut qu’être louable.

Avec l’histoire de ce jeune-homme de (très) bonne famille en quête d’une mère adoptive apte à remplacer sa mère biologique encore bel et bien vivante, Alexandre Franc nous livre un récit plein de qualités, à l’image du célèbre feuilleton numérique : des personnages aux abords des plus communs et pourtant extrêmement attachants tant ils sont bien travaillés, des vies loin d’être extraordinaires et pourtant si captivantes tant l’aventure du quotidien sera finement observée sous l’œil précis et acéré de l’auteur.

De ces personnages communs et de ce quotidien ordinaire, Alexandre Franc saura engendrer des situations surprenantes tant il tissera des liens complexes et ambigus entre ses personnages, jouant sur les non-dits et les secrets, les tiraillant constamment entre amour, haine, abandon, compassion, et jalousie.

Des personnages et un quotidien remarquablement mis en scène par le trait délicat et vibrant de Claire de Gastold, idéal pour illustrer la détresse et la sensibilité à fleur de peau de ces êtres avides de tendresse et d’attention, perdus dans un monde matériel où tout semble pourtant leur être offert sur un plateau d’argent.

Une tranche de vie à la fois touchante et grinçante restituant à la perfection la solitude et l’ennui que ressentent parfois ces autres gens tournant en rond – tels des satellites – dans les quartiers huppés de Paris.

Les Satellites, d’Alexandre Franc & Claire de Gastold (ed. Gallimard – Bayou).

- Black Out, de Jérôme Lerpinière -

Au début on pense à du Bret Easton Ellis, ses fameuses soirées de fils a papa friqués, sapés hyper-chic et qui se trémoussent sur de la musique branchouille tout en s’enfilant des lignes de coke plein les narines…

Ensuite, débarque ce couple un peu malsain, choisissant une p’tite nénette au hasard et l’entrainant dans leurs jeux aux parfums d’interdits, entre stupre, luxure, et substances illicites… un peu comme dans le film Closers, ou l’Appât.

Forcément, quand la p’tite nénette en question tombe dans le piège dudit couple et se réveille avec un cadavre dans le coffre de sa voiture, on se remémore les bons gros classiques de môssieur Tarantino !

 

Et puis après, on ne pense plus du tout, on dévore ! On est happés par les mésaventures de cette pauvre fille, prise au piège, embarquée malgré elle dans une histoire de meurtre, de vengeance, de pègre, et de témoin gênant…

Et si le fond de cette histoire reste assez classique, on est totalement conquis par ses personnages bien barrés, ses dialogues incisifs, son dynamisme appuyé par un découpage et des cadrages très cinématographiques, et son graphisme aussi original qu’efficace ; alliant un trait épais et hyper-racé à un noir et blanc intense, jouant à fond sur les lumières, les ombres, les proportions, les formes, et les contrastes.

Une ambiance aux p’tits oignons et un visuel implacable illustrant au mieux le côté cauchemardesque, violent, et irréel de la situation dans laquelle se retrouve embringuée l’innocente victime de cette machiavélique mise-en-scène…

Black Out, de Jérôme Lerpinière (ed. Sarbacane).

- Beauté (Tome 2), de Hubert & Kerascoët -

* Pour ceux ayant manqué le début : chronique du tome 1, ici.

« Ils se marièrent et vécurent heureux pour toujours… »

Si c’est par cette phrase que se finissent la plupart des contes, en ce qui concerne le nôtre, c’est bien de cette manière qu’il reprend… mais ce n’est sûrement pas ainsi qu’il s’achèvera !

Beauté – l’ancien laidron devenue splendide princesse grâce à la magie d’une fée –, se pavane maintenant au bras du Roi des Terres du Sud.
Tout pourrait aller pour le mieux si la belle se contentait de batifoler dans les jardins du château et jouer à colin-maillard avec les preux chevaliers, mais forte de son pouvoir sans limite sur le Roi, Beauté n’a de cesse d’intervenir dans les affaires du royaume.

Au départ, ses interventions ne concernent que des futilités, comme n’accepter que des gens au physique gracieux dans la cour, ou encore rendre les bas-fonds de la ville plus agréables à ses yeux délicats, mais bien vite l’inconsciente se mêlera de sujets bien plus sérieux et influera considérablement sur les décisions politiques de son mari.
Le moindre de ses caprices aura des conséquences désastreuses sur la guerre opposant le Nord au Sud, allant finalement jusqu’à réduire le pays à feu et à sang.

Insistant toujours d’avantage sur le côté noir que peuvent revêtir certains contes pour mieux asséner leur morale, Hubert continue de dézinguer les insipides histoires de princesses que l’on rabâche à nos petites filles, exacerbant les facettes les plus viles ses personnages ; d’une Beauté de plus en plus capricieuse et égoïste, à l’affreuse belle-sœur manipulatrice, en passant par cette multitude d’hommes transformés en véritable monstres par la jalousie et la convoitise.

 

Un penchant que l’on ressent également au niveau du dessin, qui, derrière ses premiers abords naïfs et colorés, laisse transparaître de plus en plus de teintes obscures et de rouge sang ; et les visages jusqu’alors béats devant les charmes de beauté, se recouvrent maintenant de masques de haine, de rage, et de folie.

Après un premier tome déjà relativement sombre, et un second plus noir encore ; les enfants (grands comme petits), tremblez en attendant le dénouement à venir dans le troisième et dernier volume de ce terrible conte !

Beauté, Tome 2, de Hubert & Kerascoët (ed. Dupuis).

- Séance de rattrapage -

Sortis il y a longtemps et lus que dernièrement, tellement forts que je n’arrive pas à trouver les mots adéquats, ou déjà chroniqués par bien d’autres que moi ; voici quelques bouquins qui ont rejoint ma bédéthèque sans passer par la case « Rubrique-à-Brac »…
…mais qu’il serait dommage de ne pas mentionner, ne serait-ce que brièvement !

June, de Nicolas Moog (Six Pieds Sous Terre) :
Un dessin faussement simple et réellement touchant pour un sujet des plus graves et sensibles : l’alcoolisme d’un père vu par les yeux de sa petite fille. Poignant.

 

 

Sous l’entonnoir, de Sybiline & Natacha Sicaud (Delcourt) :
Le séjour d’une adolescente en hôpital psychiatrique suite à une tentative de suicide, tout en pudeur et en émotion, illustré avec une grande sensibilité et justesse.

 

Quoi !, collectif (l’Association) :
Malgré une note anti-Menu un peu trop présente, ce livre reste tout de même l’occasion de mieux comprendre l’histoire d’une maison d’éditions ayant joué un rôle majeur dans le monde du 9ème art, au travers des souvenirs nostalgiques, drôles, ou caustiques de ceux ayant pris part à cette belle aventure.

Marvel 1602, de Gaiman & Kubert (Panini) :
Une transposition de l’univers Marvel à l’époque de l’Inquisition. Malgré une fin un poil mystico-chelou, cet arc reste carrément bien pensé et réalisé.
(Chronique par l’ami Neault, ici).

 

Dingo Jack Stories, de Pixel Vengeur (Même Pas Mal) :
De folles aventures à la croisée d’Indiana Jones, James Bond, ou Tintin… mais à la sauce Pixel Vengeur ! Désopilant, explosif… et plein de special guests de renom !

 

 

…à la folie, de James & Silvain Ricard (Futuropolis) :
Mis en confiance par un dessin animalier souvent employé pour traiter des sujets légers, on baisse sa garde et on se prend un grand coup de poing en pleine face… comme celui que reçoit régulièrement l’héroïne par son mari.
Un livre fort et surprenant sur les violences conjugales.

 

Debout mes globules, de Boulet (Delcourt) :
Le sixième tome des Notes, toujours aussi drôle, parfois poétique et mélancolique, et de plus en plus fort graphiquement… wahou !

 

 

Billy Wild, de Céka & Griffon (Akileos) :
Un western biblique, teinté de fantastique et d’horreur, où l’on pourra reconnaître les visages grimaçants du diable et ses démons sous le trait tranchant, agressif, et hyper-dynamique de Guillaume Griffon.

 

En vrac / Dernier Etage, Gilles Rochier (ed. Six Pieds Sous Terre) :
Parce que malgré son Fauve « Découverte » au dernier festival d’Angoulême, Gilles Rochier n’en est pas à son premier album… alors découvrez ses premiers travaux où il décrit la vie dans sa cité avec un style qui fleure bon le vieux fanzine.

Vivre Dessous, collectif (Manolosanctis) :
Un recueil de courtes histoires gravitant autour d’un mystérieux nuage rouge envahissant peu à peu notre ciel, orchestré par le grand Thomas Cadène et illustré par le must de la nouvelle génération.

 

Vivisection, de Matt Dunhill & Cisko K (Treize Etrange) :
Entre flashbacks, rêves, cauchemars, souvenirs, et fantasmes ; c’est toute la vie sentimentale d’un homme – de l’enfance à l’âge adulte – qui passe ici sous le scalpel acéré de Matt Dunhill et Cisko K, avec beaucoup d’humour, d’inventivité, et une grande maitrise… du découpage !

- Nager avec des chaussures, de David Ziggy Greene -

Bien qu’il soit un auteur anglais, David Ziggy Greene officie régulièrement de notre côté de la Manche en dessinant des reportages pour le magazine Charlie Hebdo.
Un mélange de culture que l’on peut ressentir aussi bien dans son ton que dans son style visuel.

Ainsi, David Ziggy Greene s’évertuera à employer tantôt un humour british usant de non-sens et d’absurde – avec un raffinement et une certaine poésie n’étant pas sans rappeler les Monty Python -, tantôt un humour plutôt… heu… « de chez nous », beaucoup plus cash et rentre-dedans : à la mode Charlie Hebdo, donc !

Un mix étonnant et détonnant qu’il illustrera avec un trait aux accents tout aussi variés, s’inspirant de la culture comics underground autant que de la bédé indé’, son dessin oscillant habillement entre les vieux Eightball Comics, Fluide Glacial, ou autres Mad Magazine… tout en étant résolument moderne !

 

Grâce à cet univers comique à la fois si large et pourtant bien à lui, David Ziggy Greene pourra donc aborder de manière drôle et légère tous types de sujets ; que ce soit via des reportages ou de l’autobiographie, aussi bien que par la pure fiction… n’hésitant alors pas à laisser libre cours à son imagination débridée !

Ainsi, dans ce recueil qu’est Nager avec des chaussures, il nous sera possible de suivre les pérégrinations de David himself embarqué dans la tournée d’un groupe Rock à travers l’Angleterre profonde, tout comme nous pourrons assister à la naissance d’un bonhomme en caca de nombril, ou mener l’enquête aux côtés d’un inspecteur de police sur la piste d’un tueur à la raquette de ping-pong…!

Un peu du grand n’importe quoi, donc, mais loin d’être fait n’importe comment !

Nager avec des chaussures, de David Ziggy Greene (ed. Même Pas Mal)