– Interrogations sur Blacksad –

Ayè ! Après un (trop) long retard, je me suis enfin délecté du dernier Blacksad !
Bon, j’vais pas vous en faire 3 pages, tout le monde en a déjà parlé un peu partout sur le net et ailleurs (pour le résumé, clickez ). En quelques mots : le dessin est encore une fois bluffant au possible, les couleurs directes sont à tomber, le scénar’ est super-carré (bien qu’un peu dense pour un seul tome), et le tout recrée à merveille l’ambiance chaude et jazzy de la Nouvelle-Orléans… Voilà, bref et concis !

  

Mais, si je reviens sur cet album si longtemps après sa sortie, ce n’est pas pour donner mon avis, mais au contraire, pour avoir le votre :
Que pensez-vous de ce mystérieux personnage qui débarque lorsque Blacksad est au plus mal ? Qui est-il ? D’où vient-il ? Quels sont ses liens avec notre ami félin ? Que s’est-il passé lors de sa première apparition alors que Blacksad n’était encore qu’un chaton (cf. dessin en toute fin d’album) ?
Et ce trip hallucinatoire pendant sa noyade, n’est-il pas surprenant ? Voir ces animaux subissant d’horribles traitements infligés par l’Homme dans une BD animalière où, justement, l’Homme est absent… A se demander si le style animalier est simplement un choix artistique, ou plutôt une géniale entourloupe scénaristique : peut-être apprendrons-nous dans de futurs épisodes que ce monde où évolue ces animaux est tout simplement notre propre monde duquel les hommes auraient étrangement disparus ! Et dans ce cas, pourquoi ? Qu’est-il arrivé ? Comment les animaux ont-ils pu évoluer à ce point et finir par nous remplacer ? Expérience scientifique ? Mimétisme ? Darwinisme ? Relecture de La Planète des Singes à la sauce polar ?
Bref, beaucoup de questions dans ma petite tête, peut-être même trop, peut-être que je m’enflamme alors que les auteurs jouent la carte du premier degré ; mais si vous voulez en discuter, infirmer, confirmer, affirmer ou extrapoler… z’êtes bienvenus !

Blacksad, tome 4, de Canales & Guarnido (ed. Dargaud)

8 Comments

on “– Interrogations sur Blacksad –
8 Comments on “– Interrogations sur Blacksad –
  1. Ca n’a pas l’air d’attirer grand monde, ce débat…
    C’est dommage, car je crois que tu as mis le doigt sur un truc vraiment intéressant.

    A vrai dire, je n’ai pas trop fait attention à cette planche-là. Pour moi, c’était juste une hallucination, point. Une sorte de magie vaudou.
    Mais ton billet m’a donné envie de retourner y voir de plus près, et je n’ai pas été déçu…
    Je dois avouer, à ma grande honte, que je n’ai pas prêté attention aux détails comme je l’aurais fait pour un film. A tort…

    L’oeuvre entière semble maîtrisée dans les moindres détails et il y a effectivement matière à analyse dans ces planches.
    Il faudrait que je relise tout de A à Z, mais déjà, il y a deux choses frappantes, décelables uniquement quand on a découvert le dessin de la troisième de couverture.

    Blacksad semble avoir déjà été sauvé de la noyade par cet ange gardien dans son enfance. Or, si on regarde les trois cases de la page 38 – la noyade de Blacksad – on voit que le personnage rapetisse, que ses traits se font enfantins. Comme sur le dernier dessin…
    L’étape d’après – ou d’avant – c’est ce côté animal primitif.
    Puisqu’il régresse, il perd peut-être peu à peu son côté civilisé pour retrouver un état sauvage, purement animal.
    C’est peut-être aussi une façon d’évoquer la réincarnation bouddhiste. Le passage par un stade animal avant la renaissance sous forme « humaine ».
    De plus, pour les chats, la chose se complique par le fait qu’ils sont censés avoir neuf vies…
    L’ange gardien insiste sur ce fait. Il lui dit qu’ils se sont peut-être croisé dans une autre vie.

    Ce qui m’amène à l’autre détail marquant. Sur la 3ème de couv’, l’ange n’a que deux sirènes tatouées sur le torse quand il sauve le jeune Blacksad. Quand il le tire de la noyade, dans le récit, il a une troisième sirène tatouée sur le torse, mise un peu en évidence, comme s’il s’agissait d’un tatouage tout frais. Le début de la troisième vie de Blacksad, peut-être?

    A noter que la sirène – être mi-humain, mi-animal, soit dit en passant, un stade intermédiaire… – porte un collier de perles autour du cou. Comme les personnages sur la page 39, dans le fantasme de Sebastian qui s’entremêle avec le délire de Blacksad…
    Le même collier que le chat détective reçoit des mains de la belle inconnue au carnaval, celle qui, de dos, semblait déguisée comme le tueur/la Mort.

    Sur le dessin page 39, la plupart des colliers forment un « 8 » ou un symbole d’infini. Encore un motif qui fait penser au cycle de la réincarnation. Les sirènes aussi s’agencent dans une forme circulaire sur le tatouage…

    Il y a plusieurs façons d’interpréter ce passage étrange, rendu d’autant plus complexe que la narration est fragmentée de flashbacks curieux et de transitions abruptes.
    Blacksad ayant été drogué avant sa « noyade », on peut très bien se dire qu’il a réussi à se sortir tout seul de ce mauvais pas, mais a traversé une période délirante construite sur des éléments réels, des réminiscences, un état de conscience transcendé.

    Sous un angle plus surnaturel, on peut aussi se dire que Blacksad use une de ses neufs vies pour poursuivre son enquête.

    Ou encore, on peut se dire que Blacksad aurait dû mourir, se réincarner, pourquoi pas, en l’enfant que Sebastian aurait dû avoir (l’image de la page 39). Mais ce dernier est condamné par l’absorption de la drogue frelatée et sa mort autorise notre chat noir préféré (après Scaramouche) à continuer à vivre…
    Le plan de transition bizarre mettant côte-à-côte les visage de Sebastian et Blacksad, page 40, peut être analysé ainsi…

    De toute façon, tout le récit est étrange, à la lisière du fantastique. Le titre fait référence à l’Enfer. Les noms des personnages personnages sont évocateurs : Faust LaChapelle, Gibraltar, la sorcière vaudou qui affirme être la réincarnation (tiens!) de Marie Laveau, grande prêtresse vaudou humaine ayant vécu au 19ème siècle…,

    Bref, en plus d’être un petit bijou graphique, ce 4ème volume des aventures de Blacksad est aussi une pure merveille de narration, thématiquement riche… Autant dire que c’est du grand Art…

  2. @ Boustoune :
    Quelle verve, mon Tonio !
    Merci pour cette reflexion très attentive, je repars vite me délecter de ces détails que tu pointes du doigt !
    Ah mes amis, quelle BD !!

  3. Bonjour,
    Pour enrichir le débat sur ce point en particulier du tome 4 de Blacksad, je recopierai grossièrement ce que nous avions échanger sur BDGEST.
    Concernant le bon samaritain il s’agit pour moi de la représentation du fait qu’un chat à 9 vies.
    En fait, il est bien mort noyé et cela fait la troisième fois que cela lui arrive dans sa vie, ceci étant représenté par le tatouage de sirènes sur le torce du chat roux
    Effectivement dans la toute dernière page on voit le fameux chat roux avec seulement 2 sirènes sur le torse portant un Blacksad jeune et un troisième tatouage apparait dans l’album lors de son soit disant sauvetage.
    Mort noyé, pas étonnant pour un chat..
    BLacksad meurt donc noyé et sombre dans les profondeurs et il a une vision d’horreur, pour moi c’est l’Enfer. Car en imaginant qu’il y ai un paradis dans le monde de BLacksad, notre héros n’y aurait pas sa place à mon avis (trop de félures, de noirceur et qql meutres sur le CV ) Du coup c’est l’enfer qui l’attend!
    Et quoi de pire pour des animaux que les tortures en tout genre qu’ils subissent.
    Impression accentuée par la dominante rouge de la case ET aussi les sortes de flammes en arrière plan.
    Pour terminer, Blacksad sombre dans la mer, ce fameux « Monde du silence » (comme dirait Cousteau) et on est alors tout a fait raccord avec le titre de l’album « l’Enfer ,le silence ».
    Je rejoins donc l’annalyse de Boustoune.

  4. @ Taopaipai : Merci de ta participation à ce sujet qui maintenant revient systématiquement sur la table quand Boustoune et moi nous croisons… quelle BD, mes amis !
    @ Boustoune : Je me permets de reporter ici ta remarque sur les similitudes entre l’ambiance de ce Blacksad 4 et celle du film Angel Heart, polar étrange-bizarre aux frontières du malsain-fantastique.

  5. @Boustoune: Cela fait un moment que je cherche a approfondir le mystère des « sirènes »,et a force de lire et relire cette BD, j’ai fini par en déduire la même chose que toi. Ce que je n’avais pas vu, c’est que Blacksad rajeunit quand il se noie. Je te remercie pour ces petites informations. Effectivement rien absolument rien n’est laissé au hasard dans cette BD.

  6. Voici une note que j’avais rédigée à propos de ce mystère :
    Dans le tome 4, John meurt noyé, à la page 38. Pour pouvoir poursuivre son enquête, les dieux des chats ou je ne sais quoi envoient un ange gardien pour le ramener à la vie (il est vraiment mort dans l’eau, et le chat roux est envoyé pour donner un sens à sa résurrection).
    Lorsqu’il était enfant, John avait déjà été « sauvé » de la noyade par ce même chat, sur le torse duquel une deuxième sirène était alors apparue. Ainsi à la page 41, le chat roux a trois sirènes sur le torse, symbolisant la troisième vie de Blacksad qui commence.
    En outre, à la page 38, alors qu’il se noie, John prend l’apparence d’un chaton : sans doute pour signifier que sa deuxième vie, qui avait commencé lorsqu’il avait cette apparence, se termine ! Pour finir, il a également une vision de l’enfer puis d’une sorte de paradis juste avant de mourrir.
    Voilà voilà pour moi ça tient plutôt bien la route ! Je n’apporte pas beaucoup d’autres éléments mais j’espère que ça aidera quelqu’un !

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