Archive pour la catégorie ‘Royaume-Uni’

Sur le papier, le sujet de We are four lions n’a rien de drôle : quatre individus venant du nord de l’Angleterre, musulmans et islamistes convaincus, projettent de porter le Jihad sur le sol de la perfide Albion, en commettant des attentats-suicides à coups de bombes artisanales. On ne s’imagine pas un instant se bidonner devant des fanatiques religieux prêts à tout – y compris le massacre de centaines d’innocents – pour gagner le Paradis et mériter le repos du guerrier d’Allah…

Pourtant, à l’écran, c’est irrésistible de drôlerie et de finesse…
Car les quatre apprentis kamikazes sont de véritables pieds-nickelés tous plus stupides ou maladroits les uns que les autres. Ils commettent bourde sur bourde et enchaînent les galère avec la même régularité que le gang de cambrioleurs du Pigeon de Mario Monicelli…

We are four lions - 2 

Il faut les voir tourner leurs vidéos revendicatives, un carton sur la tête et un fusil en plastique taille enfant à la main.
Ou bien les voir tenter d’échapper à l’identification des caméras de surveillance en secouant la tête dans tous les sens – plus fort que la méthode Coué, la méthode secouée !
Ou encore se déguiser en personnages de dessins-animés pour commettre leurs attentats sans attirer l’attention… C’est sûr qu’un type déguisé en tortue ninja, ça ne se remarque pas dans une foule…
Non, vraiment, Omar, Waj, Barry et Fessal sont des branquignols de première catégorie et leur cheminement n’est pas sans évoquer celui des stripteaseurs amateurs de The Full Monty, autre belle réussite de la comédie sociale à l’anglaise.
Ils se forment par étapes, cumulant les gaffes au point de ne même plus être soutenus par les leaders d’Al Quaïda…

Pour son premier long-métrage de fiction, l’humoriste Chris Morris frappe fort et juste.
Il réussit le miracle de nous rendre sympathiques ces quatre zozos – et même cinq en tout, après l’embrigadement d’un autre apprenti djihadiste tout aussi neuneu que les autres – pourtant animés des plus mauvaises intentions, et de nous faire rire avec des sujets hautement sensibles – les tensions entre Islam et Occident, la xénophobie, le terrorisme… Et ce, sans jamais chercher la polémique ou la provocation gratuite. Bien au contraire !

Oh, bien sûr, les djihadistes s’y font ridiculiser, et il n’est pas certain que les islamistes les plus radicaux apprécient beaucoup cette façon de les caricaturer – ils ont prouvé, hélas, que l’humour n’est pas leur fort, et qu’ils ne maîtrisent pas franchement le second degré.
Et il se trouvera toujours un ou deux esprits chagrins pour s’offusquer que l’on donne la vedette à des terroristes, même si on peut difficilement voir dans le film une apologie du suicide-kamikaze…
Oui, c’est sûr, Chris Morris ne va pas se faire que des copains… Mais ce n’est pas plus mal, car qui voudrait être ami avec des imbéciles ?

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Il faut bien comprendre que We are Four lions n’est pas du tout manichéen. Il ne cherche pas à valoriser un camp plutôt qu’un autre. Le cinéaste ridiculise tout le monde : les apprentis terroristes, les vrais djihadistes, les voisins qui ne remarquent rien, les flics toujours prêts à faire une bavure, les autorités paranoïaques…
Tout le monde en prend pour son grade, pas de jaloux !
Oui, Chris Morris n’épargne personne, mais dans le même temps, il respecte tout le monde, tous ses personnages…
S’il joue avec les clichés autour de l’islamiste-type, c’est pour mieux les passer à la moulinette et tordre le cou aux idées reçues. Tous les arabes ne sont pas musulmans, tous les musulmans ne sont pas islamistes, et encore moins terroristes, tous les terroristes ne sont pas forcément unis les uns aux autres…

Les personnages ne sont pas vraiment des “fous de Dieu”. Ils ont l’air plus ouverts d’esprits, plus aptes à s’intégrer que certains fanatiques respectant à la lettre des coutumes parfois rétrogrades. Et pourtant, ce sont eux qui passent à l’acte, lassés de l’assimilation imbécile des musulmans aux fanatiques islamistes, du regard hostile que porte sur leur communauté le reste de la société britannique, du racisme qui leur barre l’accès à des postes plus importants dans le monde du travail…
Ce sont juste de pauvres types en quête de reconnaissance, qui se laissent séduire par des discours extrémistes, de la même façon que d’autres se sont laissés convaincre par des discours xénophobes anti-Islam… On notera d’ailleurs que le plus virulent des terroristes en herbe est le seul “blanc” du groupe, et que c’est celui qui est le plus avide de gloire médiatique… C’est le moyen qu’il a trouvé pour se mettre en avant, pour exister un peu dans une société très individualiste qui ne prête pas attention à lui…

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Le cinéaste montre le côté dérisoire, absurde, de leur quête. Les quatre hommes se rêvaient martyrs, ils finiront victimes emblématiques d’une société reposant sur la peur de l’autre, la paranoïa et le repli communautaire, où plus personne ne prend le temps d’apprendre à connaître ses voisins, d’accepter les différences et de s’enrichir du brassage culturel.
Pourtant, on est tous dans le même bateau, on a à peu près tous les mêmes rêves et les mêmes problèmes. Pourquoi ne pas essayer de vivre ensemble, en respectant les valeurs universelles que sont la liberté, l’égalité et la fraternité ?

Pour le cinéaste, il faudrait faire tomber les barrières invisibles qui séparent les hommes, s’affranchir des préjugés raciaux ou socio-culturels, tendre vers plus d’égalité de façon à éliminer les frustrations, les jalousies, les rancoeurs…
Justement, en offrant les rôles principaux à des acteurs inconnus, issus de ce que l’on nomme les “minorités visibles”, Chris Morris fait un acte en faveur de l’intégration, de l’harmonie des cultures et des religions…
Il oeuvre pour la paix et c’est là tout l’enjeu du film…

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Le spectateur amusé puis ému par le parcours tragi-comique de ces “quatre lions” islamistes, ne peut que sortir de ce film avec de nouveaux axes de réflexion quant à l’évolution des relations entre les pays occidentaux et le monde arabe, entre le culte musulman et les autres religions, surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001. Il se voit contraint de remettre en question sa propre attitude, sa potentielle xénophobie, sa peur de l’étranger, de ce qui est différent…

Voilà un film souvent hilarant, parfois poignant, qui divertit tout en ouvrant les coeurs et les esprits.
We are four lions est une franche réussite, une de plus pour nos amis d’Outre-Manche…
On peut rire de tout, y compris des intégristes, du terrorisme, des camps d’entraînement d’Al-Quaïda, des méthodes musclées de la police anglaise et de la CIA… Certes pas avec n’importe qui. Mais assurément avec Chris Morris, humoriste subtil et jeune cinéaste inspiré…

Alors, si vous n’avez pas encore découvert ce petit bijou d’humour british, cette sortie DVD vous donne l’occasion de rattraper ce retard. Vous auriez tort de vous priver, car la galette proposée contient bon nombre de bonus appréciables, dont un bon paquet de scènes coupées…
Et puis, là, au moins, vous apprendrez la vérité sur la mort d’Oussama Ben Laden…  

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We are four lions We are four lions
Four lions

Réalisateur : Chris Morris
Avec : Riz Ahmed, Arsher Ali, Nigel Lindsay, Kayvan Novak, Adeel Akhtar, Chris Wilson
Origine : Royaume-Uni
Genre : d’la bombe…
Durée : 1h41

Note :


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BONUS 

Le DVD est enrichi d’un copieux programme de suppléments.  

- Autour du film : Des garçons paumés (9mn)
Dans ce documentaire, des jeunes pakistanais racontent leurs conditions de vie en Angleterre, le racisme ordinaire.
Une façon d’expliquer pourquoi les jeunes musulmans se radicalisent et peuvent se laisser séduire par le djihad.

- Entretien avec Mohammed Ali Ahmad (13 mn)
L’homme est suspecté de terrorisme. En attente de son procès, il explique son parcours.

- Coulisses du tournage (12 mn)

- Scènes coupées (18 mn)

- Entretien avec le réalisateur au festival de Bradford (4 mn)

Note globale des bonus :

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DVD9 Zone 2 – PAL – Couleur – Format 1.85/ 16/9 compatible 4/3  Durée totale : 160 mn
Langues : Français Dolby Digital 5.1
Anglais Dolby Digital 5.1
Sous-titres : français

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EDITION / DISTRIBUTION

Studio Canal

Sortie le : 17/05/2011

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10 ans de labo - 2

Le Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand a acquis au fil des années une dimension internationale, devenant l’une des manifestations les plus réputées parmi toutes celles dédiées au format court.
Il aurait été facile aux organisateurs de se reposer sur leur lauriers, de planifier des sélections tranquilles avec des films de jeunes auteurs confirmés et appréciés du public, sans prendre de risques majeurs…
Seulement voilà, le Festival de Clermont-Ferrand entend promouvoir le court-métrage dans toute sa diversité et sa richesse. Notamment en mettant en avant tous ceux qui bousculent les frontières de l’art cinématographique, qui expérimentent, osent, laissent libre cours à une fantaisie et une imagination débridées, pour le pire comme pour le meilleur…
C’est sans doute pour cela qu’a été créée, il y a dix ans, la sélection “Labo” qui est comme son nom l’indique, un espace dédié aux savants de Marseille – hum – et d’ailleurs, aux cinéastes azimutés et visionnaires, aux bricoleurs sur pelloche, aux artistes d’un autre monde…

Pour célébrer comme il se doit le dixième anniversaire du “Labo”, le Festival de Clermont-Ferrand et Canal + se sont associés avec Potemkine films et agnès b. DVD pour sortir un florilège de dix court-métrages issus de cette section et primés au cours des dernières années.
Au programme, un mélange hétéroclite, éclectique et électrique de courts de divers horizons, illustrant bien la richesse thématique et artistique de cette compétition : De la fiction et du documentaire, de l’animation, de l’expérimental pur et dur, du bizarre et du très court…

Evidemment, le choix est tellement vaste que l’on ne peut s’empêcher de trouver le résultat assez inégal.

DUCKCHILDREN

Personnellement, on reste assez interdits devant Duck Children (Prix Canal + 2002) dans lequel des gamins déguisés en canards se font justement canarder par un adulte armé d’un fusil, devant les supporteurs fanatiques de Wir sind dir treu (Prix Canal + 2006) et on fatigue vite devant Energie! et ses tâches lumineuses électriques à déconseiller aux épileptiques.

On se laisse envoûter, en revanche, par Délices (Prix Canal + 2004), ses juxtapositions d’images poétiques et sa musique entêtante, même si le film est paradoxalement trop long, ou par Sea change qui réinvente le plan-séquence en faisant voler en éclat l’espace-temps…

LILA

On trouve intéressantes la mise en scène de David Russo – I am (not) Van Gogh – et son film qui se réalise sous nos yeux, au fur et à mesure d’une discussion entre le cinéaste et deux membres d’une commission de financement de projets artistiques pas très emballés par son idée – ainsi que le montage de  Lila (prix Télérama 2009) qui montre de façon condensée la vie estivale d’un camping en bord de mer – c’est plus beau que chez Dubosc et Onteniente…

On s’amuse devant Raymond (Prix de la SCAM 2007) et les mouvements désordonnées du personnage/cobaye…

RAFTMANRAZOR

Mais surtout on aime le ton doux-amer de The raftman’s razor (prix de la presse 2005), qui parle de deux ados férus de BD et obsédés par le comics book le plus euh… rasoir de l’histoire. Et la beauté plastique de The tale of how (Prix Canal + 2007), petit bijou en provenance d’Afrique du Sud. Un conte africain musical qui ravit l’oeil et flatte l’oreille.

TALEOFHOW

Rien que pour ce film-ci, et le petit bonus caché, un très court très drôle  portant le titre de Non fat, ce DVD vaut le détour…

Fêtons joyeusement ce dixième anniversaire du Labo, en attendant le vingtième et, on l’espère, une sélection de 20 nouveaux petits bijoux qui secouent les conventions cinématographiques usuelles…

 

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10 ans de labo 10 ans de Labo 
10 ans de Labo

Réalisateurs :  Sam Walker, Gérard Cairaschi, Keith Bearden, Michael Koch, David Russo, Joe King, Rosie Redlow, Bif, The Blackheart gang, Thorsten Fleish, Broadcast club 
Origine : Royaume-Uni, France, Etats-Unis, Suisse, Allemagne, Afrique du Sud 
Genre : expérimental 
Durée : courts de 4 à 12 mn

Note globale :  ●●●●○○

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BONUS

- Carte blanche à David Russo
- Carte blanche à Thorsten Fleish
- Non Fat court-métrage de Olivier Manzi (1mn)

C’est court comme bonus, mais pour une anthologie de courts, c’est normal…

Note globale des bonus : ●●●●○○

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DONNEES TECHNIQUES DVD

DONNEES TECHNIQUES DVD

DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format NC
Durée totale : environ 90 mn
Langues : stéréo 2.0 Sous-titres : Français


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EDITION / DISTRIBUTION

Potemkine
agnès b. DVD

Sortie le : 02/02/2011

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[Critique initialement publiée sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]

Ca ne vous est jamais arrivé, enfant, de découvrir que le Père Noël avait mal compris ce que vous aviez commandé et de vous retrouver, à un mot près, une syllabe près, avec un jouet très différent de celui dont vous aviez rêvé au pied du sapin ?
Eh bien, c’est un peu ce qui m’est arrivé tout récemment… Quand notre partenaire Cinétrafic m’a proposé de critiquer Street dance 3D, j’ai naïvement accepté la mission, en me rappelant vaguement avoir lu des critiques très positives sur ce film et son relief impressionnant. Sauf, que, comme j’ai pu m’en rendre compte après coup, lesdites critiques concernaient en fait le film Sexy dance 3D… 
Non, mais c’est pas possible d’être aussi nounouille ! Enfin bon, tant pis, impossible de reculer… Je me suis engagé, il faut assumer derrière… Et puis, qui sait, peut-être que je serai agréablement surpris. Un film en relief en DVD, ça peut être sympa…

StreetDance 3D - 5

Allez j’ouvre… Oh! Ooh! Oooh! Aaaah! 
Non mais qu’est-ce que c’est que ces lunettes 3D d’un autre âge !?! Des lunettes anaglyphes rouge et bleu, comme celles qui devaient permettre de voir, le 19 octobre 1982, La Créature du Lac noir en relief à la télévision, dans l’émission “La Dernière Séance” de M’sieur Eddy (1)(2) mais qui n’ont jamais fonctionné… 
OK… Je pensais que la technologie avait un peu progressé depuis, mais apparemment, il faudra attendre la banalisation des blu-ray et des télé HD/3D pour passer à des procédés dignes de ceux utilisés dans les salles de cinéma…

Bon allez, je tente quand même l’expérience…
Non, non, non et non! Ca ne le fait pas du tout… Les images sortent en bleu et rouge, ça file un mal de crâne épouvantable, on a l’impression que tout est flou… Impossible de regarder un film dans ces conditions.
Heureusement, les gens de Metropolitan FilmExport ont eu la bonne idée de mettre aussi la version 2D dans le boîtier. Ce sera peut-être moins fun, mais au moins, je n’aurai pas besoin de carburer à l’aspirine et à l’ibuprofène… 

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Hop, on retente…
OK, c’est toujours aussi flou, même dans la version 2D… Deux secondes, je vérifie… Si, si, c’est bien ça… C’est bien la version 2D… L’introduction cumule effets de flous et ralentis, tout ce que je déteste au cinéma…
Oh, là je crois que ça ne va pas être possible… Je veux bien faire des efforts, respecter mes engagements, mais la perspective de voir pendant 90 minutes un film sorti d’on ne sait où (3), réalisé par “Max & Dania” (sic) et truffé d’effets “floutage de gueule”, ça ne m’enchante pas des masses…

Bon OK, dernière tentative… Tiens, ça se calme un peu…
On fait connaissance avec les personnages sur le “Begging” de MadCom – cool…-
Impossible de retenir tous les prénoms de la quinzaine de membres de la petite troupe, mais on comprend quand même que ces ados londoniens remuants sont de véritables cracks du hip-hop et de la StreetDance et qu’ils espèrent bien remporter le titre de champions d’Angleterre face à leurs grands rivaux, les Surge.
Le hic, c’est que Jay, leur leader, une sorte de sosie de Thierry Henry, a décidé de tout plaquer pour se concentrer sur ses études… C’est à sa petite amie, Carly, de diriger la troupe, de s’occuper de la chorégraphie pour la grande finale et de gérer les problèmes d’intendance.

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Las, ça commence mal, elle omet de réserver leur salle de répétitions et le groupe se retrouve à la rue. Bon là, vous allez me dire que, quand on fait de la StreetDance, ça ne devrait pas être un problème… Sauf qu’en Angleterre, c’est bien connu, il pleut ; que la pluie, ça mouille les cheveux ; et que les filles, ça n’aime pas avoir les cheveux mouillés…
Bref, la jeune femme doit de toute urgence trouver un toit…

Helena – Charlotte Rampling, ah tiens, le niveau remonte d’un cran… – professeur de danse classique, accepte de leur prêter une salle, à la seule et unique condition que la troupe intègre ses petits protégés, tellement focalisés par leur technique qu’ils en ont  oublié l’essentiel : l’envie et le dynamisme.
Carly a moins d’un mois pour convertir ces danseurs de ballet raides comme des piquets au hip-hop et à la breakdance et espérer remporter le championnat…  

Impossible? Mais non… Magie du cinéma, on se doute bien que toute cette petite troupe finira bien par réussir à travailler ensemble et remporter le championnat, non sans avoir compris qu’il peut être bon de mixer les styles et les cultures et, au passage, instillé un peu d’amûûûr dans le coeur des personnages…

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Voilà pour le scénario, qui manque un peu de relief – décidément… – et qui ne se distingue pas vraiment des autres films du genre.
Les comédiens ne relèvent pas franchement le niveau. Bien sûr, les filles sont sexy à souhait, les gars ont des abdos en acier trempé et ne se privent pas de les montrer (mais euhhh, pourquoi eux ils ont les tablettes de chocolat et moi j’ai de la mousse?) mais niveau jeu dramatique, c’est pas trop ça…
Il y a bien Charlotte Rampling, mais elle est curieusement sous-exploitée…

Mais après tout, on se moque un peu du scénario, tout comme on se fiche un peu que les acteurs ne soient pas très convaincants…
Quand on regarde ce type de film, on ne s’attend pas à un chef d’oeuvre cinématographique. On est dans le registre du pur divertissement.
Ce qui importe, ce sont les numéros dansés, les chorégraphies, le choix des musiques, l’inventivité déployée.
Et là, force est de constater que, dans le genre, c’est plutôt réussi.
Bon attention, on n’est pas chez Bob Fosse ou Bubsy Berkeley, non plus… Mais les numéros musicaux sont entraînants et joliment exécutés soit par les comédiens, soit par de véritables groupes de StreetDance, comme Flawless, qui incarnent les Surge ou Diversity. Et là, contrairement à bien des films musicaux récents, le montage dédaigne l’accumulation de plans de moins d’une seconde pour laisser le temps d’admirer les chorégraphies. Ca c’est une vraie bonne idée.
La bande-son, elle, donne une furieuse envie de bouger (N-Dubz, Tinie Tempah, Lightbulb thieves, Chipmunks – sans Alvin, hum… désolé). Et l’environnement sonore est particulièrement soigné, exploitant tout le potentiel du Dolby 5.1 (c’est rare !).
Bref, c’est un spectacle plutôt sympathique, sans prétention aucune, sinon de rendre communicatif le plaisir de la danse… C’est sans doute tout ce que lui demandent les amateurs de ce type de film… 

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Evidemment, d’un point de vue cinématographique, on aurait aimé avoir quelque chose de plus consistant à se mettre sous la dent.
Quoi !?! Qui a dit la 3D? Toi, tu sors…
Pas besoin de porter les fameuses lunettes pour deviner quels étaient les effets 3D dans ce film, et franchement, c’est assez pauvre… Un ou deux danseurs qui sautent hors de l’écran, des gouttes de pluie, un gugusse qui balance sa casquette au public. Waouh! Ca valait le coup de faire un film en relief…
Tiens d’ailleurs, apparemment, c’est normal que ça ne fonctionne pas. Un de nos confrères anglais nous donne l’explication sur son site 3D Vision Blog : le film a été encodé pour un relief anaglyphe rouge/vert et les lunettes fournies sont anaglyphes rouge/bleu… Oh la boulette ! Etonnant de la part d’un éditeur aussi renommé que Metropolitan FilmExport…

Mais bon, pour des effets aussi peu intéressants, pas de quoi en faire tout un plat. Autant regarder tranquillement la version 2D. A moins de casser sa tirelire et de s’offrir téléviseur 3D, lecteur Blu-Ray et la version 3D active Blu-Ray, qui apparemment fonctionne à merveille, elle…
C’est un peu comme les jouets erronés au pied du sapin : ce n’est pas parce que ce n’est pas ce à quoi on s’attendait qu’on ne peut pas s’amuser avec…

(1) : Oulah! Entre les souvenirs des Noëls d’enfance et “La Dernière Séance”, ça ne nous rajeunit pas, tout ça… P’tain, ça fait vraiment ancien combattant…
(2) : Non, PaKa, ne chante pas ! Je sais bien que ça te démange, va… Surtout sur du Schmoll…
(3) : Pas étonnant que je n’en ai pas entendu parler. Il est sorti en plein festival de Cannes… J’avais d’autres préoccupations, à ce moment-là! 

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StreetDance 3D - DVD

StreetDance 3D – édition prestige
StreetDance 3D

Réalisateurs :  Max Giwa, Dania Pasquini
Avec : Nichola Burley, Lil Steph, Charlotte Rampling, Jeremy Sheffield, Rachel McDowall
Origine : Royaume-Uni
Genre : comédie musicale hip-hop 
Durée : 1h38

Note : ●●●○○

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BONUS

- Contient la version 3D anaglyphe et la version 2D
- Bandes annonces
- Commentaire audio
- Making of + documentaire sur le tournage (29’)
- L’avant-première (4’)
- Le tour d’Angleterre (7’)
- Anatomie d’une scène (8’)
- Performance intégrale de Diversity (3’)
- Performance intégrale de Flawless (2’)

Plutôt fourni, mais ça s’adresse surtout aux fans…
Le making-of, instructif, permet quand même de voir le travail qu’il y a derrière les chorégraphies…

Note globale des bonus : ●●●●○○

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DONNEES TECHNIQUES DVD

DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 1.85 / 16/9 compatible 4/3
Durée totale : 250 mn
Langues : Français 5.1 DD
Anglais 5.1 DD
Sous-titres : Français

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EDITION / DISTRIBUTION

Metropolitan FilExport

Sortie le : 13/10/2010

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Cintraficlogo_thumb

[Critique initialement publié sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]

Une petite fille en manteau rouge et bottines rouges qui se retrouve seule sur le chemin de sa maison. Et un loup tapi dans l’ombre, qui attend de la dévorer…

La trilogie Red riding débute comme le célèbre conte du Petit Chaperon Rouge. Sauf qu’ici, la violence et la tension sexuelle du récit ne sont pas atténuées par l’atmosphère fantastique, irréelle, des contes de fées, mais incluses dans un univers très réaliste, effrayant. Nous ne sommes pas dans une forêt moyenâgeuse, mais en 1974, à Morley, au cœur du Yorkshire, au nord de l’Angleterre. Une région frappée de plein fouet par la crise économique des années 1970, entre campagne pluvieuse et usines grises, maisons en brique rouge et camps sordides,… Le loup a l’apparence d’un être humain tout à fait ordinaire. Une apparence honorable qui abrite une âme complètement pourrie, alimentant sa perversion en torturant, violant et tuant des enfants innocents… La petite fille, enfin, se nomme Clare Kemplay et pour elle, le conte finit mal puisque son cadavre atrocement mutilé est retrouvé dans un chantier non loin de là.
Le meurtre de Clare et la disparition non-résolue de deux autres fillettes, sert de fil rouge-sang à un récit noir, très noir, où se mêlent pédophilie, assassinats, trahisons, corruption policière et magouilles politico-financières… L’univers âpre et désespéré du romancier britannique David Peace. Red riding est l’adaptation d’une série de romans connue sous les noms de « Red Riding Quartet » et de « quatuor du Yorkshire », pour bien marquer la ressemblance avec le « Quatuor de Los Angeles » de James Ellroy.

Red Riding trilogy - 13Red Riding trilogy - 12 

Le romancier américain est en effet l’une des influences avouées de David Peace, et les deux séries de romans se ressemblent très fortement. La narration des deux œuvres s’étale sur une période de dix ans et est confiée à des personnages différents d’un roman à l’autre. Elle s’inspire de faits réels (d’un côté l’affaire du Dahlia noir et quelques séries de crimes monstrueux de l’histoire de L.A. De l’autre, les crimes de l’éventreur du Yorkshire…) et s’inscrit dans un contexte socio-politique très foisonnant (la guerre froide, le McCarthysme ou les émeutes raciales chez Ellroy, la crise économique et l’avènement du thatchérisme chez Peace). On y trouve des éléments communs – corruption des forces de l’ordre et collusions avec le pouvoir, projets immobiliers démesurés et véreux, faux coupables et enquêtes manipulées…- et les mêmes antihéros, flics, avocats, journalistes, naïfs ou désabusés, plongés malgré eux dans un véritable enfer…
Enfin, les deux romanciers ont en commun le même style littéraire, très brut, très dense. Donc difficile à adapter à l’écran. On l’a constaté avec l’univers de James Ellroy, qui n’a pas toujours été correctement restitué au cinéma, avec des adaptations avortées (« Le grand nulle part », « White Jazz », « Clandestin »), médiocres (Brown’s requiem, Cop, Dark Blue) ou à moitié réussies (Le dahlia noir de Brian De Palma, déséquilibré par l’amputation d’une bonne heure de métrage qui aurait mérité être réintégrée sur l’édition DVD). Seul Curtis Hanson, dans L.A. Confidential, a su rester fidèle à l’esprit des romans de l’écrivain américain, mais au prix de coupes drastiques et de petites trahisons narratives qui ont rendu impossible l’inscription du film dans la logique d’une tétralogie. On pouvait donc raisonnablement craindre le pire pour l’adaptation de l’œuvre de David Peace, tout aussi foisonnante et tortueuse.

Et pourtant, cette trilogie noire s’avère une très heureuse surprise pour tout amateur de polar bien noir. Certes, certains personnages ont été quelque peu remaniés, d’autres ont fusionné les uns avec les autres, et le récit a subi quelques coupes pour pouvoir tenir dans ce format de 3 x 100 mn. Le second volume de la tétralogie, « 1977 » a même été purement et simplement supprimé, ou du moins très fortement condensé au sein de Red Riding : 1980. Mais l’essentiel de l’intrigue a été conservé, ainsi que les différents enjeux. Et le côté sombre, désespéré de l’histoire n’a pas vraiment été édulcoré.
La prouesse est d’autant plus étonnante que la réalisation de la trilogie a été confiée à trois metteurs en scène différents, qui ont chacun travaillé de leur côté, indépendamment les uns des autres, sauf pour choisir la partie du casting commune aux trois films. De la même façon, l’aspect visuel et musical de chacun des épisodes a été confié à un chef opérateur et un musicien différents. Du coup, chaque film possède son propre style, sa propre identité. Et malgré cela, la narration est d’une fluidité et d’une cohérence rares entre chacun des volets.

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Réalisé par Julian Jarrold, Red Riding : 1974 pose les bases de l’intrigue. Un jeune journaliste ambitieux, Edward Dunford, joué par Andrew Garfield, la révélation de Boy A, enquête sur la disparition de Clare Kemplay et fait le lien avec celles, les années précédentes, de Jeannette Garland et de Susan Ridyard. Au cours de son investigation, il va devoir faire face à la concurrence du reporter vedette de la rédaction, Jack Whitehead (Eddie Marsan, le moniteur coléreux de Be happy), composer avec les sentiments qu’il se découvre pour Paula Garland, la mère d’une des disparues (Rebecca Hall, la Vicky de Vicky Cristina Barcelona) et se heurter à l’hostilité des forces de l’ordre et des notables de la région, inquiets de voir le journaliste se pencher malgré lui sur leurs plus sombres secrets…
La construction est celle d’un film noir classique. Son jeune héros inexpérimenté, mais opiniâtre, va nourrir une véritable obsession autour de la disparition des trois fillettes, d’abord par pure vanité, pour dégotter un bon scoop et en tirer les lauriers, puis, imperceptiblement, pour des raisons plus nobles, pour découvrir la vérité et rendre justice aux petites victimes du tueur sadique. Au fur et à mesure de ce changement de mentalité, il va s’enfoncer de plus en plus profondément dans un cauchemar fait de violence, de sexualité déviante, de corruption et d’intimidation, et va être amené à perdre totalement ce qui lui restait d’innocence.

Pour filmer ce voyage dans les ténèbres, Jarrold et son chef-opérateur Rob Hardy ont opté pour l’utilisation d’une pellicule super 16, qui confère un aspect sale et granuleux aux images, et multiplient les gros plans fiévreux sur le visage d’Andrew Garfield, de plus en plus marqué au fil du récit. Le montage impose un rythme rapide – normal, l’action est sensée être concentrée sur dix jours – mais s’autorise aussi des moments plus posés, nécessaires pour que le spectateur adhère à la quête du protagoniste principal et pour imprimer ce climat de deuil et de douleur qui imprègne l’œuvre de David Peace.

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Le second opus se déroule six ans plus tard. Les tories et Margaret Thatcher ont pris le pouvoir et dirigent le pays d’une main de fer, mais rien ne semble avoir changé dans le Yorkshire. Les assassinats d’enfants ont cessé, mais un nouveau psychopathe fait régner la terreur dans la région, l’éventreur du Yorkshire, soupçonné d’avoir tué une dizaine de femmes, la plupart prostituées. Les investigations piétinent et le ministère charge le directeur adjoint de la police de Manchester, Peter Hunter (Paddy Considine), de tout reprendre à zéro, aidé dans sa tâche par le détective Helen Marshall (Maxine Peake) et quelques-uns des inspecteurs de la police de Leeds, dont certaines vieilles connaissances du premier épisode.
Hunter le bien-nommé va découvrir des failles dans l’enquête de ses collègues et va s’interroger peu à peu sur un des meurtres, qu’il soupçonne avoir été attribué à tort à l’éventreur… Evidemment, comme les investigations de Dunford en 1974, les recherches d’Hunter ne sont pas vues d’un très bon oeil de certains responsables de la police locale, qui ne sont pas étrangers à certains actes crapuleux, voire criminels, et qui tiennent à garder leurs petits secrets intacts. 

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Signé par James Marsh, Red Riding : 1980 est le plus « classique » des trois volets. Tout comme l’était le style littéraire adopté par Peace dans son roman. L’intrigue, linéaire, suit le rythme des investigations de Hunter et ne gagne en noirceur et en fébrilité que très progressivement. Le temps que le détective idéaliste comprenne que non seulement ses collègues de Leeds ne font pas correctement leur travail, mais que, pire, ils oeuvrent à l’escamotage d’éléments cruciaux et manipulent les témoins à des fins peu avouables. Les meurtres de l’éventreur sont laissés à l’arrière-plan et ce deuxième épisode est en apparence moins sordide que le précédent. Ce n’est donc pas la longue descente aux enfers de Dunford dans le premier opus. Pourtant il s’agit bien du même mécanisme destructeur, implacable. Hunter n’aura pas d’autre choix que de s’aventurer à l’intérieur du système, jusqu’à son cœur. Ou plutôt jusqu’à son estomac, puisque la salle où va se dénouer l’histoire, avec l’arrestation de l’éventreur, est appelée « le ventre » par les policiers…

Pour illustrer cette construction plus classique, Marsh et son directeur photo Igor Martinovic ont logiquement choisi la pellicule 35mm, le format cinématographique usuel. L’image est plus nette, plus lumineuse, même si l’ambiance reste résolument crépusculaire.
On est dans un univers moins âpre que dans Red Riding : 1974. La lumière est feutrée, on navigue discrètement dans les arcanes du pouvoir policier et les secrets soigneusement enfouis. Pour autant, le rythme est particulièrement nerveux, grâce à un montage efficace qui ne nous laisse pas un instant de répit jusqu’au dénouement, véritable coup de poing dans… le ventre, justement…
Un petit mot sur les acteurs de cette seconde partie. Paddy Considine est plutôt convaincant dans le rôle de Hunter, personnage sérieux et plutôt « positif » auquel il prête ses traits fatigués et son flegme so british. Idéal pour camper ce flic intègre, mais assez fade. Pas un héros, mais pas un antihéros non plus. Juste un type ordinaire… Il se fait cependant voler la vedette par Sean Harris, excellent en flic pourri jusqu’à la moelle, vicieux et narquois à souhait, parfait exemple de ce que le système a engendré…

Red Riding trilogy - 5 Red Riding trilogy - 4

Red Riding : 1983
clôt la trilogie en revenant aux sources. On signale la disparition d’une petite fille à Morley, là où avait été enlevée et assassinée la petite Clare Kemplay neuf ans auparavant. Certaines personnes s’interrogent sur cet enlèvement. Et si le type arrêté à l’époque n’était pas le véritable meurtrier ? Et si le coupable courrait toujours ? Deux personnages vont être amenés à reprendre l’enquête. D’un côté, un avocat du nom de John Piggott (Mark Addy, méconnaissable, loin des rôles comiques dans lesquels il était jusque là cantonné), chargé de réhabiliter l’homme arrêté en 1974 et de défendre celui qui est accusé de ce nouvel enlèvement. De l’autre, Maurice Jobson, dit « La chouette » (David Morissey, toujours aussi brillant), membre du groupe de flics pourris qui règne sur les trois films, mais qui possède encore assez d’humanité et de conscience professionnelle pour tenter de stopper le sadique à l’œuvre depuis plus d’une décennie.
Chacun de leur côté, les deux hommes parviendront aux mêmes conclusions et découvriront la vérité. Une quête qui ne sera pas sans sacrifices et remises en questions, et à laquelle se mêlera un troisième personnage, vu dans les deux autres épisodes, BJ (Robert Sheehan, prostitué gay et indic occasionnel, qui sait plus de choses qu’il ne le dit…   

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« 1983 », le bouquin, était une œuvre étrange, une expérience littéraire. David Peace avait choisi de chapitrer son roman en racontant alternativement le cheminement des trois personnages, trois points de vue différents sur les événements, et usant d’un style encore plus télégraphique pour jeter sur papier les pensées et souvenirs des personnages. Impossible à restituer tel quel à l’écran.
Alors Anand Tucker et le chef opérateur David Higgs ont choisi de s’écarter des épisodes précédents en offrant à leur film une ambiance plus lumineuse, diurne. C’est l’épisode où les différentes énigmes en cours trouvent leur résolution, où on quitte peu à peu la noirceur absolue pour évoluer vers l’apaisement et la rédemption. Pour ce faire, ils ont utilisé une caméra HD nouvelle génération qui confère au film une image possédant la netteté de la vidéo numérique et le côté velouté de la pellicule 35mm, créant une atmosphère à la fois réaliste et onirique, et conférant à l’œuvre une dimension plus mystique, plus allégorique. Le final, notamment, baigne dans une esthétique très particulière, retrouvant le côté fantasmagorique du conte dont cette trilogie est vaguement inspirée…

Mais, c’est aussi le film le plus cru des trois. La violence et la sexualité y sont montrées de façon plus explicite, avec notamment une ou deux séquences aptes à choquer les âmes les plus sensibles. Paradoxal ? Non, puisque d’une part, le film traite frontalement des crimes pédophiles de 1974 et 1983, et dévoile donc toute leur horreur. Et que d’autre part, le traitement graphique a évolué en fonction de l’époque décrite. Ici, nous sommes au début des années 1980. La violence se banalise au cinéma, est moins censurée. Et elle se banalise aussi hors des écrans. Le gouvernement Thatcher le prouvera bien assez tôt en réprimant de façon brutale les grèves de mineurs de 1984…
Ayant la lourde tâche de boucler un récit d’une densité assez ahurissante, Red Riding : 1983 est probablement le plus « faible » des trois films, mais il n’en demeure pas moins une indéniable réussite formelle et narrative, dernier mouvement d’un requiem poignant et douloureux dédié aux victimes d’un lieu et d’une époque.
   
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On attendait depuis longtemps un polar de cette trempe au cinéma. Finalement, c’est la télévision anglaise qui nous l’offre. En effet, cette trilogie a été réalisée pour Channel 4 et a été diffusée uniquement à la télévision dans son pays d’origine. Dommage, car au vu du soin apporté à la partie visuelle de chacun de ces films, et leur approche très cinématographique, les œuvres sont clairement conçues pour être projetées sur grand écran… Certains pays, comme la France, ont choisi de rendre justice au travail des trois cinéastes et de leurs équipes en offrant à la trilogie l’opportunité d’une sortie en salles. Mais la diffusion est restée malgré tout très confidentielle et les films n’ont pas eu le temps de trouver leur public. Une injustice que ce coffret DVD devrait réparer…

Si vous aimez le film noir, les intrigues tortueuses et les ambiances désespérées, vous pouvez acheter en toute confiance cette édition DVD, enrichie de quelques scènes coupées et de trois making-of instructifs.
Tous les ingrédients sont réunis pour vous faire frissonner de plaisir : des acteurs épatants, une mise en scène discrète, mais terriblement efficace, un travail visuel impressionnant, une ambiance musicale réussie et, bien sûr, une intrigue haletante, signée par un des meilleurs romanciers anglais actuels et habilement scénarisée par Tony Grisoni. Sinon, découvrez les bouquins, encore plus denses et plus terrifiants… Mais attention, la vision de ces films et/ou la lecture de ces romans est une expérience dont on sort passablement éprouvé et bouleversé…

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Red Riding - 1974 Red Riding : 1974
Red Riding : the year of our Lord 1974

Réalisateur : Julian Jarrold
Avec : Andrew Garfield, Rebecca Hall, Sean Bean
Origine : Royaume-Uni
Genre : Polar noir, très noir…
Durée : 1h40

Note pour ce film : ●●●●●




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Red Riding - 1980 Red Riding : 1980
Red Riding : the year of our Lord 1980

Réalisateur : James Marsh
Avec : Paddy Considine, Maxine Peake, Sean Harris
Origine : Royaume-Uni
Genre : Polar noir, très noir…
Durée : 1h30

Note pour ce film : ●●●●●





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Red Riding - 1983 Red Riding : 1983
Red Riding : the year of our Lord 1983

Réalisateur : Anand Tucker
Avec : David Morrissey, Mark Addy, Peter Mullan
Origine : Royaume-Uni
Genre : Polar noir, très noir…
Durée : 1h40

Note pour ce film : ●●●●○○




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BONUS

En bonus, trois making-of de formes différentes : une interview de Julian Jarrold qui explique la genèse du projet et la conception du premier volet, “1974”, celui qu’il a lui-même réalisé. Un making-of classique pour “1980”. Et une plongée dans les coulisses du tournage de “1983”.
Et surtout, de nombreuses scènes coupées, pour chacun des trois films. Normal, vu la densité du texte original…

Note globale des bonus : ●●●●●




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DONNEES TECHNIQUES

DVD9 – Zone 2 – Couleur – Format 1.85 – 2.35 – 16/9 compatible 4/3
Durée totale : 298 mn
Langues : Anglais 5.1
Français 5.1
Sous-titres : Français

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DISTRIBUTION

Studio Canal
http://www.studiocanal.com/
Sortie le : 16/03/2010

[Critique initialement publiée sur le site Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]

Un homme passe toutes ses soirées à épier une jeune femme, guettant derrière un arbre chacune de ses apparitions à la fenêtre de sa cuisine. Un dangereux pervers ?
Non, Robert Forrester est juste un quadragénaire dépressif en instance de divorce, qui trompe sa solitude et trouve un peu de réconfort en observant l’apparent bonheur de la belle Jenny Thierolf.
Un soir, elle le surprend, mais contre toute attente, elle l’invite à entrer chez elle et discuter un peu. Il est un peu gêné. Elle est intriguée, puis séduite par cet homme étrange. Ils commencent à nouer une relation de plus en plus complice, rendant fou de jalousie Greg Wincoop, le fiancé de la jeune femme. Une nuit, une altercation oppose les deux hommes. Robert réussit à repousser les assauts de Greg et rentre chez lui. Seul petit problème : le lendemain, on signale la disparition du jeune homme et Robert est suspecté de meurtre par les policiers… 

Le cri du hibou - 4

Cette sombre histoire de passion, de folie et de violence constitue la trame d’un beau roman de Patricia Highsmith, « Le cri du hibou ». En 1987, Claude Chabrol en avait tiré une première adaptation, avec Christophe Malavoy, Mathilda May et Jacques Penot dans les rôles principaux. Ce n’était pas le meilleur film du cinéaste, loin de là, mais l’intrigue, qui mêle voyeurisme, jalousie et folie, lui avait permis de livrer un intéressant hommage à son maître, Alfred Hitchcock.
En 2009, le roman a fait l’objet d’une nouvelle adaptation, qui sort aujourd’hui directement en DVD, signée Jamie Thraves. Le jeune réalisateur, dont ce n’est que le second long-métrage, ne possède pas l’expérience de Chabrol, et encore moins le génie d’Hitchcock. Il ne prétend d’ailleurs pas rivaliser avec eux… Il privilégie plutôt une mise en scène sobre et l’installation d’une ambiance poisseuse, très noire, aussi désespérée que ses protagonistes.
Cela se traduit par une image souvent terne, aux dominantes nocturnes, accompagnée d’une petite musique lancinante, et par un montage assez abrupt qui confère à l’oeuvre une certaine singularité.

Le cri du hibou - 2

Mais malheureusement, l’atmosphère ne fait pas tout… Les oeuvres de Patricia Highsmith reposent surtout sur l’ambiguïté des personnages, l’opposition des caractères et l’inversion des rôles. Et dans ce domaine, le film de Jamie Thraves affiche de sérieuses lacunes.
Visage tour à tour fermé ou très expressif, Julia Stiles ne s’en sort pas si mal, laissant planer constamment le trouble autour de son personnage, dont on ne sait jamais si elle est une innocente victime ou une femme fatale manipulatrice. Les autres comédiens, en revanche, ne sont pas vraiment dans le coup : James Gilbert (Greg) et Caroline Dhavernas (la femme de Robert) surjouent la plupart de leur scène, ôtant toute subtilité à des personnages que l’on aurait souhaités moins lisse.
Mais là où le bât blesse vraiment, c’est au niveau de la performance de Paddy Considine, dans le rôle principal. Si, avec son regard de chien battu, il parvient sans peine à jouer le type dépressif, il ne parvient jamais à rendre inquiétant cet homme tourmenté, que l’intrigue voudrait nous présenter comme un psychopathe en puissance.
Lâché par une direction d’acteurs inexistante, il ne nous permet jamais vraiment de nous identifier au personnage et sombre presque dans le ridicule à certains moments-clés du film.

Le cri du hibou - 5

De ce fait, une bonne partie du trouble éprouvé à la lecture du roman est ici totalement édulcorée du fait de la mise en scène, trop lisse, et du jeu des comédiens, pas vraiment à la hauteur des attentes.
Cela dit, c’est loin d’être irregardable. Malgré quelques baisses de rythme assez gênantes, l’intrigue est suffisamment bien écrite pour maintenir un peu d’intérêt à l’ensemble, et pourra satisfaire certains des spectateurs qui n’ont pas lu le roman dont elle est tirée, ni vu le film de Chabrol.
Les autres, en revanche, risquent fort de se laisser gagner par l’ennui…

C’est vraiment dommage, car le texte original était suffisamment complexe pour donner lieu à un film captivant, noir et vénéneux. A la décharge de Jamie Thraves, adapter Patricia Highsmith à l’écran est loin d’être évident. On pourrait penser le contraire, puisque certaines œuvres cinématographiques de tout premier plan ont su tirer parti des écrits de la reine du thriller psychologique. On se rappelle bien sûr L’inconnu du Nord-Express (Hitchcock), Eaux profondes (Michel Deville), L’ami américain (Wim Wenders) ou Plein soleil (René Clément), mais ces films étaient l’œuvre de metteurs en scène de talent. Pour un novice comme Jamie Thraves, la tâche était sans doute trop ardue…

En faisant abstraction de ces références écrasantes pour le pauvre débutant, et avec une bonne dose d’indulgence, vous pourrez peut-être vous laisser séduire par ce petit film, qui n’a pas eu les honneurs d’une sortie en France. A vous de voir… Sinon, vous avez toujours la possibilité de vous replonger dans les œuvres de Patricia Highsmith. Là, point de déception à l’horizon…

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Le cri du hibou Le cri du hibou
The cry of the owl

Réalisateur : Jamie Thraves
Avec : Paddy Considine, Julia Stiles, Caroline Dhavernas, James Gilbert
Origine : Royaume-Uni
Genre : Thriller psychologique / remake
Durée : 1h42
Note pour ce film :

●●○○○○



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BONUS

Pas de bonus pour ce film.

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DONNEES TECHNIQUES

DVD9 – Zone 2 – Couleur – Format 2.35 – 16/9 compatible 4/3
Durée totale : 102 mn
Langues : Anglais 5.1
Français 5.1 et stéréo
Sous-titres : Français

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DISTRIBUTION

CTV International
http://www.ctvint.fr/
Sortie le : 17 février 2010

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