Archive pour la catégorie ‘Italie’

Amore - 6

Si vous avez raté Amore au cinéma, la sortie DVD vous donne l’occasion de rattraper le beau film de Luca Guadagnino, construit comme un opéra baroque, excessif et sensuel, en trois actes et autant de pics dramatiques…

Premier acte. Hiver. La caméra nous entraîne dans une ville de Milan recouverte de neige. Une chape glacée aussi froide que le climat qui règne au dîner que les Recchi, une riche famille d’industriels locaux, ont organisé en l’honneur de l’anniversaire du patriarche, Edoardo Senior. Tous les participants ont l’air rigide, un rien crispé. Ils ont l’air figé, comme des statues de cire… La pièce est plongée dans la pénombre, donnant à l’événement un aspect crépusculaire. De fait, c’est la fin d’une époque. Le vieillard annonce qu’il va passer la main, céder son entreprise à ses héritiers. Mais il profite de l’occasion pour leur balancer quelques petites piques vachardes. A sa petite fille, qui a eu la curieuse lubie d’abandonner la peinture pour se lancer dans la photo. A son petit-fils, qui vient de perdre une course à pied contre un “vulgaire” cuisinier. Une classe inférieure, quelle honte !…
Il aurait tort de se priver vu que dans ce clan, on se doit de rester à sa place, de respecter les paroles du doyen… Ultime provocation, il annonce son souhait de voir lui succéder son fils Tancredi mais aussi… son petit-fils Edoardo Junior, “parce qu’il faut bien deux hommes pour [le] remplacer”…
Tancredi encaisse le coup bas, les mâchoires serrées. Edoardo Jr est stupéfait. Lui n’aspirait qu’à profiter un peu de la vie, de sa jeunesse. Pas de devenir si tôt capitaine d’industrie… Il s’apprêtait juste à faire ses premiers pas dans le monde des affaires en aidant son ami Alberto, le cuisinier qui l’a battu à la course, à ouvrir un restaurant sur les hauteurs de San Remo…

Amore - 5

Deuxième acte. Printemps. Le temps est à l’amour et aux cachotteries. Edoardo Junior prépare son mariage avec une jeune femme qui a toutes les qualités requises pour s’intégrer parmi les femmes de cette famille bourgeoise – belle, altière, discrète et ambitieuse. Elisabetta, sa soeur, est également amoureuse… d’une autre femme.
Des affaires sentimentales que Tancredi ne suit pas, trop occupé à reprendre la main sur les affaires économique et à tenter de vendre l’usine à des entrepreneurs étrangers. Il délaisse du même coup sa femme, Emma (comme l’héroïne de Flaubert), qui s’ennuie à mourir, mais qui ne s’en rend même plus compte tellement elle est prisonnière de ce carcan de conventions sociales poussiéreuses.
La découverte des plats mitonnés par Alberto réveille en elle la notion de plaisir. Elle nourrit une fascination à l’égard du jeune homme, qui se transforme rapidement en désir… Ils deviennent amants et prennent l’habitude de se voir à la campagne, près du lieu où Alberto veut ouvrir son restaurant.

Dernier acte. Eté. Le temps tourne à l’orage… et à l’affrontement entre les deux forces présentées lors des actes précédents. D’un côté le pouvoir et l’argent, la solidité de ce clan où chacun a sa place et ne doit surtout pas en bouger… De l’autre, la passion amoureuse et la liberté de vivre sa vie, sans contraintes, sans enclaves.  Pour certains personnages, c’est une libération… Pour d’autres, l’issue sera plus tragique…

Amore - 3

La construction, on le voit, est très schématique. Une saison par partie, des personnage assez stéréotypés, des situations déjà vues mille fois ailleurs.
C’est sans doute pour cela que le cinéaste a choisi d’accentuer le trait, de jouer ouvertement la carte du baroque. Conscient de ne pouvoir innover sur des thématiques déjà abordées à d’innombrables reprises au cinéma – et par des maîtres du septième art – il a pris le risque de conserver un scénario ultra-balisé et hautement prévisible en l’illustrant avec un style de mise en scène franchement “casse-gueule” constamment dans l’emphase, le foisonnement, le bouillonnement.
Parfois, ça passe – quand les yeux de Tilda Swinton, en pleine confusion des sentiments, virent du vert au noir, ou quand le cinéaste décrit le plaisir gustatif d’un plat par l’illumination (au propre comme au figuré) du visage de l’actrice  – parfois ça casse – la scène d’amour champêtre, un peu mièvre – et le plus souvent, c’est en équilibre très instable…

Certains apprécieront l’audace de certaines scènes, dont le final, quasi-muet – à l’exception de quelques mots très durs – et porté par une musique tonitruante, d’autres jugeront l’ensemble totalement ampoulé et ridicule. C’est un peut comme l’opéra, on aime ou on déteste… Les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas…

En revanche, tout le monde devrait être d’accord sur les performances des acteurs, tous impeccables malgré le côté un peu caricatural de chaque personnage.
Côté femmes, on retrouve Marisa Berenson dans un rôle de bourgeoise guindée qui lui convient à merveille, ainsi que la jeune actrice qui monte en Italie, Alba Rohrwacher, en romantique lesbienne, ou la belle Diane Fleri en jeune épouse arriviste.
Côté hommes, le cinéaste peut s’appuyer sur le charisme de Flavio Parenti (Edoardo) et d’Edoardo Gabbriellini (Alberto). Mais aussi sur la performance glaciale de Pippo Delbono en homme d’affaires dépourvu de sentiments, austère et étouffant.

Amore - 4

Et puis il y a bien sûr Tilda Swinton, une nouvelle fois magnifique dans un rôle pas si évident que cela à appréhender.
Qui d’autre qu’elle aurait pu jouer successivement sur le côté discret, effacé du personnage, puis dévoiler toute sa sensualité, toute sa beauté ?
Qui aurait pu porter des tenues aussi ostentatoires (rouge vif ou orange “Casimir”) sans sombrer dans le ridicule ?
Qui aurait poussé le perfectionnisme jusqu’à apprendre deux langues étrangères – le russe puis l’italien, dans cet ordre – pour coller au plus près du personnage ?
L’actrice britannique, de par son jeu subtil, intense, tout en nuances, est l’atout principal de ce film qui a été écrit pour elle par Luca Guadagnino. Si on ne devait retenir qu’un seul argument en faveur d’Amore, ce serait indéniablement sa performance passionnée…

Mais ce n’est pas le seul point fort du film, bien heureusement. On peut aussi apprécier le portrait glaçant que le cinéaste dresse de la bourgeoisie milanaise et le sous-texte politique évident qui y est associé – ne pas oublier qu’Il Cavaliere, Silvio Berlusconi, est lui-même issu de la haute bourgeoisie milanaise…

Amore - 2

Film à la fois classique et original, un brin déroutant par son côté emphatique et boursouflé, Amore est une oeuvre tumultueuse où s’affrontent le feu et la glace.
Son bouillonnement typiquement latin lui vaudra probablement de perdre quelques spectateurs en route, mais saura peut-être toucher ceux qui se lassent désormais des films hollywoodiens aseptisés et tempérés…
Et rien que pour la performance de Tilda Swinton, cet opéra baroque mérite que l’on s’y intéresse…

A noter que le DVD contient en bonus le court-métrage Tilda Swinton : The love factory, documentaire de 35 mn réalisé en 2002 par un Luca Guadagnino fasciné par l’actrice. Il s’agit d’un entretien réalisé en toute intimité, loin des contraintes promotionnelles habituelles et très spontané. L’actrice, magnifiée par la caméra du cinéaste italien, parle de son métier et de sa condition de femme. Un petit film qui explicite la relation de confiance entre le metteur en scène et l’actrice, et est donc un supplément fort appréciable…  

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Amore DVD

Amore
Io sono l’amore

Réalisateur : Luca Guadagnino
Avec : Tilda Swinton, Flavio Parenti, Pippo Delbono, Edoardo Gabbriellini,  Marisa Berenson, Alba Rohrwache
Origine : Italie
Genre : mélo construit comme un opéra baroque
Durée : 1h58
Note : ●●●○○

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BONUS

Il faut se “contenter” de la bande-annonce et de Tilda Swinton : The love factory, court-métrage de 35 mn qui montre la complicité du metteur en scène et de sa vedette, le lien intime créé entre eux.
Ca vaut bien des making-of plats et des commentaires audio insipides… 
 
Note globale des bonus : ●●●●○○

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DONNEES TECHNIQUES DVD

DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 1.85 / 16/9 compatible 4/3
Durée totale : 155 mn
Langues : Français Dolby stéréo 
Italien Dolby stéréo, 5.1 DD
Sous-titres : Français

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EDITION / DISTRIBUTION

Ad Vitam Distribution

Sortie le : 15/03/2011

[Critique initialement publiée sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]

En septembre 2004, les autorités allemandes durent faire face à une drôle d’énigme :
Lors d’un tournoi de handball en Bavière, organisé dans le cadre d’échanges sportifs entre l’Allemagne et les pays d’Asie, on leur signala la disparition de l’équipe nationale du Sri Lanka. Elles pensèrent d’abord que le groupe avait pu se perdre dans la forêt lors d’un footing, mais on ne retrouva aucune trace des vingt-trois joueurs ou de leur encadrement. Pfuit ! Volatilisés !
Plus étrange encore, le ministère des sports sri-lankais leur a affirmé que le pays ne possédait pas de fédération de handball, ni de clubs et encore moins d’une équipe nationale !
Diantre ! S’agissait-il d’un complot international ? D’un enlèvement par des extra-terrestres ? D’un autre phénomène paranormal ? Le commissaire Derrick allait-il devoir faire appel à Mulder et Scully ?

Non, car en fait, l’explication était toute simple et géniale. Autorités allemandes et sri-lankaises ont été abusées par un groupe de petits malins, qui ont créé cette équipe factice de toutes pièces pour obtenir les précieux visas pour l’Europe que l’ambassade allemande leur refusait jusqu’alors. Une poignée de maillots achetés en promotion au marché local, quelques faux-documents, un peu d’audace, et le tour était joué. Tout le monde n’y a vu que du feu, à l’exception, peut-être, de quelques fans de handball qui ont compris que cette glorieuse équipe nationale était en-dessous de l’amateurisme… 

Sri Lanka National handball team - 3
 
Cette histoire vraie est plus excitante que bien des fictions. Un vrai sujet de cinéma qui évoque les aventures de l’équipe jamaïcaine de bobsleigh dans Rasta Rocket ou la tentative d’évasion, lors d’un match de foot, des prisonniers de A nous la victoire, qui mélange humour, drame social, et ménage une bonne dose de suspense. Il était normal que quelqu’un se décide à la porter à l’écran. C’est Uberto Pasolini qui s’y colle avec Sri Lanka National handball team, jolie tragi-comédie qui raconte comment Stanley, Manoj, Vijith, Piyal et les autres ont pu monter une telle arnaque et partir réaliser leurs rêves vers un avenir forcément meilleur que leur vie de galère dans les taudis de Colombo. 
 
Car le cinéaste s’intéresse autant à la mise en place de la supercherie qu’aux raisons qui poussent le petit groupe à s’exiler. Pour parler des conditions de vie difficiles des sri-lankais de manière la plus réaliste possible, et sans aucun misérabilisme, Pasolini s’est adjoint les services d’une écrivaine locale, Ruwanthie De Chickera. Ensemble, ils ont mis sur pied un scénario qui, à travers les motivations de chaque personnage, leur permet d’aborder tous les différents problèmes de la société sri-lankaise. Principal problème, des salaires extrêmement bas, qui ne permettent pas de vivre décemment. Dans ces conditions, difficile d’éduquer des enfants, de faire des projets pour l’avenir, de conserver sa dignité et ses rêves, d’autant que cette misère est un terrain favorable pour la corruption, la prostitution, l’escroquerie, le trafic d’organes et autres activités fort peu recommandables. Seule solution : partir à l’étranger. Certes, ce sera forcément pour y accomplir des basses tâches, probablement mal payées, au noir. Mais toujours plus lucratives que les emplois obtenus au pays.  

Sri Lanka National handball team - 4  
 
Autre point stigmatisé par les auteurs, la difficile cohabitation entre les différents groupes ethniques sri-lankais – cingalais, tamouls, migrants d’autres pays d’Asie et du Moyen-Orient – qui ont causé une longue et désastreuse guerre civile. Le problème est juste survolé, sans doute pour ne pas rajouter aux tensions qui pouvaient exister au moment du tournage (1). Néanmoins, deux belles scènes – une bagarre entre les apprentis handballeurs et les confidences d’un croque-mort jusqu’alors peu bavard – nous font prendre conscience des blessures laissées par le conflit et de la fragilité de la trêve.

Mais les anciens ennemis n’ont pas le choix. Pour garantir leur avenir, sous d’autres cieux, et aider ainsi leurs proches restés au pays, ils doivent enterrer leurs différents et avancer main dans la main, en équipe. Le message politique est évident, prônant la réconciliation nationale et l’union pour la reconstruction du pays.
Il culmine lors du tournoi de handball, que nos imposteurs sont contraints de jouer malgré tout. Bien sûr, comme ils ne se sont absolument pas entraînés – ils connaissent d’ailleurs à peine les règles – ils encaissent but sur but et subissent d’humiliantes défaites. Et là, quelque chose se réveille en eux, l’envie de se révolter, par fierté, pour sauver leur honneur et celui de leur peuple. L’envie de se battre ensemble, en équipe. Alors qu’ils auraient très bien pu prendre la poudre d’escampette, ils reviennent quand même sur le terrain, avec l’envie pas forcément de gagner, mais au moins de gagner le respect de leurs adversaires et celui du public. 
 
Sri Lanka National handball team - 5

Certains trouveront cela profondément naïf. Ca l’est un peu évidemment, d’autant que le cinéaste, rompu à l’exercice des comédies à succès (2) sait sur quels effets jouer pour faire vibrer la corde sensible du spectateur. Mais il faut aussi rappeler qu’il s’agit d’une histoire vraie, et que l’équipe du Sri Lanka a bien joué quelques matchs avant de se volatiliser. C’est peut-être là le vrai mystère de ce drôle de tour de passe-passe : Pourquoi le petit groupe a-t-il pris le risque de rentrer sur le terrain alors qu’il aurait aussi bien pu disparaître dès son arrivée sur le sol allemand ?

En l’absence de réponse à cette épineuse question, on peut donc trouver crédible l’explication donnée par le script de Pasolini et De Chickera. Et même si on la trouve un peu factice, elle permet de redonner un peu de dignité à ce peuple de gens simples, qui même en son pays, éprouve un profond sentiment d’infériorité et de honte par rapport au monde occidental. La révolte collective de l’équipe sert de contrepoint à une autre belle séquence où Manoj, ayant eu l’opportunité d’inviter ses proches parents dans le restaurant de l’hôtel où il travaille, constate avec tristesse leur embarras de se retrouver au milieu de blancs plus fortunés qu’eux, comme s’ils ne se sentaient pas à leur place dans leur propre pays. En décidant de revenir sur le terrain pour défendre leur honneur, les sri-lankais cherchent avant tout à se prouver qu’ils valent mieux que l’étiquette de « pauvres gens », de « sans-grades », de « larbins » qu’on leur a collée, et qu’ils ont fini par accepter. Ils veulent montrer qu’ils sont prêts à se battre pour se créer une vie meilleure, à continuer de progresser malgré tout… Une belle leçon de courage, qui force notre admiration…

Sri Lanka National handball team - 2

On se sent proche de ces personnages, d’autant qu’ils sont incarnés par des acteurs amateurs attachants. Sous la houlette de l’actrice Damayanthi Fonseca, ils ont appris le métier en deux semaines, aussi vite que leurs personnages ont appris le handball. Mais là, ils font plus que sauver l’honneur, ils sont tous brillants et très convaincants ! (3)

Grâce à eux, plus qu’à la mise en scène un peu trop sage de Uberto Pasolini, on suit avec grand plaisir les tribulations de cette joyeuse bande de pieds-nickelés, qui surmonte toutes les épreuves avec humour, audace et persévérance. Que ce soit sur le terrain de la comédie émouvante ou du film à thèse à la fois profond et léger, cette Sri Lanka National Handball Team a tous les atouts pour atteindre son but : gagner le cœur des spectateurs.

(1) : Le conflit n’a cessé qu’en mai 2009, avec la mort du leader des tigres tamouls.
(2) : Uberto Pasolini a produit, entre autres,
The full monty de Peter Cattaneo
(3) : Apparemment, l’un d’entre eux s’est même tellement pris au jeu qu’il a fait comme le personnage qu’il incarne. Il a profité du tournage en Europe pour quitter définitivement son pays. Mais il a eu la délicatesse de finir le tournage avant de prendre la poudre d’escampette. La réalité dépasse la fiction inspirée de la réalité !

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DVD Sri Lanka - Visuel 3D Sri Lanka National Handball Team
Machan

Réalisateur : Uberto Pasolini
Avec : Dharmapriya Dias, Gihan de Chickera, Dharshan Dharmaraj, Namal Jayasinghe 
Origine : Sri Lanka, Italie, Allemagne
Genre : slumdog handballer
Durée : 1h40

Note pour ce film : ●●●●●

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BONUS

Rien… Pas même une bande-annonce…
Pourtant, le film aurait bien mérité quelques éclairages supplémentaires sur les tensions communautaires au Sri-Lanka, le travail d’écriture à partir du fait divers réel, et un commentaire audio avec des anecdotes de tournage aurait été apprécié… Tant pis…
Note globale des bonus : ○○○○○○

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DONNEES TECHNIQUES

DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 16:9 Compatible 4/3, 1.85
Durée totale : 100 mn
Langues : Anglais 5.1 Sous-titres : Français

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EDITION / DISTRIBUTION 

UGC Ph
http://ugcph.fr/pages/sri-lanka.html

Zylo
http://www.zylo.net/newsite/

Sortie le : 04/05/2010


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