Archive pour la catégorie ‘Etats-Unis’
C’est inévitable, tous les films hollywoodiens à succès se prêtent un jour à l’hommage parodique.
Mais dans le cas de Twillight, film déjà risible en lui-même, était-ce bien nécessaire ? Ou du moins, était-ce bien raisonnable sous la forme que prend Mords-moi sans hésitation, comédie ennuyeuse aux gags poussifs et lourdingues?
Et surtout, était-ce utile de nous le resservir en DVD sous le nom de Vampires suck ? Certes, il s’agit du titre original, mais ça sent quand même un peu le tour de passe-passe destiné à faire oublier toutes les critiques négatives reçues par ce petit nanar sous son titre d’exploitation français idiot… Donc, si vous l’avez déjà vu et que vous n’êtes pas maso, ne vous laissez pas abuser et passez votre chemin…
Bon, la critique va être mauvaise, vous vous en doutez…
Le principal problème est que le long-métrage de Jason Friedberg et Aaron Seltzer ne cherche pas à parodier les films de vampires ou les films d’épouvante en général, juste à se moquer de Twillight. Les scénaristes ont pris le parti de coller fidèlement aux trames du film de Catherine Hardwicke et du second épisode de la saga qui étaient déjà singulièrement mollassonnes. Du coup, on est obligés de se retaper une nouvelle fois l’arrivée de Bella (Becca, ici)dans une petite ville forestière des Etats-Unis peuplée de vampires boules à facettes et de loups garous aux torses tout musclés. L’avantage, c’est de nous rappeler à quel point les deux premiers volets de la saga étaient soporifiques. L’inconvénient, c’est que c’est soporifique, justement… Le film ne dure que 1h19 dans sa version cinéma, 1h21 dans la version longue proposée sur le DVD (wtf ?!?), et pourtant on a l’impression que ça dure des heures.
On s’ennuie ferme et ce ne sont pas les gags parodiques pondus par l’équipe des déjà exécrables Spartatouille (rien que le concept 300 + Ratatouille, ça laisse pantois..), Big Movie et Sexy Movie, qui viennent nous sortir de notre torpeur. C’est téléphoné, c’est lourd, c’est con, ce n’est pas drôle, hormis un ou deux trucs qui nous arrachent péniblement un sourire…
Cela dit, peut-être que certains apprécieront. Après tout, on n’a pas tous le même humour…
Il n’en demeure pas moins que cinématographiquement, c’est très mauvais, et le niveau très moyen du film parodié (oui, on va se faire lyncher par les fans de Twillight, mais on assume!) n’explique pas tout. C’est très basique, très plat, très fade et très mal rythmé, ce qui, pour une comédie, est plutôt gênant…
Quant aux acteurs, on peut difficilement les trouver bons, vu les rôles ultra-chargés qu’ils doivent se coltiner, mais ils ont néanmoins bien du mérite de garder un semblant de dignité dans cet océan de médiocrité. Cela dit, certains y vont fort dans le cabotinage, surtout les “loups-garous” transformés en bons toutous à leur mémères…
Bref, à moins d’être très client de ce genre de comédie parodique-potache et de ses auteurs – ce n’est pas notre cas, on l’avoue – vous pouvez aisément économiser le prix de ce DVD ou de ce Blu-ray et le garder pour acheter un film plus sympathique. Chez le même éditeur, 20th Century Fox, il y a par exemple une ressortie de l’Apocalypse now de Francis Ford Coppola en version intégrale restaurée qui a l’air fort appréciable… Enfin, vous faites comme vous voulez, hein…
”Ca va finir au pieu”, prophétise l’affiche du film…
“Ca va finir à la poubelle”, rétorquons nous…
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Vampires suck |
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BONUS
Blu-ray comme DVD sont enrichis du même programme de suppléments :
- version cinéma et version longue (2mn de plus…) : foutage de gueule complet…
- Scènes coupées (13 mn) : en fait les versions étendues de certaines scènes, sinon ça ferait une version longue vraiment plus longue…
- bêtisier (4 mn)
Le coffret Blu-Ray contient aussi le DVD, peut-être pour ceux qui veulent comparer les deux…
Note globale des bonus : ●●●○○○
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| DVD9 Zone 2/ Blu Ray – PAL – Couleur – Format 1.85/ 16/9 compatible 4/3 (BD-50 Résolution : 1080 24p pour le Blu-Ray) Durée totale : 200 mn |
| Langues : | Français Dolby Digital Anglais Dolby Digital 5.1 ou 2.0 |
Sous-titres : | français |
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Vous êtes de sexe masculin ? Vous aimez les belles voitures de sport et les femmes aux corps de rêve – bref, les beaux châssis ? Alors Redline pourra peut-être vous plaire…
Peut-être, hein… Parce que franchement, il ne faut vraiment pas être regardant sur le scénario, la mise en scène et le jeu d’acteurs pour apprécier ce film de série B médiocre, qui sort directement en DVD, via France Télévisions Distribution.
L’histoire est assez basique : un quatuor de millionnaires trompe l’ennui en organisant des courses de voitures clandestines. Chacun possède ses propres bolides – Porsche, Ferrari, Lamborghini,Rolls Royce Phantom, etc… – et ses propres pilotes. Et ils se défient les uns les autres, pariant des sommes de plus en plus délirantes au fil du temps.
Parmi eux, il y a un producteur de cinéma, un homme d’affaires asiatique, un gangster bedonnant et un rappeur black, propriétaire d’un label plus que rentable.
Ce dernier confie sa Porsche aux bons soins de Natasha qui, quand elle ne pousse pas la chansonnette avec son groupe – ses garagistes de frangins - est une experte de la mécanique. Du genre capable de transformer une Lada en Formule 1. Et comme la jeune femme est pleine de ressources, elle s’avère aussi une conductrice hors pair et une femme dotée d’une belle paire de s.. euh d’yeux…
Evidemment, les millionnaires lorgnent sur elle, soit pour ses qualités de pilote, soit pour sa carrosserie de rêve. Mais elle refuse de céder à leurs avances. Elle n’est pas une fille facile et ne se sent pas prête à participer à des courses, à cause d’un vieux trauma enfantin – son papounet chéri est mort pendant une compétition…
Pourtant, elle finit par accepter de prendre le volant et de participer à un défi. Mauvaise idée… Elle est victime d’un accident et perd la course. En même temps que sa liberté… A son réveil, elle apprend qu’elle a été l’enjeu du pari et qu’elle “appartient” désormais au gangster. Comment peut-elle s’en sortir?
Grâce au second héros du film, bien sûr… Lui, c’est un vrai héros. La preuve, il revient d’Irak, où il a servi la bannière étoilée. C’est pas un vrai de vrai, ça ?
Il a un regard de gros dur qui impressionne, si bien que quand on le voit pour la première fois, au début, on pense que c’est lui le bad guy (alors que le vrai méchant est un bon gros à la tête sympathique, allez comprendre…). Et il maîtrise toutes les techniques de combat, du karaté au guili-guili. Lui aussi sait conduire une voiture, évidemment, et lui aussi a une belle paire de c… euh… d’yeux… Mais il ne chante pas. Le scénariste nous aura au moins épargné ça…
Bon, l’intrigue n’est qu’un prétexte à montrer des voitures coûteuses lâchées à pleine puissance et des minettes en tenue légère, dans l’esprit des films d’exploitation des années 1970. Les auteurs se sont d’ailleurs sans doute imprégnés d’oeuvres comme La Course à la mort de l’an 2000 de Roger Corman. Mais force est de constater qu’il y a une nette différence de classe entre les deux films. La réalisation de Redline manque cruellement d’inspiration et de talent. Même les scènes de course, censée être le clou du spectacle, sont platement menées.
Andy Cheng était peut-être un bon cascadeur, mais la mise en scène n’est pas vraiment son truc. On lui déconseille de persévérer dans cette voie…
Restent les acteurs, qui font ce qu’ils peuvent avec leur moyens – très limités – pour faire exister des personnages des plus stéréotypés et grossièrement détaillés.
La belle Nadia Björlin n’est pas spécialement douée pour la comédie, mais bon, on lui demande juste de porter décolletés et tenues moulantes pour être agréable à regarder. Donc, elle remplit pleinement sa part du contrat.
Nathan Phillips joue les héros monolithiques avec une mono expression sourcilière digne des meilleures performances de Steven Seagal. Sans doute est-il encore traumatisé par son séjour dans le bush australien de Wolf creek…
Les autres rivalisent de médiocrité dans leurs rôles de millionnaires blasés. Mention spéciale à Angus Macfadyen en “bad guy” risible et à Eddie Griffin qui incarne une caricature de cliché de stéréotype de rappeur avec une propension au cabotinage qui laisse pantois.Le nom de son personnage est similaire à sa prestation : Infamous…
Pourquoi n’avoir pas offert le rôle plutôt à Wycleff Jean, le chanteur des Fugees qui se contente ici d’un caméo et de la BO du film – pas exceptionnelle non plus, d’ailleurs… – ?
Bon, ne soyons pas vaches, Redline n’a pas été conçu pour être un chef d’oeuvre du septième art. C’est juste un petit film d’exploitation sans prétention, un délire entre potes prétexte à faire prendre l’air à des bagnoles de collection. Mais on se demande juste s’il était bien nécessaire de le proposer à la vente en DVD…
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Redline |
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BONUS
Blu-ray comme DVD sont enrichis du même programme de suppléments :
- Making-of (17mn)
- bande-annonce
Note globale des bonus : ●●●○○○
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| DVD9 Zone 2/ Blu Ray – PAL – Couleur – Format 2.35:1/ 16/9 compatible 4/3 (Résolution : 1080 24p pour le Blu-Ray) Durée totale : 112 mn |
| Langues : | Français Dolby Digital Anglais Dolby Digital 5.1 ou 2.0 |
Sous-titres : | français |
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[Critique initialement publiée sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]
Il est des films si amples,si intenses, si riches, si parfaitement joués et réalisés, si imposants que l’on ne peut que se sentir minuscules face à eux.
Opening night est de ceux-là.
Il s’agit rien moins que du chef d’oeuvre, avec Une femme sous influence, d’une filmographie déjà impressionnante (Shadows, Faces, Lover streams, entre autres).
Le film majeur d’un cinéaste majeur de l’histoire du septième art : John Cassavetes.
L’oeuvre s’articule autour d’oppositions thématiques, la vie réelle/la dramaturgie théâtrale, la vie/la mort, la jeunesse/la vieillesse.
On suit le personnage de Myrtle Gordon, une actrice renommée, star des planches de Broadway, en plein tourment existentiel au moment où de jouer une nouvelle pièce, sensiblement différente de celles qu’elle a jouées jusque-là. Elle doit incarner Virginia, une femme vieillissante qui doit composer avec un potentiel de séduction déclinant et l’idée de la mort qui se rapproche inexorablement. Le metteur en scène de la pièce ne l’a pas choisie par hasard. Elle a l’âge du rôle. Cet âge charnière où, malgré son charisme et son charme, elle ne peut plus vraiment prétendre à des rôles de débutantes. Cet âge charnière où elle devient une “seconde femme” – le titre de la pièce. Elle est capable de transmettre au public les angoisses du personnage – peur de vieillir, de décliner physiquement, de ne plus être admirée… Oui, pour le metteur en scène et l’auteure de la pièce, elle est tout à fait le personnage. Mais pour Myrtle, il s’agit d’un rôle de composition. Elle pense être trop jeune pour incarner ce personnage et éprouve des difficultés pour rentrer dans la peau de cette femme vieillissante. Elle lutte contre son partenaire, contre son metteur en scène, pour faire évoluer le rôle, le faire correspondre à ce qu’elle est réellement.
En fait, Myrtle fuit cette pièce, ce rôle, qui agissent comme un miroir, la mettent face à elle-même, face la cruelle réalité de son vieillissement. Elle refuse d’accepter son âge et d’être cataloguée comme une actrice “sur le déclin”. Elle entame un combat perdu d’avance contre le temps qui passe…
Un événement va achever de la déstabiliser : la mort d’une jeune admiratrice anonyme, renversée par une voiture sous ses yeux, alors qu’elle venait lui demander un autographe. A partir de ce moment-là, le malaise de Myrtle s’accroît, provoquant des hallucinations où intervient la jeune femme décédée. Symboliquement, l’actrice est hantée au fantôme de sa jeunesse passée, confrontée à l’idée de la mort, étape ultime du vieillissement… Elle va devoir se débarrasser de ce fantôme et sortir de cette dépression pour pouvoir jouer le rôle et accepter enfin de devenir cette “seconde femme”…
Première force de ce film, sa construction gigogne, “pièce de théâtre dans le film”, où les acteurs et les personnages qu’ils incarnent peuvent se confondre. Le spectateur doit rester éveillé, vigilant, essayer constamment de déterminer si la scène jouée sous ses yeux fait partie de la pièce ou de la “vraie vie” de Myrtle Gordon.
Par exemple, Myrtle forme à la scène un couple avec son partenaire, Maurice, qui joue le rôle de Marty, le mari de Virginia. Mais tous deux ont réellement constitué un couple, quelques années auparavant. Sur les planches, les personnages vivent une relation houleuse, conflictuelle. La même que les deux acteurs ont jadis expérimentée. La même qui se noue en coulisses. Quand pleuvent les amabilités et les noms d’oiseaux, on se demande si c’est Marty qui les balance à Virginia ou Maurice à Myrtle…
Le dispositif est déjà intéressant, mais il prend encore une autre dimension quand on sait que c’est Gena Rowlands, l’épouse du cinéaste, qui interprète le double rôle Myrtle/Virginia et que John Cassavetes lui-même interprète son partenaire. Ainsi, on peut aussi se demander ce que le couple projette de sa propre vie, de sa propre expérience, dans le film et ses personnages. Les joutes verbales, les moments de complicité, sont très probablement inspirés de leur vraie vie de couple Les interrogations des personnages sur la vieillesse, la vie et la mort sont les leurs…
Ce qui densifie encore un peu les choses, c’est que les tourments de Myrtle sont autant inspirés par Gena Rowlands que par John Cassavetes. Quand le personnage cherche du réconfort dans l’alcool et l’ivresse, on ne peut s’empêcher de penser au rapport du cinéaste à l’alcool – Cassavetes est décédé en 1982 d’une cirrhose du foie. Et ses interrogations sur la frontière entre la vie réelle et la création dramatique ont toujours été au coeur de sa démarche artistique – il tournait la plupart de ses films dans la maison familiale, avec ses proches et ses amis fidèles.
Oui, Opening night est probablement le film qui ressemble le plus à ce qu’il était : un metteur en scène de théâtre et de cinéma, un acteur un rien cabot, un écorché vif qui créait pour mieux appréhender le monde qui l’entourait, sa propre existence, et un directeur d’acteurs fabuleux…
Tiens, parlons-en de ses acteurs, histoire de leur rendre l’hommage qu’ils méritent. Il y a Ben Gazzara, l’ami de toujours, excellent dans le rôle de Manny, le metteur en scène de la pièce, un type exigeant et d’un abord assez brut…
Il y a Joan Blondell, parfaite en auteure un peu coincée, aussi rigide que le personnage de la pièce dans le film…
Il y a Laura Johnson, inoubliable fantôme de la jeunesse de Myrtle…
Il y a des caméos des vieux potes de Cassavetes : Seymour Cassel, Peter Falk et Peter Bogdanovich…
Il y a les petits rôles attribués à la famille : Lady Rowlands, Katherine Cassavetes…
Et puis, bien sûr, la géniale, l’exceptionnelle, la somptueuse, l’inoubliable, la formidable, la merveilleuse, et autres superlatifs qui sont ici tout sauf galvaudés, performance de Gena Rowlands. Sans doute la plus belle de sa carrière, avec le rôle de Mabel dans Une femme sous influence. Oui, on a rarement vu une aussi remarquable symbiose entre une actrice et son metteur en scène que le duo Rowlands/Cassavetes dans ce film-là. Il la filme avec une tendresse infinie, l’illumine, la rend bouleversante, magnifique. De son côté, elle l’inspire, transcende sa mise en scène, lui rend son amour en jetant toutes ses forces dans la bataille et en atteignant une intensité de jeu des plus rares…
Si on ne devait utiliser qu’un argument pour vous convaincre de voir ce film, ce serait le jeu d’actrice de Gena Rowlands sublimé par la caméra de Cassavetes. Mémorable, vraiment…
Mais le film vaut évidemment encore plus que cela. Il est riche thématiquement, audacieux narrativement – sa structure a inspiré nombre de cinéastes contemporains – d’une grande portée émotionnelle, complexe et simple à la fois. Il est difficile d’expliquer pourquoi cette oeuvre nous fait autant d’effet. Peut-être est-ce l’alchimie entre les acteurs, l’énergie brute qui semble habiter chaque image et porter le récit ? Ou la quasi-perfection de tous les plans, peaufinés par un Cassavetes au sommet de son art ? Ou la sensation d’assister à un film touché par la grâce divine ?
Toujours est-il qu’Opening night est un véritable joyau.
Et dire que ce très beau film tourné en 1977 et primé à Berlin l’année suivante, via un ours d’argent pour l’immense Gena Rowlands, n’a pas pu être vu en France avant 1992. Cette année-là, Gérard Depardieu a usé de son influence pour réhabiliter l’oeuvre du cinéaste américain et voir exploités en salle certaines de ses oeuvres restées scandaleusement inédites, comme Faces et Opening night…
Depuis, les cinéphiles ont eu l’occasion de le voir à la télévision, sur Canal + ou sur Arte, ou en DVD.
Le chef d’oeuvre de John Cassavetes avait en effet déjà été édité en DVD. Dans la collection “Les films de ma vie” (éd. Opening), puis dans le coffret regroupant cinq films de John Cassavetes, chez Ocean.
Alors quel est l’intérêt de cette réédition, chez TF1 Vidéo ?
Hé bien déjà, le plaisir de bénéficier d’un master image restauré.
Ensuite, l’opportunité de découvrir les bonus appréciables qui accompagnent le film : une présentation par Patrick Brion et une analyse du long-métrage par le cinéaste Xavier Durringer.
Bon évidemment, il faut avouer que les bonus sont les mêmes – en moins fournis – que pour le coffret évoqué plus haut, ce qui est très dommage… Mais certains n’ont peut-être pas envie d’acheter un coffret complet pour découvrir juste un film. Cette édition est alors pour eux…
Si vous avez déjà une version du film, vous pouvez donc sûrement économiser votre argent.
Mais dans le cas contraire, il s’agit d’un achat tout à fait recommandable, à plus forte raison si vous n’avez jamais vu cette oeuvre majeure de l’histoire du septième art…
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BONUS
Manquent les interviews du coffret… Dommage…
- Présentation de Patrick Brion (5mn)
- Analyse de Xavier Durringer (6mn)
- Bande annonce (5mn)
- Biographies et filmographies
Note globale des bonus : ●●●●○○
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| DVD9– Zone 2 – PAL – Couleur – Format 1.85 / 16/9 compatible 4/3 Durée totale : 154 mn |
| Langues : | Anglais Mono | Sous-titres : | Français |
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ARTICLES LIES
[Critique initialement publiée sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]
A quatorze ans, Karen (Annette Bening) avait mis au monde une petite fille. Incapable de supporter cette charge, elle avait été contrainte la confier à une famille adoptive. Elle a depuis totalement perdu sa trace. Trente-sept ans plus tard, elle porte toujours cet abandon comme une blessure. Aigrie, caractérielle, constamment en colère contre les autres, elle ne s’est jamais mariée et vit seule avec sa mère (Eileen Ryan). La vieille femme, mourante, se blâme chaque jour d’avoir poussé Karen à abandonner son enfant, ruinant ainsi sa vie…
Elizabeth (Naomi Watts), la fille de Karen habite dans la même ville, Los Angeles. Avocate brillante, elle a beaucoup changé de poste et voyagé un peu partout aux Etats-Unis, mais, comme le remarque son nouvel employeur (Samuel L. Jackson), elle est toujours revenue au bercail. Peut-être, sans doute même, poussée par le désir inconscient de retrouver un jour sa mère biologique… Elle possède des traits de caractères communs avec sa mère – déterminée, passionnée, d’un abord un peu brut – et vit seule, elle aussi, accumulant les amants de passage…
En parallèle de cette histoire d’une relation mère-fille contrariée, on suit le parcours du combattant d’un couple stérile (Kerry Washington et David Ramsey) qui cherche à adopter un nouveau-né. Un orphelinat les met en relation avec une jeune femme de vingt ans (Shareeka Epps) qui ne désire pas garder le bébé qu’elle porte et pourrait éventuellement le leur confier après l’accouchement…
Mother & child est un film choral sur la maternité et la relation mère-enfant, déclinée sous toutes ses formes à travers une dizaine de personnages et de petites histoires qui vont plus ou moins finir par converger : mère contrainte d’abandonner son enfant ou choisissant délibérément de s’en séparer, fille confrontée à la mort de sa mère ou mère confrontée à la perte de sa fille, liens du sang ou liens fabriqués, maternité biologique ou adoption, mère réelle ou de substitution,… Les situations se répondent et se correspondent tout au long du film…
De nos jours, qui dit film choral dit Alejandro Gonzalez Iñarritu. On n’est donc guère étonné d’apprendre que l’auteur des brillants Babel, 21 grammes ou Amours chiennes maîtres-étalon du genre, oeuvre ici en tant que producteur.
Et on regrette qu’il n’ait pas pris lui-même la caméra pour réaliser ce film…
Rodrigo Garcia, réalisateur du médiocre Les Passagers, ne possède pas son talent pour relier de façon fluide les différentes subdivisions du récit. Il se contente d’empiler mollement des séquences toutes construites sur le même modèle, manquant de l’inspiration et de l’audace qu’aurait apportées un vrai cinéaste : plans larges et alternés basiques, champs-contrechamps sans aucune originalité.
Cela dit, il faut quand même reconnaître que Rodrigo Garcia a su relativement bien se sortir des pièges inhérents à ce genre de structure chorale.
Déjà, il respecte l’équilibre entre ses différentes histoires, apportant le même soin au traitement de chaque personnage. L’avocat joué par Samuel L. Jackson est certes un peu sacrifié par rapport aux autres mais il est vrai qu’il n’est qu’un personnage secondaire, et il a quand même droit, comme les autres, à des morceaux de scènes qui lui permettent de se mettre en valeur…
Ensuite, il se garde bien de verser dans l’émotion cheap, l’avalanche de pathos, le mélodrame tire-larmes. Même si la construction globale s’apparente à un mélo un peu trop complexe pour être honnête, le cinéaste joue la carte de la sobriété et d’une certaine pudeur. La façon dont il traite le décès de la mère de Kate, par exemple, est d’une retenue inhabituelle pour ce genre de production. Et tout est du même acabit, à une ou deux exceptions près. On lui en sait gré…
Enfin, il s’appuie intelligemment sur sa distribution, haut de gamme, pour rendre attachants les personnages et réussir, in fine, à susciter l’émotion, toujours sans verser dans le pathos ou la psychologie de bazar.
Et il fallait bien du talent pour nous rendre émouvants des personnages aussi antipathiques de prime abord.
Kate est une femme aigrie, colérique, odieuse avec son entourage – sa mère, sa femme de ménage, ses collègues… – mais c’est aussi une femme ultra-sensible, meurtrie, déchirée, privée d’une partie d’elle-même et rongée par la culpabilité.
Belle idée que d’avoir confié ce rôle complexe à Annette Bening, qui fait ici – et avec Tout va bien, the kids are all right de Lisa Cholodenko – son retour au tout premier plan après quelques années plus difficiles, jouant l’une de ses plus belles partitions d’actrice de sa carrière.
Le personnage d’Elizabeth n’est guère plus aimable : une garce qui n’hésite pas à séduire son patron ou son voisin, futur père de famille, une avocate offensive et redoutable, une femme qui ne veut s’attacher à rien et à personne… Mais elle aussi est bien plus sensible qu’elle ne paraît. Un événement inattendu, inconcevable, va la transformer, donner un nouveau sens à a vie… Naomi Watts s’en empare avec le talent et la grâce qu’on lui connaît. Elle est belle, lumineuse, intense et finalement, bouleversante…
Face à ces deux grandes actrices, la performance de Kerry Washington a l’air un peu plus fade, mais elle s’en sort également bien, négociant très honorablement une ou deux scènes difficiles à jouer, pour n’importe quelle comédienne…
Ce trio porte le film, mais les seconds rôles ont aussi l’occasion de se mettre en valeur : Eileen Ryan (la mère de Sean Penn) nous touche par ses regards perdus, tout comme la jeune Shareeka Epps.
Côté garçons, outre Jackson, stoïque comme un maître Jedi, on retrouve les excellents Jimmy Smits et David Morse. Tous sont également très bien dans leur rôle…
Le jury du dernier Festival du Film Américain de Deauville semble avoir adoré le long-métrage de Rodrigo Garcia puisqu’il lui a décerné son Grand Prix. Pour notre part, nous sommes un peu plus réservés. Le manque d’ambition de la réalisation, platement illustrative, nous a un peu gênés, mais Mother & child nous a finalement laissé une impression plutôt positive, grâce à ses beaux numéros d’acteurs et le côté universel de ses thématiques.
Vous pouvez vous forger votre propre opinion sur le film en le découvrant aujourd’hui en DVD et Blu-Ray, agrémenté de quelques bonus appréciables…
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BONUS
- Making of (15mn)
- Scènes coupées (10mn)
- Bande annonce
Note globale des bonus : ●●●○○○
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| DVD9– Zone 2 /Blu Ray – PAL – Couleur – Format 2.35 / 16/9 compatible 4/3 Durée totale : 145 mn |
| Langues : | Français 2.0 Anglais Dolby Digital 5.1 / 2.0 / DTS 5.1 HD (BR) |
Sous-titres : | Français |
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ARTICLES LIES
[Critique initialement publiée sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]
Quelle idée tordue a traversé l’esprit des organisateurs du programme DVD trafic, chez nos amis de Cinétrafic, de me donner à critiquer le septième volet de la saga Saw en DVD…
Il y avait plein de titres sympathiques à défendre, et pour lesquels je pouvais livrer de beaux textes donnant envie de découvrir les oeuvres en question. Mais non, j’hérite de cette nouvelle saw-ttise, dont je vais évidemment dire beaucoup de mal…
Ma conclusion, c’est que chez Cinétrafic, ils doivent être assez masochistes… Autant que moi (Oh oui, Ilsa, sors le fouet…) pour avoir accepté de me farcir au cinéma un nouvel opus de cette saga de plus en plus exécrable. Mais bon, il s’agissait – les producteurs l’avaient promis – de l’ultime épisode de la série, annoncé comme le plus spectaculaire. Et je m’étais dit, à l’époque, qu’il serait dommage de rater ça après m’être infligé tous les volets d’une série qui, à l’exception du premier opus – très bon – et, à la rigueur, du second, baigne dans la médiocrité, pour ne pas dire la nullité…
Et puis, j’avais envie de me lâcher et de déchaîner ma plume fielleuse contre un gros nanar, avec des jeux de mots prévus de longue date : “les saw 7 sales”, “les saw 7 qui puent”, “les saw 7 de l’archidussesse chont-elles chèches archichèches?”… Sauf que raté, les producteurs ont préféré le titre Saw 3D : chapitre final.
Oh, la frustration… Surtout que c’était vraiment très très mauvais – le film hein, pas mes jeux de mots…
Bon, de quoi ça parle, Saw 3D : chapitre final ?
Après une introduction spectaculaire mettant dans une situation délicate une femme et ses deux amants rivaux, et se terminant, comme dans tout piège de Jigsaw, par la mise à mort du membre du trio le plus douteux moralement, on retrouve les personnages du film précédent là où on les avait laissés.
Les héritiers de John Kramer, décédé d’une tumeur au cerveau, on le rappelle, depuis la fin du troisième opus mais qui continue à être chiant outre tombe, continuent de laver leur linge sale en famille. (Notamment leurs sawssettes, il fallait bien la placer, celle-là…).
Dans l’épisode précédent, Jill, l’ex-femme de Kramer, avait pour mission de se débarrasser d’Hoffman, flic ripou et fils spirituel du psychopathe, car celui-ci avait perverti le côté moral des épreuves proposées aux infortunés candidats, en ne leur laissant aucune chance de survie… Elle pensait avoir réussi en lui faisant porter le plus célèbre piège de Jigsaw, le casque/mâchoire. Las, le bonhomme, très malin, a réussi à s’en sortir et entend bien faire de Madame Jigsaw sa prochaine victime…
Jill cherche protection auprès d’un flic du département des affaires internes, ennemi juré d’Hoffman…
Pendant ce temps, un nouveau jeu commence – sans doute en pilotage automatique – avec nombre de nouveaux pièges gratuitement sadiques.
Le participant, Bobby Dagen, est un homme ayant obtenu gloire et fortune en se vantant d’avoir survécu à une des épreuves du tueur au puzzle. Ce qui est faux, bien sûr…
Kramer, qui avait laissé ses instructions a ses complices, a décidé de lui donner une chance de prouver sa bravoure, à travers un vrai parcours du combattant. Pour tenter de sauver ses proches et la femme qu’il aime, Dagen va devoir payer de sa personne et faire des choix cruels…
Bref, rien de nouveau sous le soleil (façon de parler, le film se déroulant une fois de plus dans des bâtiments désaffectés glauquissimes…) : on assiste à une succession de mises à mort plus perverses les unes que les autres (piège progressant au gré des décibels produits par les hurlements de la victime, double énucléation, pendaison, carbonisation, j’en passe et des meilleures…), juste pour meubler le vide abyssal de cet ultime scénario et donner aux fans leur dose d’horreur bien gore et de tortures spectaculaires. Et on a droit une nouvelle fois à un “twist” débile faisant intervenir un énième disciple/complice de John Kramer.
Bigre! Le bonhomme devait avoir une sacrée fortune pour acheter autant de hangars désaffectés, les équiper de matériel de surveillance, dispositifs de fermeture high-tech, et écrans de télévision destinés à passer ses enregistrements, les truffer de pièges sophistiqués, et engager dans sa multinationale spécialisée dans la torture moralisatrice tous ceux qui ont survécu à ses épreuves sadiques…
On pourrait gober ça, si on ne nous avait pas révélé, dans un des épisodes précédents, que le mobile de Kramer était lié au refus d’un assureur véreux de financer le traitement de son cancer.
Je suis peut-être idiot, mais n’aurait-il pas mieux fait d’utiliser son argent pour se soigner, ou pour mettre sa femme à l’abri du besoin, plutôt que d’investir dans tous ces pièges gigantesques? Bon OK, avec ce raisonnement, il n’y a plus de film… Mais là, c’est quand même du grand n’importe quoi…
Il y a quand même un changement de taille dans la franchise : cette fois, le rebondissement final est ultra-prévisible, ce qui désamorce considérablement une partie du suspense. Voilà ce qui arrive quand on modifie le script à la dernière minute, juste pour satisfaire aux exigences de quelques fans… Oui, oui, vous avez bien lu : des spectateurs, fidèles de la série, sont intervenus auprès de la production pour façonner le scénario de cet épisode selon leurs désidératas…
Ca aussi, c’est du grand n’importe quoi…
Bref, Saw 3D : Chapitre final est aussi ridicule que les autres volets de la série, se contentant de reprendre paresseusement le même schéma narratif et les mêmes effets horrifiques. Kevin Greutert avait signé, avec – oh, hisse – le Saw 6, le moins mauvais des quatre derniers épisodes, mais il semble avoir fini lui aussi par renoncer, nous offrant une mise en scène d’une platitude totale…
Et ce n’est pas le jeu des acteurs qui relève le niveau, loin de là… Bien sûr, les personnages sont totalement inconsistants, mais ce n’est pas une raison pour les confier à des comédiens aussi fades et inexpressifs.
J’ai déjà eu l’occasion de dire ce que je pensais de la performance de Costas Mandylor/Hoffman, mais le bonhomme, aussi mauvais soit-il, a malgré tout plus de charisme que la plupart des participants de ce septième opus, qui jouent par ailleurs comme des pieds (et sans sawssettes… hi hi hi…)
Le seul intérêt de ce film semble définitivement être la 3D qui n’a pourtant pas l’air d’être très bien exploitée, ou alors insuffisamment(à l’exception de la scène des pointes)…
Mais je n’ai pas vu le film en relief… Au cinéma, j’étais tombé sur une version 2D… Frustrant!
Et si le DVD-test que j’ai reçu est bien la version 3D, je n’ai pas pu en profiter, vu que je n’ai pas reçu de lunettes…
Décidément, je n’ai pas de chance avec les versions 3D de Metropolitan et de Cinétrafic… Re-frustrant !
Espérons que ce Saw 3D : Chapitre final soit effectivement le dernier volet d’une série qui n’en finit plus de s’essouffler et de ruiner tout le capital sympathie que l’on pouvait éprouver pour le premier épisode.
Cela dit, la dernière fois qu’on nous a annoncé un “Chapitre final”, c’était dans le quatrième épisode de la saga des Vendredi 13 et ça n’a pas empêché les producteurs de livrer sept (!) suites supplémentaires et un remake, plus une suite du remake actuellement en préparation… Et comme le dénouement du film est une fois de plus une fin ouverte, il est à craindre que, motivés par l’appât du gain, les producteurs ne se lancent dans une huitième sawttise. Une de plus et une de trop…
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BONUS
Là encore, impossible de parler des bonus, puisque je n’ai reçu qu’un seul des deux disques, et pas celui où il y a les bonus… (Qui est responsable de cet envoi calamiteux, que je lui colle le piège de la mâchoire sur la tronche ?!)
- choix du film version Director’s Cut en 3D relief ou en 2D
- 4 paires de lunettes relief (bleu/rouge)
- Commentaire audio des scénaristes (VOST)
- Commentaire audio des producteurs
- 52 façons de mourir : les pièges de Saw
- Scènes coupées
- 5 clips vidéos
Note globale des bonus : pas reçus, donc impossible à évaluer… Grrr…
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| DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 1.85 / 16/9 compatible 4/3 Durée totale : 120 mn |
| Langues : | Français Dolby Digital 5.1 Anglais Dolby Digital 5.1 |
Sous-titres : | Français |
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ARTICLES LIES
Le Festival du court-métrage de Clermont-Ferrand a acquis au fil des années une dimension internationale, devenant l’une des manifestations les plus réputées parmi toutes celles dédiées au format court.
Il aurait été facile aux organisateurs de se reposer sur leur lauriers, de planifier des sélections tranquilles avec des films de jeunes auteurs confirmés et appréciés du public, sans prendre de risques majeurs…
Seulement voilà, le Festival de Clermont-Ferrand entend promouvoir le court-métrage dans toute sa diversité et sa richesse. Notamment en mettant en avant tous ceux qui bousculent les frontières de l’art cinématographique, qui expérimentent, osent, laissent libre cours à une fantaisie et une imagination débridées, pour le pire comme pour le meilleur…
C’est sans doute pour cela qu’a été créée, il y a dix ans, la sélection “Labo” qui est comme son nom l’indique, un espace dédié aux savants de Marseille – hum – et d’ailleurs, aux cinéastes azimutés et visionnaires, aux bricoleurs sur pelloche, aux artistes d’un autre monde…
Pour célébrer comme il se doit le dixième anniversaire du “Labo”, le Festival de Clermont-Ferrand et Canal + se sont associés avec Potemkine films et agnès b. DVD pour sortir un florilège de dix court-métrages issus de cette section et primés au cours des dernières années.
Au programme, un mélange hétéroclite, éclectique et électrique de courts de divers horizons, illustrant bien la richesse thématique et artistique de cette compétition : De la fiction et du documentaire, de l’animation, de l’expérimental pur et dur, du bizarre et du très court…
Evidemment, le choix est tellement vaste que l’on ne peut s’empêcher de trouver le résultat assez inégal.
Personnellement, on reste assez interdits devant Duck Children (Prix Canal + 2002) dans lequel des gamins déguisés en canards se font justement canarder par un adulte armé d’un fusil, devant les supporteurs fanatiques de Wir sind dir treu (Prix Canal + 2006) et on fatigue vite devant Energie! et ses tâches lumineuses électriques à déconseiller aux épileptiques.
On se laisse envoûter, en revanche, par Délices (Prix Canal + 2004), ses juxtapositions d’images poétiques et sa musique entêtante, même si le film est paradoxalement trop long, ou par Sea change qui réinvente le plan-séquence en faisant voler en éclat l’espace-temps…
On trouve intéressantes la mise en scène de David Russo – I am (not) Van Gogh – et son film qui se réalise sous nos yeux, au fur et à mesure d’une discussion entre le cinéaste et deux membres d’une commission de financement de projets artistiques pas très emballés par son idée – ainsi que le montage de Lila (prix Télérama 2009) qui montre de façon condensée la vie estivale d’un camping en bord de mer – c’est plus beau que chez Dubosc et Onteniente…
On s’amuse devant Raymond (Prix de la SCAM 2007) et les mouvements désordonnées du personnage/cobaye…
Mais surtout on aime le ton doux-amer de The raftman’s razor (prix de la presse 2005), qui parle de deux ados férus de BD et obsédés par le comics book le plus euh… rasoir de l’histoire. Et la beauté plastique de The tale of how (Prix Canal + 2007), petit bijou en provenance d’Afrique du Sud. Un conte africain musical qui ravit l’oeil et flatte l’oreille.
Rien que pour ce film-ci, et le petit bonus caché, un très court très drôle portant le titre de Non fat, ce DVD vaut le détour…
Fêtons joyeusement ce dixième anniversaire du Labo, en attendant le vingtième et, on l’espère, une sélection de 20 nouveaux petits bijoux qui secouent les conventions cinématographiques usuelles…
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Réalisateurs : Sam Walker, Gérard Cairaschi, Keith Bearden, Michael Koch, David Russo, Joe King, Rosie Redlow, Bif, The Blackheart gang, Thorsten Fleish, Broadcast club
Origine : Royaume-Uni, France, Etats-Unis, Suisse, Allemagne, Afrique du Sud
Genre : expérimental
Durée : courts de 4 à 12 mn
Note globale : ●●●●○○
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BONUS
- Carte blanche à David Russo
- Carte blanche à Thorsten Fleish
- Non Fat court-métrage de Olivier Manzi (1mn)
C’est court comme bonus, mais pour une anthologie de courts, c’est normal…
Note globale des bonus : ●●●●○○
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DONNEES TECHNIQUES DVD
DONNEES TECHNIQUES DVD
| DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format NC Durée totale : environ 90 mn |
| Langues : | stéréo 2.0 | Sous-titres : | Français |
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EDITION / DISTRIBUTION
Potemkine
agnès b. DVD
Sortie le : 02/02/2011
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Tout les cinéphiles ont déjà entendu parler de la “politique des auteurs”, sans se demander pour autant à quoi elle faisait référence.
Euh, non, ce n’est pas l’obligation qu’ont les réalisateurs d’adhérer à un quelconque parti politique de droite ou de gauche…
L’expression a été utilisée pour la première fois par les critiques des “Cahiers du Cinéma” de la grande époque, celle ou les Truffaut, Chabrol et Rivette usaient de leurs plumes acérées pour défendre leurs cinéastes favoris, audacieux et visionnaires, et pourfendre les autres, tenants d’un cinéma poussiéreux. Elle pose les bases d’une critique subjective articulée non pas sur un film isolé, mais sur l’ensemble de l’oeuvre de son réalisateur. Ceci permet de dégager un fil conducteur, des thématiques récurrentes, un style,d’établir des connexions d’un film à l’autre, et de remettre en perspective certains films “mineurs” d’un auteur par rapport au reste de son oeuvre.
Et, même si la méthode parfois dériver vers de la complaisance à l’égard de certains cinéastes-chouchous ou de l’intransigeance vis-à-vis de cinéastes qui ne correspondent pas aux canons esthétiques et thématiques maison, il est toujours intéressant de découvrir le travail des metteurs en scène à travers un ensemble de films.
C’est ce que propose la collection DVD “Deux films de…”, dirigée, justement, par “Les Cahiers du cinéma” et éditée par Why Not distribution.
Un peu dans l’esprit de la collection mythique “Les films de ma vie”, chaque coffret contient deux films choisis parmi la filmographie d’un cinéaste, souvent des oeuvres rares ou méconnues, qui mettent en avant le travail de leur auteur.
Nouveaux exemples avec les deux nouvelles pièces de la collection “Noémie Lvovsky” et “Robert Kramer”
Honneur aux dames : le premier est consacré à Noémie Lvovsky. Si son nom n’évoquera pas grand-chose au grand public, son visage, lui, est davantage connu, puisqu’elle a joué bon nombre de seconds rôles dans des comédies plus ou moins intéressantes. Mais c’est bien comme cinéaste que cette femme s’est faite connaître, grâce à quatre longs-métrages (et autant de courts) ayant connu un beau succès critique et construisant une oeuvre cohérente, empreinte d’une certaine douceur…
Dans le coffret, on trouve son premier long-métrage, Oublie-moi, ce qui va permettre de réparer une injustice.
A l’époque de sa sortie, certaines voix commençaient à s’élever contre un cinéma d’art et d’essai français trop marqué par le style “Fémis”, soit une conception, je cite, “intello-chiante” du cinéma héritée de la Nouvelle Vague, telle qu’enseignée dans la célèbre école. Oublie-moi a quelque peu fait les frais de ce vent de contestation – assez idiot par ailleurs – en étant cité par les frondeurs comme l’exemple-type des dérives d’un cinéma d’auteur nombriliste.
Pourquoi cette haine ? Peut-être parce que Noémie Lvovsky a fait ses études à la Fémis ? Ou bien parce qu’elle a collaboré aux premiers films d’Arnaud Desplechin, le nouveau chouchou des critiques “sérieux” et chantre de la nouvelle “Nouvelle Vague” ? Ou encore parce que les titres de deux de ses courts-métrages (Embrasse-moi, Dis-moi oui, dis-moi non – présenté dans le coffret, en bonus ) et de son long-métrage – et “moi” et “moi” et “moi” – laissaient présager quelque chose d’égocentrique…
Procès injuste, absurde, car si dans ce film, Noémie Lvovsky raconte les problèmes existentiels d’une trentenaire qui lui ressemble sans doute un peu, le film n’a rien de “nombriliste”. Le personnage joué par Valéria Bruni-Tedschi, un peu dans le même registre que son rôle dans Les gens normaux n’ont rien d’exceptionnel, est suffisamment attachant pour que chacun s’y reconnaisse un peu, véhicule des angoisses et des tourments assez universels.
C’est une ronde des sentiments qui nous est proposée ici : Nathalie (Valéria Bruni-Tedeschi, donc), en couple avec Antoine (Emmanuel Salinger), n’arrive pas à oublier son ex, Eric (Laurent Grévill) qu’elle poursuit de ses assiduités. Cruelles relations humaines, où tout n’e se passe pas toujours comme on le voudrait, douleur du dépit amoureux, aux effets dévastateurs… Le thème central de l’oeuvre de la réalisatrice – les sentiments amoureux- est déjà en place dans ce premier film. Elle en continuera par la suite l’exploration dans ses longs-métrages suivants, qui culminera dans son meilleur film, justement appelé Les sentiments, avec Jean-Pierre Bacri, Isabelle Carré et Nathalie Baye.
Par ailleurs, si le film est bien construit selon des codes esthétiques communs à toute une génération de cinéaste, il dégage aussi, très discrètement, ce qui fera par la suite l’originalité des films de la cinéaste : une certaine fantaisie, une poésie gentiment loufoque et décalée, qui se manifeste dans la folie douce gagnant Valéria Bruni-Tedeschi et dans la tonalité générale du film.
Mais c’est surtout dans son second long-métrage, La vie ne me fait pas peur, que la cinéaste va affirmer ce virage vers un imaginaire plus coloré, vers davantage de fantaisie.
A la base, il s’agissait d’un film de commande d’Arte, dans le cadre de la collection “Les Années lycée”, une série de téléfilms ayant accouché d’oeuvres marquantes comme Le péril jeune de Cédric Klapisch.
”Petites”, le téléfilm d’origine, est devenu grand sur grand écran, dans sa “version longue remaniée” qu’est La vie ne me fait pas peur. Le téléfilm comme le long-métrage racontent le cheminement de quatre copines de l’adolescence vers l’âge adulte, avec ce que cela comprend de découvertes, de déceptions, de petits bonheurs…
La cinéaste est parvenue à s’affranchir des contraintes liées au cadre imposé, l’adolescence et le lycée, pour en tirer une oeuvre entraînante, drôle, pétillante, truffée d’idées de mise en scène.
Il est vrai que l’oeuvre doit aussi beaucoup à l’énergie communicative des quatre jeunes interprètes, qui depuis ont bien grandi : Magali Woch, Julie-Marie Parmentier, Ingrid Molinier et Camille Rousselet. Mais c’est aussi l’une des composantes du talent de Lvovsky que de choisir et diriger ses comédien(ne)s.
Ce coffret permet de voir, d’une part, l’évolution du style de la cinéaste vers plus de fantaisie, d’humour et d’originalité, et d’autre part brasse les grandes thématiques de son oeuvre encore en construction… D’où l’utilité de faire découvrir deux films simultanément…
Le second coffret rend hommage au travail d’un auteur hélas méconnu du grand public : Robert Kramer.
Avant de nous quitter, ce réalisateur américain, a réalisé ou coréalisé 25 films, dont quelques-uns particulièrement critiques vis-à-vis de son pays d’origine.
Politiquement très marqué à gauche, Kramer méritait vraiment l’appellation de « cinéaste engagé ».
« 2 films de… » a sélectionné deux de ses œuvres les plus connues (avec Millestones, The people’s war et l’imposant Route One, USA) : Doc’s Kingdom etWalk the walk.
Le premier est une fiction axée autour d’un homme en exil, James Matter dit « Doc » (joué par l’excellent Paul McIsaac), un vétéran du Vietnam, ancien activiste qui a quitté son pays pour s’installer au Portugal, où il exerce la profession de médecin dans un petit hôpital lisboète. Il habite dans une cabane, dans une sorte de bidonville situé aux frontières de la ville.
Le lieu a son importance. Il est situé dans la marge, à la frontière entre deux mondes, deux classes sociales. Trois continents aussi puisque l’Afrique, où Doc a aussi bourlingué, y est bien représentée et où l’Océan laisse deviner, en perspective, l’Amérique.
Le monde industriel, symbolisé par les infrastructures portuaires grises, sales, polluantes, y côtoie les vestiges du passé. L’endroit dégage à la fois une certaine chaleur et une froide violence, notamment dirigée contre ce qui représente les Etats-Unis, ogre impérialiste.
Oui, cet endroit ressemble au personnage principal. Usé, délabré, malade (Doc est alcoolique), hanté par le passé (au cours de ses voyages, il a été confronté à la guerre et à la misère), rongé par le présent (l’évolution du monde vers un sombre système économique et politique – Nous sommes alors au sortir des années Reagan, qui ont vu se creuser le fossé entre les plus riches et les plus démunis…), pas vraiment à sa place ici, ni ailleurs.
Difficile de ne pas voir en Doc une sorte d’alter-ego du cinéaste, activiste de gauche qui a quitté les Etats-Unis pour pouvoir poursuivre sa carrière en Europe (en Allemagne, en France, au Portugal…). Il accompagnera d’ailleurs Robert Kramer quelques années plus tard, pour son retour au pays, quand le cinéaste tournera son documentaire-fleuve sur l’Amérique, Route one / USA.
Doc’s kingdom est un beau film sur l’exil, la solitude de l’expatrié – compensée partiellement par la satisfaction de pouvoir vivre libre – et une œuvre d’une profonde mélancolie évoquant, en filigrane, la fin des utopies nées dans les années 1960.
C’est aussi une belle variation autour du thème de la paternité, des racines, des origines.
L’ex-épouse de Doc, Rozzie, vient de décéder, dans un hôpital de l’autre côté de l’Atlantique. Leur fils Jimmy (incarné par le tout jeune Vincent Gallo) tombe sur les lettres annuelles que Doc continuait d’envoyer à sa femme et se met en tête de le retrouver.
Contrairement à ce qu’aurait donné un traitement classique du sujet, les retrouvailles ne donnent pas lieu à des grands moments larmoyants, plombé par le pathos et les bons sentiments. On assiste juste à la confrontation de deux solitudes, deux hommes qui sont heureux de converser, le temps d’une soirée, d’échanger des points de vue, mais que rien de tangible n’unit encore.
Dans le « Royaume de Doc », les racines ne sont plus que de lointains souvenirs, l’homme n’a pas d’attaches et ne peut donc pas accepter la paternité, vue comme une enclave.
Le personnage a décidé de ne pas être père, pas par manque d’affection mais par besoin de liberté, par refus de cette responsabilité…
Chez Robert Kramer, la paternité n’est pas quelque chose d’innée. C’est un choix, une démarche, une volonté…
Un propos qui tranche singulièrement avec les conventions sociales et narratives !
D’ailleurs, la forme du film est elle aussi assez atypique. La façon de filmer est proche du documentaire, et l’image granuleuse, proche de la vidéo, va dans ce sens. Mais en même temps, ce long-métrage possède une esthétique assez particulière, baigne dans une ambiance nocturne assez poétique. Il s’autorise même quelques envolées oniriques des plus étranges.
Doc’s kingdom est donc un film assez inclassable, original de par son approche thématique et passionnant de par son côté radical, profondément indépendant, évoluant librement entre les cultures…
On retrouve les thèmes du voyage, de l’exil et de la famille dans Walk the walk.
Dès le début du film, on assiste à l’éclatement d’une cellule familiale. La fille, Raye (Betsabee Haas), quitte ses parents pour vivre sa propre vie, découvrir de nouveaux horizons – la Suisse, l’Allemagne, l’Europe. Peu après, le père, Abel (Jacques Martial), athlète de haut niveau, abandonne sa femme pour prendre lui aussi un nouveau départ, plus à l’est – en Ukraine, à Odessa, haut lieu de la Révolution Russe (et souvenir mémorable de cinéphile – Le Cuirassé Potemkine…). La mère, Nellie (Laure Duthilleul) reste seule. Elle ne part pas, mais commence elle-aussi un cheminement intérieur à la découverte d’elle-même….
Même si Walk the walk, un peu trop schématique, trop “construit”, ne possède pas tout à fait l’intensité de Doc’s kingdom ou de Route One / USA, on retrouve quand même parfaitement l’univers de Robert Kramer.
Déjà au niveau du style, assez unique, avec lequel le cinéaste réussit à combiner documentaire, expérimentation et fiction, en intervenant directement dans le récit, restant hors champ mais discutant avec ses personnages comme s’il les connaissait depuis toujours, les accompagnant dans leur quête intime.
Ensuite dans cette façon admirable de capter l’air du temps, de saisir ce qui définit une époque.
Le monde a changé par rapport à l’époque de Doc’s kingdom. La mondialisation est à l’oeuvre, sonnant le glas des utopies des années 1960/1970. Cette Europe où il s’était exilé est loin d’être la terre promise.
La France, son ultime pays d’accueil, patrie des Droits de l’Homme, peine à gérer les diversités culturelles de ses citoyens – sujet toujours aussi sensible et tabou aujourd’hui, d’ailleurs… En Suisse, on croise des junkies échappant dans des paradis artificiels à un certain malaise social… A Odessa, l’idée d’un pouvoir donné aux ouvriers a fait long feu. Le Mur de Berlin est tombé, le bloc soviétique est tombé et les idéaux socialistes avec lui…
A la Guerre Froide ont succédé des conflits ethniques, aux Balkans, notamment, dont le cinéaste se fait ici le témoin – la guerre de Bosnie n’est pas officiellement terminée quand il tourne son film…
Le constat n’est pas très réjouissant, d’autant qu’à ces mutations économiques et géopolitiques s’ajoute un autre fléau contemporain, le SIDA…
C’est donc encore une certaine mélancolie qui se dégage de ce film assez sombre, qui trouve quand même sa lumière dans l’énergie et la jeunesse de son héroïne, incarnée par la soprano Betsabée Haas.
Là encore, le choix de ces deux films n’est pas absurde, il montre l’évolution du regard du cinéaste sur la société, et pointe aussi les spécificités stylistique d’un auteur méconnu, et pourtant passionnant…
Nous vous invitons donc à découvrir ces deux coffrets fort intéressants, ainsi que les autres joyaux de la collection (Patrice Chéreau, Gregg Araki, Alain Resnais, Jean-Pierre Mocky, Bruno Podalydès, Nanni Moretti, Jean-Luc Godard, Takeshi Kitano, etc…). Sans oublier les deux nouveaux coffrets à paraître début octobre : Ken Loach & Xavier Beauvois…
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COFFRET 2 FILMS DE… NOEMIE LVOVSKY
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BONUS
Dis-moi oui, dis-moi non : court-métrage de fin d’études de Noémie Lvovsky
Note globale des bonus : ●●●●○○
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DONNEES TECHNIQUES
| DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 16:9 Compatible 4/3 Durée totale : 216 mn |
| Langues : | Français 2.0 | Sous-titres : | - |
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COFFRET 2 FILMS DE… ROBERT KRAMER
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BONUS
Aucun bonus pour ces deux films.
Note globale des bonus : –
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DONNEES TECHNIQUES
| DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 16:9 Compatible 4/3, 1:55 Durée totale : 204 mn |
| Langues : | VO (multilingues) 2.0 | Sous-titres : | français |
EDITION / DISTRIBUTION
Why not Productions
http://www.whynotproductions.fr/
Sortie le : 30/06/2010
Alors qu’il avait été remarqué et applaudi dans tous les festivals internationaux où il a été présenté entre 2006 et 2007 (Toronto, Stiges, Gérardmer et Deauville, pour les principaux), All the boys love Mandy Lane n’a curieusement pas bénéficié d’une sortie en salles dans l’hexagone et il aura fallu attendre près de trois ans avant qu’un éditeur ne se décide à le sortir en DVD et Blu-Ray.
En l’occurrence, Wild Side, dont on peut saluer l’acharnement à mettre en avant le travail de cinéastes originaux et atypiques…
Atypique, All the boys love Mandy Lane l’est sans conteste. Et c’est sans doute cela qui a refroidi les distributeurs du film, bien embêtés pour savoir comment caser le premier film de Jonathan Levine.
De prime abord, on pourrait le définir comme un simple slasher, un de ces succédanés de Vendredi 13 ou d’Halloween produits à la pelle par l’industrie cinématographique américaine, où des teenagers dépravés se font massacrer par un tueur psychopathe sadique.
L’intrigue est en effet des plus basiques : Avec la douceur de ses traits, son corps sexy, sa pureté virginale et son côté inaccessible, la belle Mandy Lane est un objet de fantasme pour tous ses camarades de lycée. Les filles l’envient ou la jalousent, et les garçons sont prêts à tout, y compris aux actes les plus fous, pour pouvoir la conquérir, la posséder…
C’est dans l’espoir de la séduire qu’une bande de copains l’invite à passer le week-end hors de la ville, dans le ranch du père de l’un d’entre eux, sous prétexte de fêter dignement (ou indignement) la fin de l’année scolaire.
Ils croient avoir partie gagnée quand elle accepte de se joindre à eux. Ils se disent qu’avec alcool, drogues, rock’n roll et la présence de deux autres filles très portées sur le sexe, la blonde Mandy va bien finir par craquer…
Ils n’ont juste pas prévu la présence sur les lieux d’un tueur impitoyable, bien décidé à les éliminer un par un…
Jonathan Levine respecte assez fidèlement les conventions du genre. Il nous présente tout d’abord ses personnages, stéréotypés en diable : la pure Mandy, donc, vertueuse et innocente, le bellâtre de service, qui s’enorgueillit d’avoir conquis au moins une fille par état, rien dans le crâne, tout dans le calbut – ah ben non, en fait… pas grand chose non, plus – la bimbo blonde – no comment – la brunette complexée par ses minuscules bourrelets, mais décomplexée dès qu’il s’agit de choses coquines, le boutonneux qui compense son physique moins avantageux par sa cool attitude, le black de service, plus délicat que ses compagnons, et le gardien des lieux, genre cowboy solitaire à qui on ne la fait pas…
Puis il fait doucement monter la tension autour du groupe, à l’aide de quelques éléments inquiétants (la flaque de sang sur laquelle Mandy tombe en faisant son jogging, le serpent se faufilant vers les baigneurs imprudents, les apparitions furtives d’une silhouette étrangère, menaçante,… ), attendant le moment propice pour débuter la série de meurtres.
Evidemment, les premiers punis seront les ados fornicateurs – les tueurs de slashers aiment que la morale soit respectée… – puis le psychopathe s’attaquera aux autres membres de la bande, les dézinguant l’un après l’autre à rythme régulier, gardant la confrontation avec Mandy Lane pour la fin…
Oui, vu comme cela, rien ne distingue All the boys love Mandy Lane du petit film d’horreur lambda…
Hormis, peut-être, le soin particulier apporté à la mise en scène, plus stylisée que la plupart des films du genre, avec notamment un gros travail sur la texture des images, un peu granuleuses, aux couleurs contrastées. Elle prend un tour presque expérimental avec ses cadrages étranges, ses effets de focales, ses ralentis, son montage nerveux. Un peu trop même, se dit-on, car cette démonstration technique virtuose, mais un peu maniérée, n’apporte finalement pas grand chose au film…
Autre curiosité, la façon avec laquelle Levine s’ingénie à balayer d’un revers de la main tous les artifices narratifs traditionnels du genre. Ici, pas de gros effets de surprise, pas de “coup du chat” qui surgit pour nous faire bondir du fauteuil.
Les meurtres eux-mêmes restent relativement sobres au regard des exécutions inventives de Jason Voorhees et autres psychopathes échappés de Scream ou Souviens-toi l’été dernier.
Enfin, le rythme et la progression du récit sont parfaitement atypiques : le film est tour à tour très lent – la mise en place prend 40 minutes, presque la moitié du film – et très rapide, trop rapide, dès lors que l’action s’emballe enfin, au risque de susciter l’ennui de certains amateurs de slasher…
D’autant que l’identité du tueur est révélée très tôt, alors que ce genre de film repose sur des rebondissements souvent assez tordus.
Certes, la fin du film ménage une surprise de taille, mais cette façon de chercher à désamorcer le suspense est tout de même assez étrange…
C’est que Jonathan Levine se soucie assez peu de réaliser un thriller narrativement correct. Cette trame horrifique n’est qu’un prétexte à un autre film, qui se déroule en filigrane. Une évocation des affres de l’adolescence et la description d’un passage à l’âge adulte souvent vécu comme un traumatisme.
A cette période de la vie, on est mal dans sa peau car on se voit changer physiquement et psychologiquement. On se cherche une identité, on cherche à s’affirmer individuellement… On cherche à plaire, aussi, car l’irruption du désir a modifié profondément le rapport à l’autre. D’où des relations extrêmement complexes et ambigües avec les autres jeunes, vus à la fois comme des amis, des proies sexuelles potentielles ou des rivaux… L’enjeu est autant de s’intégrer à un groupe que de s’y imposer individuellement. Le risque est de se retrouver exclu, laissé dans la marge après avoir été humilié par les railleries et les remarques cinglantes, cruelles, des autres adolescents.
Dans ces conditions, les apparences sont reines. Il est vital de paraître le plus beau, le plus cool, le plus mature, le plus sexy…
Apparemment Mandy Lane n’a pas de souci à se faire de ce point de vue-là. Elle attire tous les regards, cristallise tous les désirs et toutes les jalousies. Elle semble plus mature, plus pure, plus belle que toutes les autres… Tous les garçons aiment Mandy Lane… Et puisque tous ces mâles en rut rôdent autour d’elle, les filles font tout pour l’avoir comme amie…
Pour les autres personnages, la réalité est plus rude… Le moindre petit commentaire, le moindre complexe physique peut prendre des proportions dramatiques : la bimbo se retrouve complexée par une pilosité pubienne trop foisonnante, sa copine se trouve trop grosse, le playboy fanfaron se trouve heurté dans sa virilité quand ces demoiselles se moquent de la taille de son engin,…
Alors on imagine sans peine le malaise qui doit submerger l’adolescent en cas de rejet violent de la part de ses petits camarades. Il y a de quoi péter un câble…
Jusqu’au meurtre…
En abordant l’oeuvre sous cet angle-là, en plaçant les thématiques de la dictature des apparences et de la brutalité du rejet au centre des débats, le film de Jonathan Levine prend tout son sens, toute son ampleur…
Cela explique pleinement ce décalage entre le côté clinquant de la mise en scène (les apparences) et la construction chaotique du récit (le malaise dissimulé sous le vernis).
Et cela donne donne plus de poids à la fin du film, que d’aucuns jugent (à tort) incohérente. Ne leur en déplaise, et sans trop en dévoiler, tout ce massacre trouve bel et bien sa justification, son mobile, dans une histoire d’exclusion, de rejet, et (peut-être, sans doute…) de dépit amoureux…
Il est évident que, pris au premier degré, All the boys love Mandy Lane n’a rien de bien folichon, thriller horrifique trop simpliste, au rythme trop étrange pour convaincre…
Mais justement, le réalisateur invite à aller au-delà des apparences, à gratter un peu pour découvrir un film pas totalement exempt de défauts, certes, mais bien plus subtil qu’il n’y paraît. Il s’agit en effet moins d’un film d’horreur basique que d’une chronique réaliste et crue de l’adolescence, qui finit par tourner au drame le plus noir, un peu comme dans le Bully de Larry Clarke,
Après, on accroche ou pas… On a tout à fait le droit de penser que d’autres films ont aussi bien, voire mieux, traité du malaise adolescent, sans être obligés de passer par un scénario aussi tarabiscoté.
On peut aussi juger l’ensemble trop déséquilibré pour convaincre réellement…
Ou au contraire y voir l’émergence d’un auteur à part entière, qui continuera avec son film suivant, The Wackness, sorti en 2008 sur nos écrans, à creuser son sillon avec un style sensible et attachant…
Bref, le film divise. C’est le lot de toutes les oeuvres avant-gardistes…
En revanche, tout le monde sera sans doute d’accord pour louer la performance de la belle Amber Heard dans le rôle-titre : intense, troublante, irradiante de sensualité, elle exerce sur nous la même fascination que sur les autres personnages du récit.
Ceux-ci sont d’ailleurs également incarnés avec beaucoup de justesse, ce qui est plutôt inhabituel pour ce type de film…
Ne serait-ce que pour cela, All the boys love Mandy Lane mérite d’être découvert. Et cette édition DVD (et Blu-Ray) tardive vous en offre l’opportunité.
Alors, aimerez-vous Mandy Lane ?…
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All the boys love Mandy Lane
All the boys love Mandy Lane
Réalisateur : Jonathan Levine
Avec : Amber Heard, Anson Mount, Whitney Able, Michael Welch, Edwin Hodge, Aaron Himelstein, Luke Grimes
Origine : Etats-Unis
Genre : faux-slasher
Durée : 1h27
Note pour ce film : ●●●●○○
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BONUS
- Entretien avec Amber Heard (26 mn)
- Entretien avec Jonathan Levine (14 mn)
Deux entretiens avec les deux principaux artisans du film derrière et devant la caméra, pour mieux comprendre la genèse du projet et la collaboration entre le metteur en scène et ses acteurs. Et aussi d’en savoir un peu plus sur Heard et Levine, leurs parcours respectifs, leurs envies de carrière…
Note globale des bonus : ●●●○○○
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DONNEES TECHNIQUES
| DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 16:9 Compatible 4/3, 2.40 Durée totale : 127 mn |
| Langues : | Anglais 5.1 DTS Français 5.1 + 2.0 | Sous-titres : | Français |
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EDITION / DISTRIBUTION
Wild Side
http://www.wildside.fr/video/home
Sortie le : 04/08/2010
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[Critique initialement publié sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]
En 2007, on a beaucoup entendu parler du romancier américain Cormac McCarthy. L’adaptation d’un de ses romans, No country for old men (1), enthousiasmait la Croisette et le Palais des festivals de Cannes, quelques mois avant de triompher aux Oscars, et son dernier bouquin, « La route » (2) remportait le prestigieux prix Pulitzer après un beau succès en librairie. De quoi lancer sans attendre l’adaptation cinématographique de cette nouvelle œuvre, voyage d’un père et de son jeune garçon au cœur d’une Amérique post-apocalyptique, frappée par une sorte d’hiver nucléaire qui a dévasté totalement la flore et la faune de la planète et qui a fait sombrer les rares hommes encore en vie, livrés à eux-mêmes et privés de nourriture, dans la barbarie et le cannibalisme…
Cette fois-ci, ce ne sont pas les frères Coen qui opèrent derrière la caméra. Leur humour noir avait parfaitement collé au scénario de No country for old men, mais ne convenait probablement pas à l’ambiance glaciale de La route. Il fallait un cinéaste qui soit capable d’instaurer un climat de tension permanente, de dépeindre un monde froid, sombre et désespéré en peu de scènes, d’évoquer la barbarie sans abuser des effets gores. D’ailleurs, même si le film est très fidèle au texte original, la violence y est un peu édulcorée, ou du moins, plus suggérée. Le passage le plus atroce – la vision d’un bébé rôti à la broche par trois cannibales (bon appétit, bien sûr…) – a même été supprimé. Déjà pour éviter des problèmes devant la commission de censure, mais aussi, et surtout, pour ne pas focaliser l’attention des spectateurs sur des détails peu représentatifs du propos général du film. Car le récit n’est nullement à vocation horrifique. Plutôt une réflexion sur la définition de l’humanité dans un univers sans foi ni loi, où se réaffirment les instincts primaux au détriment de tout ce que la civilisation a apporté…
Le père et son jeune garçon se lancent dans un périple qui doit les conduire vers le sud, vers l’océan. Pour gagner quelques degrés de plus et vérifier s’il n’y a pas, dans ces régions que les rumeurs disent moins touchées, des zones encore vivables. Le voyage a tout du geste désespéré. Le père se doute qu’il n’y a que très peu de chances que l’avenir soit plus radieux ailleurs, mais ils ne peuvent pas rester sur place, sous peine de mourir de froid, ou sous les assauts des bandes organisées bien décidées à transformer en steaks tout humain croisant leur route. Et il sait aussi qu’il est mourant : il crache de plus en plus fréquemment du sang. Alors, pendant le temps qui lui reste, il tente d’inculquer à son fils les notions de dignité, de bonté, de respect de l’autre, de solidarité et d’amour. Des valeurs fondamentales, mais bien dérisoires dans cet enfer gris glacé, où tout n’est que chaos, désespoir et d’abominations. Il s’agit de garder intacte la flamme de l’humanité, réduite à une maigre étincelle enfouie au fond des cœurs et des âmes, qui seule pourrait permettre un jour de recréer une société, une civilisation…
C’est à l’australien John Hillcoat qu’a été confiée la tâche de réaliser cette adaptation, et au vu du résultat, il ne fait nul doute qu’il était l’homme de la situation. Il faut dire que le cinéaste maîtrise le sujet, puisque ce thème de la subsistance de l’humanité dans un milieu qui n’a plus rien d’humain est au centre de son œuvre. On se rappelle des détenus de Ghosts… of the civil dead, son premier long-métrage, poussés à bout par des matons de plus en plus sadiques, jusqu’au déchaînement de la violence. Une étude clinique des comportements, à bonne distance des personnages, qui faisait froid dans le dos et invitait à la réflexion en même temps.
On pense aussi aux personnages de The Proposition, western australien âpre, sauvage, dans la lignée des films de Sam Peckinpah. Ses bandits philosophes attendant inconsciemment que l’on empêche leur barbarie de s’exprimer… Et ses soldats réalisant que dans leur croisade destinée à civiliser les sauvages de l’outback, ils utilisent des moyens des plus discutables, qui ébranlent leur humanité… Tous magnifiés par une direction d’acteur impeccable.
Hillcoat a en effet prouvé qu’il savait parfaitement tirer le meilleur de ses comédiens. Et vu le casting qui lui a été offert, cela donne des performances de tout premier ordre. Il y a Charlize Theron, magnifique personnage féminin au bout du rouleau, incapable, après avoir fait l’effort de donner la vie, de supporter la barbarie environnante. Elle a peu de temps de présence à l’écran, mais elle parvient en quelques scènes à montrer toute l’étendue de son talent. Il y a aussi le jeune Kodi Smit-McPhee, impressionnant malgré son jeune âge (13 ans). Certes, le jeune garçon est issu d’une famille d’acteurs et a déjà quelques rôles derrière lui. Mais il a indéniablement ce petit quelque chose qui fait les grands acteurs. S’il persévère dans ce métier, nul doute qu’une belle carrière l’attend… A ses côtés, Viggo Mortensen est une fois de plus excellent, montrant toutes les nuances de ce personnage moins monolithique qu’il n’y paraît. Mais tous se font voler la vedette, le temps d’une scène, par l’immense Robert Duval, bouleversant dans un rôle de vieillard aveugle, presque agonisant. La scène où il raconte son histoire à Viggo Mortensen est d’une formidable intensité et est à elle seule un très beau moment de cinéma. Au cœur du récit, elle est emblématique du reste du film, et de sa densité psychologique et humaniste.
La Route marque la rencontre de deux auteurs passionnants : Cormac McCarthy et John Hillcoat, qui accouche d’une oeuvre forte, émouvante, et intelligente.
Si vous n’avez pas eu la chance de découvrir ce beau film en salle, nous vous incitons fortement à combler cette lacune chez vous, dans votre salon, avec la sortie DVD et Blue Ray, orchestrée par Metropolitan Films et agrémentée de quelques bonus sympathiques.
(1) : le roman : « Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme » de Cormac McCarthy – éd. Points / le film : No country for old men d’Ethan et Joel Coen
(2) : « La route » de Cormac McCarthy – éd. Points
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La Route
The Road
Réalisateur : John Hillcoat
Avec : Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, Robert Duvall, Charlize Theron
Origine : Etats-Unis
Genre : road-movie apocalyptique
Durée : 1h59
Note pour ce film : ●●●●●○
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BONUS
En bonus, le traditionnel making-of, des entretiens avec Viggo Mortensenet Kodi Smit-McPhee, les deux comédiens principaux.
Vous trouverez aussi quelques scènes coupées qui n’apportaient pas grand-chose à l’histoire, mais qui trouvent tout à fait leur place sur le DVD et un commentaire audio pour en apprendre un peu plus long sur les intentions du metteur en scène et de son équipe.
Note globale des bonus : ●●●●○○
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DONNEES TECHNIQUES
| DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format Scope 16:9 Compatible 4/3, 2.35.1 Anamorphic WideScreen Durée totale : 140 mn |
| Langues : | Anglais 5.1 Français 5.1 |
Sous-titres : | Français |
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DISTRIBUTION
Editions Metropolitan video
http://www.metrofilms.com
Sortie le : 04/05/2010
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[Critique initialement publié sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]
Généralement, les sorties « direct to DVD », c’est-à-dire sans passer préalablement par la case ciné ne laissent rien présager de bon. Mais concernant le genre horrifique, elles sont hélas devenues le seul moyen de voir les productions récentes, quelle que soit leur qualité.
C’est triste à dire, mais la mode est aux bluettes fantastique ultra-soft destinées à un public préadolescent en mal de frissons, et du coup les films plus adultes sont boudés par les distributeurs et les exploitants. La majorité des films d’horreur ne sort pas en salles et, quand ils sortent, ils sont cantonnés à un pool de salles des plus restreints, et une durée d’exploitation courte.
Du coup, il n’est pas rare que certains bons films atterrissent directement dans les bacs des vidéo-clubs. Comme Mum & dad, pour un exemple récent.
On pouvait donc s’attendre à être surpris avec Shuttle, film présenté en janvier dernier à Gérardmer et disponible dès à présent en DVD, d’autant que la jaquette vante « un film coup de poing entre thriller et horreur, un scénario d’une rare efficacité et un twist final diabolique » et annonce fièrement « un classique instantané ». Belles promesses…
… hélas pas vraiment tenues. Shuttle n’est qu’un petit « survival horror » assez conventionnel qui – c’est un comble – ne tient pas vraiment la route…
Le scénario prétendument « d’une rare efficacité » est relativement simple : revenant d’un week-end entre filles Mel et Jules arrivent à l’aéroport en pleine nuit, sous une pluie diluvienne. Elles montent dans une navette supposée les emmener en ville. A bord : deux garçons en quête d’un peu de compagnie (vu la plastique des deux demoiselles, on les comprend) et un quadragénaire un peu stressé. Le trajet tourne au cauchemar quand le chauffeur s’écarte de la route prévue pour les emmener vers une destination bien plus obscure…
Le film démarre plutôt bien, faisant lentement grimper le suspense et offrant plusieurs options narratives : Le chauffeur du minibus s’est-il perdu ou avance-t-il dans une direction bien précise, animé de mauvaises intentions ? Un psychopathe se cache-t-il parmi les passagers ? Les héroïnes elles-mêmes sont-elles vraiment d’innocentes jeunes femmes ?
Mais très vite, le cinéaste Edward Anderson emprunte une route assez balisée. Même s’il s’applique à entretenir une tension permanente, le périple qu’il nous propose devient bien vite prévisible, y compris dans ses nombreux retournements de situation, amenés avec une régularité de métronome.
On finit donc par s’ennuyer un peu, d’autant que le film ne tient que sur son climat de tension et ses twists à répétition. Anderson a en effet refusé de sombrer dans le sadisme gratuit et le gore à outrance. Louable intention, mais du coup, il se prive aussi de toute une batterie d’effets horrifiques qui auraient pu dynamiser un peu son film. Pour miser uniquement sur l’affrontement psychologique entre les victimes et leur bourreau, il aurait fallu apporter un peu plus de densité aux personnages. Hélas, ce n’est pas le cas ici.
La plupart des péripéties sont de surcroît filmées de manière assez confuse – montage speed et/ou image trop sombre. D’ailleurs, autant prévenir tout de suite les acheteurs potentiels du DVD qu’il leur faudra soit un excellent téléviseur, soit procéder à quelques réglages, pour réussir à distinguer quelque chose lors des scènes filmées dans la pénombre, soit à peu près 80% du film…
Enfin, un dernier grief : plus le scénario progresse, moins l’intrigue et le comportement des personnages sont crédibles. Il faut attendre la toute fin du film pour que l’on ait de quoi frissonner un peu.
Le cinéaste s’ancre alors dans un contexte ultra-réaliste et traite d’un sujet « authentique ». L’idée était bonne, mais on est loin du « coup de poing » promis. Sur un sujet similaire, le film de Teresa Villaverde, Transe, était bien plus traumatisant et sordide…
Cela dit, s’il n’a rien d’un grand film, Shuttle n’est pas non plus un épouvantable nanar. C’est une série B assez plate, mais rondement menée, et jouée à peu près correctement, notamment par la belle Peyton List et le glacial Tony Curran.
Pour une soirée télé, c’est toujours mieux que certains téléfilms ou feuilletons débiles… Mais de là à l’acheter en DVD…
A vous de voir, donc, si vous voulez prendre place à bord de ce Shuttle assez inconfortable…
P.S. : A noter que le film a été diffusé sur Canal + au mois de novembre 2009…
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Réalisateur : Edward Anderson
Avec : Peyton List, Tony Curran, Cameron Goodman, Cullen Douglas, Dave Power
Origine : Etats-Unis
Genre : Voyage au bout de l’enfer
Durée : 1h42
Note pour ce film : ●●○○○○
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BONUS
Maigre… Juste une bande-annonce et une galerie photos…
Note globale des bonus : ●○○○○○
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DONNEES TECHNIQUES
| DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 1.78 – 16/9 comp. 4/3 Durée totale : 106 mn |
| Langues : | Anglais 5.1 Français 5.1 |
Sous-titres : | Français |
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DISTRIBUTION
Pathé
http://www.dvdnews.fr/
Sortie le : 14/04/2010
