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Quelque part en Corée du Sud, de nos jours…
Un type passablement énervé se défoule sur une femme, en pleine rue. Les passants ne bronchent pas, sauf un homme, qui intervient et met une véritable dérouillée au macho. Mais, contre toute attente, il se met lui aussi à gifler la malheureuse, en lui faisant la morale : “pourquoi vous laissez-vous frapper ainsi?”…
Bienvenue dans l’univers de Sang-hoon, un homme qui ne sait pas s’exprimer autrement que par la violence, qu’elle soit physique ou verbale.
Il exerce un métier en adéquation avec la rage qui l’anime : collecteur de fonds pour un prêteur sur gages, chargé de faire payer leurs dettes aux clients récalcitrants, par la force s’il le faut. Aucun état d’âme, aucune hésitation… Et le bonhomme fait tellement de zèle qu’il tabasse même ses collègues quand ils ne sont pas assez “actifs”…
Il fait preuve de la même attitude sympathique avec ses proches – du moins, le peu de gens qui arrivent encore à le supporter – son voisinage et les individus qui ont le malheur de croiser sa route. Il les bouscule, les malmène, les abreuve d’insultes…
Mais, derrière ce comportement violent détestable, on devine un fond de bonté, de générosité et d’amour, qui se manifeste, de façon certes un peu brute, lors des petits moments passés avec son neveu, un petit garçon de six ans que sa soeur élève seule, ou lors des discussions avec son patron, qui est aussi un ami d’enfance.
On apprend très vite les raisons de cette rage, de cette violence très mal contenue. Enfant, Sang-hoon voyait régulièrement son père insulter et tabasser sa mère. Jusqu’au jour où cela est allé un peu trop loin et a conduit à un véritable drame familial. Sang-hoon et sa soeur ont dû apprendre à vivre seuls pendant que leur père a purgé une longue peine de prison.
Ce dernier, aujourd’hui un vieil homme, est accablé de culpabilité, brisé par le malheur qu’il a occasionné. Mais Sang-hoon ne veut surtout pas s’apitoyer sur son sort. Il déteste son père et cherche à rester loin de lui… sauf en certaines occasions où la colère est trop forte et où il se rend chez le vieillard pour le brutaliser comme ce dernier brutalisait sa famille.
La violence serait-elle héréditaire ?
On pourrait se le demander, car, comme le souligne Sang-hoon lui-même : “dans ce pays, les pères sont complètement dingues. Ce ne sont que de pauvres types, mais dans leur famille, ils se comportent comme des dictateurs”. De fait, la violence domestique, dans ce film, ne concerne pas que Sang-hoon et son père. La soeur, par exemple, vit seule parce qu’elle ne supportait plus de se faire tabasser par son mari. L’un des clients du prêteur sur gages est en train de frapper sauvagement son épouse quand Sang-hoon, venu collecter les dettes, l’interrompt dans sa basse besogne…
Et au sein de la famille Han (1), toutes les discussions sont empreintes d’une violence verbale qui ne demande qu’à se manifester physiquement.
Cette famille, c’est celle de Yeon-Hee, une lycéenne à la langue bien pendue qui va réussir à rentrer dans le cercles d’intimes de Sang-hoon, non sans avoir préalablement été mise KO par son langage ordurier et ses coups – une sorte de coup de foudre extrême, en somme…
La jeune femme a elle aussi été contrainte de s’endurcir pour résister à un univers familial exclusivement masculin et macho. Son père a quasiment perdu la raison depuis que son épouse est morte, se comportant depuis en tyran paranoïaque vis-à-vis de ses enfants. Son frère, lui, passe son temps à la provoquer et à lui soutirer de l’argent par la force. Et pourtant, sorti du giron familial, c’est une véritable mauviette qui supporte difficilement la vue du sang…
Lui aussi va croiser la route de Sang-hoon. Un de ses amis lycéens vient de se faire employer comme nervi pour le compte du prêteur sur gage et l’a recommandé à son nouveau patron. C’est Sang-hoon qui est chargé de leur apprendre le métier.
Evidemment, le caïd ne se privera pas de lui reprocher son manque d’engagement à sa façon, en le brutalisant et en l’humiliant. Un enseignement à la dure qui ne sera pas sans conséquences…
La transmission de la violence comme un virus est au coeur du film. Sang-hoon ne fait que répéter un peu malgré lui, ce qu’il a vécu dans son enfance et il enseigne à son tour aux plus jeunes la brutalité, la rage, la haine.
Il ne se rend pas forcément compte qu’il contribue à propager le Mal. Il est juste tellement centré sur son histoire personnelle, enfermé dans ses propres traumas, qu’il est incapable de réfléchir à son comportement vis-à-vis des autres…
Ce formidable personnage, à la fois profondément antipathique et terriblement attachant, est emblématique de la Corée du Sud, pays meurtri par un passé récent encore douloureux : l’invasion et l’occupation japonaise, la scission fratricide avec la Corée du Nord et la guerre qui s’en est ensuivie, la dictature puis l’instauration de régimes démocratiques mais gangrénés par la corruption et le clientélisme… Pas étonnant que les sud-coréens soient un peu sonnés et emplis d’une certaine colère, une rage qui ne demande qu’à s’exprimer… Une partie de cette énergie a été transformée de manière positive, permettant au “pays du matin calme” de transformer une situation économique proche de celle d’un pays du tiers-monde en prospérité financière. L’autre partie, hélas, reste de la violence brute, qui se traduit par un taux élevé de violences domestiques, de délinquance, de criminalité.
Le film illustre tout cela. Il montre aussi la colère des plus jeunes face à un pouvoir qu’il jugent corrompu… et la riposte des forces de l’ordre, plutôt sauvage et sanglante…
Breathless s’inscrit donc dans une grande tradition du cinéma sud-coréen, et dans la lignée de films d’auteurs tels que Park Chan-wook (Sympathy for Mister Vengeance, Old boy, Thirst), Bong Joon-ho (Memories of murder, The host, Mother), ou Kim Ki-duk (L’île, Locataires).
Mais il s’en démarque aussi par une façon de filmer totalement différente.
Alors que les auteurs précités – et les autres grands noms du cinéma coréen – travaillent beaucoup sur le style et l’esthétique de leurs oeuvres, Yang Ik-June livre une mise en scène beaucoup plus rustique. Image numérique brute, caméra à l’épaule qui colle au plus près des personnages, et notamment de Sang-hoon. Le style colle parfaitement avec le propos du film. Il lui confère une dimension naturaliste et sert à illustrer un certain bouillonnement intérieur ainsi qu’une forme d’aliénation, d’enfermement, de repli sur soi.
Ceci évoque moins le film noir conventionnel – le genre de prédilection de nombreux cinéastes coréens – que les films de la Nouvelle Vague française.
C’est peut-être la raison du titre international du film, Breathless (littéralement : A bout de souffle – toute ressemblance avec le film de Godard serait purement fortuite?)…
Mais, comme le note Charles Tesson dans son analyse du film, présente en bonus sur le DVD, “Yang Ik-June a vu des films, mais Breathless n’est pas d’un film de cinéphile”. Si point commun avec la Nouvelle Vague il y a, il est à chercher du côté de la liberté de ton du cinéaste, et dans la nécessité impérieuse, viscérale, pour l’auteur de mettre en images ce qu’il éprouve, ce qu’il gardait au fond de lui pendant des années.
On sent que le cinéaste, qui joue également le rôle principal, a mis toute son énergie dans la réalisation de ce projet. Il y a là une force, une densité, une énergie brute, une intensité qui ne s’inventent pas. Cette histoire, c’est un peu la sienne.
Il s’est servi de sa propre histoire familiale, de son propre passé – et notamment d’une adolescence plutôt rude – pour écrire son scénario.
Une démarche totalement cathartique, grâce à laquelle il a pu se libérer de la colère de la rage qu’il renfermait en lui, et qu’il n’arrivait pas à extérioriser avec son métier initial, acteur (2).
C’est sans aucun doute ce qui confère à l’oeuvre sa formidable sincérité… Et c’est pourquoi l’énergie qui anime d’ordinaire les films des cinéastes débutants est ici décuplée et hautement communicative.
Mais attention : ce n’est pas parce que Yang Ik-June est débutant et que son film s’éloigne de l’esthétique coréenne classique que Breathless est dépourvue de grands moments de cinéma. A certains moments parfaitement choisis, la caméra se pose pour mieux laisser à l’émotion le soin de nous submerger. Comme dans les deux plus belles scènes de l’oeuvre : celle où Sang-hoon, en train de tabasser violemment son père, est surpris par son neveu et peut voir se refléter dans son regard innocent l’ampleur de sa propre haine, de sa propre violence, et celle où le caïd arrive enfin à se laisser aller, à sangloter dans les bras de Yeon-Hee…
Deux superbes moments de cinéma où la caméra se place à la juste distance des personnage pour faire passer l’émotion sans aucune complaisance.
Le cinéaste s’autorise également une fin surprenante, par le biais d’un effet de montage audacieux, mêlant avec une fluidité déconcertante rires et larmes…
Car évidemment, tout cela ne finira pas sans heurts. Dans un récit totalement imprégné de violence, la rédemption ne peut être qu’un long chemin de croix, et l’idée de “happy-end” est une aberration…
Le cinéaste laissera le spectateur libre de se forger sa propre opinion sur le dénouement, sorte de verre à moitié plein/à moitié vide. Les plus pessimistes retiendront que le cycle de la violence semble sans fin, les plus optimistes verront dans la reconstruction d’une cellule familiale saine un signe d’espoir en un avenir meilleur…
Alors, pessimiste ou optimiste? Personnellement, on opte plutôt pour la seconde solution, ravis d’avoir découvert ce film formidable, véritable joyau noir, brut et intense. Peut-être le cinéaste n’arrivera-t-il plus à nous livrer une autre oeuvre de cette envergure. Peut-être cela restera-t-il même son seul et unique long-métrage, qui sait? Mais au moins, il nous aura livré ce petit chef d’oeuvre, film coup de poing dont on sort un peu groggy, chancelant mais heureux.
Alors si comme nous, vous avez raté en salle ce film magnifique, grand prix du festival du film asiatique de Deauville en 2009, précipitez-vous sur l’édition DVD qui vient de sortir, à l’initiative d’Agnès B. et de Potemkine films.
(1) : Le nom n’est sans doute pas choisi par hasard, la Corée du Sud étant appelée Hanguk, qui signifie littéralement Pays des Han. La famille Han prend alors une dimension allégorique forte…
(2) : Yang Ik-June a joué dans une trentaine de courts-métrages et une dizaine de longs-métrages avant de tourner son propre film.
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BONUS
- Présentation du film par Charles Tesson, critique et historien du cinéma (20 mn)
A voir après le film, car il révèle des moments-clés de l’intrigue.
Note globale des bonus : ●●●●○○
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DONNEES TECHNIQUES
| DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 1.85 / 16/9 Durée totale : 150 mn |
| Langues : | Coréen 2.0 + 5.1 | Sous-titres : | français |
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[Critique initialement publiée sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]
Mother commence par une séquence étonnante : une femme d’une soixantaine d’années marche au milieu d’un champ, l’air perdu, puis se met à danser, comme pour évacuer son mal-être, pour faire disparaître sa peine.
Elle est le personnage principal du nouveau film de Bong Joon-Ho, une mère dont le fils handicapé mental se trouve accusé du meurtre d’une jeune lycéenne, dans une petite ville de province en Corée du Sud.
Toutes les évidences sont contre le jeune homme. La nuit du crime, des témoins l’ont vu sortir du bar où il avait passé la soirée, ivre et passablement lubrique, suivre la victime, et on a retrouvé sur le lieu du crime un objet lui appartenant. Pendant sa garde à vue, Do-Joon signe des aveux et la police classe l’affaire.
Mais sa mère reste persuadée qu’il n’a pas pu commettre un tel acte. Il était le coupable idéal, grand dadais un peu simplet, soumis à des troubles de l’attention et de la mémoire, et très facilement manipulable, comme l’a montré une autre affaire. Elle tente de discuter avec les policiers, engage, malgré ses faibles ressources, un grand avocat spécialisé dans les affaires criminelles, rien n’y fait… Alors, pour faire sortir Do-Joon de prison, elle n’a d’autre solution que de mener l’enquête elle-même, et de retrouver le véritable assassin.
Les investigations vont l’amener à découvrir la vérité sur l’affaire, mais aussi à découvrir le monde qui l’entoure et que, toute dévouée à l’éducation de son fils, elle ne voyait pas, et enfin, à se découvrir elle-même.
Avec ce crime, c’est toute son existence qui vacille.
Elle se retrouve séparée de ce fils qu’elle couvait un peu trop, s’inquiétant du moindre de ses faits et gestes au détriment de son propre bien-être, doit faire face à l’hostilité des proches de la victime qui eux, jugent au contraire qu’elle a totalement raté l’éducation de Do-Joon, ou qu’elle a engendré un monstre. Elle doit abandonner toute dignité pour obtenir un peu d’attention de la part des policiers, des avocats, des juges ou de l’unique ami de son fils, un voyou peu scrupuleux. Puis affronter aussi l’attitude hostile de son propre fils, dont elle essaie d’extirper quelques souvenirs utiles, mais qui ne parvient à faire émerger que quelques vieilles rancoeurs et un passé douloureux. Et enfin à se dépouiller progressivement de sa raison et de son sens moral, en s’abandonnant à des instincts primaux dont elle ne soupçonnait pas l’existence.
La transformation de cette femme, cette mère courage est éprouvante, douloureuse. Mais cela était peut-être nécessaire pour défaire le lien trop fusionnel qui l’attachait à son fils. Il fallait cela pour qu’elle se libère de ce fardeau et pense enfin à vivre par et pour elle-même.
C’est ainsi que l’on peut interpréter la fin du film, qui fait écho à la séquence inaugurale. A moins qu’on ne l’aborde par le versant pessimiste et qu’on la considère comme la métaphore d’un suicide libérateur… Ou qu’on ne décide de croire à ce point d’acupuncture miracle qui permet d’oublier toutes ses peines, toutes ses mauvaises actions, le thème de la mémoire étant un des thèmes principaux du film, et de l’œuvre du cinéaste.
Pour incarner ce personnage fort, il fallait une actrice à la fois touchante et froide, vulnérable et inquiétante. Bong Joon-Ho l’a trouvée en la personne de Kim Hye-Ja, qui livre ici une performance vertigineuse.
La comédienne, connue en Corée pour ses rôles de mères-modèles et vertueuses, ne manque pas l’occasion de se jouer de cette image, en explorant le versant obscur de la maternité. D’icône de la bienveillance maternelle, elle devient emblématique du lien viscéral, quasi-inaltérable et parfois déchirant, qui unit une mère à son enfant.
Elle fait plus qu’incarner un personnage, elle devient symbolique de toutes les mères, relevant ainsi ce qui était sans aucun doute l’un des défis d’un scénario, qui justement veille bien à ne jamais nommer le personnage, juste caractérisé par son statut de « mère ».
En s’appuyant simplement sur cette performance d’actrice, Mother aurait déjà été un bon film. Mais le cinéaste ne se contente pas de cela.
Comme à son habitude, Bong Joon-Ho marie une histoire intimiste à une trame de film de genre, ici un thriller mâtiné de comédie noire, joue sur les ruptures de tons, mélange les ambiances avec une science de la narration qui émerveille de film en film. Le cinéaste coréen fait preuve de beaucoup de talent dans la composition de ses plans, tous empreints d’une certaine poésie, et d’intelligence dans son propos, qui part toujours d’une histoire simple pour se transformer en réflexion plus universelle et en critique sociale décapante.
C’était le cas dans Memories of murder et The host, un polar et un « film de monstres » qui débouchaient respectivement sur une critique de la Corée des années 1980, alors en pleine dictature, et sur la société contemporaine, subissant l’influence de la culture occidentale.
C’est encore le cas dans Mother, dont l’intrigue permet de fustiger l’attitude laxiste de la police, la vénalité des avocats, la corruptibilité des juges, la dépravation de la jeunesse… Avec au centre des problèmes, l’argent, qui crée un véritable fossé entre les classes sociales, mettant les puissants à l’abri et contraignant les plus pauvres à lutter pour leur survie, quitte à s’entredéchirer les uns les autres…
A la fois beau portrait de femme et fine critique sociale, Mother est un très bon film qui confirme, s’il en était besoin, le talent singulier de Bong Joon-Ho. On attend maintenant avec impatience l’adaptation de la bande-dessinée d’anticipation « Le Transperceneige » qu’il est en train de finaliser…
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Mother
Madeo
Réalisateur : Bong Joon-ho
Avec : Kim Hye-Ja, Won Bin, Jin Ku, Je Mun
Origine : Corée du Sud
Genre : thriller social, portrait de femme
Durée : 2h04
Note pour ce film : ●●●●●○
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BONUS
- les traditionnelles bandes-annonces
- “Dans les coulisses du film” (20 mn): un making-of de facture classique, composé essentiellement d’interviews du réalisateur et des comédiens.Il y est surtout question de leur collaboration et de certains choix artistiques et techniques. Intéressant, mais plutôt anecdotique.
- “Mother & Bong Joon-ho” ‘(18 mn) est en revanche plus passionnant. Il s’agit d’un décryptage du film par le critique Jean-François Rauger, qui, pendant près de 20 minutes, donne les clés thématiques du long-métrage et le remet dans la perspective de l’oeuvre du cinéaste. C’est le travail que devraient faire tous les bons critiques professionnels, mais qui, hélas, s’efface le plus souvent derrière un “j’aime/j’aime pas” des plus affligeants…
Ici, c’est donc un régal, d’autant que l’analyse ne manque pas de finesse…
Note globale des bonus : ●●●●●○
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DONNEES TECHNIQUES
| DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 16:9 Compatible 4/3, 2.35 Durée totale : 170 mn |
| Langues : | Coréen 2.0 + 5.1 Français 2.0 + 5.1 |
Sous-titres : | Français |
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EDITION / DISTRIBUTION
Diaphana
http://www.diaphana.fr/
Sortie le : 02/06/2010
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