Archive pour la catégorie ‘Sports / Arts martiaux’
Vous êtes de sexe masculin ? Vous aimez les belles voitures de sport et les femmes aux corps de rêve – bref, les beaux châssis ? Alors Redline pourra peut-être vous plaire…
Peut-être, hein… Parce que franchement, il ne faut vraiment pas être regardant sur le scénario, la mise en scène et le jeu d’acteurs pour apprécier ce film de série B médiocre, qui sort directement en DVD, via France Télévisions Distribution.
L’histoire est assez basique : un quatuor de millionnaires trompe l’ennui en organisant des courses de voitures clandestines. Chacun possède ses propres bolides – Porsche, Ferrari, Lamborghini,Rolls Royce Phantom, etc… – et ses propres pilotes. Et ils se défient les uns les autres, pariant des sommes de plus en plus délirantes au fil du temps.
Parmi eux, il y a un producteur de cinéma, un homme d’affaires asiatique, un gangster bedonnant et un rappeur black, propriétaire d’un label plus que rentable.
Ce dernier confie sa Porsche aux bons soins de Natasha qui, quand elle ne pousse pas la chansonnette avec son groupe – ses garagistes de frangins - est une experte de la mécanique. Du genre capable de transformer une Lada en Formule 1. Et comme la jeune femme est pleine de ressources, elle s’avère aussi une conductrice hors pair et une femme dotée d’une belle paire de s.. euh d’yeux…
Evidemment, les millionnaires lorgnent sur elle, soit pour ses qualités de pilote, soit pour sa carrosserie de rêve. Mais elle refuse de céder à leurs avances. Elle n’est pas une fille facile et ne se sent pas prête à participer à des courses, à cause d’un vieux trauma enfantin – son papounet chéri est mort pendant une compétition…
Pourtant, elle finit par accepter de prendre le volant et de participer à un défi. Mauvaise idée… Elle est victime d’un accident et perd la course. En même temps que sa liberté… A son réveil, elle apprend qu’elle a été l’enjeu du pari et qu’elle “appartient” désormais au gangster. Comment peut-elle s’en sortir?
Grâce au second héros du film, bien sûr… Lui, c’est un vrai héros. La preuve, il revient d’Irak, où il a servi la bannière étoilée. C’est pas un vrai de vrai, ça ?
Il a un regard de gros dur qui impressionne, si bien que quand on le voit pour la première fois, au début, on pense que c’est lui le bad guy (alors que le vrai méchant est un bon gros à la tête sympathique, allez comprendre…). Et il maîtrise toutes les techniques de combat, du karaté au guili-guili. Lui aussi sait conduire une voiture, évidemment, et lui aussi a une belle paire de c… euh… d’yeux… Mais il ne chante pas. Le scénariste nous aura au moins épargné ça…
Bon, l’intrigue n’est qu’un prétexte à montrer des voitures coûteuses lâchées à pleine puissance et des minettes en tenue légère, dans l’esprit des films d’exploitation des années 1970. Les auteurs se sont d’ailleurs sans doute imprégnés d’oeuvres comme La Course à la mort de l’an 2000 de Roger Corman. Mais force est de constater qu’il y a une nette différence de classe entre les deux films. La réalisation de Redline manque cruellement d’inspiration et de talent. Même les scènes de course, censée être le clou du spectacle, sont platement menées.
Andy Cheng était peut-être un bon cascadeur, mais la mise en scène n’est pas vraiment son truc. On lui déconseille de persévérer dans cette voie…
Restent les acteurs, qui font ce qu’ils peuvent avec leur moyens – très limités – pour faire exister des personnages des plus stéréotypés et grossièrement détaillés.
La belle Nadia Björlin n’est pas spécialement douée pour la comédie, mais bon, on lui demande juste de porter décolletés et tenues moulantes pour être agréable à regarder. Donc, elle remplit pleinement sa part du contrat.
Nathan Phillips joue les héros monolithiques avec une mono expression sourcilière digne des meilleures performances de Steven Seagal. Sans doute est-il encore traumatisé par son séjour dans le bush australien de Wolf creek…
Les autres rivalisent de médiocrité dans leurs rôles de millionnaires blasés. Mention spéciale à Angus Macfadyen en “bad guy” risible et à Eddie Griffin qui incarne une caricature de cliché de stéréotype de rappeur avec une propension au cabotinage qui laisse pantois.Le nom de son personnage est similaire à sa prestation : Infamous…
Pourquoi n’avoir pas offert le rôle plutôt à Wycleff Jean, le chanteur des Fugees qui se contente ici d’un caméo et de la BO du film – pas exceptionnelle non plus, d’ailleurs… – ?
Bon, ne soyons pas vaches, Redline n’a pas été conçu pour être un chef d’oeuvre du septième art. C’est juste un petit film d’exploitation sans prétention, un délire entre potes prétexte à faire prendre l’air à des bagnoles de collection. Mais on se demande juste s’il était bien nécessaire de le proposer à la vente en DVD…
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Redline |
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BONUS
Blu-ray comme DVD sont enrichis du même programme de suppléments :
- Making-of (17mn)
- bande-annonce
Note globale des bonus : ●●●○○○
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| DVD9 Zone 2/ Blu Ray – PAL – Couleur – Format 2.35:1/ 16/9 compatible 4/3 (Résolution : 1080 24p pour le Blu-Ray) Durée totale : 112 mn |
| Langues : | Français Dolby Digital Anglais Dolby Digital 5.1 ou 2.0 |
Sous-titres : | français |
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[Critique initialement publiée sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]
En septembre 2004, les autorités allemandes durent faire face à une drôle d’énigme :
Lors d’un tournoi de handball en Bavière, organisé dans le cadre d’échanges sportifs entre l’Allemagne et les pays d’Asie, on leur signala la disparition de l’équipe nationale du Sri Lanka. Elles pensèrent d’abord que le groupe avait pu se perdre dans la forêt lors d’un footing, mais on ne retrouva aucune trace des vingt-trois joueurs ou de leur encadrement. Pfuit ! Volatilisés !
Plus étrange encore, le ministère des sports sri-lankais leur a affirmé que le pays ne possédait pas de fédération de handball, ni de clubs et encore moins d’une équipe nationale !
Diantre ! S’agissait-il d’un complot international ? D’un enlèvement par des extra-terrestres ? D’un autre phénomène paranormal ? Le commissaire Derrick allait-il devoir faire appel à Mulder et Scully ?
Non, car en fait, l’explication était toute simple et géniale. Autorités allemandes et sri-lankaises ont été abusées par un groupe de petits malins, qui ont créé cette équipe factice de toutes pièces pour obtenir les précieux visas pour l’Europe que l’ambassade allemande leur refusait jusqu’alors. Une poignée de maillots achetés en promotion au marché local, quelques faux-documents, un peu d’audace, et le tour était joué. Tout le monde n’y a vu que du feu, à l’exception, peut-être, de quelques fans de handball qui ont compris que cette glorieuse équipe nationale était en-dessous de l’amateurisme…
Cette histoire vraie est plus excitante que bien des fictions. Un vrai sujet de cinéma qui évoque les aventures de l’équipe jamaïcaine de bobsleigh dans Rasta Rocket ou la tentative d’évasion, lors d’un match de foot, des prisonniers de A nous la victoire, qui mélange humour, drame social, et ménage une bonne dose de suspense. Il était normal que quelqu’un se décide à la porter à l’écran. C’est Uberto Pasolini qui s’y colle avec Sri Lanka National handball team, jolie tragi-comédie qui raconte comment Stanley, Manoj, Vijith, Piyal et les autres ont pu monter une telle arnaque et partir réaliser leurs rêves vers un avenir forcément meilleur que leur vie de galère dans les taudis de Colombo.
Car le cinéaste s’intéresse autant à la mise en place de la supercherie qu’aux raisons qui poussent le petit groupe à s’exiler. Pour parler des conditions de vie difficiles des sri-lankais de manière la plus réaliste possible, et sans aucun misérabilisme, Pasolini s’est adjoint les services d’une écrivaine locale, Ruwanthie De Chickera. Ensemble, ils ont mis sur pied un scénario qui, à travers les motivations de chaque personnage, leur permet d’aborder tous les différents problèmes de la société sri-lankaise. Principal problème, des salaires extrêmement bas, qui ne permettent pas de vivre décemment. Dans ces conditions, difficile d’éduquer des enfants, de faire des projets pour l’avenir, de conserver sa dignité et ses rêves, d’autant que cette misère est un terrain favorable pour la corruption, la prostitution, l’escroquerie, le trafic d’organes et autres activités fort peu recommandables. Seule solution : partir à l’étranger. Certes, ce sera forcément pour y accomplir des basses tâches, probablement mal payées, au noir. Mais toujours plus lucratives que les emplois obtenus au pays.
Autre point stigmatisé par les auteurs, la difficile cohabitation entre les différents groupes ethniques sri-lankais – cingalais, tamouls, migrants d’autres pays d’Asie et du Moyen-Orient – qui ont causé une longue et désastreuse guerre civile. Le problème est juste survolé, sans doute pour ne pas rajouter aux tensions qui pouvaient exister au moment du tournage (1). Néanmoins, deux belles scènes – une bagarre entre les apprentis handballeurs et les confidences d’un croque-mort jusqu’alors peu bavard – nous font prendre conscience des blessures laissées par le conflit et de la fragilité de la trêve.
Mais les anciens ennemis n’ont pas le choix. Pour garantir leur avenir, sous d’autres cieux, et aider ainsi leurs proches restés au pays, ils doivent enterrer leurs différents et avancer main dans la main, en équipe. Le message politique est évident, prônant la réconciliation nationale et l’union pour la reconstruction du pays.
Il culmine lors du tournoi de handball, que nos imposteurs sont contraints de jouer malgré tout. Bien sûr, comme ils ne se sont absolument pas entraînés – ils connaissent d’ailleurs à peine les règles – ils encaissent but sur but et subissent d’humiliantes défaites. Et là, quelque chose se réveille en eux, l’envie de se révolter, par fierté, pour sauver leur honneur et celui de leur peuple. L’envie de se battre ensemble, en équipe. Alors qu’ils auraient très bien pu prendre la poudre d’escampette, ils reviennent quand même sur le terrain, avec l’envie pas forcément de gagner, mais au moins de gagner le respect de leurs adversaires et celui du public.
Certains trouveront cela profondément naïf. Ca l’est un peu évidemment, d’autant que le cinéaste, rompu à l’exercice des comédies à succès (2) sait sur quels effets jouer pour faire vibrer la corde sensible du spectateur. Mais il faut aussi rappeler qu’il s’agit d’une histoire vraie, et que l’équipe du Sri Lanka a bien joué quelques matchs avant de se volatiliser. C’est peut-être là le vrai mystère de ce drôle de tour de passe-passe : Pourquoi le petit groupe a-t-il pris le risque de rentrer sur le terrain alors qu’il aurait aussi bien pu disparaître dès son arrivée sur le sol allemand ?
En l’absence de réponse à cette épineuse question, on peut donc trouver crédible l’explication donnée par le script de Pasolini et De Chickera. Et même si on la trouve un peu factice, elle permet de redonner un peu de dignité à ce peuple de gens simples, qui même en son pays, éprouve un profond sentiment d’infériorité et de honte par rapport au monde occidental. La révolte collective de l’équipe sert de contrepoint à une autre belle séquence où Manoj, ayant eu l’opportunité d’inviter ses proches parents dans le restaurant de l’hôtel où il travaille, constate avec tristesse leur embarras de se retrouver au milieu de blancs plus fortunés qu’eux, comme s’ils ne se sentaient pas à leur place dans leur propre pays. En décidant de revenir sur le terrain pour défendre leur honneur, les sri-lankais cherchent avant tout à se prouver qu’ils valent mieux que l’étiquette de « pauvres gens », de « sans-grades », de « larbins » qu’on leur a collée, et qu’ils ont fini par accepter. Ils veulent montrer qu’ils sont prêts à se battre pour se créer une vie meilleure, à continuer de progresser malgré tout… Une belle leçon de courage, qui force notre admiration…
On se sent proche de ces personnages, d’autant qu’ils sont incarnés par des acteurs amateurs attachants. Sous la houlette de l’actrice Damayanthi Fonseca, ils ont appris le métier en deux semaines, aussi vite que leurs personnages ont appris le handball. Mais là, ils font plus que sauver l’honneur, ils sont tous brillants et très convaincants ! (3)
Grâce à eux, plus qu’à la mise en scène un peu trop sage de Uberto Pasolini, on suit avec grand plaisir les tribulations de cette joyeuse bande de pieds-nickelés, qui surmonte toutes les épreuves avec humour, audace et persévérance. Que ce soit sur le terrain de la comédie émouvante ou du film à thèse à la fois profond et léger, cette Sri Lanka National Handball Team a tous les atouts pour atteindre son but : gagner le cœur des spectateurs.
(1) : Le conflit n’a cessé qu’en mai 2009, avec la mort du leader des tigres tamouls.
(2) : Uberto Pasolini a produit, entre autres, The full monty de Peter Cattaneo
(3) : Apparemment, l’un d’entre eux s’est même tellement pris au jeu qu’il a fait comme le personnage qu’il incarne. Il a profité du tournage en Europe pour quitter définitivement son pays. Mais il a eu la délicatesse de finir le tournage avant de prendre la poudre d’escampette. La réalité dépasse la fiction inspirée de la réalité !
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Sri Lanka National Handball Team
Machan
Réalisateur : Uberto Pasolini
Avec : Dharmapriya Dias, Gihan de Chickera, Dharshan Dharmaraj, Namal Jayasinghe
Origine : Sri Lanka, Italie, Allemagne
Genre : slumdog handballer
Durée : 1h40
Note pour ce film : ●●●●●○
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BONUS
Rien… Pas même une bande-annonce…
Pourtant, le film aurait bien mérité quelques éclairages supplémentaires sur les tensions communautaires au Sri-Lanka, le travail d’écriture à partir du fait divers réel, et un commentaire audio avec des anecdotes de tournage aurait été apprécié… Tant pis…
Note globale des bonus : ○○○○○○
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DONNEES TECHNIQUES
| DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 16:9 Compatible 4/3, 1.85 Durée totale : 100 mn |
| Langues : | Anglais 5.1 | Sous-titres : | Français |
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EDITION / DISTRIBUTION
UGC Ph
http://ugcph.fr/pages/sri-lanka.html
Zylo
http://www.zylo.net/newsite/
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