Archive pour la catégorie ‘Horreur’
[Critique initialement publiée sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]
Quelle idée tordue a traversé l’esprit des organisateurs du programme DVD trafic, chez nos amis de Cinétrafic, de me donner à critiquer le septième volet de la saga Saw en DVD…
Il y avait plein de titres sympathiques à défendre, et pour lesquels je pouvais livrer de beaux textes donnant envie de découvrir les oeuvres en question. Mais non, j’hérite de cette nouvelle saw-ttise, dont je vais évidemment dire beaucoup de mal…
Ma conclusion, c’est que chez Cinétrafic, ils doivent être assez masochistes… Autant que moi (Oh oui, Ilsa, sors le fouet…) pour avoir accepté de me farcir au cinéma un nouvel opus de cette saga de plus en plus exécrable. Mais bon, il s’agissait – les producteurs l’avaient promis – de l’ultime épisode de la série, annoncé comme le plus spectaculaire. Et je m’étais dit, à l’époque, qu’il serait dommage de rater ça après m’être infligé tous les volets d’une série qui, à l’exception du premier opus – très bon – et, à la rigueur, du second, baigne dans la médiocrité, pour ne pas dire la nullité…
Et puis, j’avais envie de me lâcher et de déchaîner ma plume fielleuse contre un gros nanar, avec des jeux de mots prévus de longue date : “les saw 7 sales”, “les saw 7 qui puent”, “les saw 7 de l’archidussesse chont-elles chèches archichèches?”… Sauf que raté, les producteurs ont préféré le titre Saw 3D : chapitre final.
Oh, la frustration… Surtout que c’était vraiment très très mauvais – le film hein, pas mes jeux de mots…
Bon, de quoi ça parle, Saw 3D : chapitre final ?
Après une introduction spectaculaire mettant dans une situation délicate une femme et ses deux amants rivaux, et se terminant, comme dans tout piège de Jigsaw, par la mise à mort du membre du trio le plus douteux moralement, on retrouve les personnages du film précédent là où on les avait laissés.
Les héritiers de John Kramer, décédé d’une tumeur au cerveau, on le rappelle, depuis la fin du troisième opus mais qui continue à être chiant outre tombe, continuent de laver leur linge sale en famille. (Notamment leurs sawssettes, il fallait bien la placer, celle-là…).
Dans l’épisode précédent, Jill, l’ex-femme de Kramer, avait pour mission de se débarrasser d’Hoffman, flic ripou et fils spirituel du psychopathe, car celui-ci avait perverti le côté moral des épreuves proposées aux infortunés candidats, en ne leur laissant aucune chance de survie… Elle pensait avoir réussi en lui faisant porter le plus célèbre piège de Jigsaw, le casque/mâchoire. Las, le bonhomme, très malin, a réussi à s’en sortir et entend bien faire de Madame Jigsaw sa prochaine victime…
Jill cherche protection auprès d’un flic du département des affaires internes, ennemi juré d’Hoffman…
Pendant ce temps, un nouveau jeu commence – sans doute en pilotage automatique – avec nombre de nouveaux pièges gratuitement sadiques.
Le participant, Bobby Dagen, est un homme ayant obtenu gloire et fortune en se vantant d’avoir survécu à une des épreuves du tueur au puzzle. Ce qui est faux, bien sûr…
Kramer, qui avait laissé ses instructions a ses complices, a décidé de lui donner une chance de prouver sa bravoure, à travers un vrai parcours du combattant. Pour tenter de sauver ses proches et la femme qu’il aime, Dagen va devoir payer de sa personne et faire des choix cruels…
Bref, rien de nouveau sous le soleil (façon de parler, le film se déroulant une fois de plus dans des bâtiments désaffectés glauquissimes…) : on assiste à une succession de mises à mort plus perverses les unes que les autres (piège progressant au gré des décibels produits par les hurlements de la victime, double énucléation, pendaison, carbonisation, j’en passe et des meilleures…), juste pour meubler le vide abyssal de cet ultime scénario et donner aux fans leur dose d’horreur bien gore et de tortures spectaculaires. Et on a droit une nouvelle fois à un “twist” débile faisant intervenir un énième disciple/complice de John Kramer.
Bigre! Le bonhomme devait avoir une sacrée fortune pour acheter autant de hangars désaffectés, les équiper de matériel de surveillance, dispositifs de fermeture high-tech, et écrans de télévision destinés à passer ses enregistrements, les truffer de pièges sophistiqués, et engager dans sa multinationale spécialisée dans la torture moralisatrice tous ceux qui ont survécu à ses épreuves sadiques…
On pourrait gober ça, si on ne nous avait pas révélé, dans un des épisodes précédents, que le mobile de Kramer était lié au refus d’un assureur véreux de financer le traitement de son cancer.
Je suis peut-être idiot, mais n’aurait-il pas mieux fait d’utiliser son argent pour se soigner, ou pour mettre sa femme à l’abri du besoin, plutôt que d’investir dans tous ces pièges gigantesques? Bon OK, avec ce raisonnement, il n’y a plus de film… Mais là, c’est quand même du grand n’importe quoi…
Il y a quand même un changement de taille dans la franchise : cette fois, le rebondissement final est ultra-prévisible, ce qui désamorce considérablement une partie du suspense. Voilà ce qui arrive quand on modifie le script à la dernière minute, juste pour satisfaire aux exigences de quelques fans… Oui, oui, vous avez bien lu : des spectateurs, fidèles de la série, sont intervenus auprès de la production pour façonner le scénario de cet épisode selon leurs désidératas…
Ca aussi, c’est du grand n’importe quoi…
Bref, Saw 3D : Chapitre final est aussi ridicule que les autres volets de la série, se contentant de reprendre paresseusement le même schéma narratif et les mêmes effets horrifiques. Kevin Greutert avait signé, avec – oh, hisse – le Saw 6, le moins mauvais des quatre derniers épisodes, mais il semble avoir fini lui aussi par renoncer, nous offrant une mise en scène d’une platitude totale…
Et ce n’est pas le jeu des acteurs qui relève le niveau, loin de là… Bien sûr, les personnages sont totalement inconsistants, mais ce n’est pas une raison pour les confier à des comédiens aussi fades et inexpressifs.
J’ai déjà eu l’occasion de dire ce que je pensais de la performance de Costas Mandylor/Hoffman, mais le bonhomme, aussi mauvais soit-il, a malgré tout plus de charisme que la plupart des participants de ce septième opus, qui jouent par ailleurs comme des pieds (et sans sawssettes… hi hi hi…)
Le seul intérêt de ce film semble définitivement être la 3D qui n’a pourtant pas l’air d’être très bien exploitée, ou alors insuffisamment(à l’exception de la scène des pointes)…
Mais je n’ai pas vu le film en relief… Au cinéma, j’étais tombé sur une version 2D… Frustrant!
Et si le DVD-test que j’ai reçu est bien la version 3D, je n’ai pas pu en profiter, vu que je n’ai pas reçu de lunettes…
Décidément, je n’ai pas de chance avec les versions 3D de Metropolitan et de Cinétrafic… Re-frustrant !
Espérons que ce Saw 3D : Chapitre final soit effectivement le dernier volet d’une série qui n’en finit plus de s’essouffler et de ruiner tout le capital sympathie que l’on pouvait éprouver pour le premier épisode.
Cela dit, la dernière fois qu’on nous a annoncé un “Chapitre final”, c’était dans le quatrième épisode de la saga des Vendredi 13 et ça n’a pas empêché les producteurs de livrer sept (!) suites supplémentaires et un remake, plus une suite du remake actuellement en préparation… Et comme le dénouement du film est une fois de plus une fin ouverte, il est à craindre que, motivés par l’appât du gain, les producteurs ne se lancent dans une huitième sawttise. Une de plus et une de trop…
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BONUS
Là encore, impossible de parler des bonus, puisque je n’ai reçu qu’un seul des deux disques, et pas celui où il y a les bonus… (Qui est responsable de cet envoi calamiteux, que je lui colle le piège de la mâchoire sur la tronche ?!)
- choix du film version Director’s Cut en 3D relief ou en 2D
- 4 paires de lunettes relief (bleu/rouge)
- Commentaire audio des scénaristes (VOST)
- Commentaire audio des producteurs
- 52 façons de mourir : les pièges de Saw
- Scènes coupées
- 5 clips vidéos
Note globale des bonus : pas reçus, donc impossible à évaluer… Grrr…
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| DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 1.85 / 16/9 compatible 4/3 Durée totale : 120 mn |
| Langues : | Français Dolby Digital 5.1 Anglais Dolby Digital 5.1 |
Sous-titres : | Français |
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ARTICLES LIES
Alors qu’il avait été remarqué et applaudi dans tous les festivals internationaux où il a été présenté entre 2006 et 2007 (Toronto, Stiges, Gérardmer et Deauville, pour les principaux), All the boys love Mandy Lane n’a curieusement pas bénéficié d’une sortie en salles dans l’hexagone et il aura fallu attendre près de trois ans avant qu’un éditeur ne se décide à le sortir en DVD et Blu-Ray.
En l’occurrence, Wild Side, dont on peut saluer l’acharnement à mettre en avant le travail de cinéastes originaux et atypiques…
Atypique, All the boys love Mandy Lane l’est sans conteste. Et c’est sans doute cela qui a refroidi les distributeurs du film, bien embêtés pour savoir comment caser le premier film de Jonathan Levine.
De prime abord, on pourrait le définir comme un simple slasher, un de ces succédanés de Vendredi 13 ou d’Halloween produits à la pelle par l’industrie cinématographique américaine, où des teenagers dépravés se font massacrer par un tueur psychopathe sadique.
L’intrigue est en effet des plus basiques : Avec la douceur de ses traits, son corps sexy, sa pureté virginale et son côté inaccessible, la belle Mandy Lane est un objet de fantasme pour tous ses camarades de lycée. Les filles l’envient ou la jalousent, et les garçons sont prêts à tout, y compris aux actes les plus fous, pour pouvoir la conquérir, la posséder…
C’est dans l’espoir de la séduire qu’une bande de copains l’invite à passer le week-end hors de la ville, dans le ranch du père de l’un d’entre eux, sous prétexte de fêter dignement (ou indignement) la fin de l’année scolaire.
Ils croient avoir partie gagnée quand elle accepte de se joindre à eux. Ils se disent qu’avec alcool, drogues, rock’n roll et la présence de deux autres filles très portées sur le sexe, la blonde Mandy va bien finir par craquer…
Ils n’ont juste pas prévu la présence sur les lieux d’un tueur impitoyable, bien décidé à les éliminer un par un…
Jonathan Levine respecte assez fidèlement les conventions du genre. Il nous présente tout d’abord ses personnages, stéréotypés en diable : la pure Mandy, donc, vertueuse et innocente, le bellâtre de service, qui s’enorgueillit d’avoir conquis au moins une fille par état, rien dans le crâne, tout dans le calbut – ah ben non, en fait… pas grand chose non, plus – la bimbo blonde – no comment – la brunette complexée par ses minuscules bourrelets, mais décomplexée dès qu’il s’agit de choses coquines, le boutonneux qui compense son physique moins avantageux par sa cool attitude, le black de service, plus délicat que ses compagnons, et le gardien des lieux, genre cowboy solitaire à qui on ne la fait pas…
Puis il fait doucement monter la tension autour du groupe, à l’aide de quelques éléments inquiétants (la flaque de sang sur laquelle Mandy tombe en faisant son jogging, le serpent se faufilant vers les baigneurs imprudents, les apparitions furtives d’une silhouette étrangère, menaçante,… ), attendant le moment propice pour débuter la série de meurtres.
Evidemment, les premiers punis seront les ados fornicateurs – les tueurs de slashers aiment que la morale soit respectée… – puis le psychopathe s’attaquera aux autres membres de la bande, les dézinguant l’un après l’autre à rythme régulier, gardant la confrontation avec Mandy Lane pour la fin…
Oui, vu comme cela, rien ne distingue All the boys love Mandy Lane du petit film d’horreur lambda…
Hormis, peut-être, le soin particulier apporté à la mise en scène, plus stylisée que la plupart des films du genre, avec notamment un gros travail sur la texture des images, un peu granuleuses, aux couleurs contrastées. Elle prend un tour presque expérimental avec ses cadrages étranges, ses effets de focales, ses ralentis, son montage nerveux. Un peu trop même, se dit-on, car cette démonstration technique virtuose, mais un peu maniérée, n’apporte finalement pas grand chose au film…
Autre curiosité, la façon avec laquelle Levine s’ingénie à balayer d’un revers de la main tous les artifices narratifs traditionnels du genre. Ici, pas de gros effets de surprise, pas de “coup du chat” qui surgit pour nous faire bondir du fauteuil.
Les meurtres eux-mêmes restent relativement sobres au regard des exécutions inventives de Jason Voorhees et autres psychopathes échappés de Scream ou Souviens-toi l’été dernier.
Enfin, le rythme et la progression du récit sont parfaitement atypiques : le film est tour à tour très lent – la mise en place prend 40 minutes, presque la moitié du film – et très rapide, trop rapide, dès lors que l’action s’emballe enfin, au risque de susciter l’ennui de certains amateurs de slasher…
D’autant que l’identité du tueur est révélée très tôt, alors que ce genre de film repose sur des rebondissements souvent assez tordus.
Certes, la fin du film ménage une surprise de taille, mais cette façon de chercher à désamorcer le suspense est tout de même assez étrange…
C’est que Jonathan Levine se soucie assez peu de réaliser un thriller narrativement correct. Cette trame horrifique n’est qu’un prétexte à un autre film, qui se déroule en filigrane. Une évocation des affres de l’adolescence et la description d’un passage à l’âge adulte souvent vécu comme un traumatisme.
A cette période de la vie, on est mal dans sa peau car on se voit changer physiquement et psychologiquement. On se cherche une identité, on cherche à s’affirmer individuellement… On cherche à plaire, aussi, car l’irruption du désir a modifié profondément le rapport à l’autre. D’où des relations extrêmement complexes et ambigües avec les autres jeunes, vus à la fois comme des amis, des proies sexuelles potentielles ou des rivaux… L’enjeu est autant de s’intégrer à un groupe que de s’y imposer individuellement. Le risque est de se retrouver exclu, laissé dans la marge après avoir été humilié par les railleries et les remarques cinglantes, cruelles, des autres adolescents.
Dans ces conditions, les apparences sont reines. Il est vital de paraître le plus beau, le plus cool, le plus mature, le plus sexy…
Apparemment Mandy Lane n’a pas de souci à se faire de ce point de vue-là. Elle attire tous les regards, cristallise tous les désirs et toutes les jalousies. Elle semble plus mature, plus pure, plus belle que toutes les autres… Tous les garçons aiment Mandy Lane… Et puisque tous ces mâles en rut rôdent autour d’elle, les filles font tout pour l’avoir comme amie…
Pour les autres personnages, la réalité est plus rude… Le moindre petit commentaire, le moindre complexe physique peut prendre des proportions dramatiques : la bimbo se retrouve complexée par une pilosité pubienne trop foisonnante, sa copine se trouve trop grosse, le playboy fanfaron se trouve heurté dans sa virilité quand ces demoiselles se moquent de la taille de son engin,…
Alors on imagine sans peine le malaise qui doit submerger l’adolescent en cas de rejet violent de la part de ses petits camarades. Il y a de quoi péter un câble…
Jusqu’au meurtre…
En abordant l’oeuvre sous cet angle-là, en plaçant les thématiques de la dictature des apparences et de la brutalité du rejet au centre des débats, le film de Jonathan Levine prend tout son sens, toute son ampleur…
Cela explique pleinement ce décalage entre le côté clinquant de la mise en scène (les apparences) et la construction chaotique du récit (le malaise dissimulé sous le vernis).
Et cela donne donne plus de poids à la fin du film, que d’aucuns jugent (à tort) incohérente. Ne leur en déplaise, et sans trop en dévoiler, tout ce massacre trouve bel et bien sa justification, son mobile, dans une histoire d’exclusion, de rejet, et (peut-être, sans doute…) de dépit amoureux…
Il est évident que, pris au premier degré, All the boys love Mandy Lane n’a rien de bien folichon, thriller horrifique trop simpliste, au rythme trop étrange pour convaincre…
Mais justement, le réalisateur invite à aller au-delà des apparences, à gratter un peu pour découvrir un film pas totalement exempt de défauts, certes, mais bien plus subtil qu’il n’y paraît. Il s’agit en effet moins d’un film d’horreur basique que d’une chronique réaliste et crue de l’adolescence, qui finit par tourner au drame le plus noir, un peu comme dans le Bully de Larry Clarke,
Après, on accroche ou pas… On a tout à fait le droit de penser que d’autres films ont aussi bien, voire mieux, traité du malaise adolescent, sans être obligés de passer par un scénario aussi tarabiscoté.
On peut aussi juger l’ensemble trop déséquilibré pour convaincre réellement…
Ou au contraire y voir l’émergence d’un auteur à part entière, qui continuera avec son film suivant, The Wackness, sorti en 2008 sur nos écrans, à creuser son sillon avec un style sensible et attachant…
Bref, le film divise. C’est le lot de toutes les oeuvres avant-gardistes…
En revanche, tout le monde sera sans doute d’accord pour louer la performance de la belle Amber Heard dans le rôle-titre : intense, troublante, irradiante de sensualité, elle exerce sur nous la même fascination que sur les autres personnages du récit.
Ceux-ci sont d’ailleurs également incarnés avec beaucoup de justesse, ce qui est plutôt inhabituel pour ce type de film…
Ne serait-ce que pour cela, All the boys love Mandy Lane mérite d’être découvert. Et cette édition DVD (et Blu-Ray) tardive vous en offre l’opportunité.
Alors, aimerez-vous Mandy Lane ?…
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All the boys love Mandy Lane
All the boys love Mandy Lane
Réalisateur : Jonathan Levine
Avec : Amber Heard, Anson Mount, Whitney Able, Michael Welch, Edwin Hodge, Aaron Himelstein, Luke Grimes
Origine : Etats-Unis
Genre : faux-slasher
Durée : 1h27
Note pour ce film : ●●●●○○
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BONUS
- Entretien avec Amber Heard (26 mn)
- Entretien avec Jonathan Levine (14 mn)
Deux entretiens avec les deux principaux artisans du film derrière et devant la caméra, pour mieux comprendre la genèse du projet et la collaboration entre le metteur en scène et ses acteurs. Et aussi d’en savoir un peu plus sur Heard et Levine, leurs parcours respectifs, leurs envies de carrière…
Note globale des bonus : ●●●○○○
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DONNEES TECHNIQUES
| DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 16:9 Compatible 4/3, 2.40 Durée totale : 127 mn |
| Langues : | Anglais 5.1 DTS Français 5.1 + 2.0 | Sous-titres : | Français |
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EDITION / DISTRIBUTION
Wild Side
http://www.wildside.fr/video/home
Sortie le : 04/08/2010
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[Critique initialement publié sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]
En 2007, on a beaucoup entendu parler du romancier américain Cormac McCarthy. L’adaptation d’un de ses romans, No country for old men (1), enthousiasmait la Croisette et le Palais des festivals de Cannes, quelques mois avant de triompher aux Oscars, et son dernier bouquin, « La route » (2) remportait le prestigieux prix Pulitzer après un beau succès en librairie. De quoi lancer sans attendre l’adaptation cinématographique de cette nouvelle œuvre, voyage d’un père et de son jeune garçon au cœur d’une Amérique post-apocalyptique, frappée par une sorte d’hiver nucléaire qui a dévasté totalement la flore et la faune de la planète et qui a fait sombrer les rares hommes encore en vie, livrés à eux-mêmes et privés de nourriture, dans la barbarie et le cannibalisme…
Cette fois-ci, ce ne sont pas les frères Coen qui opèrent derrière la caméra. Leur humour noir avait parfaitement collé au scénario de No country for old men, mais ne convenait probablement pas à l’ambiance glaciale de La route. Il fallait un cinéaste qui soit capable d’instaurer un climat de tension permanente, de dépeindre un monde froid, sombre et désespéré en peu de scènes, d’évoquer la barbarie sans abuser des effets gores. D’ailleurs, même si le film est très fidèle au texte original, la violence y est un peu édulcorée, ou du moins, plus suggérée. Le passage le plus atroce – la vision d’un bébé rôti à la broche par trois cannibales (bon appétit, bien sûr…) – a même été supprimé. Déjà pour éviter des problèmes devant la commission de censure, mais aussi, et surtout, pour ne pas focaliser l’attention des spectateurs sur des détails peu représentatifs du propos général du film. Car le récit n’est nullement à vocation horrifique. Plutôt une réflexion sur la définition de l’humanité dans un univers sans foi ni loi, où se réaffirment les instincts primaux au détriment de tout ce que la civilisation a apporté…
Le père et son jeune garçon se lancent dans un périple qui doit les conduire vers le sud, vers l’océan. Pour gagner quelques degrés de plus et vérifier s’il n’y a pas, dans ces régions que les rumeurs disent moins touchées, des zones encore vivables. Le voyage a tout du geste désespéré. Le père se doute qu’il n’y a que très peu de chances que l’avenir soit plus radieux ailleurs, mais ils ne peuvent pas rester sur place, sous peine de mourir de froid, ou sous les assauts des bandes organisées bien décidées à transformer en steaks tout humain croisant leur route. Et il sait aussi qu’il est mourant : il crache de plus en plus fréquemment du sang. Alors, pendant le temps qui lui reste, il tente d’inculquer à son fils les notions de dignité, de bonté, de respect de l’autre, de solidarité et d’amour. Des valeurs fondamentales, mais bien dérisoires dans cet enfer gris glacé, où tout n’est que chaos, désespoir et d’abominations. Il s’agit de garder intacte la flamme de l’humanité, réduite à une maigre étincelle enfouie au fond des cœurs et des âmes, qui seule pourrait permettre un jour de recréer une société, une civilisation…
C’est à l’australien John Hillcoat qu’a été confiée la tâche de réaliser cette adaptation, et au vu du résultat, il ne fait nul doute qu’il était l’homme de la situation. Il faut dire que le cinéaste maîtrise le sujet, puisque ce thème de la subsistance de l’humanité dans un milieu qui n’a plus rien d’humain est au centre de son œuvre. On se rappelle des détenus de Ghosts… of the civil dead, son premier long-métrage, poussés à bout par des matons de plus en plus sadiques, jusqu’au déchaînement de la violence. Une étude clinique des comportements, à bonne distance des personnages, qui faisait froid dans le dos et invitait à la réflexion en même temps.
On pense aussi aux personnages de The Proposition, western australien âpre, sauvage, dans la lignée des films de Sam Peckinpah. Ses bandits philosophes attendant inconsciemment que l’on empêche leur barbarie de s’exprimer… Et ses soldats réalisant que dans leur croisade destinée à civiliser les sauvages de l’outback, ils utilisent des moyens des plus discutables, qui ébranlent leur humanité… Tous magnifiés par une direction d’acteur impeccable.
Hillcoat a en effet prouvé qu’il savait parfaitement tirer le meilleur de ses comédiens. Et vu le casting qui lui a été offert, cela donne des performances de tout premier ordre. Il y a Charlize Theron, magnifique personnage féminin au bout du rouleau, incapable, après avoir fait l’effort de donner la vie, de supporter la barbarie environnante. Elle a peu de temps de présence à l’écran, mais elle parvient en quelques scènes à montrer toute l’étendue de son talent. Il y a aussi le jeune Kodi Smit-McPhee, impressionnant malgré son jeune âge (13 ans). Certes, le jeune garçon est issu d’une famille d’acteurs et a déjà quelques rôles derrière lui. Mais il a indéniablement ce petit quelque chose qui fait les grands acteurs. S’il persévère dans ce métier, nul doute qu’une belle carrière l’attend… A ses côtés, Viggo Mortensen est une fois de plus excellent, montrant toutes les nuances de ce personnage moins monolithique qu’il n’y paraît. Mais tous se font voler la vedette, le temps d’une scène, par l’immense Robert Duval, bouleversant dans un rôle de vieillard aveugle, presque agonisant. La scène où il raconte son histoire à Viggo Mortensen est d’une formidable intensité et est à elle seule un très beau moment de cinéma. Au cœur du récit, elle est emblématique du reste du film, et de sa densité psychologique et humaniste.
La Route marque la rencontre de deux auteurs passionnants : Cormac McCarthy et John Hillcoat, qui accouche d’une oeuvre forte, émouvante, et intelligente.
Si vous n’avez pas eu la chance de découvrir ce beau film en salle, nous vous incitons fortement à combler cette lacune chez vous, dans votre salon, avec la sortie DVD et Blue Ray, orchestrée par Metropolitan Films et agrémentée de quelques bonus sympathiques.
(1) : le roman : « Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme » de Cormac McCarthy – éd. Points / le film : No country for old men d’Ethan et Joel Coen
(2) : « La route » de Cormac McCarthy – éd. Points
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La Route
The Road
Réalisateur : John Hillcoat
Avec : Viggo Mortensen, Kodi Smit-McPhee, Robert Duvall, Charlize Theron
Origine : Etats-Unis
Genre : road-movie apocalyptique
Durée : 1h59
Note pour ce film : ●●●●●○
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BONUS
En bonus, le traditionnel making-of, des entretiens avec Viggo Mortensenet Kodi Smit-McPhee, les deux comédiens principaux.
Vous trouverez aussi quelques scènes coupées qui n’apportaient pas grand-chose à l’histoire, mais qui trouvent tout à fait leur place sur le DVD et un commentaire audio pour en apprendre un peu plus long sur les intentions du metteur en scène et de son équipe.
Note globale des bonus : ●●●●○○
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DONNEES TECHNIQUES
| DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format Scope 16:9 Compatible 4/3, 2.35.1 Anamorphic WideScreen Durée totale : 140 mn |
| Langues : | Anglais 5.1 Français 5.1 |
Sous-titres : | Français |
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DISTRIBUTION
Editions Metropolitan video
http://www.metrofilms.com
Sortie le : 04/05/2010
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[Critique initialement publié sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]
Généralement, les sorties « direct to DVD », c’est-à-dire sans passer préalablement par la case ciné ne laissent rien présager de bon. Mais concernant le genre horrifique, elles sont hélas devenues le seul moyen de voir les productions récentes, quelle que soit leur qualité.
C’est triste à dire, mais la mode est aux bluettes fantastique ultra-soft destinées à un public préadolescent en mal de frissons, et du coup les films plus adultes sont boudés par les distributeurs et les exploitants. La majorité des films d’horreur ne sort pas en salles et, quand ils sortent, ils sont cantonnés à un pool de salles des plus restreints, et une durée d’exploitation courte.
Du coup, il n’est pas rare que certains bons films atterrissent directement dans les bacs des vidéo-clubs. Comme Mum & dad, pour un exemple récent.
On pouvait donc s’attendre à être surpris avec Shuttle, film présenté en janvier dernier à Gérardmer et disponible dès à présent en DVD, d’autant que la jaquette vante « un film coup de poing entre thriller et horreur, un scénario d’une rare efficacité et un twist final diabolique » et annonce fièrement « un classique instantané ». Belles promesses…
… hélas pas vraiment tenues. Shuttle n’est qu’un petit « survival horror » assez conventionnel qui – c’est un comble – ne tient pas vraiment la route…
Le scénario prétendument « d’une rare efficacité » est relativement simple : revenant d’un week-end entre filles Mel et Jules arrivent à l’aéroport en pleine nuit, sous une pluie diluvienne. Elles montent dans une navette supposée les emmener en ville. A bord : deux garçons en quête d’un peu de compagnie (vu la plastique des deux demoiselles, on les comprend) et un quadragénaire un peu stressé. Le trajet tourne au cauchemar quand le chauffeur s’écarte de la route prévue pour les emmener vers une destination bien plus obscure…
Le film démarre plutôt bien, faisant lentement grimper le suspense et offrant plusieurs options narratives : Le chauffeur du minibus s’est-il perdu ou avance-t-il dans une direction bien précise, animé de mauvaises intentions ? Un psychopathe se cache-t-il parmi les passagers ? Les héroïnes elles-mêmes sont-elles vraiment d’innocentes jeunes femmes ?
Mais très vite, le cinéaste Edward Anderson emprunte une route assez balisée. Même s’il s’applique à entretenir une tension permanente, le périple qu’il nous propose devient bien vite prévisible, y compris dans ses nombreux retournements de situation, amenés avec une régularité de métronome.
On finit donc par s’ennuyer un peu, d’autant que le film ne tient que sur son climat de tension et ses twists à répétition. Anderson a en effet refusé de sombrer dans le sadisme gratuit et le gore à outrance. Louable intention, mais du coup, il se prive aussi de toute une batterie d’effets horrifiques qui auraient pu dynamiser un peu son film. Pour miser uniquement sur l’affrontement psychologique entre les victimes et leur bourreau, il aurait fallu apporter un peu plus de densité aux personnages. Hélas, ce n’est pas le cas ici.
La plupart des péripéties sont de surcroît filmées de manière assez confuse – montage speed et/ou image trop sombre. D’ailleurs, autant prévenir tout de suite les acheteurs potentiels du DVD qu’il leur faudra soit un excellent téléviseur, soit procéder à quelques réglages, pour réussir à distinguer quelque chose lors des scènes filmées dans la pénombre, soit à peu près 80% du film…
Enfin, un dernier grief : plus le scénario progresse, moins l’intrigue et le comportement des personnages sont crédibles. Il faut attendre la toute fin du film pour que l’on ait de quoi frissonner un peu.
Le cinéaste s’ancre alors dans un contexte ultra-réaliste et traite d’un sujet « authentique ». L’idée était bonne, mais on est loin du « coup de poing » promis. Sur un sujet similaire, le film de Teresa Villaverde, Transe, était bien plus traumatisant et sordide…
Cela dit, s’il n’a rien d’un grand film, Shuttle n’est pas non plus un épouvantable nanar. C’est une série B assez plate, mais rondement menée, et jouée à peu près correctement, notamment par la belle Peyton List et le glacial Tony Curran.
Pour une soirée télé, c’est toujours mieux que certains téléfilms ou feuilletons débiles… Mais de là à l’acheter en DVD…
A vous de voir, donc, si vous voulez prendre place à bord de ce Shuttle assez inconfortable…
P.S. : A noter que le film a été diffusé sur Canal + au mois de novembre 2009…
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Réalisateur : Edward Anderson
Avec : Peyton List, Tony Curran, Cameron Goodman, Cullen Douglas, Dave Power
Origine : Etats-Unis
Genre : Voyage au bout de l’enfer
Durée : 1h42
Note pour ce film : ●●○○○○
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BONUS
Maigre… Juste une bande-annonce et une galerie photos…
Note globale des bonus : ●○○○○○
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DONNEES TECHNIQUES
| DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 1.78 – 16/9 comp. 4/3 Durée totale : 106 mn |
| Langues : | Anglais 5.1 Français 5.1 |
Sous-titres : | Français |
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DISTRIBUTION
Pathé
http://www.dvdnews.fr/
Sortie le : 14/04/2010
