Archive pour la catégorie ‘Comédie’

Sur le papier, le sujet de We are four lions n’a rien de drôle : quatre individus venant du nord de l’Angleterre, musulmans et islamistes convaincus, projettent de porter le Jihad sur le sol de la perfide Albion, en commettant des attentats-suicides à coups de bombes artisanales. On ne s’imagine pas un instant se bidonner devant des fanatiques religieux prêts à tout – y compris le massacre de centaines d’innocents – pour gagner le Paradis et mériter le repos du guerrier d’Allah…

Pourtant, à l’écran, c’est irrésistible de drôlerie et de finesse…
Car les quatre apprentis kamikazes sont de véritables pieds-nickelés tous plus stupides ou maladroits les uns que les autres. Ils commettent bourde sur bourde et enchaînent les galère avec la même régularité que le gang de cambrioleurs du Pigeon de Mario Monicelli…

We are four lions - 2 

Il faut les voir tourner leurs vidéos revendicatives, un carton sur la tête et un fusil en plastique taille enfant à la main.
Ou bien les voir tenter d’échapper à l’identification des caméras de surveillance en secouant la tête dans tous les sens – plus fort que la méthode Coué, la méthode secouée !
Ou encore se déguiser en personnages de dessins-animés pour commettre leurs attentats sans attirer l’attention… C’est sûr qu’un type déguisé en tortue ninja, ça ne se remarque pas dans une foule…
Non, vraiment, Omar, Waj, Barry et Fessal sont des branquignols de première catégorie et leur cheminement n’est pas sans évoquer celui des stripteaseurs amateurs de The Full Monty, autre belle réussite de la comédie sociale à l’anglaise.
Ils se forment par étapes, cumulant les gaffes au point de ne même plus être soutenus par les leaders d’Al Quaïda…

Pour son premier long-métrage de fiction, l’humoriste Chris Morris frappe fort et juste.
Il réussit le miracle de nous rendre sympathiques ces quatre zozos – et même cinq en tout, après l’embrigadement d’un autre apprenti djihadiste tout aussi neuneu que les autres – pourtant animés des plus mauvaises intentions, et de nous faire rire avec des sujets hautement sensibles – les tensions entre Islam et Occident, la xénophobie, le terrorisme… Et ce, sans jamais chercher la polémique ou la provocation gratuite. Bien au contraire !

Oh, bien sûr, les djihadistes s’y font ridiculiser, et il n’est pas certain que les islamistes les plus radicaux apprécient beaucoup cette façon de les caricaturer – ils ont prouvé, hélas, que l’humour n’est pas leur fort, et qu’ils ne maîtrisent pas franchement le second degré.
Et il se trouvera toujours un ou deux esprits chagrins pour s’offusquer que l’on donne la vedette à des terroristes, même si on peut difficilement voir dans le film une apologie du suicide-kamikaze…
Oui, c’est sûr, Chris Morris ne va pas se faire que des copains… Mais ce n’est pas plus mal, car qui voudrait être ami avec des imbéciles ?

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Il faut bien comprendre que We are Four lions n’est pas du tout manichéen. Il ne cherche pas à valoriser un camp plutôt qu’un autre. Le cinéaste ridiculise tout le monde : les apprentis terroristes, les vrais djihadistes, les voisins qui ne remarquent rien, les flics toujours prêts à faire une bavure, les autorités paranoïaques…
Tout le monde en prend pour son grade, pas de jaloux !
Oui, Chris Morris n’épargne personne, mais dans le même temps, il respecte tout le monde, tous ses personnages…
S’il joue avec les clichés autour de l’islamiste-type, c’est pour mieux les passer à la moulinette et tordre le cou aux idées reçues. Tous les arabes ne sont pas musulmans, tous les musulmans ne sont pas islamistes, et encore moins terroristes, tous les terroristes ne sont pas forcément unis les uns aux autres…

Les personnages ne sont pas vraiment des “fous de Dieu”. Ils ont l’air plus ouverts d’esprits, plus aptes à s’intégrer que certains fanatiques respectant à la lettre des coutumes parfois rétrogrades. Et pourtant, ce sont eux qui passent à l’acte, lassés de l’assimilation imbécile des musulmans aux fanatiques islamistes, du regard hostile que porte sur leur communauté le reste de la société britannique, du racisme qui leur barre l’accès à des postes plus importants dans le monde du travail…
Ce sont juste de pauvres types en quête de reconnaissance, qui se laissent séduire par des discours extrémistes, de la même façon que d’autres se sont laissés convaincre par des discours xénophobes anti-Islam… On notera d’ailleurs que le plus virulent des terroristes en herbe est le seul “blanc” du groupe, et que c’est celui qui est le plus avide de gloire médiatique… C’est le moyen qu’il a trouvé pour se mettre en avant, pour exister un peu dans une société très individualiste qui ne prête pas attention à lui…

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Le cinéaste montre le côté dérisoire, absurde, de leur quête. Les quatre hommes se rêvaient martyrs, ils finiront victimes emblématiques d’une société reposant sur la peur de l’autre, la paranoïa et le repli communautaire, où plus personne ne prend le temps d’apprendre à connaître ses voisins, d’accepter les différences et de s’enrichir du brassage culturel.
Pourtant, on est tous dans le même bateau, on a à peu près tous les mêmes rêves et les mêmes problèmes. Pourquoi ne pas essayer de vivre ensemble, en respectant les valeurs universelles que sont la liberté, l’égalité et la fraternité ?

Pour le cinéaste, il faudrait faire tomber les barrières invisibles qui séparent les hommes, s’affranchir des préjugés raciaux ou socio-culturels, tendre vers plus d’égalité de façon à éliminer les frustrations, les jalousies, les rancoeurs…
Justement, en offrant les rôles principaux à des acteurs inconnus, issus de ce que l’on nomme les “minorités visibles”, Chris Morris fait un acte en faveur de l’intégration, de l’harmonie des cultures et des religions…
Il oeuvre pour la paix et c’est là tout l’enjeu du film…

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Le spectateur amusé puis ému par le parcours tragi-comique de ces “quatre lions” islamistes, ne peut que sortir de ce film avec de nouveaux axes de réflexion quant à l’évolution des relations entre les pays occidentaux et le monde arabe, entre le culte musulman et les autres religions, surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001. Il se voit contraint de remettre en question sa propre attitude, sa potentielle xénophobie, sa peur de l’étranger, de ce qui est différent…

Voilà un film souvent hilarant, parfois poignant, qui divertit tout en ouvrant les coeurs et les esprits.
We are four lions est une franche réussite, une de plus pour nos amis d’Outre-Manche…
On peut rire de tout, y compris des intégristes, du terrorisme, des camps d’entraînement d’Al-Quaïda, des méthodes musclées de la police anglaise et de la CIA… Certes pas avec n’importe qui. Mais assurément avec Chris Morris, humoriste subtil et jeune cinéaste inspiré…

Alors, si vous n’avez pas encore découvert ce petit bijou d’humour british, cette sortie DVD vous donne l’occasion de rattraper ce retard. Vous auriez tort de vous priver, car la galette proposée contient bon nombre de bonus appréciables, dont un bon paquet de scènes coupées…
Et puis, là, au moins, vous apprendrez la vérité sur la mort d’Oussama Ben Laden…  

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We are four lions We are four lions
Four lions

Réalisateur : Chris Morris
Avec : Riz Ahmed, Arsher Ali, Nigel Lindsay, Kayvan Novak, Adeel Akhtar, Chris Wilson
Origine : Royaume-Uni
Genre : d’la bombe…
Durée : 1h41

Note :


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BONUS 

Le DVD est enrichi d’un copieux programme de suppléments.  

- Autour du film : Des garçons paumés (9mn)
Dans ce documentaire, des jeunes pakistanais racontent leurs conditions de vie en Angleterre, le racisme ordinaire.
Une façon d’expliquer pourquoi les jeunes musulmans se radicalisent et peuvent se laisser séduire par le djihad.

- Entretien avec Mohammed Ali Ahmad (13 mn)
L’homme est suspecté de terrorisme. En attente de son procès, il explique son parcours.

- Coulisses du tournage (12 mn)

- Scènes coupées (18 mn)

- Entretien avec le réalisateur au festival de Bradford (4 mn)

Note globale des bonus :

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DVD9 Zone 2 – PAL – Couleur – Format 1.85/ 16/9 compatible 4/3  Durée totale : 160 mn
Langues : Français Dolby Digital 5.1
Anglais Dolby Digital 5.1
Sous-titres : français

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EDITION / DISTRIBUTION

Studio Canal

Sortie le : 17/05/2011

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C’est inévitable, tous les films hollywoodiens à succès se prêtent un jour à l’hommage parodique.
Mais dans le cas de Twillight, film déjà risible en lui-même, était-ce bien nécessaire ? Ou du moins, était-ce bien raisonnable sous la forme que prend  Mords-moi sans hésitation, comédie ennuyeuse aux gags poussifs et lourdingues?  
Et surtout, était-ce utile de nous le resservir en DVD sous le nom de Vampires suck ? Certes, il s’agit du titre original, mais ça sent quand même un peu le tour de passe-passe destiné à faire oublier toutes les critiques négatives reçues par ce petit nanar sous son titre d’exploitation français idiot… Donc, si vous l’avez déjà vu et que vous n’êtes pas maso, ne vous laissez pas abuser et passez votre chemin…   

Vampires suck - 4

Bon, la critique va être mauvaise, vous vous en doutez…
Le principal problème est que le long-métrage de Jason Friedberg et Aaron Seltzer ne cherche pas à parodier les films de vampires ou les films d’épouvante en général, juste à se moquer de Twillight. Les scénaristes ont pris le parti de coller fidèlement aux trames du film de Catherine Hardwicke et du second épisode de la saga qui étaient déjà singulièrement mollassonnes. Du coup, on est obligés de se retaper une nouvelle fois l’arrivée de Bella (Becca, ici)dans une petite ville forestière des Etats-Unis peuplée de vampires boules à facettes et de loups garous aux torses tout musclés. L’avantage, c’est de nous rappeler à quel point les deux premiers volets de la saga étaient soporifiques. L’inconvénient, c’est que c’est soporifique, justement… Le film ne dure que 1h19 dans sa version cinéma, 1h21 dans la version longue proposée sur le DVD (wtf ?!?), et pourtant on a l’impression que ça dure des heures.  

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On s’ennuie ferme et ce ne sont pas les gags parodiques pondus par l’équipe des déjà exécrables Spartatouille (rien que le concept 300 + Ratatouille, ça laisse pantois..), Big Movie et Sexy Movie, qui viennent nous sortir de notre torpeur. C’est téléphoné, c’est lourd, c’est con, ce n’est pas drôle, hormis un ou deux trucs qui nous arrachent péniblement un sourire…

Cela dit, peut-être que certains apprécieront. Après tout, on n’a pas tous le même humour…
Il n’en demeure pas moins que cinématographiquement, c’est très mauvais, et le niveau très moyen du film parodié (oui, on va se faire lyncher par les fans de Twillight, mais on assume!) n’explique pas tout. C’est très basique, très plat, très fade et très mal rythmé, ce qui, pour une comédie, est plutôt gênant…

Vampires suck - 3
 
Quant aux acteurs, on peut difficilement les trouver bons, vu les rôles ultra-chargés qu’ils doivent se coltiner, mais ils ont néanmoins bien du mérite de garder un semblant de dignité dans cet océan de médiocrité. Cela dit, certains y vont fort dans le cabotinage, surtout les “loups-garous” transformés en bons toutous à leur mémères… 

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Bref, à moins d’être très client de ce genre de comédie parodique-potache et de ses auteurs – ce n’est pas notre cas, on l’avoue – vous pouvez aisément économiser le prix de ce DVD ou de ce Blu-ray et le garder pour acheter un film plus sympathique. Chez le même éditeur, 20th Century Fox, il y a par exemple une ressortie de l’Apocalypse now de Francis Ford Coppola en version intégrale restaurée qui a l’air fort appréciable…  Enfin, vous faites comme vous voulez, hein…
”Ca va finir au pieu”, prophétise l’affiche du film…
“Ca va finir à la poubelle”, rétorquons nous…

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Vampires suck

Vampires suck
Vampires suck 

Réalisateurs :  Jason Friedberg, Aaron Seltzer
Avec : Jenn Proske, Matt Lanter, Ken Jeong, Mike Mayhall, Anneliese Van der Pol  
Origine : Etats-Unis
Genre : Où sont les toilaïttes ?
Durée : 1h19
Note :


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BONUS

Blu-ray comme DVD sont enrichis du même programme de suppléments :

- version cinéma et version longue (2mn de plus…) : foutage de gueule complet…
- Scènes coupées (13 mn) : en fait les versions étendues de certaines scènes, sinon ça ferait une version longue vraiment plus longue…
- bêtisier (4 mn)

Le coffret Blu-Ray contient aussi le DVD, peut-être pour ceux qui veulent comparer les deux…
 
Note globale des bonus : 

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DVD9 Zone 2/ Blu Ray – PAL – Couleur – Format 1.85/ 16/9 compatible 4/3 (BD-50 Résolution : 1080 24p pour le Blu-Ray) Durée totale : 200 mn
Langues : Français Dolby Digital 
Anglais Dolby Digital 
5.1 ou 2.0   
Sous-titres : français

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EDITION / DISTRIBUTION

Fox France

Sortie le : 06/04/2011

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[Critique en partenariat avec Vidéo-Futur - http://www.video-futur.com ,
initialement publiée sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]

Maniette (Catherine Frot), une gentille vieille femme, a la surprise de voir débarquer son fils (Albert Dupontel), qui ne lui avait pas donné de nouvelles pendant plus de vingt ans. Elle est heureuse, forcément, mais elle ignore que son grand dadais n’est pas là par plaisir ou par respect de la famille. Il est juste venu se planquer après un hold-up spectaculaire où il a trahi ses complices en filant avec le butin.
Quand elle découvre que son rejeton n’est en fait qu’un vilain garçon pourri jusqu’à la moelle et que ses mauvaises actions ne datent pas d’hier, elle décide de reprendre son éducation à zéro et de lui faire réparer les dommages qu’il a causés.

Le vilain - 5

Le vilain repose entièrement sur l’affrontement entre cette grand-mère apparemment inoffensive et son méchant garnement. Mais attention, pas un face-à-face psychologique bergmanien ou une joute verbale comme dans le J’ai tué ma mère de Xavier Dolan. Non, ici, on est dans l’univers d’Albert Dupontel, et la confrontation prend la forme d’un duel burlesque dans l’esprit des cartoons de Tex Avery, comprenez déjanté, cruel, plein de gags visuels et d’humour déjanté.
D’ailleurs, Catherine Frot – cheveux gris surmontés d’un élégant petit chapeau, lunettes rondes sur le nez et air pincé – évoque la grand-mère dans les aventures de Titi et Grosminet. Albert Dupontel – surexcité, l’œil mauvais et le sourire sournois – fait penser à la fois au Diable de Tasmanie, au Coyote de Beep-Beep et au Pôvre Rôminet. Il s’agite beaucoup, tend plein de pièges et accumule beignes et catastrophes. Enfin, Bouli Lanners, qui incarne le méchant promoteur véreux qui veut faire main basse sur le quartier – rondeurs, barbe et tempérament coléreux derrière une façade mielleuse – fait penser à Sam le Pirate…
Un vrai cartoon live. De quoi permettre à Dupontel de laisser libre cours à l’imaginaire débordant, le sens du rythme et l’humour sauvage qu’on lui connaît depuis Bernie, son premier long-métrage.

Le vilain - 3

On pense aussi beaucoup à certains sketches des Monty Python – dont Dupontel est un grand fan – à Tueurs de dames d’Alexander Mackendrick et à son remake par les frères Coen, et un peu à Arsenic et vieilles dentelles de Capra.
Autant dire que Le vilain est un film drôle, très drôle. Citons, parmi les grands moments du film, la course poursuite du début, le brillant stratagème pour escroquer l’escroc, le piège tendu à la vieille mère bricolé avec une tortue, du chatterton, une horloge, un lustre et un miroir, la vengeance de ladite tortue, prête à user de la manière forte pour faire payer au vilain garçon toutes les brimades qu’il lui a jadis fait subir (il lui avait entre autres gravé sur la carapace, de manière indélébile, « je suis une salope »)… Ou encore les multiples interventions du médecin de famille, complètement à la masse (Nicolas Marié, hilarant).

Le vilain - 2

On rit, on ne s’ennuie pas une seconde, et pourtant, malgré toutes les qualités affichées, on reste un peu sur notre faim. La déception, relative, vient du fait qu’Albert Dupontel semble s’être assagi au contact de l’adorable grand-mère campée par la non moins irrésistible Catherine Frot. Le côté affreux, sale et méchant de Bernie ou d’Enfermés dehors a laissé place à un humour moins noir, moins trash et à plus de sentimentalisme.
En se concentrant in fine sur l’amour retrouvé du fiston pour sa chère maman, la comédie s’essouffle un peu vers la fin alors qu’elle aurait dû au contraire basculer dans la folie furieuse. Frustrant pour les amateurs de burlesque échevelé…
C’est d’autant plus dommage que Dupontel ne semble pas encore prêt à verser dans la comédie grand public et le romantisme gnangnan. Il le prouve en parsemant le film de gags gores ou graveleux qui ne conviennent probablement pas aux plus jeunes…

Pour le prochain film, on s’attend à plus de sauvagerie, plus de méchanceté. Bang, un coup de pelle dans la tronche de premier de la classe de Laurent Bignolas. Ca lui apprendra à parler des films sans avoir la courtoisie de les voir avant… Allez Albert, on compte sur toi pour libérer ton mauvais esprit salutaire et redorer le blason de la comédie à la française, qui produit souvent d’insipides métrages formatés pour le goût du plus grand nombre.

Le vilain - 4

En attendant, savourons déjà Le vilain, qui malgré quelques petites faiblesses, est un divertissement réussi, apte à provoquer de délicieux fous rires chez les spectateurs.
Et accessoirement, ce DVD constitue un cadeau original pour la fête des mères…
That’s all folks…

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Le Vilain DVD Le Vilain
Le vilain

Réalisateur : Albert Dupontel
Avec : Catherine Frot, Albert Dupontel, Nicolas Marié
Origine : France
Genre : cartoon live
Durée : 1h26

Note : ●●●●○○

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BONUS

- Bande annonce, teasers
- Making of  (31mn)
- Interviews – en fait des teasers destinés au web dans lesquels interviennent Terry Gilliam et Terry Jones. (7 mn)
- Rencontre avec Marcel Gotlib/ avec Catherine Frot (10 mn)
- Ode au vilain : sketch musical (3 mn)

Bonus exclusifs Blu-Ray :
- Albert Dupontel croqué par Catherine Frot en peinture
- Commentaire audio d’Albert Dupontel

Note globale des bonus : ●●●●●

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DONNEES TECHNIQUES BLU RAY

Zone B – PAL – Couleur – Format 2.35 -16/9 – Compatible 4/3 – 1080p
Codec : MPEG4/AVC   Durée totale : 137 mn
Langues : Français 5.1
DTS-HD Master Audio
Sous-titres : -

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DONNEES TECHNIQUES DVD

DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 2.35 / 16/9 compatible 4/3
Durée totale : 137 mn
Langues : Français 2.0 + 5.1 Sous-titres : -

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EDITION / DISTRIBUTION

Studio Canal

Sortie le : 01/04/2010

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EGALEMENT ACCESSIBLE EN VOD

Vidéo Futur
http://www.video-futur.com/viewHome.do

depuis le 08/10/2010

video futur logo

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Tout les cinéphiles ont déjà entendu parler de la “politique des auteurs”, sans se demander pour autant à quoi elle faisait référence. 
Euh, non, ce n’est pas l’obligation qu’ont les réalisateurs d’adhérer à un quelconque parti politique de droite ou de gauche…
L’expression a été utilisée pour la première fois par les critiques des “Cahiers du Cinéma” de la grande époque, celle ou les Truffaut, Chabrol et Rivette usaient de leurs plumes acérées pour défendre leurs cinéastes favoris, audacieux et visionnaires, et pourfendre les autres, tenants d’un cinéma poussiéreux. Elle pose les bases d’une critique subjective articulée non pas sur un film isolé, mais sur l’ensemble de l’oeuvre de son réalisateur. Ceci permet de dégager un fil conducteur, des thématiques récurrentes, un style,d’établir des connexions d’un film à l’autre, et de remettre en perspective certains films “mineurs” d’un auteur par rapport au reste de son oeuvre.
Et, même si la méthode parfois dériver vers de la complaisance à l’égard de certains cinéastes-chouchous ou de l’intransigeance vis-à-vis de cinéastes qui ne correspondent pas aux  canons esthétiques et thématiques maison, il est toujours intéressant de découvrir le travail des metteurs en scène à travers un ensemble de films.

Cahiers-du-Cinema

C’est ce que propose la collection DVD “Deux films de…”, dirigée, justement, par “Les Cahiers du cinéma” et éditée par Why Not distribution.
Un peu dans l’esprit de la collection mythique “Les films de ma vie”, chaque coffret contient deux films choisis parmi la filmographie d’un cinéaste, souvent des oeuvres rares ou méconnues, qui mettent en avant le travail de leur auteur.
Nouveaux exemples avec les deux nouvelles pièces de la collection “Noémie Lvovsky” et “Robert Kramer” 

Honneur aux dames : le premier est consacré à Noémie Lvovsky. Si son nom n’évoquera pas grand-chose au grand public, son visage, lui, est davantage connu, puisqu’elle a joué bon nombre de seconds rôles dans des comédies plus ou moins intéressantes. Mais c’est bien comme cinéaste que cette femme s’est faite connaître, grâce à quatre longs-métrages (et autant de courts) ayant connu un beau succès critique et construisant une oeuvre cohérente, empreinte d’une certaine douceur…

Oublie-moi - 2
 
Dans le coffret, on trouve son premier long-métrage, Oublie-moi, ce qui va permettre de réparer une injustice.
A l’époque de sa sortie, certaines voix commençaient à s’élever contre un cinéma d’art et d’essai français trop marqué par le style “Fémis”, soit une conception, je cite, “intello-chiante” du cinéma héritée de la Nouvelle Vague, telle qu’enseignée dans la célèbre école. Oublie-moi a quelque peu fait les frais de ce vent de contestation – assez idiot par ailleurs – en étant cité par les frondeurs comme l’exemple-type des dérives d’un cinéma d’auteur nombriliste.
Pourquoi cette haine ? Peut-être parce que Noémie Lvovsky a fait ses études à la Fémis ? Ou bien parce qu’elle a collaboré aux premiers films d’Arnaud Desplechin, le nouveau chouchou des critiques “sérieux” et chantre de la nouvelle “Nouvelle Vague” ? Ou encore parce que les titres de deux de ses courts-métrages (Embrasse-moi, Dis-moi oui, dis-moi non – présenté dans le coffret, en bonus ) et de son long-métrage – et “moi” et “moi” et “moi” – laissaient présager quelque chose d’égocentrique…

Procès injuste, absurde, car si dans ce film, Noémie Lvovsky raconte les problèmes existentiels d’une trentenaire qui lui ressemble sans doute un peu, le film n’a rien de “nombriliste”. Le personnage joué par Valéria Bruni-Tedschi, un peu dans le même registre que son rôle dans Les gens normaux n’ont rien d’exceptionnel, est suffisamment attachant pour que chacun s’y reconnaisse un peu, véhicule des angoisses et des tourments assez universels.
C’est une ronde des sentiments  qui nous est proposée ici : Nathalie (Valéria Bruni-Tedeschi, donc), en couple avec Antoine (Emmanuel Salinger), n’arrive pas à oublier son ex, Eric (Laurent Grévill) qu’elle poursuit de ses assiduités. Cruelles relations humaines, où tout n’e se passe pas toujours comme on le voudrait, douleur du dépit amoureux, aux effets dévastateurs… Le thème central de l’oeuvre de la réalisatrice – les sentiments amoureux- est déjà en place dans ce premier film. Elle en continuera par la suite l’exploration dans ses longs-métrages suivants, qui culminera dans son meilleur film, justement appelé Les sentiments, avec Jean-Pierre Bacri, Isabelle Carré et Nathalie Baye.
Par ailleurs, si le film est bien construit selon des codes esthétiques communs à toute une génération de cinéaste, il dégage aussi, très discrètement, ce qui fera par la suite l’originalité des films de la cinéaste :  une certaine fantaisie, une poésie gentiment loufoque et décalée, qui se manifeste dans la folie douce gagnant Valéria Bruni-Tedeschi et dans la tonalité générale du film.

La vie ne me fait pas peur - 2

Mais c’est surtout dans son second long-métrage, La vie ne me fait pas peur, que la cinéaste va affirmer ce virage vers un imaginaire plus coloré, vers davantage de fantaisie.
A la base, il s’agissait d’un film de commande d’Arte, dans le cadre de la collection  “Les Années lycée”, une série de téléfilms ayant accouché d’oeuvres marquantes comme Le péril jeune de Cédric Klapisch.
”Petites”, le téléfilm d’origine, est devenu grand sur grand écran, dans sa “version longue remaniée” qu’est La vie ne me fait pas peur. Le téléfilm comme le long-métrage racontent le cheminement de quatre copines de l’adolescence vers l’âge adulte, avec ce que cela comprend de découvertes, de déceptions, de petits bonheurs… 
La cinéaste est parvenue à s’affranchir des contraintes liées au cadre imposé, l’adolescence et le lycée, pour en tirer une oeuvre entraînante, drôle, pétillante, truffée d’idées de mise en scène.
Il est vrai que l’oeuvre doit aussi beaucoup à l’énergie communicative des quatre jeunes interprètes, qui depuis ont bien grandi : Magali Woch, Julie-Marie Parmentier, Ingrid Molinier et Camille Rousselet. Mais c’est aussi l’une des composantes du talent de Lvovsky que de choisir et diriger ses comédien(ne)s.

Ce coffret permet de voir, d’une part, l’évolution du style de la cinéaste vers plus de fantaisie, d’humour et d’originalité, et d’autre part brasse les grandes thématiques de son oeuvre encore en construction…  D’où l’utilité de faire découvrir deux films simultanément… 

Le second coffret rend hommage au travail d’un auteur hélas méconnu du grand public : Robert Kramer.
Avant de nous quitter, ce réalisateur américain, a réalisé ou coréalisé 25 films, dont quelques-uns particulièrement critiques vis-à-vis de son pays d’origine.
Politiquement très marqué à gauche, Kramer méritait vraiment l’appellation de « cinéaste engagé ».
« 2 films de… » a sélectionné deux de ses œuvres les plus connues (avec Millestones, The people’s war et l’imposant Route One, USA) : Doc’s Kingdom etWalk the walk.

Doc's kingdom - 3

Le premier est une fiction axée autour d’un homme en exil, James Matter dit « Doc » (joué par l’excellent Paul McIsaac), un vétéran du Vietnam, ancien activiste qui a quitté son pays pour s’installer au Portugal, où il exerce la profession de médecin dans un petit hôpital lisboète. Il habite dans une cabane, dans une sorte de bidonville situé aux frontières de la ville.
Le lieu a son importance. Il est situé dans la marge, à la frontière entre deux mondes, deux classes sociales. Trois continents aussi puisque l’Afrique, où Doc a aussi bourlingué, y est bien représentée et où l’Océan laisse deviner, en perspective, l’Amérique.
Le monde industriel, symbolisé par les infrastructures portuaires grises, sales, polluantes, y côtoie les vestiges du passé. L’endroit dégage à la fois une certaine chaleur et une froide violence, notamment dirigée contre ce qui représente les Etats-Unis, ogre impérialiste.
Oui, cet endroit ressemble au personnage principal. Usé, délabré, malade (Doc est alcoolique), hanté par le passé (au cours de ses voyages, il a été confronté à la guerre et à la misère), rongé par le présent (l’évolution du monde vers un sombre système économique et politique – Nous sommes alors au sortir des années Reagan, qui ont vu se creuser le fossé entre les plus riches et les plus démunis…), pas vraiment à sa place ici, ni ailleurs.
Difficile de ne pas voir en Doc une sorte d’alter-ego du cinéaste, activiste de gauche qui a quitté les Etats-Unis pour pouvoir poursuivre sa carrière en Europe (en Allemagne, en France, au Portugal…). Il accompagnera d’ailleurs Robert Kramer quelques années plus tard, pour son retour au pays, quand le cinéaste tournera son documentaire-fleuve sur l’Amérique, Route one / USA.
Doc’s kingdom
est un beau film sur l’exil, la solitude de l’expatrié – compensée partiellement par la satisfaction de pouvoir vivre libre – et une œuvre d’une profonde mélancolie évoquant, en filigrane, la fin des utopies nées dans les années 1960.
C’est aussi une belle variation autour du thème de la paternité, des racines, des origines.
L’ex-épouse de Doc, Rozzie, vient de décéder, dans un hôpital de l’autre côté de l’Atlantique. Leur fils Jimmy (incarné par le tout jeune Vincent Gallo) tombe sur les lettres annuelles que Doc continuait d’envoyer à sa femme et se met en tête de le retrouver.

Doc's kingdom - 2

Contrairement à ce qu’aurait donné un traitement classique du sujet, les retrouvailles ne donnent pas lieu à des grands moments larmoyants, plombé par le pathos et les bons sentiments. On assiste juste à la confrontation de deux solitudes, deux hommes qui sont heureux de converser, le temps d’une soirée, d’échanger des points de vue, mais que rien de tangible n’unit encore.
Dans le « Royaume de Doc », les racines ne sont plus que de lointains souvenirs, l’homme n’a pas d’attaches et ne peut donc pas accepter la paternité, vue comme une enclave.
Le personnage a décidé de ne pas être père, pas par manque d’affection mais par besoin de liberté, par refus de cette responsabilité…
Chez Robert Kramer, la paternité n’est pas quelque chose d’innée. C’est un choix, une démarche, une volonté…
Un propos qui tranche singulièrement avec les conventions sociales et narratives !
D’ailleurs, la forme du film est elle aussi assez atypique. La façon de filmer est proche du documentaire, et l’image granuleuse, proche de la vidéo, va dans ce sens. Mais en même temps, ce long-métrage possède une esthétique assez particulière, baigne dans une ambiance nocturne assez poétique. Il s’autorise même quelques envolées oniriques des plus étranges.
Doc’s kingdom est donc un film assez inclassable, original de par son approche thématique et passionnant de par son côté radical, profondément indépendant, évoluant librement entre les cultures…

Walk the walk - 2

On retrouve les thèmes du voyage, de l’exil et de la famille dans Walk the walk.
Dès le début du film, on assiste à l’éclatement d’une cellule familiale. La fille, Raye (Betsabee Haas), quitte ses parents pour vivre sa propre vie, découvrir de nouveaux horizons – la Suisse, l’Allemagne, l’Europe. Peu après, le père, Abel (Jacques Martial),  athlète de haut niveau, abandonne sa femme pour prendre lui aussi un nouveau départ, plus à l’est – en Ukraine, à Odessa, haut lieu de la Révolution Russe (et souvenir mémorable de cinéphile – Le Cuirassé Potemkine…). La mère, Nellie (Laure Duthilleul) reste seule. Elle ne part pas, mais commence elle-aussi un cheminement intérieur à la découverte d’elle-même….

Même si Walk the walk, un peu trop schématique, trop “construit”, ne possède pas tout à fait l’intensité de Doc’s kingdom ou de Route One / USA,  on retrouve quand même parfaitement l’univers de Robert Kramer.
Déjà au niveau du style, assez unique, avec lequel le cinéaste réussit à combiner documentaire, expérimentation et fiction, en intervenant directement dans le récit, restant hors champ mais discutant avec ses personnages comme s’il les connaissait depuis toujours, les accompagnant dans leur quête intime.
Ensuite dans cette façon admirable de capter l’air du temps, de saisir ce qui définit une époque.
Le monde a changé par rapport à l’époque de Doc’s kingdom. La mondialisation est à l’oeuvre, sonnant le glas des utopies des années 1960/1970. Cette Europe où il s’était exilé est loin d’être la terre promise.
La France, son ultime pays d’accueil, patrie des Droits de l’Homme, peine à gérer les diversités culturelles de ses citoyens – sujet toujours aussi sensible et tabou aujourd’hui, d’ailleurs… En Suisse, on croise des junkies échappant dans des paradis artificiels à un certain malaise social… A Odessa, l’idée d’un pouvoir donné aux ouvriers a fait long feu. Le Mur de Berlin est tombé, le bloc soviétique est tombé et les idéaux socialistes avec lui…
A la Guerre Froide ont succédé des conflits ethniques, aux Balkans, notamment, dont le cinéaste se fait ici le témoin – la guerre de Bosnie n’est pas officiellement terminée quand il tourne son film…
Le constat n’est pas très réjouissant, d’autant qu’à ces mutations économiques et géopolitiques s’ajoute un autre fléau contemporain, le SIDA…
C’est donc encore une certaine mélancolie qui se dégage de ce film assez sombre, qui trouve quand même sa lumière dans l’énergie et la jeunesse de son héroïne, incarnée par la soprano Betsabée Haas.

Walk the walk - 3

Là encore, le choix de ces deux films n’est pas absurde, il montre l’évolution du regard du cinéaste sur la société, et pointe aussi les spécificités stylistique d’un auteur méconnu, et pourtant passionnant…

Nous vous invitons donc à découvrir ces deux coffrets fort intéressants, ainsi que les autres joyaux de la collection (Patrice Chéreau, Gregg Araki, Alain Resnais, Jean-Pierre Mocky, Bruno Podalydès, Nanni Moretti, Jean-Luc Godard, Takeshi Kitano, etc…). Sans oublier les deux nouveaux coffrets à paraître début octobre : Ken Loach & Xavier Beauvois… 

 

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COFFRET 2 FILMS DE… NOEMIE LVOVSKY
 

Coffret Noémie Lvovsky

Oublie-moi
Oublie-moi

Réalisatrice : Noémie Lvovsky
Avec : Valéria Bruni-Tedeschi, Emmanuelle Devos, Emmanuel Salinger, Laurent Grévill
Origine : France
Genre : c’est compliqué l’amour…
Durée : 1h33

Note pour ce film : ●●●●○○

 Noémie Lvovsky

La vie ne me fait pas peur
La vie ne me fait pas peur

Réalisatrice : Noémie Lvovsky
Avec : Magali Woch, Julie-Marie Parmentier, Camille Rousselet, Ingrid Molinier, Luis Rego, Valéria Bruni-Tedeschi, Eric Elmosnino
Origine : France
Genre : nos années lycée…
Durée : 1h45

Note pour ce film : ●●●●●●

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BONUS

Dis-moi oui, dis-moi non : court-métrage de fin d’études de Noémie Lvovsky

Note globale des bonus : ●●●●○○

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DONNEES TECHNIQUES

DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 16:9 Compatible 4/3
Durée totale : 216 mn
Langues : Français 2.0 Sous-titres : -

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COFFRET 2 FILMS DE… ROBERT KRAMER

Coffret Robert Kramer

Doc’s kingdom
Doc’s kingdom

Réalisateur : Robert Kramer
Avec : Paul Mc Isaac, Vincent Gallo, Joao Cesar Monteiro, Ruy Furtado, Roslyn Payn
Origine : Etats-Unis, Portugal
Genre : film sur l’exil 
Durée : 1h30

Note pour ce film : ●●●●●●

Robert Kramer

Walk the walk
Walk the walk

Réalisateur : Robert Kramer
Avec : Laure Duthilleul, Jacques Martial, Betsabee Haas, Eliane Boisgard, Aline Pailler, Jacqueline Brodier 
Origine : Etats-Unis, France
Genre : errance et quête intime 
Durée : 1h54

Note pour ce film : ●●●●○○

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BONUS

Aucun bonus pour ces deux films.

Note globale des bonus : –

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DONNEES TECHNIQUES

DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 16:9 Compatible 4/3, 1:55
Durée totale : 204 mn
Langues : VO (multilingues) 2.0 Sous-titres : français

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EDITION / DISTRIBUTION 

Why not Productions 
http://www.whynotproductions.fr/

Sortie le : 30/06/2010

[Critique initialement publiée sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]

En septembre 2004, les autorités allemandes durent faire face à une drôle d’énigme :
Lors d’un tournoi de handball en Bavière, organisé dans le cadre d’échanges sportifs entre l’Allemagne et les pays d’Asie, on leur signala la disparition de l’équipe nationale du Sri Lanka. Elles pensèrent d’abord que le groupe avait pu se perdre dans la forêt lors d’un footing, mais on ne retrouva aucune trace des vingt-trois joueurs ou de leur encadrement. Pfuit ! Volatilisés !
Plus étrange encore, le ministère des sports sri-lankais leur a affirmé que le pays ne possédait pas de fédération de handball, ni de clubs et encore moins d’une équipe nationale !
Diantre ! S’agissait-il d’un complot international ? D’un enlèvement par des extra-terrestres ? D’un autre phénomène paranormal ? Le commissaire Derrick allait-il devoir faire appel à Mulder et Scully ?

Non, car en fait, l’explication était toute simple et géniale. Autorités allemandes et sri-lankaises ont été abusées par un groupe de petits malins, qui ont créé cette équipe factice de toutes pièces pour obtenir les précieux visas pour l’Europe que l’ambassade allemande leur refusait jusqu’alors. Une poignée de maillots achetés en promotion au marché local, quelques faux-documents, un peu d’audace, et le tour était joué. Tout le monde n’y a vu que du feu, à l’exception, peut-être, de quelques fans de handball qui ont compris que cette glorieuse équipe nationale était en-dessous de l’amateurisme… 

Sri Lanka National handball team - 3
 
Cette histoire vraie est plus excitante que bien des fictions. Un vrai sujet de cinéma qui évoque les aventures de l’équipe jamaïcaine de bobsleigh dans Rasta Rocket ou la tentative d’évasion, lors d’un match de foot, des prisonniers de A nous la victoire, qui mélange humour, drame social, et ménage une bonne dose de suspense. Il était normal que quelqu’un se décide à la porter à l’écran. C’est Uberto Pasolini qui s’y colle avec Sri Lanka National handball team, jolie tragi-comédie qui raconte comment Stanley, Manoj, Vijith, Piyal et les autres ont pu monter une telle arnaque et partir réaliser leurs rêves vers un avenir forcément meilleur que leur vie de galère dans les taudis de Colombo. 
 
Car le cinéaste s’intéresse autant à la mise en place de la supercherie qu’aux raisons qui poussent le petit groupe à s’exiler. Pour parler des conditions de vie difficiles des sri-lankais de manière la plus réaliste possible, et sans aucun misérabilisme, Pasolini s’est adjoint les services d’une écrivaine locale, Ruwanthie De Chickera. Ensemble, ils ont mis sur pied un scénario qui, à travers les motivations de chaque personnage, leur permet d’aborder tous les différents problèmes de la société sri-lankaise. Principal problème, des salaires extrêmement bas, qui ne permettent pas de vivre décemment. Dans ces conditions, difficile d’éduquer des enfants, de faire des projets pour l’avenir, de conserver sa dignité et ses rêves, d’autant que cette misère est un terrain favorable pour la corruption, la prostitution, l’escroquerie, le trafic d’organes et autres activités fort peu recommandables. Seule solution : partir à l’étranger. Certes, ce sera forcément pour y accomplir des basses tâches, probablement mal payées, au noir. Mais toujours plus lucratives que les emplois obtenus au pays.  

Sri Lanka National handball team - 4  
 
Autre point stigmatisé par les auteurs, la difficile cohabitation entre les différents groupes ethniques sri-lankais – cingalais, tamouls, migrants d’autres pays d’Asie et du Moyen-Orient – qui ont causé une longue et désastreuse guerre civile. Le problème est juste survolé, sans doute pour ne pas rajouter aux tensions qui pouvaient exister au moment du tournage (1). Néanmoins, deux belles scènes – une bagarre entre les apprentis handballeurs et les confidences d’un croque-mort jusqu’alors peu bavard – nous font prendre conscience des blessures laissées par le conflit et de la fragilité de la trêve.

Mais les anciens ennemis n’ont pas le choix. Pour garantir leur avenir, sous d’autres cieux, et aider ainsi leurs proches restés au pays, ils doivent enterrer leurs différents et avancer main dans la main, en équipe. Le message politique est évident, prônant la réconciliation nationale et l’union pour la reconstruction du pays.
Il culmine lors du tournoi de handball, que nos imposteurs sont contraints de jouer malgré tout. Bien sûr, comme ils ne se sont absolument pas entraînés – ils connaissent d’ailleurs à peine les règles – ils encaissent but sur but et subissent d’humiliantes défaites. Et là, quelque chose se réveille en eux, l’envie de se révolter, par fierté, pour sauver leur honneur et celui de leur peuple. L’envie de se battre ensemble, en équipe. Alors qu’ils auraient très bien pu prendre la poudre d’escampette, ils reviennent quand même sur le terrain, avec l’envie pas forcément de gagner, mais au moins de gagner le respect de leurs adversaires et celui du public. 
 
Sri Lanka National handball team - 5

Certains trouveront cela profondément naïf. Ca l’est un peu évidemment, d’autant que le cinéaste, rompu à l’exercice des comédies à succès (2) sait sur quels effets jouer pour faire vibrer la corde sensible du spectateur. Mais il faut aussi rappeler qu’il s’agit d’une histoire vraie, et que l’équipe du Sri Lanka a bien joué quelques matchs avant de se volatiliser. C’est peut-être là le vrai mystère de ce drôle de tour de passe-passe : Pourquoi le petit groupe a-t-il pris le risque de rentrer sur le terrain alors qu’il aurait aussi bien pu disparaître dès son arrivée sur le sol allemand ?

En l’absence de réponse à cette épineuse question, on peut donc trouver crédible l’explication donnée par le script de Pasolini et De Chickera. Et même si on la trouve un peu factice, elle permet de redonner un peu de dignité à ce peuple de gens simples, qui même en son pays, éprouve un profond sentiment d’infériorité et de honte par rapport au monde occidental. La révolte collective de l’équipe sert de contrepoint à une autre belle séquence où Manoj, ayant eu l’opportunité d’inviter ses proches parents dans le restaurant de l’hôtel où il travaille, constate avec tristesse leur embarras de se retrouver au milieu de blancs plus fortunés qu’eux, comme s’ils ne se sentaient pas à leur place dans leur propre pays. En décidant de revenir sur le terrain pour défendre leur honneur, les sri-lankais cherchent avant tout à se prouver qu’ils valent mieux que l’étiquette de « pauvres gens », de « sans-grades », de « larbins » qu’on leur a collée, et qu’ils ont fini par accepter. Ils veulent montrer qu’ils sont prêts à se battre pour se créer une vie meilleure, à continuer de progresser malgré tout… Une belle leçon de courage, qui force notre admiration…

Sri Lanka National handball team - 2

On se sent proche de ces personnages, d’autant qu’ils sont incarnés par des acteurs amateurs attachants. Sous la houlette de l’actrice Damayanthi Fonseca, ils ont appris le métier en deux semaines, aussi vite que leurs personnages ont appris le handball. Mais là, ils font plus que sauver l’honneur, ils sont tous brillants et très convaincants ! (3)

Grâce à eux, plus qu’à la mise en scène un peu trop sage de Uberto Pasolini, on suit avec grand plaisir les tribulations de cette joyeuse bande de pieds-nickelés, qui surmonte toutes les épreuves avec humour, audace et persévérance. Que ce soit sur le terrain de la comédie émouvante ou du film à thèse à la fois profond et léger, cette Sri Lanka National Handball Team a tous les atouts pour atteindre son but : gagner le cœur des spectateurs.

(1) : Le conflit n’a cessé qu’en mai 2009, avec la mort du leader des tigres tamouls.
(2) : Uberto Pasolini a produit, entre autres,
The full monty de Peter Cattaneo
(3) : Apparemment, l’un d’entre eux s’est même tellement pris au jeu qu’il a fait comme le personnage qu’il incarne. Il a profité du tournage en Europe pour quitter définitivement son pays. Mais il a eu la délicatesse de finir le tournage avant de prendre la poudre d’escampette. La réalité dépasse la fiction inspirée de la réalité !

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DVD Sri Lanka - Visuel 3D Sri Lanka National Handball Team
Machan

Réalisateur : Uberto Pasolini
Avec : Dharmapriya Dias, Gihan de Chickera, Dharshan Dharmaraj, Namal Jayasinghe 
Origine : Sri Lanka, Italie, Allemagne
Genre : slumdog handballer
Durée : 1h40

Note pour ce film : ●●●●●

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BONUS

Rien… Pas même une bande-annonce…
Pourtant, le film aurait bien mérité quelques éclairages supplémentaires sur les tensions communautaires au Sri-Lanka, le travail d’écriture à partir du fait divers réel, et un commentaire audio avec des anecdotes de tournage aurait été apprécié… Tant pis…
Note globale des bonus : ○○○○○○

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DONNEES TECHNIQUES

DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 16:9 Compatible 4/3, 1.85
Durée totale : 100 mn
Langues : Anglais 5.1 Sous-titres : Français

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EDITION / DISTRIBUTION 

UGC Ph
http://ugcph.fr/pages/sri-lanka.html

Zylo
http://www.zylo.net/newsite/

Sortie le : 04/05/2010


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