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[Critique initialement publiée sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]
L’oeil invisible du titre peut être vu comme celui de la junte militaire qui a sévi en Argentine depuis le coup d’état du 24 mars 1976 jusqu’à la défaite de la guerre des Malouines en 1982.
Le 24 mars 1976, c’est la date de naissance du cinéaste Diego Lerman, qui a été marqué par cette période sombre de l’histoire de son pays.
Et 1982, c’est l’année où se déroule son nouveau film, juste avant la chute du régime…
Tout se passe en vase clos, dans un établissement scolaire très strict et guindé, le lycée national de Buenos Aires, chargé de former les jeunes esprits destinés à devenir les élites de demain. Un microcosme très hiérarchisé, symbolique du pays sous la dictature où chacun est sous l’emprise d’une couche de pouvoir supérieur, avec en haut de la pyramide, le général-dictateur et en bas, une jeunesse opprimée, étouffée… On a donc d’un côté un pouvoir archaïque, sur le déclin, et de l’autre une jeunesse tournée vers l’avenir, désireuse de changement et de liberté… Et entre deux, des maillons de la chaîne dictatoriale, chacun jouant le rôle pour lequel il a été conditionné.
Il y a cette jeune femme, Marita, qui occupe un emploi de surveillante dans le lycée. Elle n’a que 23 ans mais elle est si sévère, si stricte, si formatée selon les codes moraux du régime qu’elle paraît vieille. Mais peu à peu, elle se laisse envahir par ses pulsions sexuelles, son désir, son trouble pour un jeune étudiant et elle s’adonne en cachette aux plaisirs solitaires dans les toilettes des garçons…
Il y a aussi son supérieur, Monsieur Biasutto, le surveillant en chef. Encore plus guindé et plus strict qu’elle. Et plus frustré sexuellement… Il se montre de plus entreprenant avec elle, n’attendant que l’occasion de la soumettre à son propre désir…
Ce sont ces personnages que le cinéaste choisit d’observer, car leurs tiraillements et leurs troubles, les luttes qui les agitent créent une ambiance intéressante, où le sexe et la violence, étouffés, ne demandent qu’à jaillir. Un peu comme dans les films que Carlos Saura tournait dans les années 1970, sous la dictature franquiste. On pense notamment à Ana et les loups ou au Jardin des délices…
… En moins bien, quand même. Le film est un peu trop linéaire et manque de rythme. Diego Lerman utilise néanmoins au mieux son décor et joue sur les angles de vue pour mettre en place une atmosphère oppressante, glaciale.
En fait, tout tient surtout sur l’interprétation de la jeune actrice Julieta Zylberberg, mystérieuse et charnelle, qui apporte au personnage toute l’intensité souhaitée, et sur celle d’Osmar Nuñez, glacial de perversion et de violence sous-jacente.
C’est à Cannes, en 2010, à la Quinzaine des réalisateurs pour être plus précis, que le film a été remarqué.
Mais c’est aussi à cause d’une sortie sa sortie en plein festival de Cannes 2011 que son exploitation en salles est passée injustement inaperçue.
Cette sortie DVD est donc l’occasion de (re)découvrir ce “petit” film dont le propos, on l’a vu avec les récentes révolutions arabes, est toujours d’actualité.
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BONUS
- Making of
Note globale des bonus : ●●●●○○
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| DVD9 Zone 2 – PAL – Couleur – Format 1.85 -16/9 compatible 4/3 Durée totale : 100 mn |
| Langues : | Espagnol Dolby 5.1 ou stéréo | Sous-titres : | Français |
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ARTICLES LIES
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Quand a débuté le 60ème festival de Cannes, peu de festivaliers auraient parié sur le triomphe du film de Cristian Mungiu, 4 mois, 3 semaines, 2 jours. Sauf ceux qui, comme nous, avaient été enthousiasmés par Occident, son premier film, présenté à La Quinzaine des Réalisateurs en 2002.
Nous avions eu du flair en prédisant que ce film-là créerait la surprise au palmarès, sans toutefois imaginer qu’il serait en mesure de briguer la récompense suprême…
On connaît la suite : 4 mois, 3 semaines, 2 jours a remporté la palme d’or et, même si le public l’a un peu boudé lors de sa sortie en salles, le succès critique a, lui, été au rendez-vous, imposant le cinéaste comme l’un des chefs de file de la Nouvelle Vague du cinéma roumain, au début du XXIème siècle…
L’excellente collection “Deux films de…”, éditée par France Inter et Why not productions, rend hommage à ce réalisateur inspiré et talentueux en proposant de (re)découvrir la Palme d’Or 2007 et Contes de l’âge d’or, une anthologie de courts-métrages qu’il a produits, réalisés ou coréalisés, illustrant la vie sous le régime de Nicolae Ceaucescu avec humour féroce et poésie.
”4 mois, 3 semaines, 2 jours”
Dans 4 mois, 3 semaines, 2 jours, ce sont les deux jours qui sont importants. Deux jours pendant lesquels une jeune femme va aider sa meilleure amie à avorter. Clandestinement, forcément, car le film se déroule en 1987, sous le régime dictatorial de Ceaucescu, et l’acte y est totalement prohibé. On assiste d’abord aux heures qui précèdent cet avortement, puis au rendez-vous des deux jeunes femmes avec le “faiseur d’anges” dans une obscure chambre d’hôtel…
La trame narrative est minimaliste, d’autant que le réalisateur roumain ne s’embarrasse pas de longues présentations des personnages ou de leur bagage psychologique. Il s’abstient aussi de tout jugement moral – n’en déplaise à ceux qui ont vu dans le film une propagande anti-avortement –
Tout repose uniquement – ou presque – sur le cheminement des personnages et le cauchemar qu’elles sont en train de vivre.
Le cinéaste colle au plus près des personnages principaux en suivant leurs déplacements à l’aide de plans-séquences élégants. Ainsi, il cherche à forcer l’identification du spectateur aux deux héroïnes ou du moins à lui faire éprouver une certaine empathie à leur égard, pour accentue l’impact de son récit et la force du message véhiculé.
Il est bien aidé, il faut l’avouer, par les performances remarquables d’Anamaria Marinca et Laura Vasiliu.
A côté de cela, il emploie de longs plans fixes, étirés jusqu’au malaise, pour distiller un climat de tension et d’angoisse permanent, digne des meilleurs thrillers.
On ressent constamment la peur des deux jeunes femmes : peur de se faire dénoncer, ou arrêter, peur de l’acte d’avortement lui-même, et des risques qui en découlent, peur de l’avorteur lui-même, un homme inquiétant,…
Oui, il s’agit d’un film glacial, dont l’atmosphère est renforcée par des décors exigus, qui donnent un sentiment d’aliénation, notamment la chambre d’hôtel sordide où doit se dérouler l’avortement, et une lumière très crue qui souligne plutôt qu’elle n’efface la noirceur environnante.
Même les scènes plus anodines accentuent cette sensation de malaise, à l’image de cette scène de repas de famille parfaitement étouffante et stressante.
Derrière cette trame narrative “simple”, le film pose aborde subtilement le thème de la liberté, des problèmes qu’elle pose, des sacrifices qu’elle exige, et porte également un regard sans concession sur un pan douloureux de l’histoire de la Roumanie. Car si le cinéaste n’insiste pas sur l’aspect “historique” de son récit, la période dans laquelle est ancrée le récit ne fait guère de doute. Il s’agit bien d’une charge féroce contre les années Ceaucescu…
A l’instar de cette période sombre de l’histoire roumaine, 4 mois, 3 semaines, 2 jours n’a rien d’un spectacle agréable. Certaines scènes risquent même de heurter les âmes les plus sensibles.
C’est néanmoins un film nécessaire, à la fois formidable portrait de femmes, témoignage d’une époque troublée qui pèse encore sur la société roumaine et belle leçon de mise en scène. Non, vraiment, Cristian Mungiu n’a certainement pas volé sa palme d’or lors du soixantième festival de Cannes…
”Contes de l’âge d’or”
Contes de l’âge d’or est une anthologie de court-métrages signés par un collectif de jeunes auteurs roumains, qui enfants ou adolescents, ont connu les dernières années du règne du dictateur Nicolae Ceaucescu.
Pour ces cinéastes, l’« âge d’or », c’est le temps de l’innocence, la période de leur enfance, celle qu’ils ont traversée comme dans un rêve… C’est aussi une période de grand marasme, de crise profonde, que la propagande communiste de l’époque tenta de dissimuler sous cette appellation ronflante, essayant de valoriser l’image d’une nation forte et unie…
A l’écran, ce paradoxe se traduit par un ton léger et plein d’humour, qui dénonce l’autoritarisme d’un régime archaïque en le raillant de bout en bout. La réalité très dure, très froide de ces années de plomb roumaines est délicatement balayée par le petit vent de fantaisie soufflé par les auteurs de cette œuvre à plusieurs mains : Ioana Uricaru, Hanno Höfer, Räzvan Märculescu, Constantin Popescu et, bien sûr, Cristian Mungiu, producteur et principal artisan du projet.
Après le très noir 4 mois, 3 semaines 2 jours, le cinéaste revient à plus de légèreté et à ce style doux-amer qui faisait le charme d’Occident, son premier long-métrage.
Le film se compose de deux parties compilant plusieurs histoires, des légendes urbaines issues de cette longue période de dictature, illustrant chacune les travers de la société roumaine de l’époque.
La première partie est composée de 4 sketches.
Le sketch introductif montre une population soumise aux désidératas des exécutifs, des hauts dignitaires du Parti Communiste. Les habitants d’un petit village sont obligés d’arrêter leurs occupations habituelles pour obéir à des ordres souvent absurdes, comme dénicher des colombes qui seront lâchées lors du passage d’un convoi officiel, ou un troupeau de moutons qui illustrerait la santé de l’agriculture du pays…
On voit des pauvres gens travailler dur, se décarcasser pour satisfaire aux caprices des élites. Ils se vengeront un peu en appréciant le spectacle délectable des notables et des représentants du parti coincés sur un manège impossible à stopper…
La seconde parle du problème de l’analphabétisme de la population en zone rurale. Un problème capital pour le pouvoir, qui voit d’un mauvaise œil cette réputation désastreuse. Mais un problème tout à fait secondaire pour des paysans qui n’ont pas l’eau courante et n’ont l’électricité que par intermittence. Un professeur citadin en fera la cruelle expérience…
Le troisième sketch traite de l’absence de marchandises dans les magasins. Image saisissante que ces étals vides devant lesquels s’ennuient bouchers et poissonniers… Dans ces conditions, les gens seraient prêts à tout pour un morceau de viande, et la situation induit fatalement marché noir et corruption. Un policier devait recevoir de la viande pour Noël. A la place, il reçoit un cochon… vivant ! Comment tuer le porc sans attirer l’attention des voisins affamés ? Une situation explosive, qui ne fait donc pas bon ménage avec l’idée d’asphyxier la bête au gaz de ville…
Dans le quatrième, on découvre un groupe de journalistes en effervescence au moment où Ceaucescu accueille le président français, en visite officielle. Hors de question de laisser ce « Vespar J’espaing » – un des journalistes le désigne ainsi – ce suppôt du capitalisme occidental voler la vedette au camarade leader de la nation. Et là, horreur, malheur ! Giscard porte un chapeau, et pas Ceaucescu… Les photographes doivent se dépêcher de retoucher la photo et retoquer le chef d’un couvre-chef, pour que le journal puisse être imprimé dans la foulée et livré dans les usines au petit matin, comme de coutume… Mais à confondre vitesse et précipitation, on commet des erreurs…
La première partie des Contes de l’âge d’or s’ouvre sur des travailleurs vivant dans la peur du jugement des officiels du parti et se clôt sur un ouvrier piquant un fou rire à la lecture du journal susnommé. Une sorte de petite revanche de l’opprimé sur l’oppresseur. Et un bon résumé de l’esprit du film, qui entend bien se moquer d’un passé douloureux, dont la société roumaine porte encore les stigmates. La démonstration est des plus efficaces, à la fois effrayante et drôle : L’ensemble des quatre sketches montre un système politique en pleine déliquescence, tellement rigide et liberticide qu’il mène à des situations grotesques, ubuesques. Et qui tente donc par tous les moyens de sauver les apparences, par des mensonges, des omissions, des bidouillages de la véracité des faits…
La seconde partie est dans la même lignée, charge corrosive pleine d’humour noir contre un système politique corrompu, mais elle est encore plus amère
Le premier film est signé par Mungiu lui-même. On y voit une paysanne obligée de sacrifier son dindon – auquel elle est pourtant très attachée, vu qu’elle le croit supérieurement intelligent – pour graisser la patte d’un chirurgien de Bucarest et tenter de sauver sa mère malade.
Le second raconte les malheurs d’un chauffeur routier bloqué dans un restaurant de campagne, qui, pour arrondir ses fins de mois, décide de vendre les œufs des poules qu’il devait convoyer.
Et dans le troisième film, deux jeunes gens se font passer pour des scientifiques analysant la qualité de l’air dans les appartements, afin de glaner des bouteilles vides consignées qui, une fois redonnées, leur rapporteront quelques piécettes…
L’argent et la corruption sont au coeur de cette seconde partie, qui parachève en beauté la critique d’un système politique totalitaire et ses conséquences tragiques, tant sur le plan économique qu’humain.
Même si les sketchs sont de rythme inégal – l’éternel défaut de ce type de film collectif – on suit avec intérêt cette œuvre pleine de finesse et portée par quelques-uns des meilleurs acteurs roumains.
Une réussite de plus à mettre à l’actif de Cristian Mungiu…
… Et une raison de plus d’investir sur ce pack de 2 DVD, honorant un des meilleurs cinéastes roumains du moment…
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Coffret “2 FILMS DE CRISTIAN MUNGIU”
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BONUS
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Note globale des bonus : ○○○○○○
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| DVD9 Zone 2 – PAL – Couleur – Format 1.77 -16/9 compatible 4/3 Durée totale : 270 mn |
| Langues : | Roumain Dolby Surround | Sous-titres : | Français |
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On les appelle les “enfants de la lune”…
Un terme bien poétique pour désigner les malades atteints d’une pathologie génétique rare, la xeroderma pigmentosum (XP), qui se traduit par une hypersensibilité aux rayons UV. La moindre exposition au soleil ou même à certains éclairages puissants, comme les néons, multiplie les risques de développer des problèmes oculaires (kératites, cataracte,…) et cutanés, au premier rang desquels des cancers de la peau.
Comme pour bien des maladies orphelines, il n’existe pour l’heure aucun traitement à cette pathologie génétique. La seule action possible est préventive, en limitant au maximum le contact des patients avec les rayons UV, notamment grâce à des combinaisons spéciales créées par la NASA, mais l’espérance de vie des malades est souvent très courte, hélas (1).
Cette terrible maladie a inspiré à Delphine Gleize la trame de son nouveau long-métrage, La Permission de minuit, bouleversante histoire d’amitié entre Romain, un adolescent de treize ans, et David, le dermatologue qui le soigne et l’opère depuis son plus jeune âge.
Pour le jeune garçon, cet homme est bien plus qu’un médecin. C’est un copain, un éducateur, un père de substitution, même, puisque le sien a fui, incapable de supporter sa maladie. Et, à un âge où on s’éveille naturellement au désir et aux choses de l’amour, Romain a plus que jamais besoin de cette présence rassurante et de ses conseils.
Mais David est lui aussi à un tournant de sa vie. Cela fait des années qu’il se consacre à ses jeunes patients, jour et nuit, sans relâche et sans repos, au péril de sa propre santé et de sa vie de couple. Même s’il est toujours animé par la même flamme, la même combativité pour aider ses patients à mieux vivre leur maladie, il est un peu à bout de souffle. Aussi, quand son administration lui accorde la mutation au siège de l’OMS (2) qu’il avait demandée des années auparavant, la raison le pousse à accepter…
Cette décision est vécue avec angoisse et tristesse par les deux personnages, et un brin de colère pour Romain, en pleine crise adolescente…
Le cheminement vers l’acceptation de cette séparation annoncée – qui est aussi, indirectement, une acceptation de l’idée de la mort – sera long et difficile…
Avec une telle histoire, le film avait tout du projet risqué.
D’une part car ses thèmes – relation affective quasi filiale, malaise adolescent, acceptation de la maladie et de la mort – n’ont rien d’inédit et ont déjà fait l’objet d’oeuvres cinématographiques de premier plan. D’autre part car le sujet au coeur du film, cette maladie incurable, l’XP, menaçait de faire tomber le film dans le pathos et le mélodrame facile.
Mais voilà, Delphine Gleize est une cinéaste subtile et intelligente. Elle a abordé son scénario, ses personnages, avec la même humilité, la même pudeur, que celles dont elle avait fait preuve à l’égard de Marc Bertran de Balanda et de ses proches dans Cavaliers seuls, le très beau documentaire qu’elle avait consacré aux derniers mois de la vie de ce grand maître d’équitation.
Elle s’emploie à décrire le personnage de Romain comme un adolescent ordinaire, à la fois attachant dans son apprentissage de la vie et agaçant de par son côté rebelle, aussi bien à l’égard des adultes que de ses propres camarades. Un ado ordinaire, mais dont le quotidien est bien évidemment perturbé par les contraintes liées à la maladie : l’obligation de se déplacer en permanence avec cette combinaison qui lui donne l’allure d’un cosmonaute, de rester cloîtré chez lui, derrière ses vitrages spéciaux anti-UV ou bien de ne sortir que la nuit, en prenant quand même garde à la lueur des néons. Une organisation qui rend compliquées ses relations avec les autres jeunes de son âge, hormis ceux atteints de la même pathologie que lui…
Pour le personnage, l’enjeu est évidemment d’accéder à cette “normalité”, ou du moins de s’en rapprocher le plus possible, car il connaît la fragilité de son état et la précarité de son existence. Avant de disparaître, il veut pouvoir mener une vie de jeune garçon on ne peut plus classique, jouer au rugby, se promener dans les rues de jour sous un beau soleil sans être considéré comme un extra-terrestre et surtout, rencontrer une fille de son âge et trouver l’amour…
On est loin, bien loin, des travers typiques de tous ces films traitant de maladies incurables qui insistent lourdement sur tous les aspects les plus sordides de la maladie pour soutirer sans vergogne les larmes du spectateur. Le but de la cinéaste n’est pas d’utiliser son sujet pour émouvoir à tout prix le public, mais de changer le regard que l’on peut avoir sur ces personnes “différentes” et pourtant si proches de nous, et d’attirer l’attention sur cette maladie génétique méconnue, très lourde à vivre au quotidien pour les patients comme pour leurs familles.
A aucun moment Delphine Gleize n’insiste sur les manifestations physiques de la pathologie – à peine évoquées par le purpura sur le cou de Romain et la vision furtive de photos de cas extrêmes de cancers de la peau, sur un site internet visité par l’adolescent. Ce qui ne veut pas dire qu’elle élude le côté tragique de la maladie. Simplement, elle reste toujours à bonne distance, de façon très pudique, à l’image de cette scène poignante où Romain se rend au chevet d’une de ses camarades en phase terminale, ne nous montrant qu’une porte à demi-close et laissant juste percer les propos de l’adolescent, en voix-off. Et, comme dans Cavaliers seuls, elle oppose joie de vivre et force morale à la maladie, la souffrance physique, le handicap et la mort.
La Permission de minuit est un film plein de vie et d’espoir, qui ne cède jamais à la lourdeur solennelle que le sujet pourrait induire.
Même la partie concernant la relation entre le médecin et l’adolescent est joliment traitée.
Déjà parce que la cinéaste a trouvé les interprètes adéquats pour incarner ces deux personnages forts que sont le jeune homme et son médecin : Vincent Lindon et Quentin Challal.
Le premier évolue dans le registre dans lequel il excelle depuis quelques années, celui du quinquagénaire usé par la vie, fort et fragile à la fois – comme dans Welcome ou Mademoiselle Chambon – et est donc, sans surprise, une nouvelle fois très bon dans ce rôle.
Le second est une révélation, parfait en adolescent nonchalant et un brin sauvage. Il possède une maturité et une intensité de jeu assez surprenante pour son âge, surtout pour une première apparition à l’écran.
Ceci permet à la réalisatrice de jouer sur les contrastes entre les deux personnages, d’inverser les rôles par moments, le médecin se comportant parfois comme un grand adolescent et le jeune garçon faisant montre à plusieurs reprises d’une sagesse très adulte. Romain est lucide quant à son avenir. Il serait prêt à se sacrifier pour préserver celle qu’il aime, l’empêcher de s’attacher à lui et de souffrir plus tard. David, lui, semble fuir son domicile et les regards désapprobateurs de sa femme (jouée par Nathalie Boutefeu). Il se comporte comme un grand gamin vexé face à sa remplaçante (Emmanuelle Devos, convaincante comme à son habitude)
Du coup, les personnages gagnent en épaisseur et n’en sont que plus touchants. La complicité des acteurs fait le reste, d’autant que le reste de la distribution est à l’avenant : Caroline Proust est très bien dans le rôle de la mère de Romain, toute en douceur et en fragilité. Laurent Capelluto commence à bien connaître les rôles d’entraîneurs sportifs au grand coeur… Et les jeunes acteurs jouent tous avec beaucoup de justesse…
Mais le film est également réussi de par sa mise en scène, sobre en apparence, mais très soignée et inventive, traversée notamment de ces belles envolées poétiques dont Delphine Gleize a le secret depuis ses courts-métrages multi-primés et son remarquable premier long-métrage, Carnages.
Citons quelques effets de transition réussis, par association d’images ou d’idées, et une belle scène où une sortie des “enfants de la lune” prend effectivement l’allure de promenade lunaire, en raison des combinaisons portées, de l’aspect rocailleux du décor et de la belle mise en lumière de Crystel Fournier, chef-op attitrée de la cinéaste.
On retrouve aussi le goût de la cinéaste pour les symboles.
Ici, le rugby sert à illustrer la force du collectif, de l’entraide et de la solidarité, ainsi que la combativité puisque, comme l’explique David à Romain, même les perdants sont magnifiques. On finira tous par perdre ce match qui nous oppose à la mort, mais il faut quand même se battre jusqu’au bout, avec panache, en savourant chaque moment passé sur la pelouse de la vie… Tel est la morale véhiculée par le film.
Il y a aussi ce concours de chute de dominos qui ouvre le film (et se solde par un échec pour David). Il peut être évocateur d’une chaîne brisée (l’ADN des malades atteints de XP), d’une vie brisée, de la réticence de David à lâcher prise et à transmettre le relais à sa remplaçante ou encore, l’arrêt brutal de la relation entre David et Romain…
Oui, on constate avec bonheur que Delphine Gleize n’a rien perdu de son imagination et de son art de la construction cinématographique – aussi délicat que cet assemblage de dominos, d’ailleurs…
Avec La Permission de minuit – beau titre pour un beau film, pudique et émouvant – Delphine Gleize continue son petit bonhomme de chemin dans le paysage cinématographique français, à son rythme tranquille. Elle impose un style très personnel, tout en finesse et en poésie, et continue d’explorer ses thèmes de prédilection sur l’altérité, les relations humaines, la transmission du savoir entre les générations.
Pour qualifier son quatrième long-métrage, on veut bien s’autoriser, comme elle, à invoquer un titre du grand Léo Ferré :
“C’est extra”
Aussi, si vous avez raté ce film lors de son exploitation en salle, vous avez droit à une seconde chance grâce à la sortie du DVD, agrémenté de sympathiques bonus.
”C’est extra… C’est extra…” (ad lib)
(1) : Dans la plupart des cas, les cancers de la peau surviennent avant l’âge de dix ans. 60% des patients décèdent avant leurs 20 ans. Dans les formes les plus légères de la maladie, l’espérance de vie peut monter jusqu’à 40 ans, mais ces cas sont rarissimes.
(2) : OMS : Organisation Mondiale de la Santé, dont le siège est à Genève
Et pour en savoir plus sur cette maladie qu’est le XP ou pour soutenir les familles, vous pouvez aussi faire un tour sur le site de l’Association Les Enfants de la Lune
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BONUS
Ils sont assez copieux et intéressants :
- Commentaire audio
- Making of ‘(23 mn)
- 5 scènes coupées
- galerie photo
- 3 titres de la BO
- Le court-métrage “Les Méduses” (17 mn)
Note globale des bonus : ●●●●●○
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| DVD9 Zone 2 – PAL – Couleur – Format 2.35/ 16/9 compatible 4/3 Durée totale : 160 mn |
| Langues : | Français Dolby Digital 5.1 et 2.0 |
Sous-titres : | - |
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Sur le papier, le sujet de We are four lions n’a rien de drôle : quatre individus venant du nord de l’Angleterre, musulmans et islamistes convaincus, projettent de porter le Jihad sur le sol de la perfide Albion, en commettant des attentats-suicides à coups de bombes artisanales. On ne s’imagine pas un instant se bidonner devant des fanatiques religieux prêts à tout – y compris le massacre de centaines d’innocents – pour gagner le Paradis et mériter le repos du guerrier d’Allah…
Pourtant, à l’écran, c’est irrésistible de drôlerie et de finesse…
Car les quatre apprentis kamikazes sont de véritables pieds-nickelés tous plus stupides ou maladroits les uns que les autres. Ils commettent bourde sur bourde et enchaînent les galère avec la même régularité que le gang de cambrioleurs du Pigeon de Mario Monicelli…
Il faut les voir tourner leurs vidéos revendicatives, un carton sur la tête et un fusil en plastique taille enfant à la main.
Ou bien les voir tenter d’échapper à l’identification des caméras de surveillance en secouant la tête dans tous les sens – plus fort que la méthode Coué, la méthode secouée !
Ou encore se déguiser en personnages de dessins-animés pour commettre leurs attentats sans attirer l’attention… C’est sûr qu’un type déguisé en tortue ninja, ça ne se remarque pas dans une foule…
Non, vraiment, Omar, Waj, Barry et Fessal sont des branquignols de première catégorie et leur cheminement n’est pas sans évoquer celui des stripteaseurs amateurs de The Full Monty, autre belle réussite de la comédie sociale à l’anglaise.
Ils se forment par étapes, cumulant les gaffes au point de ne même plus être soutenus par les leaders d’Al Quaïda…
Pour son premier long-métrage de fiction, l’humoriste Chris Morris frappe fort et juste.
Il réussit le miracle de nous rendre sympathiques ces quatre zozos – et même cinq en tout, après l’embrigadement d’un autre apprenti djihadiste tout aussi neuneu que les autres – pourtant animés des plus mauvaises intentions, et de nous faire rire avec des sujets hautement sensibles – les tensions entre Islam et Occident, la xénophobie, le terrorisme… Et ce, sans jamais chercher la polémique ou la provocation gratuite. Bien au contraire !
Oh, bien sûr, les djihadistes s’y font ridiculiser, et il n’est pas certain que les islamistes les plus radicaux apprécient beaucoup cette façon de les caricaturer – ils ont prouvé, hélas, que l’humour n’est pas leur fort, et qu’ils ne maîtrisent pas franchement le second degré.
Et il se trouvera toujours un ou deux esprits chagrins pour s’offusquer que l’on donne la vedette à des terroristes, même si on peut difficilement voir dans le film une apologie du suicide-kamikaze…
Oui, c’est sûr, Chris Morris ne va pas se faire que des copains… Mais ce n’est pas plus mal, car qui voudrait être ami avec des imbéciles ?
Il faut bien comprendre que We are Four lions n’est pas du tout manichéen. Il ne cherche pas à valoriser un camp plutôt qu’un autre. Le cinéaste ridiculise tout le monde : les apprentis terroristes, les vrais djihadistes, les voisins qui ne remarquent rien, les flics toujours prêts à faire une bavure, les autorités paranoïaques…
Tout le monde en prend pour son grade, pas de jaloux !
Oui, Chris Morris n’épargne personne, mais dans le même temps, il respecte tout le monde, tous ses personnages…
S’il joue avec les clichés autour de l’islamiste-type, c’est pour mieux les passer à la moulinette et tordre le cou aux idées reçues. Tous les arabes ne sont pas musulmans, tous les musulmans ne sont pas islamistes, et encore moins terroristes, tous les terroristes ne sont pas forcément unis les uns aux autres…
Les personnages ne sont pas vraiment des “fous de Dieu”. Ils ont l’air plus ouverts d’esprits, plus aptes à s’intégrer que certains fanatiques respectant à la lettre des coutumes parfois rétrogrades. Et pourtant, ce sont eux qui passent à l’acte, lassés de l’assimilation imbécile des musulmans aux fanatiques islamistes, du regard hostile que porte sur leur communauté le reste de la société britannique, du racisme qui leur barre l’accès à des postes plus importants dans le monde du travail…
Ce sont juste de pauvres types en quête de reconnaissance, qui se laissent séduire par des discours extrémistes, de la même façon que d’autres se sont laissés convaincre par des discours xénophobes anti-Islam… On notera d’ailleurs que le plus virulent des terroristes en herbe est le seul “blanc” du groupe, et que c’est celui qui est le plus avide de gloire médiatique… C’est le moyen qu’il a trouvé pour se mettre en avant, pour exister un peu dans une société très individualiste qui ne prête pas attention à lui…
Le cinéaste montre le côté dérisoire, absurde, de leur quête. Les quatre hommes se rêvaient martyrs, ils finiront victimes emblématiques d’une société reposant sur la peur de l’autre, la paranoïa et le repli communautaire, où plus personne ne prend le temps d’apprendre à connaître ses voisins, d’accepter les différences et de s’enrichir du brassage culturel.
Pourtant, on est tous dans le même bateau, on a à peu près tous les mêmes rêves et les mêmes problèmes. Pourquoi ne pas essayer de vivre ensemble, en respectant les valeurs universelles que sont la liberté, l’égalité et la fraternité ?
Pour le cinéaste, il faudrait faire tomber les barrières invisibles qui séparent les hommes, s’affranchir des préjugés raciaux ou socio-culturels, tendre vers plus d’égalité de façon à éliminer les frustrations, les jalousies, les rancoeurs…
Justement, en offrant les rôles principaux à des acteurs inconnus, issus de ce que l’on nomme les “minorités visibles”, Chris Morris fait un acte en faveur de l’intégration, de l’harmonie des cultures et des religions…
Il oeuvre pour la paix et c’est là tout l’enjeu du film…
Le spectateur amusé puis ému par le parcours tragi-comique de ces “quatre lions” islamistes, ne peut que sortir de ce film avec de nouveaux axes de réflexion quant à l’évolution des relations entre les pays occidentaux et le monde arabe, entre le culte musulman et les autres religions, surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001. Il se voit contraint de remettre en question sa propre attitude, sa potentielle xénophobie, sa peur de l’étranger, de ce qui est différent…
Voilà un film souvent hilarant, parfois poignant, qui divertit tout en ouvrant les coeurs et les esprits.
We are four lions est une franche réussite, une de plus pour nos amis d’Outre-Manche…
On peut rire de tout, y compris des intégristes, du terrorisme, des camps d’entraînement d’Al-Quaïda, des méthodes musclées de la police anglaise et de la CIA… Certes pas avec n’importe qui. Mais assurément avec Chris Morris, humoriste subtil et jeune cinéaste inspiré…
Alors, si vous n’avez pas encore découvert ce petit bijou d’humour british, cette sortie DVD vous donne l’occasion de rattraper ce retard. Vous auriez tort de vous priver, car la galette proposée contient bon nombre de bonus appréciables, dont un bon paquet de scènes coupées…
Et puis, là, au moins, vous apprendrez la vérité sur la mort d’Oussama Ben Laden…
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BONUS
Le DVD est enrichi d’un copieux programme de suppléments.
- Autour du film : Des garçons paumés (9mn)
Dans ce documentaire, des jeunes pakistanais racontent leurs conditions de vie en Angleterre, le racisme ordinaire.
Une façon d’expliquer pourquoi les jeunes musulmans se radicalisent et peuvent se laisser séduire par le djihad.
- Entretien avec Mohammed Ali Ahmad (13 mn)
L’homme est suspecté de terrorisme. En attente de son procès, il explique son parcours.
- Coulisses du tournage (12 mn)
- Scènes coupées (18 mn)
- Entretien avec le réalisateur au festival de Bradford (4 mn)
Note globale des bonus : ●●●●●○
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| DVD9 Zone 2 – PAL – Couleur – Format 1.85/ 16/9 compatible 4/3 Durée totale : 160 mn |
| Langues : | Français Dolby Digital 5.1 Anglais Dolby Digital 5.1 |
Sous-titres : | français |
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C’est inévitable, tous les films hollywoodiens à succès se prêtent un jour à l’hommage parodique.
Mais dans le cas de Twillight, film déjà risible en lui-même, était-ce bien nécessaire ? Ou du moins, était-ce bien raisonnable sous la forme que prend Mords-moi sans hésitation, comédie ennuyeuse aux gags poussifs et lourdingues?
Et surtout, était-ce utile de nous le resservir en DVD sous le nom de Vampires suck ? Certes, il s’agit du titre original, mais ça sent quand même un peu le tour de passe-passe destiné à faire oublier toutes les critiques négatives reçues par ce petit nanar sous son titre d’exploitation français idiot… Donc, si vous l’avez déjà vu et que vous n’êtes pas maso, ne vous laissez pas abuser et passez votre chemin…
Bon, la critique va être mauvaise, vous vous en doutez…
Le principal problème est que le long-métrage de Jason Friedberg et Aaron Seltzer ne cherche pas à parodier les films de vampires ou les films d’épouvante en général, juste à se moquer de Twillight. Les scénaristes ont pris le parti de coller fidèlement aux trames du film de Catherine Hardwicke et du second épisode de la saga qui étaient déjà singulièrement mollassonnes. Du coup, on est obligés de se retaper une nouvelle fois l’arrivée de Bella (Becca, ici)dans une petite ville forestière des Etats-Unis peuplée de vampires boules à facettes et de loups garous aux torses tout musclés. L’avantage, c’est de nous rappeler à quel point les deux premiers volets de la saga étaient soporifiques. L’inconvénient, c’est que c’est soporifique, justement… Le film ne dure que 1h19 dans sa version cinéma, 1h21 dans la version longue proposée sur le DVD (wtf ?!?), et pourtant on a l’impression que ça dure des heures.
On s’ennuie ferme et ce ne sont pas les gags parodiques pondus par l’équipe des déjà exécrables Spartatouille (rien que le concept 300 + Ratatouille, ça laisse pantois..), Big Movie et Sexy Movie, qui viennent nous sortir de notre torpeur. C’est téléphoné, c’est lourd, c’est con, ce n’est pas drôle, hormis un ou deux trucs qui nous arrachent péniblement un sourire…
Cela dit, peut-être que certains apprécieront. Après tout, on n’a pas tous le même humour…
Il n’en demeure pas moins que cinématographiquement, c’est très mauvais, et le niveau très moyen du film parodié (oui, on va se faire lyncher par les fans de Twillight, mais on assume!) n’explique pas tout. C’est très basique, très plat, très fade et très mal rythmé, ce qui, pour une comédie, est plutôt gênant…
Quant aux acteurs, on peut difficilement les trouver bons, vu les rôles ultra-chargés qu’ils doivent se coltiner, mais ils ont néanmoins bien du mérite de garder un semblant de dignité dans cet océan de médiocrité. Cela dit, certains y vont fort dans le cabotinage, surtout les “loups-garous” transformés en bons toutous à leur mémères…
Bref, à moins d’être très client de ce genre de comédie parodique-potache et de ses auteurs – ce n’est pas notre cas, on l’avoue – vous pouvez aisément économiser le prix de ce DVD ou de ce Blu-ray et le garder pour acheter un film plus sympathique. Chez le même éditeur, 20th Century Fox, il y a par exemple une ressortie de l’Apocalypse now de Francis Ford Coppola en version intégrale restaurée qui a l’air fort appréciable… Enfin, vous faites comme vous voulez, hein…
”Ca va finir au pieu”, prophétise l’affiche du film…
“Ca va finir à la poubelle”, rétorquons nous…
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Vampires suck |
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BONUS
Blu-ray comme DVD sont enrichis du même programme de suppléments :
- version cinéma et version longue (2mn de plus…) : foutage de gueule complet…
- Scènes coupées (13 mn) : en fait les versions étendues de certaines scènes, sinon ça ferait une version longue vraiment plus longue…
- bêtisier (4 mn)
Le coffret Blu-Ray contient aussi le DVD, peut-être pour ceux qui veulent comparer les deux…
Note globale des bonus : ●●●○○○
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| DVD9 Zone 2/ Blu Ray – PAL – Couleur – Format 1.85/ 16/9 compatible 4/3 (BD-50 Résolution : 1080 24p pour le Blu-Ray) Durée totale : 200 mn |
| Langues : | Français Dolby Digital Anglais Dolby Digital 5.1 ou 2.0 |
Sous-titres : | français |
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Vous êtes de sexe masculin ? Vous aimez les belles voitures de sport et les femmes aux corps de rêve – bref, les beaux châssis ? Alors Redline pourra peut-être vous plaire…
Peut-être, hein… Parce que franchement, il ne faut vraiment pas être regardant sur le scénario, la mise en scène et le jeu d’acteurs pour apprécier ce film de série B médiocre, qui sort directement en DVD, via France Télévisions Distribution.
L’histoire est assez basique : un quatuor de millionnaires trompe l’ennui en organisant des courses de voitures clandestines. Chacun possède ses propres bolides – Porsche, Ferrari, Lamborghini,Rolls Royce Phantom, etc… – et ses propres pilotes. Et ils se défient les uns les autres, pariant des sommes de plus en plus délirantes au fil du temps.
Parmi eux, il y a un producteur de cinéma, un homme d’affaires asiatique, un gangster bedonnant et un rappeur black, propriétaire d’un label plus que rentable.
Ce dernier confie sa Porsche aux bons soins de Natasha qui, quand elle ne pousse pas la chansonnette avec son groupe – ses garagistes de frangins - est une experte de la mécanique. Du genre capable de transformer une Lada en Formule 1. Et comme la jeune femme est pleine de ressources, elle s’avère aussi une conductrice hors pair et une femme dotée d’une belle paire de s.. euh d’yeux…
Evidemment, les millionnaires lorgnent sur elle, soit pour ses qualités de pilote, soit pour sa carrosserie de rêve. Mais elle refuse de céder à leurs avances. Elle n’est pas une fille facile et ne se sent pas prête à participer à des courses, à cause d’un vieux trauma enfantin – son papounet chéri est mort pendant une compétition…
Pourtant, elle finit par accepter de prendre le volant et de participer à un défi. Mauvaise idée… Elle est victime d’un accident et perd la course. En même temps que sa liberté… A son réveil, elle apprend qu’elle a été l’enjeu du pari et qu’elle “appartient” désormais au gangster. Comment peut-elle s’en sortir?
Grâce au second héros du film, bien sûr… Lui, c’est un vrai héros. La preuve, il revient d’Irak, où il a servi la bannière étoilée. C’est pas un vrai de vrai, ça ?
Il a un regard de gros dur qui impressionne, si bien que quand on le voit pour la première fois, au début, on pense que c’est lui le bad guy (alors que le vrai méchant est un bon gros à la tête sympathique, allez comprendre…). Et il maîtrise toutes les techniques de combat, du karaté au guili-guili. Lui aussi sait conduire une voiture, évidemment, et lui aussi a une belle paire de c… euh… d’yeux… Mais il ne chante pas. Le scénariste nous aura au moins épargné ça…
Bon, l’intrigue n’est qu’un prétexte à montrer des voitures coûteuses lâchées à pleine puissance et des minettes en tenue légère, dans l’esprit des films d’exploitation des années 1970. Les auteurs se sont d’ailleurs sans doute imprégnés d’oeuvres comme La Course à la mort de l’an 2000 de Roger Corman. Mais force est de constater qu’il y a une nette différence de classe entre les deux films. La réalisation de Redline manque cruellement d’inspiration et de talent. Même les scènes de course, censée être le clou du spectacle, sont platement menées.
Andy Cheng était peut-être un bon cascadeur, mais la mise en scène n’est pas vraiment son truc. On lui déconseille de persévérer dans cette voie…
Restent les acteurs, qui font ce qu’ils peuvent avec leur moyens – très limités – pour faire exister des personnages des plus stéréotypés et grossièrement détaillés.
La belle Nadia Björlin n’est pas spécialement douée pour la comédie, mais bon, on lui demande juste de porter décolletés et tenues moulantes pour être agréable à regarder. Donc, elle remplit pleinement sa part du contrat.
Nathan Phillips joue les héros monolithiques avec une mono expression sourcilière digne des meilleures performances de Steven Seagal. Sans doute est-il encore traumatisé par son séjour dans le bush australien de Wolf creek…
Les autres rivalisent de médiocrité dans leurs rôles de millionnaires blasés. Mention spéciale à Angus Macfadyen en “bad guy” risible et à Eddie Griffin qui incarne une caricature de cliché de stéréotype de rappeur avec une propension au cabotinage qui laisse pantois.Le nom de son personnage est similaire à sa prestation : Infamous…
Pourquoi n’avoir pas offert le rôle plutôt à Wycleff Jean, le chanteur des Fugees qui se contente ici d’un caméo et de la BO du film – pas exceptionnelle non plus, d’ailleurs… – ?
Bon, ne soyons pas vaches, Redline n’a pas été conçu pour être un chef d’oeuvre du septième art. C’est juste un petit film d’exploitation sans prétention, un délire entre potes prétexte à faire prendre l’air à des bagnoles de collection. Mais on se demande juste s’il était bien nécessaire de le proposer à la vente en DVD…
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Redline |
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BONUS
Blu-ray comme DVD sont enrichis du même programme de suppléments :
- Making-of (17mn)
- bande-annonce
Note globale des bonus : ●●●○○○
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| DVD9 Zone 2/ Blu Ray – PAL – Couleur – Format 2.35:1/ 16/9 compatible 4/3 (Résolution : 1080 24p pour le Blu-Ray) Durée totale : 112 mn |
| Langues : | Français Dolby Digital Anglais Dolby Digital 5.1 ou 2.0 |
Sous-titres : | français |
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[Critique initialement publiée sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]
Il est des films si amples,si intenses, si riches, si parfaitement joués et réalisés, si imposants que l’on ne peut que se sentir minuscules face à eux.
Opening night est de ceux-là.
Il s’agit rien moins que du chef d’oeuvre, avec Une femme sous influence, d’une filmographie déjà impressionnante (Shadows, Faces, Lover streams, entre autres).
Le film majeur d’un cinéaste majeur de l’histoire du septième art : John Cassavetes.
L’oeuvre s’articule autour d’oppositions thématiques, la vie réelle/la dramaturgie théâtrale, la vie/la mort, la jeunesse/la vieillesse.
On suit le personnage de Myrtle Gordon, une actrice renommée, star des planches de Broadway, en plein tourment existentiel au moment où de jouer une nouvelle pièce, sensiblement différente de celles qu’elle a jouées jusque-là. Elle doit incarner Virginia, une femme vieillissante qui doit composer avec un potentiel de séduction déclinant et l’idée de la mort qui se rapproche inexorablement. Le metteur en scène de la pièce ne l’a pas choisie par hasard. Elle a l’âge du rôle. Cet âge charnière où, malgré son charisme et son charme, elle ne peut plus vraiment prétendre à des rôles de débutantes. Cet âge charnière où elle devient une “seconde femme” – le titre de la pièce. Elle est capable de transmettre au public les angoisses du personnage – peur de vieillir, de décliner physiquement, de ne plus être admirée… Oui, pour le metteur en scène et l’auteure de la pièce, elle est tout à fait le personnage. Mais pour Myrtle, il s’agit d’un rôle de composition. Elle pense être trop jeune pour incarner ce personnage et éprouve des difficultés pour rentrer dans la peau de cette femme vieillissante. Elle lutte contre son partenaire, contre son metteur en scène, pour faire évoluer le rôle, le faire correspondre à ce qu’elle est réellement.
En fait, Myrtle fuit cette pièce, ce rôle, qui agissent comme un miroir, la mettent face à elle-même, face la cruelle réalité de son vieillissement. Elle refuse d’accepter son âge et d’être cataloguée comme une actrice “sur le déclin”. Elle entame un combat perdu d’avance contre le temps qui passe…
Un événement va achever de la déstabiliser : la mort d’une jeune admiratrice anonyme, renversée par une voiture sous ses yeux, alors qu’elle venait lui demander un autographe. A partir de ce moment-là, le malaise de Myrtle s’accroît, provoquant des hallucinations où intervient la jeune femme décédée. Symboliquement, l’actrice est hantée au fantôme de sa jeunesse passée, confrontée à l’idée de la mort, étape ultime du vieillissement… Elle va devoir se débarrasser de ce fantôme et sortir de cette dépression pour pouvoir jouer le rôle et accepter enfin de devenir cette “seconde femme”…
Première force de ce film, sa construction gigogne, “pièce de théâtre dans le film”, où les acteurs et les personnages qu’ils incarnent peuvent se confondre. Le spectateur doit rester éveillé, vigilant, essayer constamment de déterminer si la scène jouée sous ses yeux fait partie de la pièce ou de la “vraie vie” de Myrtle Gordon.
Par exemple, Myrtle forme à la scène un couple avec son partenaire, Maurice, qui joue le rôle de Marty, le mari de Virginia. Mais tous deux ont réellement constitué un couple, quelques années auparavant. Sur les planches, les personnages vivent une relation houleuse, conflictuelle. La même que les deux acteurs ont jadis expérimentée. La même qui se noue en coulisses. Quand pleuvent les amabilités et les noms d’oiseaux, on se demande si c’est Marty qui les balance à Virginia ou Maurice à Myrtle…
Le dispositif est déjà intéressant, mais il prend encore une autre dimension quand on sait que c’est Gena Rowlands, l’épouse du cinéaste, qui interprète le double rôle Myrtle/Virginia et que John Cassavetes lui-même interprète son partenaire. Ainsi, on peut aussi se demander ce que le couple projette de sa propre vie, de sa propre expérience, dans le film et ses personnages. Les joutes verbales, les moments de complicité, sont très probablement inspirés de leur vraie vie de couple Les interrogations des personnages sur la vieillesse, la vie et la mort sont les leurs…
Ce qui densifie encore un peu les choses, c’est que les tourments de Myrtle sont autant inspirés par Gena Rowlands que par John Cassavetes. Quand le personnage cherche du réconfort dans l’alcool et l’ivresse, on ne peut s’empêcher de penser au rapport du cinéaste à l’alcool – Cassavetes est décédé en 1982 d’une cirrhose du foie. Et ses interrogations sur la frontière entre la vie réelle et la création dramatique ont toujours été au coeur de sa démarche artistique – il tournait la plupart de ses films dans la maison familiale, avec ses proches et ses amis fidèles.
Oui, Opening night est probablement le film qui ressemble le plus à ce qu’il était : un metteur en scène de théâtre et de cinéma, un acteur un rien cabot, un écorché vif qui créait pour mieux appréhender le monde qui l’entourait, sa propre existence, et un directeur d’acteurs fabuleux…
Tiens, parlons-en de ses acteurs, histoire de leur rendre l’hommage qu’ils méritent. Il y a Ben Gazzara, l’ami de toujours, excellent dans le rôle de Manny, le metteur en scène de la pièce, un type exigeant et d’un abord assez brut…
Il y a Joan Blondell, parfaite en auteure un peu coincée, aussi rigide que le personnage de la pièce dans le film…
Il y a Laura Johnson, inoubliable fantôme de la jeunesse de Myrtle…
Il y a des caméos des vieux potes de Cassavetes : Seymour Cassel, Peter Falk et Peter Bogdanovich…
Il y a les petits rôles attribués à la famille : Lady Rowlands, Katherine Cassavetes…
Et puis, bien sûr, la géniale, l’exceptionnelle, la somptueuse, l’inoubliable, la formidable, la merveilleuse, et autres superlatifs qui sont ici tout sauf galvaudés, performance de Gena Rowlands. Sans doute la plus belle de sa carrière, avec le rôle de Mabel dans Une femme sous influence. Oui, on a rarement vu une aussi remarquable symbiose entre une actrice et son metteur en scène que le duo Rowlands/Cassavetes dans ce film-là. Il la filme avec une tendresse infinie, l’illumine, la rend bouleversante, magnifique. De son côté, elle l’inspire, transcende sa mise en scène, lui rend son amour en jetant toutes ses forces dans la bataille et en atteignant une intensité de jeu des plus rares…
Si on ne devait utiliser qu’un argument pour vous convaincre de voir ce film, ce serait le jeu d’actrice de Gena Rowlands sublimé par la caméra de Cassavetes. Mémorable, vraiment…
Mais le film vaut évidemment encore plus que cela. Il est riche thématiquement, audacieux narrativement – sa structure a inspiré nombre de cinéastes contemporains – d’une grande portée émotionnelle, complexe et simple à la fois. Il est difficile d’expliquer pourquoi cette oeuvre nous fait autant d’effet. Peut-être est-ce l’alchimie entre les acteurs, l’énergie brute qui semble habiter chaque image et porter le récit ? Ou la quasi-perfection de tous les plans, peaufinés par un Cassavetes au sommet de son art ? Ou la sensation d’assister à un film touché par la grâce divine ?
Toujours est-il qu’Opening night est un véritable joyau.
Et dire que ce très beau film tourné en 1977 et primé à Berlin l’année suivante, via un ours d’argent pour l’immense Gena Rowlands, n’a pas pu être vu en France avant 1992. Cette année-là, Gérard Depardieu a usé de son influence pour réhabiliter l’oeuvre du cinéaste américain et voir exploités en salle certaines de ses oeuvres restées scandaleusement inédites, comme Faces et Opening night…
Depuis, les cinéphiles ont eu l’occasion de le voir à la télévision, sur Canal + ou sur Arte, ou en DVD.
Le chef d’oeuvre de John Cassavetes avait en effet déjà été édité en DVD. Dans la collection “Les films de ma vie” (éd. Opening), puis dans le coffret regroupant cinq films de John Cassavetes, chez Ocean.
Alors quel est l’intérêt de cette réédition, chez TF1 Vidéo ?
Hé bien déjà, le plaisir de bénéficier d’un master image restauré.
Ensuite, l’opportunité de découvrir les bonus appréciables qui accompagnent le film : une présentation par Patrick Brion et une analyse du long-métrage par le cinéaste Xavier Durringer.
Bon évidemment, il faut avouer que les bonus sont les mêmes – en moins fournis – que pour le coffret évoqué plus haut, ce qui est très dommage… Mais certains n’ont peut-être pas envie d’acheter un coffret complet pour découvrir juste un film. Cette édition est alors pour eux…
Si vous avez déjà une version du film, vous pouvez donc sûrement économiser votre argent.
Mais dans le cas contraire, il s’agit d’un achat tout à fait recommandable, à plus forte raison si vous n’avez jamais vu cette oeuvre majeure de l’histoire du septième art…
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BONUS
Manquent les interviews du coffret… Dommage…
- Présentation de Patrick Brion (5mn)
- Analyse de Xavier Durringer (6mn)
- Bande annonce (5mn)
- Biographies et filmographies
Note globale des bonus : ●●●●○○
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| DVD9– Zone 2 – PAL – Couleur – Format 1.85 / 16/9 compatible 4/3 Durée totale : 154 mn |
| Langues : | Anglais Mono | Sous-titres : | Français |
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ARTICLES LIES
[Critique initialement publiée sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]
A quatorze ans, Karen (Annette Bening) avait mis au monde une petite fille. Incapable de supporter cette charge, elle avait été contrainte la confier à une famille adoptive. Elle a depuis totalement perdu sa trace. Trente-sept ans plus tard, elle porte toujours cet abandon comme une blessure. Aigrie, caractérielle, constamment en colère contre les autres, elle ne s’est jamais mariée et vit seule avec sa mère (Eileen Ryan). La vieille femme, mourante, se blâme chaque jour d’avoir poussé Karen à abandonner son enfant, ruinant ainsi sa vie…
Elizabeth (Naomi Watts), la fille de Karen habite dans la même ville, Los Angeles. Avocate brillante, elle a beaucoup changé de poste et voyagé un peu partout aux Etats-Unis, mais, comme le remarque son nouvel employeur (Samuel L. Jackson), elle est toujours revenue au bercail. Peut-être, sans doute même, poussée par le désir inconscient de retrouver un jour sa mère biologique… Elle possède des traits de caractères communs avec sa mère – déterminée, passionnée, d’un abord un peu brut – et vit seule, elle aussi, accumulant les amants de passage…
En parallèle de cette histoire d’une relation mère-fille contrariée, on suit le parcours du combattant d’un couple stérile (Kerry Washington et David Ramsey) qui cherche à adopter un nouveau-né. Un orphelinat les met en relation avec une jeune femme de vingt ans (Shareeka Epps) qui ne désire pas garder le bébé qu’elle porte et pourrait éventuellement le leur confier après l’accouchement…
Mother & child est un film choral sur la maternité et la relation mère-enfant, déclinée sous toutes ses formes à travers une dizaine de personnages et de petites histoires qui vont plus ou moins finir par converger : mère contrainte d’abandonner son enfant ou choisissant délibérément de s’en séparer, fille confrontée à la mort de sa mère ou mère confrontée à la perte de sa fille, liens du sang ou liens fabriqués, maternité biologique ou adoption, mère réelle ou de substitution,… Les situations se répondent et se correspondent tout au long du film…
De nos jours, qui dit film choral dit Alejandro Gonzalez Iñarritu. On n’est donc guère étonné d’apprendre que l’auteur des brillants Babel, 21 grammes ou Amours chiennes maîtres-étalon du genre, oeuvre ici en tant que producteur.
Et on regrette qu’il n’ait pas pris lui-même la caméra pour réaliser ce film…
Rodrigo Garcia, réalisateur du médiocre Les Passagers, ne possède pas son talent pour relier de façon fluide les différentes subdivisions du récit. Il se contente d’empiler mollement des séquences toutes construites sur le même modèle, manquant de l’inspiration et de l’audace qu’aurait apportées un vrai cinéaste : plans larges et alternés basiques, champs-contrechamps sans aucune originalité.
Cela dit, il faut quand même reconnaître que Rodrigo Garcia a su relativement bien se sortir des pièges inhérents à ce genre de structure chorale.
Déjà, il respecte l’équilibre entre ses différentes histoires, apportant le même soin au traitement de chaque personnage. L’avocat joué par Samuel L. Jackson est certes un peu sacrifié par rapport aux autres mais il est vrai qu’il n’est qu’un personnage secondaire, et il a quand même droit, comme les autres, à des morceaux de scènes qui lui permettent de se mettre en valeur…
Ensuite, il se garde bien de verser dans l’émotion cheap, l’avalanche de pathos, le mélodrame tire-larmes. Même si la construction globale s’apparente à un mélo un peu trop complexe pour être honnête, le cinéaste joue la carte de la sobriété et d’une certaine pudeur. La façon dont il traite le décès de la mère de Kate, par exemple, est d’une retenue inhabituelle pour ce genre de production. Et tout est du même acabit, à une ou deux exceptions près. On lui en sait gré…
Enfin, il s’appuie intelligemment sur sa distribution, haut de gamme, pour rendre attachants les personnages et réussir, in fine, à susciter l’émotion, toujours sans verser dans le pathos ou la psychologie de bazar.
Et il fallait bien du talent pour nous rendre émouvants des personnages aussi antipathiques de prime abord.
Kate est une femme aigrie, colérique, odieuse avec son entourage – sa mère, sa femme de ménage, ses collègues… – mais c’est aussi une femme ultra-sensible, meurtrie, déchirée, privée d’une partie d’elle-même et rongée par la culpabilité.
Belle idée que d’avoir confié ce rôle complexe à Annette Bening, qui fait ici – et avec Tout va bien, the kids are all right de Lisa Cholodenko – son retour au tout premier plan après quelques années plus difficiles, jouant l’une de ses plus belles partitions d’actrice de sa carrière.
Le personnage d’Elizabeth n’est guère plus aimable : une garce qui n’hésite pas à séduire son patron ou son voisin, futur père de famille, une avocate offensive et redoutable, une femme qui ne veut s’attacher à rien et à personne… Mais elle aussi est bien plus sensible qu’elle ne paraît. Un événement inattendu, inconcevable, va la transformer, donner un nouveau sens à a vie… Naomi Watts s’en empare avec le talent et la grâce qu’on lui connaît. Elle est belle, lumineuse, intense et finalement, bouleversante…
Face à ces deux grandes actrices, la performance de Kerry Washington a l’air un peu plus fade, mais elle s’en sort également bien, négociant très honorablement une ou deux scènes difficiles à jouer, pour n’importe quelle comédienne…
Ce trio porte le film, mais les seconds rôles ont aussi l’occasion de se mettre en valeur : Eileen Ryan (la mère de Sean Penn) nous touche par ses regards perdus, tout comme la jeune Shareeka Epps.
Côté garçons, outre Jackson, stoïque comme un maître Jedi, on retrouve les excellents Jimmy Smits et David Morse. Tous sont également très bien dans leur rôle…
Le jury du dernier Festival du Film Américain de Deauville semble avoir adoré le long-métrage de Rodrigo Garcia puisqu’il lui a décerné son Grand Prix. Pour notre part, nous sommes un peu plus réservés. Le manque d’ambition de la réalisation, platement illustrative, nous a un peu gênés, mais Mother & child nous a finalement laissé une impression plutôt positive, grâce à ses beaux numéros d’acteurs et le côté universel de ses thématiques.
Vous pouvez vous forger votre propre opinion sur le film en le découvrant aujourd’hui en DVD et Blu-Ray, agrémenté de quelques bonus appréciables…
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BONUS
- Making of (15mn)
- Scènes coupées (10mn)
- Bande annonce
Note globale des bonus : ●●●○○○
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| DVD9– Zone 2 /Blu Ray – PAL – Couleur – Format 2.35 / 16/9 compatible 4/3 Durée totale : 145 mn |
| Langues : | Français 2.0 Anglais Dolby Digital 5.1 / 2.0 / DTS 5.1 HD (BR) |
Sous-titres : | Français |
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ARTICLES LIES
Bonne idée que de faire coïncider la sortie en salles de D’un film à l’autre, (lire notre critique) avec celle, en DVD et Blu-Ray, de Ces amours-là.
Ceux qui verront le documentaire que Claude Lelouch a consacré à son impressionnante carrière auront peut-être envie de découvrir ou redécouvrir son dernier film de fiction, également à forte connotation autobiographique.
Ainsi, Ces amours-là aura peut-être la chance de trouver enfin son public, après une exploitation en salles décevante en terme de nombre d’entrées comme d’accueil critique.
En effet, les détracteurs de Lelouch n’ont pas manqué l’occasion de cracher leur venin et de dire tout le mal qu’ils pensaient du film et du style du cinéaste en général. La presse spécialisée et une grande majorité de blogueurs n’ont pas été tendre : “Dialogues consternants, caméos pathétiques (…) séquences poussives…” (1),” l’ennui et le mal de tête qu’il provoque sont féroces” (2), “fresque gloubiboulga (..) tsunami complaisant” (3)…
Le phénomène n’est pas nouveau. A chaque nouveau film de Claude Lelouch, ses détracteurs n’hésitent pas à se manifester. Il y a ceux qui le détestent par principe, comme “Les Cahiers du cinéma”, qui lui reprochent encore aujourd’hui d’avoir refusé d’adhérer à la Nouvelle Vague (euh… il y a prescription, non? Ce serait bien de faire preuve d’un peu d’ouverture d’esprit…).
Et il y a ceux qui sont allergiques à son style un peu trop généreux, son emphase mélodramatique, sa mise en scène ostentatoire, avec force plans-séquences et longs travellings, et l’utilisation un peu pompière des musiques… Bref, qui lui reprochent de “faire du Lelouch”…
Mais avec Ces amours-là, plus qu’avec un autre de ses films, ils ont pu se lâcher sur les critiques assassines, trouvant dans l’oeuvre largement matière à étayer leurs arguments. Il faut dire que Lelouch n’y va pas, ici, avec le dos de la cuillère ; il s’agit d’un film-somme qui compile tous ses tics de mise en scène, tous ses moteurs narratifs et une bonne partie de ses thématiques récurrentes : emphase mélodramatique, utilisation intempestive de la musique et des chansons (plus de “chabadabadas” et de Nicole Croisille, mais une Liane Foly en chanteuse “à gouaille” caricaturale), intrigue traitant des hasards et des coïncidences, de la rencontre amoureuse,…
De surcroît, Lelouch s’attaque à des périodes historiques “casse-gueule” – la seconde guerre mondiale, la libération – et à des sujets tabous – la collaboration, la Shoah – avec des partis pris de mise en scène qui ne manquent pas de provoquer, au choix, ricanements ou indignation…
Cette grande fresque historique couvrant plus de cinquante ans d’histoire est centrée autour du personnage d’Ilva (Audrey Dana) et de ses amours tumultueuses – scandaleuses, diront certains…
Tout commence quand, pendant l’occupation, son père (Dominique Pinon) est arrêté par les nazis pour faits de résistance. Ilva se rend au siège de la gestapo pour réclamer sa grâce. L’officier nazi en charge du dossier (Samuel Labarthe) la congédie sans égards, mais, sous le charme de la jeune femme, ordonne la libération du prisonnier.
Naïve, Ilva tombe amoureuse de cet allemand qu’elle croit différent des autres soldats nazis, plus francophile, plus galant, plus attentionné… Elle plaque son fiancé (le chanteur Raphaël, très correct pour sa première expérience d’acteur de cinéma…) et se met en ménage avec son bel officier, traversant sans encombre la seconde guerre mondiale.
A la libération, c’est une autre histoire… Rejetée par l’officier nazi, menacée de lynchage par le peuple, elle ne doit son salut qu’à l’intervention de deux soldats américains (Jacky Ido et Gilles Lemaire), qui tombent simultanément amoureux d’elle et dont elle tombe elle aussi amoureuse, sans pouvoir choisir entre les deux… Un ménage à trois qui finira mal – forcément – et qui entraînera Ilva dans d’autres bras, toujours avec la même passion, la même foi en l’amour…
On pourrait trouver ce mélodrame un peu trop chargé, surtout que le cinéaste illustre son thème avec d’autres histoires annexes, qui sont autant de variations autour de la vie et la mort, de la force du sentiment amoureux. Il y a notamment cette idylle que le cinéaste, audacieux, fait naître entre un pianiste juif et une jeune femme, dans un wagon de train les menant tout droit à Auschwitz… Une séquence qui a fait grincer les dents de plus d’un spectateur…
On pourrait aussi trouver risible les grandes séquences historiques mises en scène avec les moyens du bord, comme cette scène de débarquement bien pauvre au regard d’un Il faut sauver le soldat Ryan, par exemple, ou cette course pour un bout de terrain entre des hommes et des cavaliers, au fin fond de l’ouest américain…
Oui, on pourrait très bien s’arrêter à ce niveau de lecture de l’oeuvre, tout prendre au premier degré et trouver tout cela inutilement lourd et pataud. Et pester contre le narcissisme affiché de Lelouch qui intervient, en toute fin de film, pour parler de sa carrière…
On pourrait, mais ce serait dommage, pour ne pas dire stupide… L’histoire mélodramatique d’Ilva est anecdotique. L’intrigue n’est qu’un prétexte, un fil conducteur qui n’est là que pour permettre au cinéaste de revisiter l’intégralité de sa vie et de son oeuvre, par le prisme de la fiction. Plutôt que Ces amours-là, le film aurait pu s’appeler “Cet amour-là”, celui que Claude Lelouch porte au septième art et aux oeuvres qui l’ont fait vibrer.
Dès le début, il n’est question que de cinéma. Une séquence filmée à la façon du muet – tirée de Toute une vie que Lelouch a réalisé en 1974, avec Judith Magre et Charles Denner – évoque les origines du cinématographe, cette “machine à refaire la vie”, puis une scène de tranchée, une arrivée d’un train en gare rappellent que la fonction première du cinéma était de capter le réel – Lelouch a été documentariste avant de se lancer dans la fiction. Une autre séquence, toujours tournée à la façon du muet, évoque le cinéma burlesque avant que l’on passe au sonore, avec la présentation du Chanteur de jazz et des actualités annonçant l’invasion de la Pologne par Hitler. La deuxième guerre mondiale est lancée…
L’histoire commence dans un cinéma, celui du père d’Ilva. Il s’occupe des projections, elle fait office d’ouvreuse… Malgré l’occupation, le cinéma est resté ouvert, proposant au peuple un peu de réconfort et de divertissement en ces temps troublés. Un petit garçon juif, surnommé “Coco” vient échapper aux rafles antisémites de la gestapo en restant caché toute la journée au cinéma. Il découvre, fasciné, un bon nombre de chefs d’oeuvres de l’époque, comme Hôtel du Nord ou Le Jour se lève… Ce petit garçon, pour ceux qui ne l’auraient pas compris, c’est évidemment Claude Lelouch.
On le retrouvera plus tard, dans le récit, en jeune cinéaste admiratif du travail de Kalatozov sur Quand passent les cigognes… et au dénouement de l’histoire d’Ilva où il revient sur sa longue carrière de cinéaste…
Si tout cela sonne juste, c’est que le cinéaste raconte ici sa propre histoire, romancée certes, et de manière détournée, derrière un autre récit, inspiré lui aussi d’événements réels, bribes d’histoires de personnes qui ont été proches de lui…
Cette trame fictive parsemée d’éléments autobiographiques est aussi et surtout, pour le cinéaste, l’occasion de revisiter toute sa filmographie. Ce n’est pas un hasard si l’intrigue s’étale sur cinq décennies, autant que la carrière de cinéaste de Claude Lelouch…
On retrouve tout, absolument tout, ce qui a constitué son cinéma, le bon comme le moins bon, la sobriété et les excès, les mouvements de caméra audacieux ou prétentieux, son lyrisme généreux ou dégoulinant de bons sentiments, la musique de Francis Lai,… On trouve une scène de boxe (en référence à Edith & Marcel), des numéros musicaux (pour Les Uns et les autres), des scènes de prétoire (qui rappellent celles de Tout ça pour ça!) ou des ritournelles présentes dans les autres films lelouchiens (Les bons et les méchants)… La scène de l’ouest américain, sans rapport avec le reste, pour les détracteurs du film, est au contraire justifiée pour évoquer les incartades du cinéaste au pays de l’oncle Sam (Un autre homme une autre chance, entre autres…) et la scène de débarquement fait écho à celle de son adaptation moderne des Misérables, perturbée par l’incendie qui ravagea, à l’époque tout le décor…
N’en déplaise à ses détracteurs, Ces amours-là n’est pas un mélodrame lourdingue mais une savoureuse réflexion d’un auteur sur son propre cinéma, conscient de ses forces et de ses faiblesses, assumant tous ses choix de mise en scène, y compris les plus scabreux. Alors oui, il y a des maladresses, oui, il y a des ratés, des choses agaçantes. Mais il y a aussi de ces moments de grâce dont le cinéaste a le secret : une belle scène entre Judith Magre et Anouk Aimée, une autre, en-chantée entre Audrey Dana et Laurent Couson, et bien sûr, de beaux mouvements de caméra, fluides et élégants…
Lelouch fait du Lelouch? Oh que oui! Il a un style qui lui est propre, entier, généreux, enthousiaste. On ne peut pas lui reprocher d’avoir sa marque de fabrique, ses petites manies de metteur en scène. C’est justement ce qui distingue un grand cinéaste d’un vulgaire faiseur… Après, on a le droit de ne pas aimer, c’est certain…
Il est vraiment intéressant de voir ou revoir Ces amours-là après D’un film à l’autre car ce sont deux films jumeaux, deux pièces complémentaires, portées par la même démarche de cinéaste. Simplement, D’un film à l’autre explicite un peu mieux les intentions du cinéaste : s’offrir, pour ses cinquante ans de carrière, une plongée ludique et lucide sur sa filmographie et offrir à ses spectateurs fidèles, ceux qui l’ont soutenu au cours de toutes ces années, un condensé de ce qu’ils ont aimé dans ses films…
(1): Lucie Callet dans “Le Nouvel Observateur”
(2): Isabelle Régnier dans “Le Monde”
(3): Le Figaro
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BONUS
Blu-ray comme DVD sont enrichis du même programme de suppléments :
- Making-of comprenant des séquence de tournage
et le travail de Lelouch avec ses acteurs. (30 mn)
- Images de la tournée de promotion du film (5mn)
- bande-annonce
- photos
- Audiodescription
Note globale des bonus : ●●●●○○
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| DVD9 Zone 2/ Blu Ray – PAL – Couleur – Format 2.35:1/ 16/9 compatible 4/3 (Résolution : 1080 24p Compression : AVC1.85 pour le Blu-Ray) Durée totale : 160 mn |
| Langues : | Français Dolby Digital 5.1 ou 2.0 Audiodescription |
Sous-titres : | anglais |
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[Critique initialement publiée sur Cinétrafic - http://www.cinetrafic.fr/]
Quelle idée tordue a traversé l’esprit des organisateurs du programme DVD trafic, chez nos amis de Cinétrafic, de me donner à critiquer le septième volet de la saga Saw en DVD…
Il y avait plein de titres sympathiques à défendre, et pour lesquels je pouvais livrer de beaux textes donnant envie de découvrir les oeuvres en question. Mais non, j’hérite de cette nouvelle saw-ttise, dont je vais évidemment dire beaucoup de mal…
Ma conclusion, c’est que chez Cinétrafic, ils doivent être assez masochistes… Autant que moi (Oh oui, Ilsa, sors le fouet…) pour avoir accepté de me farcir au cinéma un nouvel opus de cette saga de plus en plus exécrable. Mais bon, il s’agissait – les producteurs l’avaient promis – de l’ultime épisode de la série, annoncé comme le plus spectaculaire. Et je m’étais dit, à l’époque, qu’il serait dommage de rater ça après m’être infligé tous les volets d’une série qui, à l’exception du premier opus – très bon – et, à la rigueur, du second, baigne dans la médiocrité, pour ne pas dire la nullité…
Et puis, j’avais envie de me lâcher et de déchaîner ma plume fielleuse contre un gros nanar, avec des jeux de mots prévus de longue date : “les saw 7 sales”, “les saw 7 qui puent”, “les saw 7 de l’archidussesse chont-elles chèches archichèches?”… Sauf que raté, les producteurs ont préféré le titre Saw 3D : chapitre final.
Oh, la frustration… Surtout que c’était vraiment très très mauvais – le film hein, pas mes jeux de mots…
Bon, de quoi ça parle, Saw 3D : chapitre final ?
Après une introduction spectaculaire mettant dans une situation délicate une femme et ses deux amants rivaux, et se terminant, comme dans tout piège de Jigsaw, par la mise à mort du membre du trio le plus douteux moralement, on retrouve les personnages du film précédent là où on les avait laissés.
Les héritiers de John Kramer, décédé d’une tumeur au cerveau, on le rappelle, depuis la fin du troisième opus mais qui continue à être chiant outre tombe, continuent de laver leur linge sale en famille. (Notamment leurs sawssettes, il fallait bien la placer, celle-là…).
Dans l’épisode précédent, Jill, l’ex-femme de Kramer, avait pour mission de se débarrasser d’Hoffman, flic ripou et fils spirituel du psychopathe, car celui-ci avait perverti le côté moral des épreuves proposées aux infortunés candidats, en ne leur laissant aucune chance de survie… Elle pensait avoir réussi en lui faisant porter le plus célèbre piège de Jigsaw, le casque/mâchoire. Las, le bonhomme, très malin, a réussi à s’en sortir et entend bien faire de Madame Jigsaw sa prochaine victime…
Jill cherche protection auprès d’un flic du département des affaires internes, ennemi juré d’Hoffman…
Pendant ce temps, un nouveau jeu commence – sans doute en pilotage automatique – avec nombre de nouveaux pièges gratuitement sadiques.
Le participant, Bobby Dagen, est un homme ayant obtenu gloire et fortune en se vantant d’avoir survécu à une des épreuves du tueur au puzzle. Ce qui est faux, bien sûr…
Kramer, qui avait laissé ses instructions a ses complices, a décidé de lui donner une chance de prouver sa bravoure, à travers un vrai parcours du combattant. Pour tenter de sauver ses proches et la femme qu’il aime, Dagen va devoir payer de sa personne et faire des choix cruels…
Bref, rien de nouveau sous le soleil (façon de parler, le film se déroulant une fois de plus dans des bâtiments désaffectés glauquissimes…) : on assiste à une succession de mises à mort plus perverses les unes que les autres (piège progressant au gré des décibels produits par les hurlements de la victime, double énucléation, pendaison, carbonisation, j’en passe et des meilleures…), juste pour meubler le vide abyssal de cet ultime scénario et donner aux fans leur dose d’horreur bien gore et de tortures spectaculaires. Et on a droit une nouvelle fois à un “twist” débile faisant intervenir un énième disciple/complice de John Kramer.
Bigre! Le bonhomme devait avoir une sacrée fortune pour acheter autant de hangars désaffectés, les équiper de matériel de surveillance, dispositifs de fermeture high-tech, et écrans de télévision destinés à passer ses enregistrements, les truffer de pièges sophistiqués, et engager dans sa multinationale spécialisée dans la torture moralisatrice tous ceux qui ont survécu à ses épreuves sadiques…
On pourrait gober ça, si on ne nous avait pas révélé, dans un des épisodes précédents, que le mobile de Kramer était lié au refus d’un assureur véreux de financer le traitement de son cancer.
Je suis peut-être idiot, mais n’aurait-il pas mieux fait d’utiliser son argent pour se soigner, ou pour mettre sa femme à l’abri du besoin, plutôt que d’investir dans tous ces pièges gigantesques? Bon OK, avec ce raisonnement, il n’y a plus de film… Mais là, c’est quand même du grand n’importe quoi…
Il y a quand même un changement de taille dans la franchise : cette fois, le rebondissement final est ultra-prévisible, ce qui désamorce considérablement une partie du suspense. Voilà ce qui arrive quand on modifie le script à la dernière minute, juste pour satisfaire aux exigences de quelques fans… Oui, oui, vous avez bien lu : des spectateurs, fidèles de la série, sont intervenus auprès de la production pour façonner le scénario de cet épisode selon leurs désidératas…
Ca aussi, c’est du grand n’importe quoi…
Bref, Saw 3D : Chapitre final est aussi ridicule que les autres volets de la série, se contentant de reprendre paresseusement le même schéma narratif et les mêmes effets horrifiques. Kevin Greutert avait signé, avec – oh, hisse – le Saw 6, le moins mauvais des quatre derniers épisodes, mais il semble avoir fini lui aussi par renoncer, nous offrant une mise en scène d’une platitude totale…
Et ce n’est pas le jeu des acteurs qui relève le niveau, loin de là… Bien sûr, les personnages sont totalement inconsistants, mais ce n’est pas une raison pour les confier à des comédiens aussi fades et inexpressifs.
J’ai déjà eu l’occasion de dire ce que je pensais de la performance de Costas Mandylor/Hoffman, mais le bonhomme, aussi mauvais soit-il, a malgré tout plus de charisme que la plupart des participants de ce septième opus, qui jouent par ailleurs comme des pieds (et sans sawssettes… hi hi hi…)
Le seul intérêt de ce film semble définitivement être la 3D qui n’a pourtant pas l’air d’être très bien exploitée, ou alors insuffisamment(à l’exception de la scène des pointes)…
Mais je n’ai pas vu le film en relief… Au cinéma, j’étais tombé sur une version 2D… Frustrant!
Et si le DVD-test que j’ai reçu est bien la version 3D, je n’ai pas pu en profiter, vu que je n’ai pas reçu de lunettes…
Décidément, je n’ai pas de chance avec les versions 3D de Metropolitan et de Cinétrafic… Re-frustrant !
Espérons que ce Saw 3D : Chapitre final soit effectivement le dernier volet d’une série qui n’en finit plus de s’essouffler et de ruiner tout le capital sympathie que l’on pouvait éprouver pour le premier épisode.
Cela dit, la dernière fois qu’on nous a annoncé un “Chapitre final”, c’était dans le quatrième épisode de la saga des Vendredi 13 et ça n’a pas empêché les producteurs de livrer sept (!) suites supplémentaires et un remake, plus une suite du remake actuellement en préparation… Et comme le dénouement du film est une fois de plus une fin ouverte, il est à craindre que, motivés par l’appât du gain, les producteurs ne se lancent dans une huitième sawttise. Une de plus et une de trop…
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BONUS
Là encore, impossible de parler des bonus, puisque je n’ai reçu qu’un seul des deux disques, et pas celui où il y a les bonus… (Qui est responsable de cet envoi calamiteux, que je lui colle le piège de la mâchoire sur la tronche ?!)
- choix du film version Director’s Cut en 3D relief ou en 2D
- 4 paires de lunettes relief (bleu/rouge)
- Commentaire audio des scénaristes (VOST)
- Commentaire audio des producteurs
- 52 façons de mourir : les pièges de Saw
- Scènes coupées
- 5 clips vidéos
Note globale des bonus : pas reçus, donc impossible à évaluer… Grrr…
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| DVD9 – Zone 2 – PAL – Couleur – Format 1.85 / 16/9 compatible 4/3 Durée totale : 120 mn |
| Langues : | Français Dolby Digital 5.1 Anglais Dolby Digital 5.1 |
Sous-titres : | Français |
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