final portrait - 1Le nouveau long-métrage de Stanley Tucci, Final portrait, tourne autour de l’artiste suisse Alberto Giacometti, qui fut l’une des figures emblématiques du mouvement surréaliste.
L’intrigue se déroule à Paris en 1964, quelques mois avant la mort de l’artiste. Giacometti (Geoffrey Rush) propose à James Lord (Armie Hammer), critique d’art newyorkais en visite dans la capitale française, de poser pour lui. Flatté, le jeune homme accepte. Il doit partir le surlendemain, mais se dit qu’un artiste de la trempe de Giacometti n’aura pas besoin de beaucoup de temps pour exécuter le tableau. Il se trompe lourdement…

Dans son studio, Giacometti évolue à son rythme. Plus perfectionniste que jamais, il fait, défait, refait, râle de la faible qualité de son travail jusqu’à se demander s’il a jamais eu une once de talent. Parfois, il s’interrompt brutalement pour aller boire un verre ou faire une promenade, quand il n’est pas à se disputer avec son épouse (Sylvie Testud) ou à flirter avec sa maîtresse (Clémence Poésy). Quand la toile semble enfin prête à être achevée, il lâche des “Fuck!” retentissants et détruit tout ce qu’il a fait précédemment.
En fait, c’est là l’essence de son art : la conscience qu’un portrait ne peut révéler pleinement la personnalité de son sujet. Ce n’est qu’une vision d’artiste à un instant “t”, une esquisse, le témoignage d’un moment d’échange privilégié qu’il aimerait faire durer indéfiniment.

Cette plongée dans la création artistique et dans l’univers de Giacometti est plutôt séduisante. Néanmoins, il s’agit là d’une oeuvre très classique formellement, alors que le personnage aurait mérité un traitement plus libre, plus poétique, dans l’esprit du surréalisme. Ceci dit, Final portrait est plutôt réussi d’un point de vue esthétique, en exploitant parfaitement son décor – l’atelier de Giacometti, avec ses statues gigantesques et son bric-à-brac organisé – et il a surtout été conçu pour mettre en valeur le talent de Geoffrey Rush, une nouvelle fois particulièrement convaincant dans la peau de l’artiste suisse, génial et torturé.
Rien que pour sa performance, le film vaut le détour et justifie pleinement sa présence à la 67ème Berlinale, hors compétition.

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Rédacteur en chef de Angle[s] de vue, Boustoune est un cinéphile passionné qui fréquente assidument les salles obscures et les festivals depuis plus de vingt ans (rhôô, le vieux...) Il aime tous les genres cinématographiques, mais il a un faible pour le cinéma alternatif, riche et complexe. Autant dire que les oeuvres de David Lynch ou de Peter Greenaway le mettent littéralement en transe, ce qui le fait passer pour un doux dingue vaguement masochiste auprès des gens dit « normaux »… Ah, et il possède aussi un humour assez particulier, ironique et porté sur, aux choix, le calembour foireux ou le bon mot de génie…

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