Genre

23/12/2009

Pour accompagner vos plats de fêtes : le navet…

Avec Solomon Kane, Michael J.Bassett nous propose une virée au XVIème siècle, à une période de guerres et de conquêtes.
Le capitaine Kane a longtemps combattu pour l’Angleterre, avec une sauvagerie sans limites et sans égal, allant « pacifier » de la pointe de son épée les sauvages des contrées lointaines. Mais, suite à l’invasion d’une forteresse en Afrique du Nord, son équipage a été décimé par des démons revanchards et il a lui-même été confronté au Diable, venu récupérer son âme corrompue par le Mal. Il en a miraculeusement réchappé et a décidé, pour échapper à ce funeste destin, de consacrer sa vie à Dieu et au Bien. Il a rangé les armes et renoncé à la violence, trouvant refuge dans la vie monastique, quelque part en Angleterre.
Mais un beau jour, il est confronté à des groupes de bandits obéissant à un seigneur masqué terifiant, l’Overlord. Celui-ci semble maîtriser la magie noire et se crée une armée de plus en plus forte, menaçant d’étendre son emprise sur l’ensemble du pays.
Au début Kane se tient à distance, fidèle à son vœu de non-violence, jusqu’à ce qu’il ne supporte plus l’injustice et la barbarie de ces cohortes maléfiques… Alors, il reprend les armes et prouve qu’il n’a guère perdu la main…

Solomon Kane - 3

Euh… Quand on demande à un film qui sort la semaine de Noël un peu de magie, on ne pense pas vraiment à des affrontements sanglants entre des guerriers et les hordes de morts-vivants levées par un sorcier mégalo désireux de conquérir l’Angleterre…
Bon, après tout, pourquoi pas ? Le film est l’adaptation d’un roman de Robert E.Howard (*), l’auteur de « Conan le barbare », et il s’agit d’une référence de la littérature d’heroic-fantasy. De quoi espérer plonger dans des aventures épiques et passionnantes…

Solomon Kane - 2

Mais pour cela, il aurait fallu une réalisation à la hauteur. Ici, c’est tout le contraire. Tout y est affligeant de médiocrité. Le scénario se contente d’empiler des morceaux de bravoure assez plats et des rebondissements prévisibles. Il s’agit juste d’une succession de combats ennuyeux, à peine relevé par des effets spéciaux indigents. Les acteurs ne sauvent pas les meubles. Ils participent au contraire à la piètre qualité de l’ensemble en proposant un jeu forcé, outrancier, à l’image de celui de James Purefoy monolithique et grimaçant dans le rôle-titre. Mais que vient faire Max Von Sydow, si brillant chez Bergman, dans cette série Z sans ambition ? A désespérer…
Enfin, la mise en scène est insupportable. La caméra ne se pose jamais. Elle enchaîne les mouvements inutilement tape-à-l’œil, sans aucune classe, aucun brio technique. En procédant ainsi, Bassett voulait sans doute donner du rythme à son film. Il ne réussit hélas qu’à procurer un fort mal de crâne aux spectateurs…

On ne va pas tourner autour du pot : Solomon Kane est un ratage complet. Un film d’action trop bourrin pour convaincre, mené à un rythme frénétique, mais suscitant paradoxalement un ennui profond.
Finalement, on comprend mieux la nécessité de programmer ce film en fin d’année : Pendant les fêtes, nombreux sont ceux qui aiment à déguster du canard (de la Kane?), un mets qui se marie parfaitement avec… le navet.

(*) : « Solomon Kane, l’intégrale» de Robert E.Howard – éd. Bragelonne

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Solomon KaneSolomon Kane
Solomon Kane

Réalisateur : Michael J. Bassett
Avec : James Purefoy, Max Von Sydow, Pete Postlethwaite, Rachel Hurd-Wood 
Origine : Royaume-Uni, France, Etats-Unis
Genre : barbant le connard (au navet) 
Durée : 1h44
Date de sortie France : 23/12/2009

Note pour ce film : ˜

contrepoint critique chez : Scifi universe

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About the Author

Boustoune
Rédacteur en chef de Angle[s] de vue, Boustoune est un cinéphile passionné qui fréquente assidument les salles obscures et les festivals depuis plus de vingt ans (rhôô, le vieux...) Il aime tous les genres cinématographiques, mais il a un faible pour le cinéma alternatif, riche et complexe. Autant dire que les oeuvres de David Lynch ou de Peter Greenaway le mettent littéralement en transe, ce qui le fait passer pour un doux dingue vaguement masochiste auprès des gens dit « normaux »… Ah, et il possède aussi un humour assez particulier, ironique et porté sur, aux choix, le calembour foireux ou le bon mot de génie…




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